République autonome
de Zanzibar

Zanzibar

(Tanzanie)

 

Capitale: Zanzibar
Population:  981 754 (2002)
Langues officielles: swahili et anglais
Groupe majoritaire: kiswahili (60
%)
Groupes minoritaires: arabe,
hindi, ourdou, goujarat, konkani, anglais, italien, français, etc.
Système politique: région autonome de Zanzibar (République unie de Tanzanie)
Articles constitutionnels (langue):
aucune disposition dans la Constitution tanzanienne de 1984 
Lois linguistiques: 
Loi sur la citoyenneté de la Tanzanie (1995).

 

1 Situation générale

Le dénomination de Zanzibar est ambiguë, mais dans le cas présent elle désigne avant tout un État autonome de la Tanzanie situé dans l'archipel du même nom dans l'océan Indien. Cet archipel est situé en face des côtes tanzaniennes et est formé de trois îles principales (Unguja, Pemba et Mafia) et de plusieurs autres petites îles. Les îles d'Unguja et de Pemba forment l'État de Zanzibar, alors que l'île de Mafia est intégrée à la Tanzanie continentale. Autrement dit, Mafia n'est pas administrée par le gouvernement de Zanzibar, qui a juridiction sur les deux autres îles, Unguja et Pemba; Mafia fait partie de la région de Pwani dont elle constitue l'un des six districts.

Pour ajouter à la confusion, l'île d'Ungula est également appelée Zanzibar (comme l'archipel), de même que sa ville la plus peuplée (Zanzibar City), 205 870 habitants. le terme de Zanzibar est formé de deux mots arabes: barr et Zand, qui signifient «terre des Zands», les Zands étant une ethnie africaine.

La superficie de l'archipel de Zanzibar est de 2643 km², dont 1650 km² pour Unguja et 980 km² pour Pemba. Les deux îles sont situées à 50 km l'une de l'autre. L'île de Pemba est connue sous le nom arabe de Al Jazeera Al Khadra, ce qui signifie «l'île verte». L'île d'Unguja est entourée d'une vingtaine d'îlots dans le canal de Zanzibar, dont la plupart sont inhabités.
Zanzibar est divisé administrativement en cinq districts: North Unguja (Unguja-Nord), South Unguja (Unguja-Sud), Urban West (Ville-Ouest), North Pemba (Pemba-Nord) et South Pemba (Pemba-Sud).

L'État de Zanzibar est dirigé par le Gouvernement révolutionnaire de Zanzibar (en anglais : Revolutionary Government of Zanzibar ; en swahili: Jamhuri ya Watu wa Zanzibar), lequel gère la République autonome de Zanzibar couvrant deux des trois îles principales de l'archipel: Unguja et Pemba.


Bien que Zanzibar puisse bénéficier d'une autonomie politique, celle-ci demeure plus limitée que, par exemple, dans les États de l'Inde, ceux des États-Unis ou dans les provinces canadiennes. Le gouvernement de l'Union, la Tanzanie, est responsable de la défense, des affaires extérieures, de la politique fiscale et des questions monétaires, tandis que Zanzibar conserve sa juridiction sur la santé, l'agriculture, la sylviculture, la politique de développement et des activités administratives internes. L'éducation et la culture ne sont pas des domaine relevant de l'Union; par conséquent, la responsabilité de l'éducation incombe à Zanzibar. Le Parlement local, appelé Baraza la Wawakilishi («Chambre des représentants»), ne peut adopter que des lois spécifiques à Zanzibar. Dans la plupart des cas, les lois tanzaniennes s'appliquent à Zanzibar. Le pouvoir exécutif est assuré par le président de Zanzibar, qui est également l'un des ministres de la Tanzanie.

2 Données démolinguistiques

Selon le recensement officiel de 2002 ("Tanzania Population and Housing Census"), la Région autonome de Zanzibar compte une population de 981 754 habitants. Les districts sont répartis de la façon suivante:
 
District Population Densité de la population Superficie
Unguja-Nord
(North Unguja)
136 639 291 470 km²
Unguja-Sud
(South Unguja)
94 244 111 854 km²
Ville-Ouest
(Urban West)
390 074 1700 230 km²
Pemba-Nord
(North Pemba)
185 326 324 574 km²
Pemba-Sud
(South Pemba)
175 471 531 332 km²
Total 981 754 399 2460 km²

Les habitants de l'archipel de Zanzibar sont appelés des Zanzibarais ou Zanzibaris. La région est multiraciale: les Africains sont le groupe le plus nombreux, suivi des Arabes puis des Indiens.

L'archipel, comme le reste de la Tanzanie, compte deux langues officielles: le swahili (kiswahili) et l'anglais. Les langues parlées dans l'archipel sont relativement nombreuses: swahili (appelé kiswahili), arabe omanais (200 000), arabe classique, hindi, ourdou, goujarat, konkani, anglais, italien, français, etc. Les langues numériquement les plus importantes sont le swahili et l'arabe omanais, l'arabe classique et l'anglais étant des langues secondes.

2.1 Le swahili

La République autonome de Zanzibar constitue l'un des rares États du monde à avoir une population dont la majorité parle le swahili (toujours appelé kiswahili à Zanzibar) comme langue maternelle. Dans les autres pays, y compris en Tanzanie, le swahili est une langue seconde véhiculaire servant aux communications inter-ethniques. À Zanzibar, le swahili est la langue la plus utilisée dans les familles, même lorsque l'un des conjoints est issus d'une communauté linguistique différente (comme l'arabe omanais). Le swahili est parlé dans toutes les îles de l'archipel et la plupart des Zanzibarais s'identifient à cette langue.

Cependant, il faut distinguer différentes variétés dialectales du swahili:

- le kiunguja (9000), parlé à Zanzibar City et dans les environs de la ville;
- le kitumbatu et le kimakunduchi parlés dans le reste de l'île d'Unguja;
- le kipemba (1900) parlé sur l'île de Pemba;

À l'extérieur des deux îles, il existe le kimrima, parlé à Pangani, à Vanga, à Dar es Salaam, à Rufiji et sur l'île de Mafia. Au Kenya, il y a le mijikenda parlé sur la petite île de Mvita au sud de Mombassa, le kingare et le chijomvu parlés dans la région de Mombasa, le chi-chifundi et le kivumba parlés sur la côte méridionale du Kenya, le kiamu parlé sur l'île de Lamou et le sheng parlé à Nairobi (capitale du Kenya). En Tanzanie il faut mentionner le swahili de l'île de Tumbato (56 000) et le swahili de Bajuni (16 000). L'intercompréhension entre ces variétés est relativement aisée.

2.2 L'anglais

L'anglais est la langue officielle au même titre que le swahili à Zanzibar comme en Tanzanie continentale. Elle n'est une langue maternelle que pour une faible portion de la population. L'anglais n'est abordé qu'en fin des études primaires et devient une simple «langue d'enseignement» dans les écoles secondaire, alors que ni les élèves ni les professeurs ne maîtrisent cette langue. Seulement 10 % de la population zanzibaraise est scolarisée dans cette langue, laquelle est mal maîtrisée par les élèves qui terminent leur secondaire. La population zanzibaraise est essentiellement swahiliphone, puis arabophone, avant d'être anglophone, et ce, contrairement à ce qu'écrivent la majorité des guides touristiques qui affirment que «l'anglais est parlé par la majorité de la population».

Il est vrai que, dans les lieux touristiques, les petits commerçants et le vendeurs savent généralement des mots anglais, mais la plupart seraient incapables d'entretenir une conversation dans cette langue. Normalement, les guides et employés des agences touristiques savent «baragouiner» l'anglais, c'est-à-dire un anglais extrêmement simple. En fait, les commerçants qui s'expriment en anglais sont généralement d'origine indienne et sont spécialisés dans l'exportation internationale.

2.3 L'arabe

Plus de 200 000 Zanzibarais s'expriment en arabe comme langue maternelle. Il s'agit de l'arabe omanais, non de l'arabe classique qui n'est appris que dans les écoles coraniques (les madrasa) et n'est utilisé que dans les mosquées. À Zanzibar, l'arabe omanais est employé dans les familles d'origine arabe; il ne sert pas aux échanges inter-ethniques (dominés par le swahili), ni dans les relations commerciales (dominées par l'anglais). Bien que les guides touristiques puissent prétendre que beaucoup de Zanzibarais connaissent l'arabe, peu d'entre eux seraient capables de poursuivre une conversation en arabe classique.

3 Bref historique de Zanzibar

Les premiers habitants des îles de Pemba et de Zanzibar semblent être arrivés vers le IIIe millénaire avant notre ère. Il s'agissait de pêcheurs côtiers venus de l'Afrique continentale grâce à des embarcations légères. Par la suite, des routes commerciales se développèrent le long de la côte africaine; celles-ci étaient utilisées par des marchands marins en provenance des régions arabes et indiennes, afin de faire le commerce, entre autres, des esclaves, de l'or, de l'ivoire et des épices. Progressivement, les habitants s'imprégnèrent de la culture arabe avant toute islamisation; c'est à cette époque que s'implanta la civilisation swahilie influencée par des mixages arabes et bantous.

3.1 L'influence persane

Au VIIIe siècle, le sultan perse de Chiraz s'installa à Zanzibar et favorisa une vague d'immigration persane. Selon les régions, trois groupes distincts se formèrent : les Watumbatu au nord d'Unguja, les Wahadimu  au sud d'Unguja et les Wapemba à Pemba. Les habitants continuèrent à ses considérer comme des Chirazis et délaissèrent leurs origines bantoues. Au XIe siècle, les Omanais installés à Zanzibar entrèrent en conflit avec les Chirazis. L'archipel constitua un sultanat prospère et devint une centre commercial important entre Arabes, Perses et Indiens. 

3.2 La colonisation portugaise

En 1499, l’île d'Unguja fut visitée par l’explorateur portugais Vasco de Gama (1469-1524). Elle passa sous autorité portugaise en 1503, car les Portugais, qui avaient vite compris l'intérêt stratégique de la création de comptoirs le long de la côte est-africaine, s'installèrent en même temps à Mombasa et sur les îles de Pemba et d'Unguja. C'est cette présence portugaise qui fut à l'origine de la fondation de la ville de Zanzibar en 1590. Les Portugais n'eurent guère le temps d'imposer leur langue sur le territoire, car ils durent affronter à la fois les Omanais, les Perses et les Britanniques. D'ailleurs, ce furent les Omanais qui réussirent à chasser les Portugais de la région en 1698.

3.3 La présence omanaise

Le sultanat d'Oman reprit le contrôle de Zanzibar à partir de 1698 au moment où toute l'économie était orientée vers le commerce d'esclaves. Afin de favoriser la culture de la datte à grande échelle, les Omanais durent importer des esclaves africains. Non seulement les Omanais employaient les esclaves qu'ils allaient chercher, mais ils utilisèrent Zanzibar comme poste de traite pour le commerce international. À la fin du XVIIe siècle, alors que toute la population s'était islamisée, l'arrivée d'un nouveau sultan sur le trône d'Oman marqua le début de l'alliance avec les Britanniques afin d'éloigner les Perses qui convoitaient la région. C'est au cours de cette période que s'implanta la langue arabe dans l'archipel, mais les populations continuèrent de parler leurs langues bantoues, notamment le swahili zanzibari, l'arabe et l'ourdou.

3.4 L'alliance anglo-omanaise

 
L'alliance anglo-omanaise entraîna progressivement le déclin de la traite arabe dans la région, car la Grande-Bretagne abolit l'esclavage en 1772. Comme les autres puissances coloniales firent de même, Zanzibar se trouva avec un surplus d'esclaves. De plus, les Britanniques exercèrent des pressions afin d'interdire les navires négriers d'accoster dans l'archipel qui dut s'orienter vers le commerce du clou de girofle, puis de l'ivoire. Mais les autorités omanaises n'appliquèrent à peu près jamais les clauses du traité anglo-omanais, si bien que, vers 1850, de 12 000 à 15 000 esclaves transitaient annuellement à Zanzibar. Il faudra attendre les années 1890 pour que l'esclavage soit totalement aboli à Zanzibar. En 1880, le sultanat de Zanzibar possédait encore une étendue considérable: il comprenait, outre l'île d'Unguja, l'île de Pemba au nord, celle de Mafia au sud, ainsi qu'une partie de la côte africaine, depuis la presqu'île des Somalis jusqu'au Mozambique portugais. Du côté de l'Ouest jusqu'aux grands lacs, les limites n'étaient pas précisées.

3.5 La colonisation britannique


Le 1er juillet 1890, Zanzibar devint un protectorat britannique, le sultan de Zanzibar n'ayant plus qu'un rôle symbolique. La langue anglaise s'implanta dans l'administration, mais n'empêcha nullement le swahili de tenir tête à l'anglais. Après la Seconde Guerre mondiale, des revendications autonomiste virent le jour et des partis politiques furent créés: l'Afro-Shirazi Union, qui devint l'ASP (Afro Shirazi Party), était contrôlé par les Africains, alors que le ZNP (Zanzibar Nationalist Party) l'était par les Arabes. Après les émeutes raciales de 1961, les Britanniques accordèrent l'indépendance à Zanzibar, le 10 décembre 1963, sous la forme d'un sultanat (sultanat de Zanzibar).

3.6 L'indépendance et l'intégration à la Tanzanie

Le sultanat de Zanzibar sombra dans l'anarchie. Le 12 juillet 1964, une violente révolution éclata et, dans la nuit du 11 janvier, il se produisit un véritable massacre, alors que plus de 17 000 Arabes et Indiens furent tués.  Le coup d'État qui suivit permit l'instauration d'une république populaire à tendance marxiste et dirigée par le Gouvernement révolutionnaire de Zanzibar. À la suite du conflit racial qui s'était exporté au Tanganyika voisin, devenu indépendant le 9 décembre 1961, les deux pays en vinrent à un accord afin de fusionner, ce qui donna naissance à la République unie de Tanganyika et de Zanzibar, puis la Tanzanie (mot formé du Tan de Tanganyika et du Zan de Zanzibar), le 26 avril 1964.

Cette union politique permit à Zanzibar de conserver une certaine autonomie sous le contrôle du Gouvernement révolutionnaire de Zanzibar. L'autonomie devait durer dix ans, mais elle s'est prolongée indéfiniment. Puis le gouvernement autonome, dirigé par Sheik Abied Amani Karume, administra la région en violant fréquemment les droits de l'homme. Les Indiens, les Européens, les Asiatiques et les propriétaires terriens quittèrent l'île en constatant leurs biens et leurs terres étaient confisqués par l'État. En 1972,  l'assassinat du président Karume apporta davantage de libertés. En effet, Aboud Jumbe Mwinyi, le nouveau leader du gouvernement révolutionnaire, moins extrémiste que Karume, entreprit quelques réformes et permit une ouverture vers les pays occidentaux. En 1984, Idris Abdul Wakil fut élu président de Zanzibar, et fut suivi par Salmin Amour dont le gouvernement continua d'encourager le secteur privé en libéralisant le commerce et en favorisant par le fait même le développement du tourisme. Cependant, les îles d'Unguja et de Pemba continuent aujourd'hui d'être la proie de violences raciales. En même temps, l'irrédentisme zanzibarais semble de plus en plus fort, exacerbé par les tensions religieuses illustrées en 1992 par l'adhésion secrète de l'île à l'OCI, l'Organisation de la conférence islamique, alors que le gouvernement zanzibarite n'a pas autorité pour conclure des accords internationaux. Bref, le climat politique demeure toujours tendu à Zanzibar, depuis plus de quarante ans, car les problèmes de cohabitation ethnique et religieuse à la base de la crise permanente n'ont jamais été résolus. 

4 La politique linguistique

La République autonome de Zanzibar n'a pas développé une politique linguistique élaborée. De plus, les textes juridiques concernant l'emploi des langues sont inexistants, y compris ceux relatifs au gouvernement local de Zanzibar: la Constitution de 1984 de Zanzibar et la Regional Administration Authority Act de 1998.

4.1 Les langues de la législation et de la justice

Le Parlement zanzibarais (appelé la Chambre des représentants) utilise le kiswahili dans les débats ainsi que dans la rédaction des lois, celles-ci étant traduites parfois en anglais. Les dirigeants de Zanzibar s'adressent à la population en kiswahili et les campagnes électorales se déroulent en kiswahili.

Les tribunaux de première instance, pour leur part, fonctionnent exclusivement en kiswahili, rarement en anglais. Les cours de seconde instance utilisent les deux langues, l'anglais ou le kiswahili, mais la Cour d'appel de l'État tanzanien privilégie encore l'anglais, bien que le kiswahili commence à concurrencer sérieusement cette langue.

4.2 L'administration régionale

Dans l'Administration régionale, le swahili (kiswahili) et l'anglais sont les langues légalement admises, mais le swahili est pratiquement seul à être employé dans les communications orales avec les citoyens parce qu'il demeure la langue la plus connue dans tout l'archipel. Le gouvernement autonome emploie toujours le swahili dans la documentation officielle destinée à l'ensemble des citoyens. Les rares textes rédigés en anglais semblent être les courriers internes de certains employés au service de l'Administration tanzanienne, car tout le système administratif tanzanien repose sur des textes rédigés et imprimés en anglais. Cependant, même les lettres signées par les ministres zanzibarais sont en swahili quand elles s'adressent à des Tanzaniens. Une nomination, une directive, etc., c'est en swahili avec comme en-tête Serikali ya Mapinduzi ya Zanzibar. Le recrutement par voie de petites annonces pour la fonction publique se fait en kiswahili et en anglais pour les deux parties.

Pour bien montrer le caractère co-officiel de l'anglais et du kiswahili, la Loi sur la citoyenneté de la Tanzanie (1995) exige comme l'une des conditions pour obtenir la citoyenneté tanzanienne est d'avoir une une connaissance adéquate du kiswahili ou de l'anglais:

The Tanzania Citizenship Act, 1995

SECOND SCHEDULE

Section 9

Conditions For Citizenship By Naturalization

1) Subject to the provisions of the next following paragraph, the qualifications for naturalization of an alien who applies for it are

(a) that he has resided in the United Republic throughout the period of twelve months immediately preceding the date of the applications; and

(b) that during the ten years immediately preceding the said period of twelve months he resided in the United Republic for periods amounting in the aggregate to not less than seven years; and

(c) that he has an adequate knowledge of Kiswahili or the English language; and

(d) that he is of good character; and

[...]

Loi sur la citoyenneté de la Tanzanie, 1995

ANNEXE II

Article 9

Conditions pour l'obtention de la citoyenneté par naturalisation

1) Sous réserve des dispositions du paragraphe suivant, les qualifications applicables pour la naturalisation d'un étranger sont:

(a) qu'il ait résidé dans la République unie au cours de la période de douze mois précédant immédiatement la date de la demande; et

(b) que, pendant les dix années précédant immédiatement ladite période mentionnée, il ait résidé dans la République unie pour des périodes s'élevant au total à au moins sept ans; et

(c) qu'il ait une connaissance adéquate du kiswahili ou de l'anglais; et

(d) qu'il soit de bon caractère; et

[...]

Selon la Loi sur les autorités locales (élections) de 1979, tout candidat à une élection locale doit avoir publié dans les journaux un avis en kiswahili et en anglais indiquant la nature du contrat et son intérêt pour l'entreprise ou la société contractante:

4.3 Les langues de l'enseignement

L'éducation relève de la compétence exclusive de la République autonome de Zanzibar. C'est pourquoi le système d'éducation zanzibarais diffère de celui de la Tanzanie. En effet, sur le continent, les écoliers tanzaniens sont scolarisés durant tout le cycle du primaire en swahili et ils passent à l'anglais à partir du secondaire, sauf pour le swahili en tant que matière et l'éducation civique, qui sont enseignés dans cette langue.  À l'université, seul l'anglais sert de véhicule de transmission des connaissances.

Par contre, à Zanzibar, les écoliers reçoivent leur instruction exclusivement en swahili non seulement durant tout le primaire, mais aussi durant le premier cycle du secondaire. Dans le second cycle du secondaire, l'anglais et l'arabe classique deviennent les langues d'enseignement. Comme en Tanzanie, l'anglais demeure la seule langue de l'enseignement supérieur. En réalité, l'anglais est une langue strictement scolaire, qui n'est pas utilisée ni par les étudiants ni par l'administration universitaire. Le swahili est omniprésent, sauf dans les salles de classe, durant les cours. Bref, l'anglais, seconde langue officielle de Zanzibar, reste un parent pauvre dans l'enseignement, bien que la swahilisation y soit plus poussée que sur le continent. L'enseignement supérieur est dispensé en anglais dans les universités zanzibaraises ainsi que dans les universités tanzaniennes. Il existe aussi des écoles privées où l'enseignement peut être dispensé en anglais, mais avec un enseignement minimal en swahili.

Malheureusement, le système d'éducation zanzibarais n'est pas en bon état, les ressources financières étant nettement insuffisantes. Dans certaines régions, les parents n'envoient pas leurs enfants à l'école, même si les places sont disponibles. La plupart des écoles manquent de salles de classe, de mobiliers, de salles de toilettes, d'alimentation en eau et en électricité, etc., sans parler des manuels. De plus, la profession d'enseignants n'attire pas des candidats fortement qualifiés en raison des bas salaires et de la piètre formation accordée aux enseignants. 

En 1979, a été fondé l'Institute of Kiswahili and Foreign Languages (Institut du kiswahili et des langues étrangères) afin d'enseigner le swahili aux étudiants provenant des différentes parties du monde. Cet institut offre des cours de débutant, de niveau intermédiaire et de niveau avancé. Les cours durent en général de trois semaines à deux mois, selon le niveau de compréhension désiré par l'étudiant. L'institut a aussi prévu des cours intensifs destinés aux touristes intéressés par la langue swahilie.

4.4 Les médias

L'archipel de Zanzibar compte une dizaine de quotidiens et une quinzaine d'autres journaux (périodiques) tous publiés en swahili ou en anglais. Il existe aussi des périodiques provenant des partis politiques. En principe, il n'y a aucune censure officielle, mais le gouvernement exerce régulièrement des pressions auprès de certains journaux afin de faire modifier ou faire supprimer des articles qui lui sont défavorables. Il est arrivé aussi que le gouvernement zanzibarais tente de faire fermer un journal. Les journaux tanzaniens et étrangers sont disponibles dans les îles. 

À Zanzibar, la radio et la télévision (TV Zanzibar et Voice of Tanzania-Zanzibar) sont sous le contrôle du gouvernement local. Les émissions radiophoniques sont en kiswahili, en arabe ou en anglais. Quant à la télévision, le kiswahili domine, mais certaines émissions sont en arabe ou en anglais.

La République autonome de Zanzibar pratique une politique de bilinguisme déséquilibré à l'avantage du swahili, sauf dans l'éducation post-primaire et les relations commerciales internationales où l'anglais prédomine. L'archipel demeure une région swahiliphone: c'est même la société plus swahiliphone au monde, un cas unique en Afrique, puisque partout ailleurs (sauf sur la côte tanzanienne) le swahili demeure une langue seconde. Contrairement au gouvernement tanzanien, le gouvernement zanzibarais privilégie nettement le swahili, y compris dans ses relations avec le gouvernement central. Cependant, il est légitime de se demander pourquoi le gouvernement limite sa politique de swahilisation au premier cycle du secondaire, d'autant plus que l'enseignement de l'anglais et de l'arabe classique montre des déficiences considérables. En effet, l'enseignement de l'anglais et de l'arabe à Zanzibar ne permet pas de soutenir une conversation normale dans ces langues. Aussi bien, dans ces conditions, poursuivre l'enseignement en swahili. Pourtant, tel n'est pas le cas. C'est que le gouvernement local se buterait à une pénurie d'enseignants qualifiés et de manuels adéquats. Il faudrait aussi que le budget alloué à l'éducation soit plus élevé qu'il ne l'est actuellement, soit passer de 12 % ou 13 % des dépenses publiques totales à au moins 20 %.  Or, en raison de la piètre performance économique, le gouvernement est incapable de soutenir un tel investissement, ce qui cause des préjudices considérables en éducation. Bref, la politique linguistique de Zanzibar est encore en phase d'élaboration.  L'absence d'une législation linguistique est aussi un signe qui ne trompe pas.

Mise à jour: 16 déc. 2009  

 

Bibliographie

ENCYCLOPÉDIE MICROSOFT ENCARTA, 2004, art. «Tanzanie», pour la partie historique.

HALFANI, Mohamed et Maria NZOMO. «Réconcilier l'État et la société: démocratie et droits de la personne en Tanzanie» dans Libertas - le bulletin d'information du CIDPDD, février 1995, http://www.ichrdd.ca/PublicationsF/ddtan_rf.html

LAPONCE, Jean A. Langue et territoire, Québec, Presses de l'Université Laval, CIRB, 1984, 265 p.

PRUNIER, Gérard. «Zanzibar à l'heure du multipartisme» dans Le Monde diplomatique, Paris, juillet 1996, p. 21

RUBAGUMYA, Casmir M. «Language Planning in the Tazanian Educational System: problems and prospects» dans Journal of Multilingual and Multicultural Development, vol. 7, no 4, 1986, p. 283-300.

LE MONDE DIPLOMATIQUE - JUILLET 1996 - Page 21
http://www.monde-diplomatique.fr/md/1996/07/PRUNIER/5141.html

Institut d'études sur le développement. «Réconcilier l'État et la société» dans Démocratie et droits de la personne en Tanzanie, Dar es-Salam (Tanzanie), février 1995, 
[http://www.ichrdd.ca/PublicationsF/ddtan_rf.html].

VIELLARD, Agnès. Création lexicale en kiswahiliDéveloppement, dynamisme et richesse d'une langue, analysés à travers une étude de la presse swahiliphone tanzanienne de 1995 à 1999»), Paris, Institut national des langues et civilisations orientales, mémoire pour l'obtention du Diplôme de recherche et d'études appliquées, études africaines, mention swahili, 1999.

 

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