République autonome d'Ossétie du Sud

Géorgie

L'Ossétie du Sud

Samkhret' Oset'is
Avtonomiuri Olk'i

Hego Osetia: eskualde autonomoa

Capitale: Tskhinval
Population:  70 000 (2007)
Langues officielles: ossète et russe
Groupe majoritaire:  ossète (67,1 %)
Groupes minoritaires:
géorgien (25 %), russe (3 %), arménien (1,3 %), etc.
Système politique: république autonome autoproclamée indépendante, sous contrôle russe  
Articles constitutionnels (langue): art. 4 de la Constitution ossète de 2011
Lois linguistiques: sans objet

La Géorgie comprend les territoires autonomes suivants:

1) la République autonome d'Abkhazie, au nord-ouest (capitale: Soukhoumi);
2) la République autonome d'Adjarie, au sud-ouest (capitale: Batoumi);
3) la Région autonome d'Ossétie du Sud, au nord (capitale: Tskhinvali).

De ces trois territoires, seule l'Adjarie peut être considérée comme étant entièrement intégrée politiquement dans les structures de l'État géorgien.

En Abkhazie et en Ossétie du Sud, la situation est différente, car les deux républiques autonomes refusent de faire partie de la Géorgie: l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud veulent s'intégrer au sein de la fédération de Russie qui, pour le moment, les contrôle totalement. L'indépendance des deux républiques sécessionnistes n'est pas reconnue par la communauté internationale, sauf par la Russie

Depuis longtemps, les Ossètes sont répartis en deux États: d'une part, la Géorgie à laquelle l'Ossétie du Sud (Hego Osetia) appartient juridiquement, d'autre part, la Russie dont l'Ossétie du Nord (Ipar Osetia ou maintenant Alania) est une république autonome constitutive. Les Ossètes sont parmi les derniers descendants des grands peuples nomades d'origine iranienne, comme les Squithiens, les Sarmats et les Alans. La langue ossète fait partie des langues indo-iraniennes de la famille indo-européenne.

L'Ossétie du Sud  comprend 3900 km², soit 5,5 % du territoire de la Géorgie et fait administrativement partie de la Karthlie supérieure. Avant les conflits, la population était de 99 000 habitants, dont 66 % d'Ossètes et 28 % de Géorgiens. On comptait au total quelque 40 nationalités, dont des Russes, des Arméniens, des grecs, etc. En 1989, dans la mouvance de la Glasnost et de la Perestroïka, le sentiment nationaliste des Géorgiens a effrayé les Ossètes du Sud qui ont alors exigé leur unification avec l'Ossétie du Nord (en Russie).  En Ossétie du Nord (Ipar Osetia), la petite république autonome de 8000 km2, appelée maintenant Alania, compte une population de 634 000 habitants. La capitale est Vladikavkaz (Ordzhonikidze). Avant les conflits de 1992, les Ossètes constituaient 50,5 % de la population, les Russes 33,9 %, les Ingouches 8,1 % et de nombreux autres nationalités. La brève guerre dans la région Prigorodny en Ossétie du Nord a été fatale pour les Ingouches puisque 50 000 d'entre eux ont dû fuir en Ingouchie. 
En décembre de l'année suivante, le Parlement géorgien a supprimé l'autonomie de l'Ossétie du Sud et interdit les manifestations. Le litige reposait en partie sur la question linguistique. Le géorgien a été déclaré «langue officielle»; les Ossètes ont aussitôt déclaré que l'ossète était leur langue officielle. Suite à une aggravation des relations entre les Ossètes et le régime nationaliste du président géorgien Gamsakhourdia, l'Ossétie du Sud a déclaré son indépendance en 1990 sous le nom de «République démocratique d'Ossétie du Sud». En 1992, les nationalistes ossètes ont proclamé l'indépendance de l'Ossétie du Sud en se basant sur les résultats d'un référendum qui n'a jamais été reconnu au plan international. Ce nouvel État s'est rapproché de la République d'Ossétie du Nord, avec laquelle elle a une frontière et une culture communes. Évidemment, il s'en est suivi un conflit armé qui s'est arrêté à la fin de 1992 par la signature d'un accord de cessez-le-feu. Quelque 53 000 personnes, dont environ 39 000 Ossètes et 11 000 Géorgiens, ont été déplacées par ce conflit; 10 000 réfugiés ont gagné la région russe voisine d'Ossétie du Nord.

La composition de la population est difficile à établir, mais certaines estimations de 2007 indiqueraient 47 000 (67,1 %), 17 500 Géorgiens (25 %), 2100 Russes (3 %), 900 Arméniens (1,3 %0, 650 Juifs (0,9 %), etc. En août 2008, plus de 70 % des citoyens de l'Ossétie du Sud avaient obtenu la citoyenneté russe et 54,5 % de ces 70 % avaient la double citoyenneté (géorgienne et russe). On estime aussi que plus de 60 000 Ossètes ont fui la Géorgie pour la Russie. La région dépend totalement de l'aide économique russe.

Année Ossètes Géorgiens Russes Arméniens Juifs Autres Total
Estimation de 2007 47 000 17 500 2100 900 650 1850 70 000
Pourcentage 67,1 % 25 % 3 % 1,3 % 0,9 % 2,6 % 100 %

En 1993, l'Ossétie du Sud a adopté une constitution qui respecte l'intégrité territoriale de la Géorgie. Mais la petite république d'Ossétie du Sud a tenu un deuxième référendum sur son indépendance, le 12 novembre 2006 : plus de 90 % des votants s'y sont prononcés pour l'indépendance. Or, le gouvernement géorgien, les États-Unis et l'Union européenne ont considéré ce référendum comme «illégal». Quant à la Russie, elle reconnaissait ce référendum sans toutefois reconnaître l'indépendance de la République. En 2008, un deuxième conflit armé commençait avec une offensive géorgienne, ce qui entraîna une réaction de la Russie et la destruction d'une partie de la capitale, Tskhinvali. Le 16 août de la même année, un cessez-le-feu fut signé, du moins temporairement, pour mettre fin au conflit, sans régler pour autant les questions ossètes et abkhazes. Une dizaine de jours plus tard, la Russie reconnaissait officiellement l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.

En 2011, l'Ossétie du Sud adoptait une nouvelle constitution dans laquelle elle proclamait l'ossète et le russe comme langues officielles:

КОНСТИТУЦИЯ РЕСПУБЛИКИ ЮЖНАЯ ОСЕТИЯ (1 января 2011)

Статья 4

1) Государственным языком в Республике Южная Осетия является осетинский язык. Сохранение и развитие осетинского языка являются важнейшей задачей органов государственной власти Республики Южная Осетия.

2) Русский язык, наряду с осетинским, а в местах компактного проживания граждан Республики Южная Осетия грузинской национальности – грузинский, признается официальным языком органов государственной власти, государственного управления и местного самоуправления в Республике Южная Осетия.

3) Народам, проживающим в Республике Южная Осетия, предоставлено право на свободное изучение, развитие и использование родного языка.

CONSTITUTION DE LA RÉPUBLIQUE D'OSSÉTIE DU SUD (1er janvier 2011)

Article 4 (traduction)

1) La langue officielle de la République d'Ossétie du Sud est l'ossète. La préservation et le développement de la langue ossète est la tâche importante la plus importante des pouvoirs publics de la République d'Ossétie du Sud.

2) La langue russe, avec l'ossète dans les lieux de résidence compacte des citoyens de la République d'Ossétie du Sud et ceux de la Géorgie, est reconnue comme une langue officielle dans les organismes de l'État, de l'administration publique et du gouvernement local de la République d'Ossétie du Sud.

3) Les peuples vivant dans la République de l'Ossétie du Sud ont droit à la liberté de recherche, au développement et l'usage de leur langue maternelle.

Suite au conflit armé, on compterait 158 600 personnes déplacées, soit 30 000 personnes qui ont fui l'Ossétie du Sud (Géorgie) pour l'Ossétie du Nord (Russie), plus de 12 000 autres se sont déplacées à l'intérieur même de la région autonome ossète, alors qu'environ 68 000 personnes se sont déplacées en Géorgie même, dont 56 000 habitants de Gori, la plus grande ville géorgienne proche de l'Ossétie du Sud, qui ont quitté la ville. Avant la guerre, l'Ossétie du Sud comptait un fort mélange de villages ossètes et de villages géorgiens, dont les habitants travaillaient souvent ensemble, et où les mariages inter-ethniques étaient fréquents.

La Géorgie a introduit devant la Cour internationale de justice une instance contre la Russie pour «violations de la convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale», en prenant prétexte des expulsions et prétendues exactions commises à l'encontre des Géorgiens vivant en Ossétie du Sud. Quant à la Russie, elle a lancé une enquête judiciaire pour prouver que l'armée géorgienne a pratiqué un génocide à l'égard du peuple ossète.

Le gouvernement de la Géorgie a reconnu que les politiques nationalistes de M. Gamsakhourdia avaient largement contribué à l'éclatement du conflit entre l'Ossétie du Sud et la Géorgie. À présent, les autorités géorgiennes semblent dans un effort visant à un règlement politique.

La Géorgie
 

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