Autriche 

Situation générale

Republik Österreich

Capitale: Vienne
Population: 8,1 millions (2002)
Langue officielle: allemand 
Groupe majoritaire: allemand (95,4 %)
Groupes minoritaires: slovène, croate, hongrois, tchèque, slovaque, tsigane, walser, sorabe, etc.
Système politique: république fédérale composée de neuf Länder (provinces)
Articles constitutionnels (langue): art. 8 de la Constitution de 1983 (modifiée en mai 2000), le traité de Saint-Germain-en-Laye du 10 septembre 1919 (art. 62 à 68), le Traité relatif au droit de nationalité et à la protection des minorités du 7 juin 1920 (art. 20), le Traité d’État du 15 mai 1955 (art. 6 et 7), la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires de 1992.
Lois linguistiques: Loi no 101 relative aux écoles minoritaires de Carinthie (1959-2001); Loi no 396 relative aux groupes ethniques (1976);
Règlement du gouvernement fédéral, no 38, relatif aux conseils consultatifs des minorités nationales (1977); Règlement du gouvernement fédéral no 306 définissant les aires où les inscriptions topographiques doivent être en allemand et en slovène (1977);  Règlement du gouvernement fédéral no 307 définissant les tribunaux, les autorités administratives et autres services publics où la langue slovène est également autorisée comme langue officielle en plus de l'allemand (1977); Décret du gouvernement fédéral no 308 fixant les dénominations en slovène dans certaines localités (1977);  Règlement du gouvernement fédéral, no 231, définissant les tribunaux, les autorités administratives et autres services publics où la langue croate est également autorisée comme langue officielle en plus de l'allemand (1990); Loi no 641 relative aux écoles minoritaires du Burgenland (1994); Règlement du gouvernement fédéral no 170 déterminant les parties du territoire où doivent être installées les dénominations et les inscriptions topographiques, non seulement en allemand mais aussi en croate ou en hongrois (2000); Décret régissant l’emploi du hongrois comme langue officielle (2000); Règlement du gouvernement fédéral, no 229, définissant les tribunaux, les autorités administratives et autres départements où la langue hongroise est également autorisée comme langue officielle en plus de l'allemand (2000); Loi fédérale sur la Société de radiodiffusion autrichienne (2005).

1  Situation géographique

L'Autriche (Österreich en allemand) est un État germanique d'Europe centrale de 83 859 km², soit une superficie deux fois plus grande que la Suisse. Le pays est limité à l'ouest par la Suisse et la petite principauté du Lichtenstein, à l'est par la Hongrie, au sud par l'Italie et la Slovénie, au nord par l'Allemagne et la République tchèque.

L’Autriche forme une fédération composée de neuf «provinces» appelées Bundesläder (voir la carte des Länder). Ces Länder sont, d’ouest en est, le Vorarlberg, le Tyrol (ou Tyrol du Nord, incluant le Tyrol de l'Est), Salzbourg (en all.: Salzburg), la Carinthie (en all.: Kärnten), la Haute-Autriche (en all.: Ober-Österreich), la Basse-Autriche (en all.: Nieder-Österrreich), la Styrie (en all.: Steiermark), le Burgenland et Vienne (en all.:Wien). L’agglomération viennoise constitue à la fois une ville et un Land.

D’après la Constitution (1983), les Bundesländer (ou Länder) doivent faire appliquer les lois fédérales en matière d'élections, de communications et d'assistance publique; ils gèrent aussi toutes les affaires d'intérêt local qui ne sont pas du ressort de l'État fédéral. Les districts (Bezirkshaupt-mannschaften) et les communes sont subordonnés aux Länder. Chacun des Länder dispose d'un parlement (ou Diète appelé Landtag) élu au suffrage universel, qui élit à son tour un gouvernement local que préside le «capitaine du pays», le Landeshauptmann. Les Diètes peuvent outrepasser le veto du gouvernement par un vote à la majorité.

2 Données démolinguistiques

Dans ce pays de 8,1 millions d’habitants (2002), la très grande majorité des Autrichiens (95,4 %) parle l’allemand, une langue du groupe germanique. C’est ce qu’on peut appeler un pays linguistiquement homogène. 

2.1 Les germanophones

Toutefois, la plupart des Autrichiens, comme les Allemands et les Suisses, ne parlent généralement pas l’allemand standard (appelé Hochsprache) dans leur vie quotidienne. Ils parlent plutôt, du moins dans les régions rurales, l’une des variétés dialectales de type alémanique appelé Hochalemannisch (environ 300 000 locuteurs) ou austro-bavarois appelé Bairisch (au moins sept millions de locuteurs autrichiens). On distingue notamment le Nordbairisch, le Mittelbairisch et le Südbairisch, ce qui signifie en français le «bavarois septentrional», le «bavarois central» et le «bavarois méridional». En Autriche, ces  variétés austro-bavaroises sont aussi connues sous le nom de «tyrolien» (Nord, Centre et Sud).  Dans les centres urbains, les Autrichiens s'expriment dans une variété qu'on pourrait appeler en français «allemand régional». Il s'agit d'une variété intermédiaire influencée par les dialectes (un peu comme le français régional) et qui peut varier d'une ville à l'autre. Ces variétés peuvent être rattachées grosso modo aux provinces (Länder) ou à leurs chefs-lieux. Seulement moins de 300 000 locuteurs autrichiens s'exprimeraient en «allemand standard» comme langue maternelle.

Rappelons que toutes les variétés dialectales de l’allemand font partie d’un ensemble linguistique appelé le haut-allemand (ou Oberdeutsch) du fait qu'il est parlé dans les régions montagneuses de la partie méridionale de l’Allemagne actuelle. Dans cet ensemble, mentionnons, outre l’allemand standard (Hochsprache), le francique oriental (Ostfränkisch), le francique du Sud (Südfränkisch), le bavarois ou austro-bavarois en Autriche (Nordbairisch, Mittelbairisch et Südbairisch), l'alémanique en Suisse, lequel se subdivise en alsacien (Elsässisch), en souabe (Schwäbisch) et en suisse alémanique proprement dit (Schweizerdeutsch). Voir à ce sujet la carte des variétés dialectales de l’allemand.

Oberdeutsch
(haut-allemand)

Oberfränkisch
(haut-francique)

Bairisch
(bavarois)

Alemannisch
(alémanique)
 

Sudfränkisch (francique méridional)
Ostfränkisch (francique oriental)
Nordbairisch (bavarois du Nord)
Mittelbairisch (moyen-bavarois)
Südbairisch (bavarois du Sud)
Schwäbisch (souabe)
Nierderalemannisch (bas-alémanique)
Hochalemannisch (haut-alémanique)
Höchstalemanisch (alémanique supérieur

On peut consulter une autre carte des dialectes allemands, ainsi qu'un tableau, en cliquant ICI.

2.2  Les minorités nationales

L'Autriche compte un certain nombre de petites minorités linguistiques, désignées officiellement Volksgruppen («groupes de peuples»). En raison à la fois de la situation géographique et des circonstances liées à l’histoire, ces minorités nationales parlent des langues slaves telles que le slovène, le croate, le tchèque ou le slovaque, ou une langue ouralienne, le hongrois.

Il existe aussi une très petite communauté sorabe (également de langue slave) et une communauté assez importante de Tsiganes (Roms). Ainsi, l’Autriche compte essentiellement des langues indo-européennes, sauf pour ce qui est du hongrois. 

Compte tenu de la Loi sur le recensement national, il est difficile de déterminer avec précision les membres de ces minorités.

En effet, en vertu de la Loi sur le recensement national, les citoyens interrogés sont priés de révéler la langue qu'ils parlent dans la «vie quotidienne». Le terme utilisé est en allemand umgangssprache (umgang = «relations» et sprache = «langue»), ce qui signifie «langue des relations», ce qui peut faire l’objet de diverses interprétations parce qu'il peut s'agir, selon les individus, autant de la «langue parlée à la maison» que la «langue du travail», la «langue entre amis», la «langue des services», etc. Par conséquent, les résultats des recensements ne sont guère plus qu’une indication d’ordre numérique peu fiable concernant une minorité linguistique donnée. Comme il n’existe pas actuellement de possibilité juridique d’obtenir un décompte précis des membres des minorités, il convient d’être très prudent et de savoir distinguer, par exemple, l’appartenance ethnique et l’appartenance linguistique. En général, l'appartenance «linguistique» devrait compter moins d'individus que l'appartenance «ethnique» dans la mesure où quelqu'un peut se dire «d'origine hongroise» sans parler la langue. Le tableau qui suit résume les composantes ethniques des communautés minoritaires en fonction des réponses communiquées lors du recensement de 2001:

Groupe

Nombre
(2001)

Pourcentage de la population totale

Pourcentage selon la région

Croates

19 374

0,4 %

Burgenland (88,9 %)
Vienne (11, 0 %)

Slovènes

17 953

0,3 %

Carinthie (69,9 %)
Vienne (7,8 %)
Styrie (12,2 %)

Hongrois

25 884

0,3 %

Vienne (41,2 %)
Burgenland (18,1 %)
Basse-Autriche (12,1 %)
Haute-Autriche (6 %)

Tchèques

11 035

0,1 %

Vienne (52,3 %)
Basse-Autriche (16,3 %)

Slovaques

3 343

0,02 %

Vienne (53,0 %)

Tsiganes

4 338

0,02 %

Vienne et Basse-Autriche

Source: Gerhard BAUMGARTNER, 
Geschichte und aktuelle Situation der Volksgruppen
, Klagenfurt/Celovec (Autriche), 2001, p. 162.

Cependant, les sources ne concordent pas toujours, comme en témoigne le tableau suivant, le cas étant particulièrement flagrant avec le croate:

Langue Gouvernement
autrichien
Ethnologue
(Sumer Institut Texas)
Joshua Project
croate

19 300

103 000 62 000
hongrois

25 900

  22 000 23 000
romani

  4 300

       500   9 400
slovène

18 000

   30 885 31 000
walser

-

    8 080   8 400
slovaque

  3 300

- -
tchèque

11 000

-   7 800
sorabe

-

-   4 200

Conformément à l’article 1 de la section 1 (paragraphe 2) de la Loi relative aux groupes ethniques (Volksgruppengesetz) de 1976, les minorités (Volksgruppen) sont définies comme étant «tout groupe de ressortissants autrichiens domiciliés sur le territoire autrichien avec une langue maternelle autre que l'allemand et avec un caractère national propre»:

Artikel 1

2) Volksgruppen im Sinne dieses Bundesgesetzes sind die in Teilen des Bundesgebietes wohnhaften und beheimateten Gruppen österreichischer Staatsbürger mit nichtdeutscher Muttersprache und eigenem Volkstum.

Article 1

2) Aux termes de la loi fédérale, on appelle groupe ethnique tout groupe de ressortissants autrichiens domiciliés sur le territoire autrichien avec une langue maternelle autre que l'allemand et un caractère national propre.

Les mots les plus importants sont les suivants: il faut faire partie d'un «groupe de ressortissants autrichiens» (''Gruppen österreichischer Staatsbürger'') ce qui exclut les immigrants et avoir «une langue maternelle autre que l'allemand et un caractère national propre» (''mit nichtdeutscher Muttersprache und eigenem Volkstum''). Autrement dit, il faut être un Autrichien non germanophone, ce qui exclut les Walser, les Allemands, les Suisses alémaniques, etc. En Autriche, seules les langues minoritaires suivantes sont reconnues officiellement par les autorités:

- le croate (30 000) dans le Land du Burgenland ;
- le slovène (50 000) dans le Land de Carinthie et celui de Styrie ;
- le hongrois (30 000) à Vienne et dans le Land du Burgenland ;
- le tchèque (18 000) à Vienne et en Basse-Autriche;
- le slovaque (8000) à Vienne ;
- la langue tsigane (25 000) dans le Land du Burgenland.

Ainsi, ce sont les Länder du Burgenland, de Carinthie, de Styrie, ainsi que la ville de Vienne, qui comptent le plus grand nombre de «groupes ethniques». Les minorités qui sont réputées répondre aux conditions énoncées dans la loi sont les suivantes: la minorité croate (29 596 locuteurs), la minorité slovène (50 000 locuteurs), la minorité hongroise (30 000 locuteurs), la minorité tchèque (18 000 locuteurs), la minorité slovaque (1015 personnes), la minorité tsigane ou rom (25 000 personnes). Les données numériques concernant le nombre des locuteurs appartenant aux diverses communautés linguistiques minoritaires demeurent approximatives, car les résultats du recensement national, notamment celui de 1991, ne permettent d’avoir qu’une vue précise de la composition ethnique des citoyens du pays, non pas nécessairement sur la langue de ces individus.

- La minorité croate

L’Autriche compterait près de 30 000 Croates dont 64 % d’entre eux vivent dans près de 50 localités du Burgenland, qui constituent des îlots linguistiques dispersés sur toute l’étendue du Land. La communauté croate du Burgenland habite dans six des sept districts du Land: Neusied / Neusiedl / Niuzalj, Eisenstadt / Zeljezno, Mattersburg / Matrštof, Oberpullendorf / Gornja Pulja, Oberwart / Borta, Güssing / Novi Grad. Cette communauté ne constitue la majorité de la population dans aucun de ces districts.

D’après le gouvernement autrichien, environ 12 000 Croates habitent Vienne. Les Croates sont établis dans le Burgenland depuis plus de 450 ans, alors que le Burgenland faisait partie de la Hongrie occidentale. Afin de se prémunir contre l’assimilation, les Croates ont fondé en 1934 l’Association culturelle des Croates du Burgenland à Vienne (Kroatisch-Burgenländischer Kultuverein in Wien).

La langue est restée, en matière d’identité, l’élément le plus important pour les Croates du Burgenland. Ceux-ci parlent une variété de croate, appelée officiellement «croate du Burgenland», qui diffère sensiblement de celui (dit «croate standard») parlé en république de Croatie, d’une part, parce que le croate du Burgenland a conservé une prononciation archaïsante, d’autre part, parce qu’il est lourdement influencé dans son lexique par l’allemand. Les différences linguistiques entre le croate standard et le croate du Burgenland, en particulier dans la langue écrite, sont à ce point marquées, qu'elles rendent difficiles les échanges à l'écrit. Enfin, il est possible que le nombre de locuteurs du croate en Autriche soit deux fois plus élevé que 30 000. Ce décalage illustre le problème de précision des recensements en matière de communautés ethniques et linguistiques.

- La minorité slovènes

Il y a 1400 ans environ, les premiers Slovènes (les Slovènes des Alpes) se sont établis dans les Länder de Carinthie et de Styrie. Le recensement de 2001 a révélé que 17 953 citoyens autrichiens ont affirmé parler le slovène dans la vie quotidienne; d’après les estimations des organisations slovènes, quelque 50 000 slovénophones vivraient en Autriche. Selon les estimations de l’Association pour la Styrie (Verein für Steiermark), c’est-à-dire l’organisation représentant les Slovènes de Styrie, on compterait aussi de 3000 à 5000 Slovènes en Styrie, qui vivent pour la plupart dans quelques villages de la région de Radkersburg au sud-ouest, ainsi qu’autour de Leutschach et dans la région de Soboth; c’est dans la capitale provinciale de Graz/Gradec que les locuteurs de slovène sont les plus nombreux, mais leur nombre a baissé de 3838 (en 1934) à 1695 (au recensement de 1991).

Comme pour les Croates, la langue slovène d’Autriche, appelée «Windisch» par certains, est réputée comme archaïque par rapport au slovène standard (en Slovénie) et son vocabulaire est fortement marqué par l’allemand. L'emploi du terme Windisch est controversé, car il est utilisé pour désigner les Slovènes d'Autriche ayant perdu leur langue maternelle.

- La minorité hongroise

En 1921, le Burgenland fut rattaché à l’Autriche et les Hongrois vivant dans la région sont devenus une minorité. L’aire actuelle d’implantation hongroise — officiellement 19 638 personnes — comprend, outre un certain nombre de locuteurs à Vienne et à Graz, quatre enclaves linguistiques: Oberpullendorf/Felsöpulya, Oberwart/Felsöör, Siget in der Wart/Öriziget et Unterwart/Alsóör. Les Hongrois du Burgenland vivent aussi dans des localités plus importantes telles que Eisenstadt et Frauenkirchen. Aujourd’hui, le nombre des Hongrois résidant à Vienne dépasse de loin celui de ceux vivant dans le Burgenland, car ils représentant 45,4 % de tous les Hongrois du pays.

Le recensement de 2001 a soulevé d’importantes réserves parmi les représentants des organisations hongroises d’Autriche, du fait que 25 884 citoyens autrichiens avaient déclaré employer le hongrois à la maison. Les organisations hongroises, pour leur part, estiment qu'au moins 30 000 «Hongrois» vivraient en Autriche. Le hongrois parlé en Autriche est appelé «Oberwart»: plus archaïsant, il s’écarte légèrement de la prononciation officielle hongroise et par son vocabulaire il est fortement influencé par la langue allemande.

- La minorité tchèque

La plupart des Tchèques sont arrivés dans le pays lors d’une vague d’immigration qui a atteint son apogée entre 1880 et 1890, lorsque plus de 200 000 Tchèques, surtout des travailleurs et des artisans, sont venus s’installer à Vienne. Cependant, les deux grandes vagues tchèques de retour au pays après la Deuxième Guerre mondiale ont considérablement réduit le nombre de Tchèques vivant à Vienne. La communauté linguistique tchèque a de nouveau augmenté après le «printemps de Prague» (1968/1969) lorsque 10 000 citoyens tchécoslovaques ont demandé l’asile politique en Autriche.

Aujourd’hui, la minorité tchèque de Vienne, appelé «Cesky», compte près de 20 000 personnes, mais le recensement fédéral de 2001 révélait que 11 035 locuteurs parlaient cette langue. D’après les associations tchèques, leur nombre devrait se situer plutôt entre 15 000 et 20 000 locuteurs. Il existe des Tchèques à Vienne et en Basse-Autriche (Niederösterreich) dans les régions de Marchfeld et Tullner Feld.

- La minorité slovaque

Les ancêtres des Slovaques d’Autriche se sont installés dans le pays entre le Ve et le IXe siècle dans les régions orientales de la Basse-Autriche. À l’heure actuelle, environ 25 % de la minorité slovaque vit en Basse-Autriche. La majeure partie, soit les deux tiers environ, habite Vienne. Les autres Slovaques sont dispersés dans toute l’Autriche, la majeure partie résidant en Haute-Autriche et en Styrie. Mais les Slovaques ne sont plus guère nombreux en Autriche. Le recensement de 2001 révélait que 3343 locuteurs, dont 1412 résidant à Vienne, ont affirmé parler le slovaque dans leur vie quotidienne. Leur nombre réel pourrait toutefois être beaucoup plus élevé; d’après les estimations des organisations slovaques, il serait de l’ordre de 5000 à 10 000.

- La minorité tsigane (rom)

Cette minorité est désignée administrativement par le terme de «Rom». Les Tsiganes auraient déjà constitué plus de 25 000 personnes en Autriche, mais les deux tiers de la population ont été victimes de la politique d'extermination raciste du régime nazi. En réalité, on ignore combien de Tsiganes vivent en Autriche à l’heure actuelle. Les statistiques varient de plusieurs centaines d’individus à une estimation de quelque 10 000, voire 40 000 personnes dispersées entre les neuf Länder.

Le nombre des Tsiganes est inconnu et demeure un sujet de désaccord entre les autorités publiques et les représentants de cette minorité. Le chiffre de 25 000 semble être le plus réaliste, mais seulement moins de 1000 Tsiganes parleraient encore leur langue ancestrale, le romani. Au recensement de 2001, une centaine de Tsiganes ont déclaré le romani comme leur première ou deuxième langue. Ces données semblent fort trompeuses puisque, depuis des décennies, les Tsiganes refusent généralement de divulguer des renseignements sur leur langue, parce qu’ils la considèrent comme un moyen de communication secret au sein d’une société qu’ils ont toujours jugée extrêmement hostile à leur égard.

On distingue cinq groupes de Tsiganes en Autriche: les Sinti, les Rom du Burgenland, les Lovaras, les Kalderash et les Arlije. La première zone de peuplement traditionnelle est le Land de Burgenland ainsi que Vienne et la Basse-Autriche, mais ils semblent répartis dans les neuf Lander. Le gouvernement autrichien a officiellement reconnu les Tsiganes en tant que minorité nationale en 1993. Il est peut-être pertinent de savoir que cette reconnaissance officielle est en rapport étroit avec des attentats à la bombe (tous à la lettre piégée) qui se sont produits à cette époque et dont plusieurs Tsiganes ont été victimes, notamment dans le Burgenland, à Oberwart pour être plus précis.

- Les Walser

Le walser est une variété dialectale de l’allemand parlée en Suisse (canton du Tessin: une centaine de locuteurs), en Italie (au Val-d’Aoste: env. 600 locuteurs) et également en Autriche où l’on compterait entre 5000 et 10 000 locuteurs répartis entre 14 communautés, principalement dans le Land de Vorarlberg, à Grosses Walsertal (Blons, Fontanella, Raggal, St. Gerold, Sonntag, Thnringerberg), à Kleinwalsertal (Mittleberg; Brandnertal; à Montafon (Silbertal), à Reintal (Laterns), à Tannberg (Schricken, Lech, Warth) et le Land du Tyrol (Paznauntal: Galtnr). Cette communauté de Walser n’a jamais obtenu de la part du gouvernement autrichien un quelconque statut juridique. De ce point de vue, elle n’existe pas parce qu'elle est considérée comme germanophone.

2.3 Les immigrants

L'Autriche compte un grand nombre d'immigrants, 586 660 en 2005 (soit 9,8 %), dont la moitié réside à Vienne, les autres sont surtout installés en Basse-Autriche et en Haute-Autriche. Plus de 70 % des immigrants proviennent de différents pays d'Europe, notamment de l'ex-Yougoslavie, de la Roumanie, de la Russie, et de la Pologne, alors que les autres étrangers sont originaires de la Turquie (Turcs et Kurdes), de l'Afghanistan, de l'Iran, de l'Inde, de Chine, de l'Égypte, des Philippines, des États-Unis, etc.

Cela étant dit, l'Autriche demeure massivement germanophone, bien qu'elle compte quelques petites minorités nationales installées dans ce pays depuis parfois plusieurs siècles.

Dernière mise à jour: 25 nov. 2016

L'Autriche


La politique linguistique à l'égard de l'allemand
 

Les droits linguistiques des minorités nationales
 

Bibliographie
 

L'Europe

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