Kutlu Adali

chyprekutlu.jpg (31957 octets)

(1935-1996)

Dans la nuit du 6 au 7 juillet 1996, à Nicosie-Nord, Kutlu Adali, chercheur, écrivain et chroniqueur pour le quotidien chypriote-turc Yeni Düzen, organe du Parti républicain turc (parti de gauche), a été tué devant son domicile dans le quartier de Kizilbas (secteur turc). Atteint de deux balles, à la tête et à l'épaule, il est mort sur le coup. Kutlu Adali avait reçu auparavant plusieurs menaces de mort.

Les «Brigades de la vengeance turque»

Dans un appel téléphonique à la rédaction du journal chypriote Kibris, publié dans le secteur turc de Nicosie, un correspondant anonyme a revendiqué l'attentat au nom d'un groupe d'extrême-droite appelé les "Brigades de la vengeance turque" (TMT), une organisation fasciste de Turquie associée au groupe des "Loups gris". Dès 1958, cette organisation clandestine turque assassinait des Chypriotes turcs de gauche. Quelques mois avant l’assassinat d’Adakli, l’organisation avait annoncé en faisant circuler des tracts qu'elle punirait tous ceux qui s'opposaient à la cause turque à Chypre. Les "Brigades de la vengeance turque" avaient aussi revendiqué quelques attentats mineurs.

Manifestations de protestation

Deux jours après l’assassinat du journaliste, plusieurs centaines de manifestants s’étaient réunis devant le quartier général de la police, dans la rue principale du secteur turc de Nicosie. Les protestataires, réunis à l'appel de syndicats, de partis politiques et de groupes des droits civils ont condamné publiquement l'assassinat de Kutlu Adali. Ils ont soutenu aussi que la situation dans les territoires occupés avait atteint un point de non-retour. À la demande des syndicats, la plupart des commerces ont fermé et de nombreuses entreprises ont cessé tout travail durant les funérailles de Kutlu Adali.

Brève biographie

Kutlu Adali est né à Nicosie en 1935, puis ses parents ont émigré en Turquie alors qu’il avait trois ans. Il revint à Chypre en 1954 et occupa plusieurs postes dans la fonction publique, notamment à la Chambre communautaire turque de Chypre, à la république de Chypre, à l’Administration autonome chypriote-turc, à l’État fédéré turc de Chypre et à la République turque de Chypre du Nord. Ses publications comprennent plusieurs études et recherches, des satires, des écrits politiques et des pièces de théâtre dont Dagarcik (écrits de voyage, 1963), Koy Raporlari (Rapports de village, 1961-1963), Cirkin Politikaci Pof (satire politique, 1969), Hayvanistan (satire, 1969), Kopru (pièce de théâtre, 1969), Nasreddin Hoca ve Kibris (1971), Sancili Toplum (1969), Mart Diyalogu (1968), Sago (pièce, 1970). En 1987, alors qu’il dirigeait le Département de la population et de l’enregistement des naissances, il fut congédié de la fonction publique parce qu’il avait déclaré que l’arrivée des colons anatoliens modifiait la structure démographique de Chypre. Il devint journaliste au Yeni Düzen où il rédigeait une chronique. Il était aussi l’un des membres fondateurs de l’Association pour la paix à Chypre.n

D’après Reporters sans frontières.

Page précédente

Chypre

Accueil: aménagement linguistique dans le monde