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Kypros

République
de Chypre

(grecque au sud)

 

Capitale: Nicosie-Sud (166 000 hab.) 
Population: 602 656 
Langue officielle: grec
Groupe majoritaire: grec (94,9%)
Groupes minoritaires: arménien, arabe maronite, turc (0,3%)
Système politique:démocratie présidentielle
Articles constitutionnels (langue): art. 2, 3, 11, 12, 28, 30, 171, 180, 189 de la Constitution de 1960 de la république de Chypre
Lois linguistiques: Loi sur les langues officielles no 67/1988 et ses modifications par la loi 154/1990.

1 Situation géographique

Depuis 1975, le territoire de la république de Chypre (ou Kypros, en grec) couvre la partie sud de l’île, c’est-à-dire les deux tiers de sa superficie totale. La carte de gauche illustre la partition de l’île et montre le territoire de la république de Chypre, appelé «zone grecque». Cette partie du pays compte 602 656 habitants dont 94,9 % des habitants sont d’origine grecque, 0,3 % d’origine turque et 4,8 % d’origine arabe maronite ou arménienne. Les plus grandes villes sont Nicosie-Sud (166 000 côté grec), Limassol (143 400), Larnaka (64 000) et Paphos (34 200).

La capitale, Nicosie, est appelée en grec Lefkosia d’après le nom de son fondateur Lefkon, fils de Ptolémée I. Nicosie est devenue la seule capitale européenne à être partagée militairement. Malgré les efforts répétés des Nations unies et les condamnations de la communauté internationale, cette partition dure depuis 1974.

Des soldats turcs armés patrouillent le long de la ligne de partage qui entoure la vieille ville de Nicosie. Au bout des rues commerçantes, on voit des postes de sentinelle, des sacs de sable, des barils d’huile et des fils barbelés rouillés qui séparent les citoyens chypriotes-grecs des troupes turques. Au milieu, des soldats des Nations unies maintiennent une paix fragile et contrôlent la zone tampon.

2 La politique linguistique chypriote-grecque

Rappelons que la république de Chypre respecte encore, en principe, les dispositions de la Constitution de 1960. Cependant, depuis la partition, la république de Chypre n’utilise plus le turc dans les affaires de l’État, mais elle ne l’a pas supprimé non plus. 

Ainsi, les lois ne sont plus rédigées qu’en grec en raison de l’absence des Chypriotes turcs, mais les lois anglaises adoptées avant 1960 demeurent valides. 

2.1 L'Administration et la justice

L’ADMINISTRATION ne fonctionne plus qu’en grec, mais elle permet à sa petite minorité turque de quelque 1800 individus de requérir des services dans leur langue si la demande est jugée suffisante (à Nicosie). 

La république de Chypre applique encore les articles 12.5 et 30 de la Constitution en matière de JUSTICE:

Article 12

5) Quiconque est accusé d'un crime a les droits minimaux suivants:

a) celui d'être informé rapidement, dans une langue qu'il comprend, et en détail, de la nature et des raisons de l'accusation qui pèse contre lui;

e) celui de recourir gratuitement à l'aide d'un interprète s'il ne peut comprendre ou parler la langue utilisée par le tribunal.

Article 30

3) Quiconque a le droit:

a) d'être informé des raisons pour lesquelles on lui demande de paraître devant un tribunal;

e) de recourir gratuitement à l'aide d'un interprète s'il ne peut comprendre ou parler la langue utilisée par le tribunal.

Cela signifie qu'un accusé ou un témoin a le droit d'utiliser sa langue, mais qu'il devra se contenter d'un interprète, la cour n'étant pas dans l'obligation de connaître une autre langue.

Dans le cas de la minorité arménienne, la Constitution garantit à tout individu le droit de se présenter devant un tribunal et de recevoir les services d'un interprète s'il ne comprend pas le grec (ou le turc). Dans ce contexte, l'usage de l'arménien est permis et ne peut pas être refusé. Tout document présenté en arménien dans une affaire judiciaire est recevable en tant que preuve. 

2.2 L'éducation

Les écoles sont généralement de langue grecque, sauf pour les minorités, et l’anglais demeure obligatoire comme langue seconde. Les maronites, les Arméniens et les Turcs ne disposent que de quelques écoles. On compte trois écoles primaires à Nicosie à l’intention des minorités arménienne, turque et maronite; plus nombreuse, la minorité arménienne dispose de deux autres écoles, une à Larnaca et une autre à Limassol. Les écoles arméniennes font partie des établissements NAREG et enseignent l'arménien, le grec et l'anglais Les écoles primaires des minorités sont financièrement soutenues par le gouvernement de Chypre, et ce, sans ingérence dans l’administration des cours et les affaires internes des écoles. Le ministère de l'Éducation et de la Culture fournit gratuitement à ces établissements les manuels scolaires. Parmi toutes les écoles des minorités, ce sont les Arméniens qui semblent les mieux équipés, car ils disposent même d’une école secondaire, l’Institut éducatif de Melkonian, connu sous le nom de «La Petite Arménie», subventionné par l'État. Cette école est aussi devenue un centre international important pour l’apprentissage de l’arménien. Actuellement, 32 professeurs y enseignent à près de 200 étudiants provenant de 21 pays du Proche-Orient, de l’Amérique du Nord et de l’Amérique du Sud. Cette école encourage le multilinguisme et l'enseignement est dispensé en arménien, en grec et en anglais. 

Les Arabes maronites ont leurs écoles, maison y enseigne le grec. 

Il y a beaucoup d'écoles privées à Chypre, mais, en raison du nombre peu élevé d’élèves appartenant aux minorités, elles sont destinées aux Chypriotes grecs. La République possède également une université bilingue (grecque et turque) qui a ouvert ses portes en 1992, et cinq universités techniques dispensant les cours en anglais. Cependant, en réalité, aucun Chypriote turc ne peut parler sa langue sur le campus ou fonctionner dans sa langue comme étudiant ou professeur. Tous les membres des minorités peuvent fréquenter gratuitement les universités chypriotes. L'administration et l'enseignement sont en exclusivement grec, sauf dans les départements de langue étrangère.

2.3 Les médias

Dans le domaine des médias, Chypre dispose de sept quotidiens grecs et d’un en anglais (Cyprus Mail), de trois hebdomadaires grecs et d’un autre en anglais. Les Arméniens possèdent trois petits hebdomadaires (Degekatou, Kyprahay Degekatou, Artsakan), un mensuel bilingue grec-arménien (Paros) et un périodique grec-anglais (Azad Tzayn). Les émissions radiophoniques et télévisées sont généralement en grec, mais il existe des stations privées de radio multilingues (grec, anglais, turc, arabe, arménien). La Radiotélévision de Chypre diffuse quotidiennement un programme multiculturel en arménien d'une durée d'une heure. Cette émission peut être captée par les Arméniens qui habitent en Grèce, en Bulgarie, au Liban, en Syrie et en Iran. À part ce programme, il n'existe aucune autre émission régulière en arménien. 

En somme, la politique linguistique de la république de Chypre s’avère relativement simple. C’est une politique d’unilinguisme grec qui permet néanmoins l’usage des langues minoritaires dans la mesure où c’est possible. Cependant, les minorités sont peu importantes, soit 5 %, et limitées à de très petites communautés de langue arménienne, arabe maronite et turque. Les droits linguistiques de nature sectorielle demeurent forcément limités dans leur application, mais ils existent. Bref, la république de Chypre n'a rien à se reprocher en ce qui a trait au traitement des minorités.  

Dernière mise à jour: 04 mai 2010

Au choix:


L'île de Chypre: considérations générales

 

La politique linguistique de la République turque de Chypre du Nord
 

Bibliographie

L'Europe

Accueil: aménagement linguistique dans le monde