La famille austronésienne

 

Groupes et sous-groupes

Nombre des langues

Langues

1) FORMOSIEN (ou formosan)

env. 20

amis, atayal, bunun, kavalan, paiwan, puyuma, rukai, saisiat, sakizaya, da'o (yami), thao, truku et tsou.

2) MALAYO-POLYNÉSIEN
   
OCCIDENTAL

env. 200

1) chamorro, paloasien (palauan), yapois;
2) malais, indonésien ou bahasa indonesia, ilocano, tagalog (ou filipino), bicol, bisayan, cebuano, javanais, balinais, soundanais, bouguinais, madourais, batak, minangkabaw, makassar, dayak, ilongo, etc.;
3) malgache et variantes.

3) MALAYO-POLYNÉSIEN
CENTRAL

env. 120

1) tétum, kemak, galoli, damar, etc.;
2) damar, seram, buru, etc.;
3) selwasan, aru, sonsorol, tobian, etc.

 

 

4) MALAYO-POLYNÉSIEN
ORIENTAL

 

 

 

Halmahera
du Sud

env. 40

buli, maba, patani, weda, giman, marau, makiam dalam, etc.

 

 

océanien

 

 

 

 

env. 450

 

 

1) MÉLANÉSIENNES (360): fidjien, drehu, ïaaï, nengone, paicî, ajië, xârâcùù, etc.

2) POLYNÉSIENNES (40): samoan, tahitien, tonguien, maori, rarotonga, niuéen, tuamotu, marquisien, rotuman, wallisien, futunien, faga-uvea, tokelauien, hawaïen, rapanui, niuéen, tuvalien, etc.

3) MICRONÉSIENNES (20): kiribati ou gilbertais, marshallais, nauruien, trukois, etc.

1 Présentation

Les langues austronésiennes se divisent en deux grands groupes: les langues formosiennes, d’une part, et les langues malayo-polynésiennes, d’autre part. Pour ce qui est du groupe malayo-polynésien, il est composé de trois sous-groupes: le malayo-polynésien occidental, le malayo-polynésien central et le malayo-polynésien oriental.

La famille austronésienne, autrefois appelée malayo-polynésienne, couvre une aire d’extension considérable. En effet, les langues de cette superfamille linguistique s’étendent de l’île de Madagascar dans l’océan Indien, en passant par Taiwan et une partie du Sud-Est asiatique (dont surtout l’Indonésie et les Philippines), pour couvrir presque tout le Pacifique et former ce qu’on appelle le «triangle polynésien» dont les sommets sont Hawaï au nord, l’île de Pâques au sud-est et la Nouvelle-Zélande au sud-ouest. Au sein de cette immense zone géolinguistique, les langues papoues de l’île de Nouvelle-Guinée et les langues aborigènes de l’Australie ne font pas partie de la famille austronésienne.

En terme de population, la famille austronésienne constitue la troisième famille de langues importante dans le monde après la famille indo-européenne et la famille sino-tibétaine. La famille austronésienne correspond à environ 4,5 % de la population totale, avec un peu moins de 300 millions de locuteurs répartis sur plus de 1000 langues plus ou moins liées entre elles, soit 20 % des langues du monde. Bien que, par exemple, des langues comme le malais, le javanais, le filipino, le tahitien ou les langues mélanésiennes de la Nouvelle-Calédonie soient incontestablement parentes, elles se sont nettement différenciés au cours des siècles et ne sont plus aujourd’hui que des «cousines» éloignées.

2 Le groupe formosien

L’île de Taiwan constituerait le berceau de la famille austronésienne. Il y a environ 6000 ans, des agriculteurs appartenant au groupe linguistique tai-kadai (auquel appartiennent encore le thaï et le laotien d’aujourd’hui) auraient franchi le détroit de Taiwan pour traverser les océans et se répandre dans le Sud jusqu’aux Philippines et à Madagascar (vers 3000 avant notre ère), à Timor (2500 ans avant notre ère), à Sumatra et aux îles Mariannes via la Micronésie (1000 ans avant notre ère), en Polynésie via les îles Cook (200 ans avant notre ère), à Hawaï et à l’île de Pâques (entre l’an 300 et 400 de notre ère) et enfin en Nouvelle-Zélande (en l’an 800). Ces groupes humains originaires d’Asie du Sud et de l’île de Taiwan seraient les ancêtres de ceux qui parlent aujourd’hui les langues austronésiennes, d’où le nom de Proto-Austronésiens qu’on donne à ces anciennes populations.

Les langues aborigènes actuelles de Taiwan sont appelées langues formosiennes pour éviter de les confondre avec les langues "taiwanaises" originaires de la Chine continentale. Les langues formosiennes sont fragmentées en une vingtaine d’idiomes dont plusieurs sont éteints ou sont en voie d’extinction. Aujourd’hui, seule une dizaine de langues sont encore couramment utilisées: l’amis (130 000), l’atayal (63 000), le bunun (34 000), le paiwan (81 000), le pyuma (7225), le rukai (8000), le saisiyat (3200), le taroko (28 000), le tsou (5000) et le yami (3000). L’ensemble des locuteurs de ces langues n’atteint pas le demi-million.

3 Le groupe malayo-polynésien occidental

Le premier groupe malayo-polynésien dit occidental est appelé aussi indonésien. Il compte environ 200 langues parlées principalement aux Philippines, en Indonésie (îles de Java, Sumatra, Bornéo ou Kalimanta, Sulawesi, etc.), en Malaisie (péninsule, et États de Sabah et de Sarawak), à Madagascar, à l’île de Guam (chamorro) ainsi que dans certaines parties du Vietnam (cham bahnar, jarai, rade, roglai), du Cambodge (cham de l’Ouest) et de la Thaïlande (langues cham) et même de la Chine (une langue cham: le tsat). Le groupe occidental ou indonésien compte à lui seul presque tous les locuteurs de cette famille: 265 millions de personnes sur un total de 300 millions. Des quelque 200 langues, le malais (et la variante bahasa indonesia) se détache nettement avec 100 millions de locuteurs à titre de langue maternelle et 100 autres millions à titre de langue seconde, particulièrement en Indonésie, en Malaisie, à Brunéi, à Singapour et en Thaïlande.

Moins de 25 langues sont parlées par plus d’un million de locuteurs. Ce sont pour les Philippines, le tagalog ou filipino (15 millions), le bikol (2,5 millions), le sasak (2,1 millions), le magindanaw (1 million), le pampangan (2 millions) et le pangasinan (2 millions); pour l’Indonésie, une variante du malais appelé le bahasa indonesia (30 millions), le javanais (80 millions), le soundanais (25 millions) le visayan (15 millions), le madourais (10 millions), l’ilocano (8 millions), l’ilongo (7 millions) le minangkabaw (7 millions), le bouguinais (4 millions), le balinais (3,5 millions), le banjarais (3 millions), le makassar (2 millions), le batak dairi (1,2 million), le batak toba (2 millions), le lampung (1,5 million); pour Madagascar, le malgache (10,5 millions). Toutes les autres langues de ce groupe sont parlées par peu de locuteurs, sauf dans l’île de Sumatra (où les langues comptent plus de locuteurs), soit généralement par moins de 100 000 locuteurs, souvent quelques milliers, voire quelques centaines d’individus.

Source: Kwamikagami pour Wikepedia, CC-BY-SA-3.0.

 

4 Le groupe malayo-polynésien central

Les quelque 120 langues de ce groupe sont parlées en Indonésie, particulièrement aux îles Moluques (Indonésie) et dans l’île de Timor. Cependant, si l’on fait exception du tétum (300 000) et du kisar (20 000) du Timor, du kei (86 000), du makian (35 000), du hitu (16 000) et du manusela (7000) des Moluques, toutes les langues sont parlées chacune par moins de 4000 locuteurs, souvent même par quelques centaines de locuteurs. Au total, le nombre des locuteurs de ces langues n’atteint pas le million. Les langues en voie d’extinction sont relativement nombreuses.

5 Le groupe malayo-polynésien oriental

Ce groupe de langues se divise en deux sous-groupes:

1) le groupe du sud de l’île Halmahera et de l’ouest de la Nouvelle-Guinée, avec environ 40 langues;
2) le grand groupe océanien (450 langues) comprenant les langues mélanésiennes, polynésiennes et micronésiennes.

5.1 Les langues de l’île de Halmahera et de l’ouest de la Nouvelle-Guinée

La classification des langues austronésiennes de l’île de Nouvelle-Guinée (Irian Jaya et Papouasie) reste encore à établir, mais elles peuvent être considérées comme un groupe identifiable en lui-même parmi les langues de cette famille. Ces langues sont parlées dans l'arrière pays de la Nouvelle-Guinée, mais aussi dans les zones côtières de l’Ouest, soit dans les îles de la baie du Geelvink et dans la partie méridionale de l'île Halmahera (Indonésie). 

La majorité des langues de ce sous-groupe (environ 40 langues parlées au total par moins de 150 000 locuteurs) sont en usage dans de petites et même dans de très petites communautés linguistiques composées généralement de moins de 2000 locuteurs. Plusieurs langues sont parlées par quelques dizaines de locuteurs, atteignant parfois moins de 200 sujets. Seuls l’ambai (10 000), le makiam de l’Est (20 000) et le biak (40 000) sont parlées par plus de 10 000 locuteurs. Évidemment, plusieurs des langues de ce groupe sont en voie d’extinction.

5.2 Les langues océaniennes

Le grand sous-groupe océanien compte environ 450 langues parlées par moins de trois millions de personnes dans les îles de l'océan Pacifique. Les langues océaniennes se répartissent en trois autres groupes: les langues polynésiennes, les langues micronésiennes et les langues mélanésiennes.

1) Les langues polynésiennes

L’aire d’extension des langues polynésiennes couvre une grande partie du Pacifique et forme ce qu’on a appelé le "triangle polynésien" dont les sommets sont Hawaï au nord, l’île de Pâques au sud-est et la Nouvelle-Zélande au sud-ouest. On compte un peu plus d’un million de locuteurs parlant l’une des quelque 40 langues polynésiennes.

Celles-ci sont principalement utilisées, d'ouest en est, et du nord au sud, dans les régions suivantes: les îles Tuvalu (tuvalien), les îles Tonga (tongien), les Samoa américaines (samoan) et les Samoa occidentales (samoan), le territoire français de Wallis-et-Futuna (wallisien et futunien), les îles Cook (rarotonga), l’île Niue (niuéen), la Polynésie française (tahitien, marquisien, tuamotu), la Nouvelle-Zélande (maori) et l'île de Pâques (rapanui). Les langues polynésiennes parlées par plus de 100 000 locuteurs sont les suivantes: le samoan (300 000), le tahitien (125 000), le tongien (108 000) et le maori (100 000). Viennent ensuite le rarotonga (37 000), le wallisien (19 500), le tuamotu (14 400), le niuéen (11 800), le marquisien (8000), le futunien (6600), etc. Toutes les autres langues sont parlées par moins de 5000 dont l’hawaïen (2000) ou quelques centaines de locuteurs.

2) Les langues mélanésiennes

Ce groupe comprend au moins 350 langues peu répandues et la plupart d’entre elles sont non écrites. Elles sont extrêmement diversifiées et constituent davantage un groupe géographique qu'un groupe à proprement parlé linguistique. À peine plus d’un million de locuteurs se partagent les langues du groupe mélanésien. Elle sont utilisées dans les archipels de la Mélanésie et de la Micronésie: l’archipel de la Nouvelle-Bretagne (rattaché à la Papouasie-Nouvelle-Guinée), les îles Fidji, les îles Salomon, le Vanuatu et les îles de la Nouvelle-Calédonie.

Hormis le fidjien parlé par 285 000 personnes dans plusieurs îles et quelques autres langues néo-calédoniennes utilisées par plus de 5000 individus, toutes les langues ne comptent que fort peu de locuteurs (parfois quelques centaines seulement). Par exemple, en Nouvelle-Calédonie, les langues autochtones les plus importantes sont le drehu (10 000 locuteurs à l’île Lifou et 5000 à Nouméa), le nengone (6100 locuteurs à l’île Maré), le paicî (5500 locuteurs à Poindimié, Ponérihouen et Koné), l'ajië (5000 locuteurs à Houailou) et le xârâcùù (5000 locuteurs à Canala et Thio). Les langues mélanésiennes en voie d’extinction sont malheureusement nombreuses. Ce sont des langues dont les pays (îles Salomon, Vanuatu, Nouvelle-Calédonie) sont aux prises avec un fort multilinguisme vernaculaire, ce qui les rend incapables de concurrencer la langue coloniale (l’anglais ou le français).

3) Les langues micronésiennes

Les langues micronésiennes comptent une vingtaine d’idiomes parlés par environ 500 000 locuteurs. Ces langues occupent une aire au nord de la Mélanésie et comprennent principalement les États fédérés de Micronésie, les îles Caroline, les îles Marshall, Kiribani, etc. Parmi ces langues, citons, entre autres, le gilbertais ou kiribati (64 000), le marshallais (56 000), le trukois (38 000), le ponape (27 700), le nauruan (6000), le kosraean (6900), le carolinien (2500), etc. Bien que ces langues soient parlées par un petit nombre de locuteurs, la plupart d’entre elles sont restée très vivantes.

Dernière mise à jour: 01 janv. 2016

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