Politiques de bilinguisme 
ou de trilinguisme  

Les politiques de bilinguisme officiel reconnaissent par la Constitution ou par la loi l'égalité de deux ou plusieurs langues; il s'agit généralement d'une égalité juridique, non pas nécessairement une égalité réelle qui se transposerait dans les faits. Ce statut confère aux citoyens, en principe du moins, le choix d'utiliser l'une ou l'autre des langues officielles dans leurs rapports avec l'État. Ce choix de la langue employée constitue normalement un droit pour les individus, une obligation pour l'État. Le bilinguisme d'un État peut être symbolique, plus ou moins déséquilibré, ou plus ou moins égalitaire. On distingue trois types de bilinguisme: celui fondé sur les droits personnels sans limite territoriale, celui fondé sur les droits personnels limités à des régions, celui fondé sur les droits territoriaux.

1) Le bilinguisme fondé sur les droits personnels (sans limite territoriale)

Une politique de bilinguisme fondée sur les droits personnels s'applique en principe à tous les membres d'une communauté linguistique, et ce, peu importe où ils habitent sur le territoire national. Ce sont des droits personnels transportables, comme l’est, par exemple, le droit de vote. Ce type de bilinguisme est pratiqué lorsque les groupes linguistiques sont dispersés sur le territoire de l'État.

- Afrique du Sud
- Belau
- Biélorussie
- Botswana
- Bruxelles-Capitale (Belgique)
- Burundi

- Canada fédéral
- Centrafrique
- Crimée (Ukraine)
- Djibouti

- Guam
- Hong-Kong (Chine)

- Irlande
- Kenya
- Kirghizistan

- Kiribati
- Lesotho
- Macao (Chine)
- Malte
- Mariannes du Nord
- Marshall (îles)
- Nauru

- Norvège
- Nouveau-Brunswick (Canada)
- Nouvelle-Zélande
- Rwanda
- Samoa occidentales
- Swaziland
- Tanzanie
- Tchad

- Territoires du Nord-Ouest (Canada)
- Tonga

- Tuvalu

2) Le bilinguisme fondé sur les droits personnels territorialisés

Une telle politique de bilinguisme s'applique à tous les membres d'une communauté linguistique qui résident dans une région donnée. Ce type de bilinguisme ne s’étend pas sur tout le territoire national mais seulement sur une portion de celui-ci. L’État pratique ce bilinguisme restrictif lorsque certaines communautés linguistiques sont concentrées géographiquement. Dans ce cas, la langue minoritaire se voit attribuer un espace géographique où elle est co-officielle avec la langue majoritaire qui, quant à elle, a droit de cité sur tout le territoire national.

- Anglo-Normandes (îles) (R.-U.)
- Baléares
- Bolzano (Italie)
- Brandebourg (RFA)

- Catalogne (Espagne)
- Écosse (R.-U.)
- Féroé
- Finlande

- Galice (Espagne)
- Hawaï (USA)
- Irlande du Nord (R.-U.)
- Man (île) (R.-U.)
- Micronésie (Fédération des États de)
- Navarre (Espagne)
- Nicaragua
- Pays basque (Espagne)
- Pays de Galles (R.-U.)
- Pays valencien (Espagne)
- Sind (Pakistan)

- Val-d’Aoste (Italie)

3) Le bilinguisme fondé sur les droits territoriaux

Ce type de bilinguisme dérive du principe que les langues en concurrence dans un État multilingue sont séparées sur le territoire à l'aide de frontières linguistiques. Les droits linguistiques sont alors accordés aux citoyens résidant à l'intérieur d'un territoire donné et un changement de lieu de résidence peut leur faire perdre tous leurs droits (linguistiques), lesquels ne sont pas transportables comme l'est, par exemple, le droit de vote. Dans les faits, l’État peut être officiellement bilingue, mais il applique un unilinguisme local. L’État pratique une telle politique lorsque les communautés linguistiques sont très concentrées géographiquement et bénéficient d'une structure étatique décentralisée, plus ou moins fédéralisée, dans laquelle l'État central est bilingue, alors que l'État régional peut être unilingue.

- Belgique fédérale
- Berne (Suisse)

- Cameroun
- Fribourg (Suisse)
- Grisons  (Suisse)
- Suisse fédérale
- Tessin (Suisse)
- Valais (Suisse)

Index des politiques linguistiques

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