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LEVIER 13 : Maîtrise des langues enseignées et
diversification des langues d’enseignement
Les langues ont un rôle capital dans la qualité des
apprentissages, dans la réussite scolaire de l‘apprenant et son
insertion sociale et professionnelle, dans le rendement interne et
externe de l’École et dans la promotion de la recherche. C’est pour
mettre en relief ce rôle que la vision stratégique leur consacre un
levier entier bien qu’elle les considère comme faisant partie
intégrante
du modèle pédagogique.
Le Conseil considère que la détermination claire de la position et
du statut de chaque langue à l’École est un facteur décisif pour
améliorer l’apprentissage des langues, établir leur complémentarité
et contribuer à développer la cohérence entre les composantes du
système éducatif.
84. À propos des langues, il y a lieu de prendre en compte
les considérations suivantes :
• La langue arabe est une langue officielle de l’État. Elle
constitue l’un des fondements de l’identité marocaine et la première
langue de scolarisation. Son développement et la promotion de son
utilisation (la Constitution, article 5) dans les différents
domaines de la science, de la connaissance et de la vie a été,
demeure et demeurera une aspiration nationale (la
Charte nationale
d’éducation et de formation, article 110).
Par conséquent, il convient, de renforcer son statut, d’assurer son
développement, sa modernisation, sa simplification et l’amélioration
de son enseignement et de son apprentissage par la rénovation des
approches et des méthodes pédagogiques.
• La langue amazighe est également une langue officielle de l’État,
constitue le patrimoine commun de tous les Marocains et son
enseignement à l’École a été introduit en 2003. En conséquence, il
convient de faire évoluer sa position au sein du système éducatif,
selon un plan d’action national clair et conforme aux dispositions
de la Constitution. Ce plan devra concerner la consolidation et le
développement des acquis en matière d’aménagement linguistique, de
formation des ressources humaines et de préparation des ressources
didactiques nécessaires à son enseignement.
Il devra également prendre en compte la disposition
constitutionnelle relative à l’élaboration d’une loi organique
appelée à concrétiser le caractère officiel de cette langue ainsi
que les modalités de son intégration dans l’enseignement et dans les
domaines prioritaires de la
vie publique. Comme il convient de procéder à une évaluation globale
de l’apprentissage de cette langue dans l’enseignement scolaire et
des études amazighes à l’université.
• Les langues étrangères les plus utilisées dans le monde sont des
moyens de communication, d’intégration et d’interaction avec la
société du savoir et d’ouverture sur les différentes cultures et les
civilisations (La Constitution). Il convient de développer leur
enseignement et
leur apprentissage dans les différents cycles d’enseignement et de
formation et de mettre en œuvre les approches pédagogiques
favorisant leur apprentissage précoce.
85. Le dispositif linguistique proposé doit tendre à la
réalisation des objectifs suivants :
• La réalisation de l’équité et de l’égalité des chances en matière
de maîtrise des langues et de qualité des apprentissages.
• La capacité de l’apprenant, à l’issue de l’enseignement secondaire
qualifiant, de maîtriser la langue arabe, de communiquer en amazighe
et de maîtriser deux langues étrangères au moins, dans le cadre
d’une approche progressive qui passe du bilinguisme (arabe + une
langue étrangère) au plurilinguisme (arabe + 2 langues étrangères ou
plus).
• La mise en avant des rôles fonctionnels des langues présentes dans
le système éducatif, en matière d’ancrage de l’identité, d’ouverture
sur le monde, d’acquisition des connaissances, des compétences et de
la culture, de promotion de la recherche, d’insertion
socio-économique et d’intégration culturelle et dans le système des
valeurs.
• La langue arabe est la principale langue d’enseignement.
L’alternance linguistique est mise en œuvre progressivement.
L’enseignement de certains contenus ou modules en langue française
se fera, à court terme, dans l’enseignement secondaire qualifiant et
à moyen terme dans l’enseignement collégial. L’enseignement de
certains contenus ou modules en langue anglaise se fera, à moyen
terme, dans le secondaire qualifiant.
• La maîtrise de deux langues par le personnel en charge de
l’enseignement, de la formation et de la recherche. Ces derniers
sont tenus d’observer le strict usage de la langue d’enseignement de
leur discipline formellement prescrite en dehors de tout autre usage
linguistique.
• La refonte des programmes et curricula d’enseignement de la langue
arabe et la rénovation des approches pédagogiques et des outils
didactiques en place. L’aménagement de cette langue doit également
être renforcé dans la perspective de sa modernisation, de son
développement et de sa simplification.
• La poursuite des efforts visant l’aménagement de la langue
amazighe sur les plans linguistique et pédagogique.
• La révision des programmes et curricula relatifs à l’enseignement
des langues étrangères conformément aux approches et méthodes
nouvelles.
• La diversification des langues d’enseignement, notamment par le
biais de l’alternance linguistique, pour consolider la maîtrise des
compétences linguistiques chez les apprenants et favoriser la
cohérence des langues d’enseignement entre les différents cycles
scolaires
et de formation.
86. Le dispositif linguistique proposé, dont la mise en œuvre
devra démarrer à court terme, se décline, selon les différents
cycles du système d’éducation et de formation, comme suit :
a. Le préscolaire
• Mise en valeur et utilisation des premiers acquis linguistiques et
culturels de l’enfant et familiarisation avec la langue arabe et la
langue française.
• Focalisation sur la communication orale compte tenu de la nature
de ce cycle d’enseignement.
b. L’enseignement primaire
• La langue arabe : obligatoire à tous les niveaux de ce cycle, en
tant que langue enseignée et langue d’enseignement de toutes les
matières.
• La langue amazighe : obligatoire à tous les niveaux de ce cycle,
en tant que langue enseignée. Les deux premières années
d’apprentissage de cette langue seront axées sur les compétences de
communication, avant d’entamer, durant les années suivantes, l’intégration de l’écrit.
• La langue française : langue obligatoire à tous les niveaux de ce
cycle, en tant que langue enseignée.
• La langue anglaise : intégration en tant que langue enseignée à la
4e année du cycle primaire. La mise en œuvre de cette orientation
devra se réaliser à la fin des dix prochaines années. Ce délai
permettra de réunir les préalables nécessaires en matière de
ressources
humaines et d’outils pédagogiques.
c. L’enseignement collégial
• La langue arabe : obligatoire à tous les niveaux de ce cycle,
langue enseignée et langue principale d’enseignement.
• Généralisation progressive de l’enseignement de la langue
amazighe.
• La langue française : langue obligatoire à tous
les niveaux de ce cycle en tant que langue enseignée, et, à moyen
terme, en tant que langue d’enseignement de certains contenus ou
modules.
• La langue anglaise : langue obligatoire à tous les
niveaux de ce cycle en tant que langue enseignée. La mise en œuvre
démarrera à court terme et sera généralisée à moyen terme. Ce délai
permettra de réunir les prérequis nécessaires en matière de
ressources humaines et d’outils pédagogiques.
d. L’enseignement secondaire qualifiant
• La langue arabe : langue obligatoire, langue
enseignée et langue principale d’enseignement.
• Généralisation progressive de l’enseignement de la
langue amazighe.
• La langue française : langue obligatoire en tant
que langue enseignée et en tant que langue d’enseignement de
quelques contenus ou modules à court terme.
• La langue anglaise : langue obligatoire en tant
que langue enseignée et en tant que langue d’enseignement de
quelques contenus ou modules à moyen terme.
• Création de branches spécialisées dans les langues
(littérature, culture et civilisation).
• Introduction d’une troisième langue étrangère
obligatoire, au choix, notamment l’espagnol, en veillant à tenir
compte des spécificités et besoins régionaux en matière de langues.
e. L’enseignement supérieur
• Diversification des choix linguistiques offerts
dans les différentes filières, spécialités, structures de recherche
et formations.
• Ouverture de filières d’études en arabe, français,
anglais, et espagnol dans le cadre de l’autonomie des universités,
en tenant compte des besoins en formation et recherche et des
besoins liés à la régionalisation.
• Promotion de la recherche scientifique et
technique toutes spécialités confondues en langue anglaise.
• Création de filières de formation et de structures
de recherche spécialisées dans les langues arabe et amazighe et dans
les langues étrangères.
• Apprentissage des compétences de communication en
arabe et en amazighe dans les instituts de formation des cadres.
• Intégration d’un module en langue arabe dans les
filières utilisant les langues étrangères comme langues
d’enseignement et ce, au profit des étudiants marocains.
f. Au niveau de la formation professionnelle
• Intégration de la langue anglaise en tant que
langue de formation dans les spécialités et modules de formation
professionnelle, aux côtés des autres langues en place.
g. Adaptation du dispositif linguistique proposé
au cours de sa mise en œuvre
• Le dispositif linguistique proposé reste ouvert à
tout enrichissement requis par sa mise en œuvre et à la lumière des
évaluations dont il fera l’objet.
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