République de Crimée

Crimée

(Sujet de la fédération de Russie)

Depuis 2014

Remarque: cette page sera entièrement refaite en avril 2019

Capitale: Simferopol (Ak Mesjid)
Population: 2,2 million (2014)
Langues officielles: russe, ukrainien et tatar de Crimée
Groupe majoritaire: russe (58,3 %)
Groupes minoritaires: ukrainien (24,3 %), tatar de Crimée (12,1 %), biélorusse (1,4 %), arménien, bulgare, allemand, grec et caraïte.
Système politique: république autonome au sein de la république d’Ukraine, puis de la fédération de Russie.
Articles constitutionnels (langue): art. 10, 11, 12 et 24 de la Constitution ukrainienne de 1996 (jusqu'au 16 mars 2014); art. 10, 13, 19 et 83 de la Constitution russo-criméenne de 2014.
Lois linguistiques ukrainiennes (en vigueur jusqu'au 15 mars 2014): la Loi sur les langues (1989); la Déclaration des droits des nationalités d'Ukraine (1991); la Loi sur la citoyenneté (1991); la Loi sur les minorités nationales en Ukraine (1992).
Lois linguistiques russes (en vigueur à partir du 16 mars 2014):
Loi sur les langues des peuples de la fédération de Russie (1991), modifiée par la loi fédérale du 24 juillet 1998; Loi sur l'autonomie culturelle (1996); Loi fédérale sur les toponymes (1997); Loi sur l'éducation (1992); Loi sur les garanties des droits des peuples indigènes peu nombreux de la fédération de Russie (1999); Projet de loi sur la langue officielle de la fédération de Russie (2004); Loi sur la langue officielle de la fédération de Russie (2005).
Lois linguistiques russo-criméennes: Loi sur l'éducation (2015); Loi sur les langues (2017).

1 Situation géographique

La république de Crimée (avant 2014: la République autonome de Crimée, sous juridiction ukrainienne) couvre une superficie de 26 100 km² (Belgique: 30 527 km²). C’est une presqu’île qui se détache de l'Ukraine (au sud) en s’enfonçant dans la mer Noire, laquelle borde toutes ses côtes, sauf pour la côte nord-est baignée par la mer d’Azov. 

La Crimée faisait juridiquement partie de l’Ukraine depuis 1954 en raison d'un décret du président soviétique, Nikita Khrouchtchev, à l'occasion du 300e anniversaire de la réunification russo-ukrainienne. Elle constituait, au sein de l'Ukraine, une république autonome, malgré l'opposition d'une partie de ses habitants (Russes et Tatars). À la suite d'un référendum relativement suspect tenu le 16 mars 2014, les autorités locales ont «demandé» que la Crimée soit «rattachée à la fédération de Russie». Après avoir envoyé plus de 30 000 soldats et à la suite d'un référendum à la soviétique (un OUI à 95,5 %), le président russe, Vladimir Poutine, a signé le décret rattachant la Crimée à la Russie. Malgré l'opposition de la communauté internationale qui pouvait difficilement s'y interposer par la force, la Crimée est devenue, de facto, la 22e république russe. Il n'y aura certainement pas de rétrocession.

La Crimée est divisée au point de vue administratif en 25 régions réparties en 14 raïons et 11 municipalités (villes d'importance nationale), mais la ville de Sébastopol bénéficiait d'un statut particulier au sein de l'État Ukrainien et elle a conservé ce statut dans la Crimée russe; Sébastopol ne fait pas partie de la république de Crimée en tant que «ville d'importance fédérale».

Nom Superficie,
en km²
Population
(2018)
  Raïons («district»)    
1 Bakhchisaray   1588,58  89 184  
2 Belogorsky   1893,56  60 588  
3 Dzhankoysky 2666,96  65 978  
4 Kirovsky    1208,20  51 288  
5 Krasnogvardeysky   1765,80 84 587  
6 Krasnoperekopsky    1230,96 24 053  
7 Leninsky    2918,61  58 985  
8 Nizhnegorsk  1212.43  44 336  
9 Pervomaisky  1474,35  31 851  
10 Razdolnensky    1231,38  30 429  
11 Saksky    2257,47  76 326  
12 Simféropol  1752,53  160 772  
13 Sovetskiy   1079,44 31 545  
14 Chernomorsky    1508,63 30 427  
La capitale de la Crimée est Simféropol (Ak Mescit, en tatar de Crimée), une ville de 160 700 habitants. Les autres villes importantes sont Sébastopol, Kertch, Feodosiya, Yalta et Yevpatoriya (Gözleve).

Le terme «raïon» provient du mot français rayon (prononcé rajɔ̃), mais il désigne en russe (район : prononcé rajɔn) une subdivision administrative territoriale particulière. En français, le mot russe raïon (raion en anglais ou rayon en français) est souvent traduit par des mots tels que «district», «arrondissement», voire «comté» (de l'anglais county) ou «cercle» (de l'allemand Kreis).

Toutefois, aucun de ces termes ne renvoie à la notion administrative exacte du mot raïon. En Russie, le район correspond soit à un arrondissement d'une grande ville comme Moscou ou Saint-Pétersbourg, soit un territoire autour d'une ville-centre. En général, les traducteurs vont utiliser le mot «district» pour transcrire la notion de федеральный округ (federal'nyy okrug : district fédéral), introduite par Vladimir Poutine, qui est beaucoup plus vaste qu'un raïon. En fait, le meilleur terme en français serait «district», en lui accordant un sens large de «division territoriale», sans plus.

  Villes d'importance nationale
(Города республиканского значения)
Superficie,
en km²
Population
(2018)
 
15   Alushta 599,90  54 515  
16 Armyansk  162,42 24 151  
17 Dzhankoi  25,2  38 669  
18   Evpatoria  65,47 120 360  
19 Kertch 107,63 150 573  
20 Krasnoperekopsk  22,42  25 450  
21 Saki 28,74  24 797  
22 Simféropol  107,41  362 344  
23   Sudak  539,45 32 797  
24   Féodosia (Théodose) 350,42 100 571  
25   Yalta  282,90 139 155  

En Crimée, on distingue les «raïons» et les «villes d'importance nationale» (Goroda respublikanskogo znacheniya: Города республиканского значения), ce qui est différent d'une ville d'importance fédérale comme Sébastopol (Saint-Pétersbourg et Moscou). Ainsi, la ville de Sébastopol (416 700 hab. en 2016) bénéficie d'un statut particulier du fait qu'elle ne fait pas partie de la république de Crimée, comme c'était le cas d'ailleurs dans la Crimée ukrainienne. Avant 2104, Sébastopol dépendait directement de l'État ukrainien, de telle sorte que le maire était désigné par le président de l’Ukraine. Depuis Depuis le 18 mars 2014, à la suite de la crise de Crimée, Sébastopol a obtenu le privilège du statut particulier de «ville d'importance fédérale de Russie» (comme Moscou et Saint-Pétersbourg). La ville abrite la base navale de la flotte russe de la mer Noire, partagée depuis un traité (Traité d'amitié, de coopération et de partenariat entre la fédération de Russie et l'Ukraine) signé le 31 mai 1997 entre la Russie et l'Ukraine, traité qui devait prendre fin en 2022.

Bref, la république de Crimée et la ville de Sébastopol sont devenues deux «sujets» nouveaux de la fédération de Russie, ayant respectivement le statut de «république» et de «ville d'importance fédérale». Rappelons qu'une «ville d'importance fédérale» (en russe : города федерального значения > goroda federal'nogo znatchenia) constitue l'un des types de subdivision de la fédération de Russie, qui compte au total 85 sujets de la fédération de Russie, répartis en 22 républiques (incluant la Crimée), 9 kraïs, 46 oblasts, un oblast autonome, 3 villes d’importance fédérale et 4 districts autonomes. À ce jour, seules trois villes ont acquis le statut de «ville d’importance fédérale»: Moscou, Saint-Pétersbourg et Sébastopol. Quant à la Crimée, elle est devenue la 22e république russe de la fédération de Russie.

2 Données démolinguistiques

Lors du recensement de 2001, la population de la Crimée comptait deux millions d'habitants. Mais il s'agit d'une population qui décroît de 0,3% par année: elle est passée de 2,2 millions en 1993 à 2,1 millions en 2001. Selon les estimations, la population comptait 1,9 million d'habitants en 2008, pour se réduire encore davantage dans les années ultérieures:
 
1959 (recens.) 1989 (recens.) 2001 (recens.) 2008 (est.) 2009 (est.) 2010 (est.) 2011 (est.) 2012 (est.) 2014 (recens.)
1 246 197 2 065 829 2 033 736 1 971 072 1 967 260 1 965 305 1 963 514 1 963 008 2,284 400

Le nombre annuel des naissances, qui était de 32 000 en 1990, avait baissé à quelque 15 000 en 2000.

La Crimée russe a fait l'objet d'un recensement de la population avec la participation des autorités fédérales de la fédération de Russie; ce recensement a eu lieu du 14 octobre au 25 octobre 2014. Les résultats définitifs du recensement de la population ont été publiés en août 2015. Sur le territoire du district fédéral de Crimée (république de Crimée), la population résidente était de 2,2 millions de personnes, dont 1,8 million (82,8%) en république de Crimée et 393 304 personnes (17,2%) dans la ville d'importance fédérale de Sébastopol.

2.1 La composition ethnique

Composition ethnique 2001 2018
Russes 58,5 % 67,9 %
Ukrainiens 24,4 % 15,6 %
Tartars de Crimée 12,1 % 10,5 %
Autres 5,0 % 6,0 %
 
En 2001, la composition ethnique de la Crimée se répartissait de la façon suivante (Wikipedia): 58,5 % de Russes, 24,4 % d'Ukrainiens, 12,1 % de Tatars de Crimée, 1,5 % de Biélorusses, 0,5 % de Tatars, 0,4 % d'Arméniens, 0,2 % de Juifs, 0,1 % de Grecs, etc. En 2018, en Crimée russe, la composition ethnique avait changé: 67,9 % de Russes, 15,6 % d'Ukrainiens et 10,5 % de Tatars de Crimée. Les trois communautés linguistiques importantes demeurent les mêmes, mais dans des proportions différentes. En effet, les russophones ont augmenté leur nombre de 9,4 %, tandis que les ukrainophones ont réduit leur nombre de 8,8 % et les Tatars de 1,6 %. Le russe et l'ukrainien sont des langues slaves, mais le tatar de Crimée fait partie de la famille altaïque.
Appartenance
nationale
Péninsule de Crimée  % République de
  Crimée
%  Ville de
Sébastopol
 %
Russes  1 492 078  67,90%  1 188 978  65,20%  303 100  81,07%
Ukrainiens  344 515 15,68%  291 603  15,99%  52 912  14.15%
Tatars de Crimée  232 340 10,57%  229 526 12,59%  2 814  0,75%
Tatars  44 996 2,05%  42 254  2,32% 2 742  0,73%
Biélorusses  21 694 0,99%  17 919 0,98%  3 775 1,01%
Arméniens 11 030  0,50%  9 634  0,53%  1 396  0,37%
Azerbaïdjanais  4 432  0,20%  3 738  0,20%  694  0,19%
Ouzbékistan  3 466 0,16%  3 265  0.18%  201 0,05%
Moldaves  3 147  0,14%  2 573  0,14%  574  0,15%
Juifs  3 144  0,14% 2 543 0,14% 601 0,16%
Coréens 2 983  0,14%  2 820 0,15%  163 0,04%
Grecs  2 877  0,13%  2 646  0,15%  231 0,06%
Polonais  2 843  0,13%  2 435  0,13% 408 0.11%
Gitans  2 388 0,11%  2 381  0,13%  7th  0,00%
Chuvashi  1 990  0,09%  1 529  0,08% 461  0,12%
Bulgares  1 868  0,09%  1 506  0,08%  362  0,10%
Allemands  1 844  0,08%  1 648  0,09% 196  0,05%
Mordves  1 601 0,07%  1 334  0,07% 267  0,07%
Géorgiens  1 571 0,07% 1 280  0,07%  291 0,08%
Turcs 1 465  0,07%  1 413  0,08% 52 0,01%
Autres  15 292  0,70% 12667  0,69%  2625  0,70%
Nationalité déclarée  2197 564 100.00% 1 823 692  100,00% 373 872 100.00%
Nationalité non spécifiée  87205  3,82%  67 773 3,58% 19 432 4,94%
Refus de répondre  6712 0,29%  5 293  0,28% 1 419  0,36%
Toute la population  2 284 769 100,00%   1 891 465 100.00%  393 304 100,00%

 

Le tableau de gauche présente la répartition ethnique de la populations criméenne au recensement russe de 2014, en distinguant la péninsule de Crimée, la république de Crimée et la ville fédérale de Sébastopol.

Nous pouvons constater que les russophones comptent pour 67,9 % de la population de la péninsule de Crimée; pour 65,2 % de la république de Crimée et pour 81,0 % de la ville de Sébastopol. Suivent les Ukrainiens avec 15,6 % de la population dans la péninsule de Crimée, 15,9 % dans la république de Crimée et 14,1 % dans la ville de Sébastopol. Finalement, les Tatars (toutes catégories confondues) sont à peu près dans les mêmes proportions, sauf à Sébastopol: 12,6 % dans la péninsule de Crimée, 14,9 % dans la république de Crimée et 1,4 % dans la ville de Sébastopol.

La liste des autres ethnies est nombreuse, mais ne comptent qu'un petit nombre de locuteurs, à l'exception des Biélorusses (21 694) et des Arméniens (11 030). 

2.2 Les langues maternelles des Criméens

Au recensement de 2014 (publié en 2015), les principales langues maternelles sont le russe (84,1 %), le tatar de Crimée (7,8 %), le tatar (3,6 %) et l'ukrainien (3,2 %).

Langue maternelle Péninsule de Crimée
 
%  République de
 Crimée
 % Ville de
Sébastopol
 %
Russe  1 867 680  84,16%  1 502 972  81,68%  364 708 96,19%
Tatar de Crimée 173 076 7,80%  171 517 9,32% 1 559  0,41%
Tatar  81 858 3,69%  79 638 4,33%  2 220 0,59%
Ukrainien  72 891 3,28% 64 808 3,52%  8 083 2,13%
Arménien  5 891  0,27% 5 376 0,29%  515  0,14%
Azerbaïdjanais (ou azéri) 2 668  0,12% 2 239 0,12% 429  0,11%
Biélorusse 1 954  0,09% 1 700  0,09%  254  0,07%
Gitan (ou romani)  1 598 0,07%  1 595  0,09%  3  0,00%
Turc 1 229  0,06% 1 192  0,06%  37  0,01%
Moldave  838 0,04% 703  0,04%  135 0,04%
Grec 450 0,02%  434  0,02%  16  0,00%
Arabe  421 0,02%  385  0,02% 36  0,01%
Bulgare 367  0,02%  297 0,02%  70  0,02%
Allemand 129  0,01%  118 0,01%  11  0,00%
Polonais 126  0,01%  110  0,01% 16  0,00%
Autre  8107  0,37%  7 047  0,38%  1 060  0,28%
Toute la population 2 284 769 100,00% 1 891 465 100,00% 393 304 100,00%

Comptant pour 65,6 % de la population, les russophones constituent donc le groupe majoritaire en Crimée; ils sont suivis par les Ukrainiens (15,9%) et les Tatars de Crimée (12,5%). 

 

 

Les russophones sont dispersés un peu partout sur le territoire, mais avec des zones concentrées plus massivement dans le Sud, notamment dans les municipalités de Kerch (78%), de Feodosiya (72%), de Sudak (59), d'Alushta (67%), de Yalta (65%) et de Sébastopol (71%). Les russophones sont également majoritaires dans les raïons de Lenine (54%), de Kirovske (50%), de Sovetskyi (48%), de Nizhnyohirskyi (50 %), de Dzhankoy (59%), de Krasnoperekopsk (51%), d'Armyansk (55%), de Yevpatoria (65%), de Saki (65%) et de Simferopol (66%), ainsi que dans les raïons de Chornomorske (52%) et de Bakhchisaray (54%). Partout ailleurs, les russophones sont minoritaires, tout en étant présents dans les autres raïons.

Les Ukrainiens sont aussi présents dans la plupart des régions, mais ils demeurent très minoritaires, alors que les Tatars sont concentrés dans le Nord tout en étant minoritaires. 

 

En 2001, alors que la Crimée était ukrainienne, les russophones étaient dispersés un peu partout sur le territoire (voir la carte n° 1 ci-dessous) avec des zones massivement russophones dans le Sud, notamment dans les municipalités de Kerch (78%), de Feodosiya (72%), de Sudak (59), d'Alushta (67%), de Yalta (65%) et de Sébastopol (71%). Les russophones étaient également majoritaires dans les raïons de Lenine (54%), de Kirovske (50%), de Sovetskyi (48%), de Nizhnyohirskyi (50 %), de Dzhankoy (59%), de Krasnoperekopsk (51%), d'Armyansk (55%), de Yevpatoria (65%), de Saki (65%) et de Simferopol (66%), ainsi que dans les raïons de Chornomorske (52%) et de Bakhchisaray (54%). Partout ailleurs, les russophones sont minoritaires, tout en étant présents dans les autres raïons.

Les Ukrainophones occupaient également une grande partie de la péninsule (voir la carte n° 2), notamment la partie plus septentrionale (en vert) où ils étaient souvent en nombre égal aux russophones, sinon en nombre supérieur (raïons de Pervomayske et de Krasnoperekopsk).

Quant aux Tatars (voir la carte n° 3), ils étaient généralement regroupés près des centres urbains, mais ils constituaient une importante minorité (plus de 20%) dans les raïons de Lenine (29%), de Kirovske (25%), de Sovetskyi (22%), de Nizhnyohirskyi (28%), de Dzhankoy (21%), de Pervomayske (21%), de Simferopol (22%), de Bilohirsk (29%) et de Bakhchisaray (21%).  Durant toute l’époque soviétique, les Tatars de Crimée, qui sont aujourd'hui considérés comme une population «autochtone», étaient appelés les «Turcs tatars». Ils parlent en effet une langue turque de la famille altaïque appelée parfois le crimo-tatar ou turc criméen.

Dans la ville à statut spécial de Sébastopol, le recensement de 2001 présentait la répartition de la population de la façon suivante: 71,6 % de russophones, 22,4 % d'ukrainophones, 1,6 % de Biélorusses, 0,7 % de Tatars, 0,5 % de Tatars de Crimée, 0,3 % d'Arméniens, 0,3 % de Juifs, 0,2 % de Moldaves ou de Roumains et 0,2 % d'Adzerbaïdjanais.

2.2 Les Tatars de Crimée

On compte au moins 6,6 millions de Tatars dans le monde, dont 232 000 en Crimée (2014). Le plus gros contingent de Tatars se trouve dans la fédération de Russie avec 86 % de tous les locuteurs du tatar: Azerbaïdjan (31 787), Géorgie (3102), Kazakhstan (328 000), Kirghizie (env. 70 000), Tadjikistan (80 000), Turkménistan (40 434), Ukraine (90 542), Ouzbékistan (468 000). Les autres habitent la Lettonie (5000), l’Estonie (4000), la Lituanie (5100), la Finlande (1000), l’Afghanistan (350), la Chine (1000) et les États-Unis (de 7000 à 10 000).

On compterait peut-être de deux à quatre millions de Tatars de Crimée en Turquie, qui descendent dans l'ensemble d'immigrés du XIXe siècle, mais ils ont perdu depuis longtemps leur langue et sont aujourd'hui bien assimilés à la majorité turque. Dans la république de Crimée, la plupart des Tatars habitent dans des établissements concentrés à la périphérie des centres urbains, ce qui contribue à leur isolement. Les représentants de cette communauté parlent ghettoïsation!

Le tartare n’est pas une langue uniforme: on distingue, par exemple, le «moyen tatar» (ou tatar kazan), le «tatar occidental», le «tatar oriental» (ou tatar sibérien), le «tatar de Crimée,» etc. La variété dialectale du tatar de Crimée correspond essentiellement à une langue parlée, très influencée par d’autres langues, notamment le turc de Turquie, mais aussi l’arabe, le persan et le russe. Même si le tatar de Crimée demeure une langue de communication au sein de la communauté, sa connaissance reste en grande partie limitée à l’oral et aux communications informelles. D’ailleurs, le tatar de Crimée ne dispose pas de vocabulaire technique ni scientifique nécessaire à toute langue moderne.

2.3 Les religions

En ce qui a trait à la religion, la plupart des Russes et des Ukrainiens sont de confession orthodoxe, mais les Tatars de Crimée appartiennent à l'islam sunnite, avec une minorité caraïte (environ 500 personnes). L'islam n'est pas présent en Ukraine, mais il existe beaucoup d'adeptes de cette religion dans la fédération de Russie. On compte aussi une communauté de catholiques ukrainiens de rite byzantin vivant en Crimée.

3 Données historiques

La Crimée était connue dans l'Antiquité sous le nom de Chersonèse taurique. C'est en partie dans cette péninsule que fut créé le royaume du Bosphore. C'était un royaume grec établi sur les rives du Bosphore cimmérien, ce qui correspond aujourd'hui à l'actuel détroit de Kertch reliant le Pont-Euxin (la mer Noire) au lac Méotide (la mer d'Azov) et sur la Tauride, nom jadis donné par les Grecs de l'Antiquité à la presqu'île de Crimée. Le royaume de Bosphore fut fondé au Ve siècle avant notre ère par les Archéanactides, une dynastie grecque qui régna entre 480 et 438 sur le royaume du Bosphore. Le royaume passa sous le protectorat romain en - 47.

Par la suite, la Crimée fut successivement occupée par les Goths, les Huns, les Khazars, les Bulgares, les Russes, les Vénitiens et les Coumans. Les Génois y avaient fondé, à partir de 1275, de nombreux comptoirs sur la côte, qu'ils durent abandonner en 1475, lorsque les Tatars y organisèrent un khanat indépendant tout en reconnaissant la suzeraineté ottomane. Les plus vieux textes en tatar de Crimée datent du XIIIe siècle; ils étaient écrits en alphabet arabe. Les Tatars s’intégrèrent complètement à l’Empire ottoman à partir au XVIe siècle et devinrent tous des turcophones musulmans.

3.1 La Crimée soviétique

Après la première guerre russo-turque (1768-1774), la Crimée, rendue indépendante par le traité de Kutchuk Kaïnardji, fut annexée par la Russie de Catherine II en 1783; le feld-maréchal Potemkine y aménagea la puissante forteresse et base navale de Sébastopol. Au moment de l'annexion russe (1783), les Tatars étaient environ 500 000 à vivre dans cette péninsule. De 1853 à 1856, la Crimée fut le théâtre d'une guerre meurtrière de trois ans, la guerre de Crimée, entre la Russie et une coalition comprenant l'Empire ottoman, le Royaume-Uni, la France de Napoléon III et le royaume de Sardaigne. La défaite de la Russie n'empêcha pas la Crimée de rester sous le contrôle de Moscou.

Après la révolution russe d'Octobre 1917, la Crimée fut érigée en république autonome (1921) sous le nom de République socialiste soviétique autonome de Crimée, et ce, dans le but explicite de réparer les mauvais traitements que les Tatars avaient subis pendant la période tsariste. Bien que les Tatars fussent minoritaires (25 %), ils occupaient une place politique prépondérante au sein de la république autonome. À partir de cette époque, les Tatars de Crimée passèrent de l’alphabet arabe à alphabet latin (jusqu'en 1938), à l’instar de la Turquie de Mustafa Kemal Atatürk qui, en 1924, avait délaissé l’alphabet arabe pour l’alphabet latin.

Cependant, la tolérance du pouvoir soviétique à l’égard des minorités nationales (polonaise, ukrainienne, allemande, tarare, etc.) ne dura guère, et la libéralisation de la Crimée prit fin en 1928. Les persécutions reprirent de plus belle avec des campagnes intensives de russification et de soviétisation. Entre 1928 et 1939, près de 35 000 à 40 000 Tatars furent emprisonnés ou déportés. La classe intellectuelle fut complètement exterminée. L'étude et l’enseignement de la langue et de la littérature tartares furent systématiquement interdits, de même que les publications et la presse en tatar. Tous les mots d'origine persane, turque ou arabe furent remplacés par des emprunts russes, tandis que l’alphabet cyrillique fut imposé par Staline en lieu et place de l’alphabet latin. Ainsi, en moins de vingt ans, les Tatars ont changé trois fois d’alphabet (arabe, latin et cyrillique).

Après la défaite des Soviétiques en octobre 1941, on comprendra que les Allemands furent accueillis presque comme des libérateurs. Néanmoins, vers la fin de l'occupation, soit en décembre 1943 et en janvier 1944, les Allemands détruisirent complètement 128 villages dans les montagnes de la Crimée.

Puis la Crimée fut reconquise par les Soviétiques en 1944, tandis que les Tatars, au nombre de quelque 200 000 à l’époque, furent accusés collectivement de collaboration avec les nazis. Beaucoup de Tatars de Crimée auraient trahi «la Patrie» en abandonnant les unités de l'Armée rouge qui ont défendu la Crimée et en se rangeant du côté des Allemands, puis en exerçant des «représailles sauvages contre des partisans soviétiques» et en infiltrant l’Armée rouge d’espions et de saboteurs. Le 11 mai 1944, le Comité de défense de l’État, dirigé par Joseph Staline, émit le décret no 5859 qui ordonnait, pour le 1er juin suivant, le bannissement de tous les Tatars du territoire de la Crimée. En réalité, Staline devait déporter 90 % de la population tatare «de manière permanente» en tant que «colons spéciaux» dans des régions de la République socialiste soviétique de l'Ouzbek.

Les Tatars furent transportés en Sibérie dans des wagons à bestiaux insalubres, sans équipement sanitaire, avec les portes verrouillées de l’extérieur; le coût du transport devait être le même que celui des prisonniers et des forçats. Durant les deux premières années, 46 % des déportés succombèrent à la malnutrition et à la maladie ou moururent dans les camps de concentration de Sverdlovsk. La vie en exil de ces «colons spéciaux» se révéla très difficile, car le but des autorités soviétiques était la complète russification de la nation tatare. En tant que «peuple puni», les Tatars de Crimée vécurent sous haute surveillance militaire; ils n’eurent pas le droit, sous peine de mort, de s’éloigner de plus de cinq kilomètres de leur lieu d’habitation. Évidemment, leur langue fut interdite dans les écoles, la littérature et la recherche. En 1946, la République autonome de Crimée fut abolie et la Crimée fut repeuplée par des Russes; tous les toponymes furent rebaptisés par des noms russes. Juridiquement parlant, les Tatars déportés cessèrent d’exister. On les oublia, mais les décennies de répression et d’assimilation forcée n’avaient pas détruit l’identité nationale des Tatars.

Après la mort de Staline (1953), le nouveau président de l’URSS, Nikita Khrouchtchev, dénonça la politique «injustifiée» de déportation appliquée par son prédécesseur (Staline). Les Tatars, comme les autres peuples déportés (Polonais, Lituaniens, Allemands, etc.), retrouvèrent quelques-uns de leurs droits, mais ne furent pas autorisés à rentrer dans leur pays.

En 1954, la Crimée, qui avait été à moitié détruite par la guerre, fut cédée par Nikita Khrouchtchev à l'Ukraine par simple décret, dans l'indifférence générale. Celui-ci, pour fêter le tricentenaire du traité de Pereïaslav par lequel les Cosaques d’Ukraine avaient fait allégeance à Moscou, donna la Crimée à l'Ukraine pour commémorer la réunification de la Russie et de l’Ukraine.

En transférant administrativement la Crimée en Ukraine, Nikita Khrouchtchev espérait sans doute inciter des paysans ukrainiens à s'installer dans la péninsule et favoriser la mise en place d'infrastructures de fournitures d'eau et d'électricité depuis Kiev. Politiquement, cette cession ne semblait pas avoir de grandes conséquences.

Il ne faudrait pas croire que la décision prise par la Russie de était altruiste, comme cela pouvait paraître au premier abord. En réalité, le transfert de la Crimée a chargé l’Ukraine de tous les problèmes économiques et politiques de la péninsule, détruite pendant la guerre et privée de nombreux habitants, lorsque Staline a ordonné la déportation des Tatars de Crimée vers le Kazakhstan lointain en 1945. La situation dans la péninsule était désastreuse et les habitants étaient extrêmement mécontents et révoltés. Nikita Khrouchtchev se débarrassait d'un fardeau que personne ne voulait.

De plus, l'objectif de Khrouchtchev était de donner un petit territoire à l'Ukraine afin de d'obtenir quelque chose en retour. Le but était de lier plus étroitement l'Ukraine à la Russie, parce que pendant la guerre les habitants de cette république soviétique n'avaient pas soutenu entièrement l'Armée rouge. Finalement, le transfert a également été fait pour consolider la domination des deux grandes républiques slaves de l'Empire soviétique, en les opposant aux régions problématiques du Sud, qui comprenaient également la Crimée avec les Tatars habitant la péninsule. La Crimée avait appartenu à la Russie depuis 170 ans.

3.2 La Crimée ukraino-soviétique

Six mois après l'entrée de la Crimée dans l'Ukraine soviétique, la question de l'introduction progressive de la langue ukrainienne s'est posée. Le comité régional local a proposé d'introduire la langue et la littérature ukrainiennes uniquement lors de la nouvelle année scolaire (1955-1956). À cette époque, sur 2193 instituteurs, seuls 94 maîtrisaient l'ukrainien, mais ils n’avaient aucune expérience de l’enseignement. Par conséquent, il n’a pas été possible de lancer la réforme immédiatement en 1954. Afin de contrôler le niveau d'enseignement de la langue et de la littérature ukrainiennes dans les écoles, trois inspecteurs ont été prévus, puis un bureau de la langue ukrainienne a été ouvert à l'intention des enseignants. 

Dès la fin de l'année 1954, les nouveaux instituteurs commencèrent à enseigner l'ukrainien dans cinq écoles primaires de Simferopol. Il suffisait d'un séminaire d'une seule journée pour préparer les enseignants et leur distribuer des manuels en ukrainien. Pendant quatre décennies, l'enseignement de l'ukrainien restait une matière optionnelle qui s'ajoutait au programme scolaire. De plus, il fallait que les parents en fassent une demande expresse qui pouvait être refusée pour diverses raisons. Il fut toujours difficile d'ouvrir des écoles pour enseigner l'ukrainien en raison de la passivité des directeurs d'école et des autorités responsables de l'instruction publique, ainsi que du manque de contrôle de l'enseignement de la part du Parti communiste et des autorités soviétiques. En outre, la création de classes primaires en ukrainien fut constamment entravée par l’absence d’écoles secondaires ukrainiennes, si l'On fait exception d'un internat secondaire de 280 élèves à Simferopol. Les élèves et leurs parents ne voyaient aucune possibilité de poursuivre leurs études normales en ukrainien.

La vie des représentants officiels continua de se faire en russe. La tenue des registres dans toute l'administration demeura en russe. Il n'était d'ailleurs pas nécessaire de traduire les documents en ukrainien, car tous connaissaient le russe. De toute façon, il paraissait difficile d'assurer des traductions en ukrainien, parce que dans la fonction publique criméenne peu de fonctionnaires pouvaient s'exprimer en russe. Il est évident que l’introduction de la langue ukrainienne en Crimée n’a jamais été généralisée, ce qui suscita certaines insatisfactions de la part des Ukrainiens. On ne comptait dans les années 1960 que 250 000 Ukrainiens en Crimée. Tous les autres résidents étaient des Russes.

En Crimée, il n'y a jamais eu de tentatives sérieuses d'ukrainisation. Les endroits clés de la péninsule, tels que Sébastopol, sont restés aux mains de l'URSS. L'afflux de touristes en provenance de Moscou, qui a augmenté progressivement à partir des années 1950, a renforcé la composante russe. Les Ukrainiens, souvent à tendance nationaliste, ont critiqué les réformes possibles dans la région, mais ils ne pouvaient s'y opposer véritablement.

Le 5 septembre 1967, le Décret du présidium du Soviet suprême de l'URSS portant sur les citoyens de nationalité tatare autrefois résidant en Crimée innocenta les Tatars, parce que les accusations passées s’étaient révélé «sans fondement». Toutefois, aucune mesure ne fut prise pour faciliter leur retour en Crimée, ni pour les indemniser pour perte de vie ou de biens. En 1987, les Tatars manifestèrent à Moscou pour réclamer leur droit de retourner en Crimée, mais jusqu'aux derniers jours de l'URSS (1988-1989) ils ne furent pas autorisés à rentrer en Crimée. 

À la faveur de la perestroïka, les minorités déportées de l’URSS acquirent une marge de manœuvre dont elles tirèrent rapidement parti; les sentiments nationaux identitaires refirent surface, ce qui suscita le désir chez ces minorités de retourner sur la terre de leurs ancêtres. Vers le milieu de l’année 1990, environ 90 000 Tatars de Crimée étaient déjà retournés de leur propre initiative dans leur patrie d’origine; à l’automne de 1991, leur nombre avait atteint les 150 000. En avril 1991, le Soviet suprême de l'URSS déclarait «illégales et criminelles» toutes les lois concernant les déportations. Les peuples déportés étaient enfin réhabilités (sans indemnisation).

3.3 La Crimée ukrainienne

L'effondrement de l'URSS en 1991 libéra l'Ukraine de la tutelle soviétique. Dès le mois de décembre de la même année, il eut lieu un référendum sur l'indépendance en Ukraine. Quelque 54% des électeurs de Crimée se prononcèrent en faveur de l'indépendance, le plus faible pourcentage dans l'ensemble du pays. Un mouvement sécessionniste dirigé par des Russes se forma en Crimée qui proclama elle-même son indépendance (sous réserve d’un référendum), mais l’indépendance fut finalement abrogée en 1992.

Afin de tenir compte de la faible majorité de 54 %, la Crimée obtint de l'Ukraine un statut particulier de «république autonome», avec son propre parlement et son propre gouvernement. Mais du côté de la Russie, plusieurs voix importantes, dont Gorbatchev et Alexandre Soljenitsyne (auteur de L’archipel du goulag), ont appelé au rattachement de la Crimée à la Russie. Finalement, si le Parlement régional de la Crimée n'obtint pas le pouvoir d'adopter des lois, il pouvait posséder son propre budget et sa propre constitution au sein de l'Ukraine. De plus, la ville de Sébastopol bénéficia d'un statut spécial de «ville autonome», mais son maire n'était pas élu; il était désigné par les autorités de Kiev. Bref, en 1991, les russophones ukrainiens de Crimée ont bel et bien accepté, à la majorité, de demeurer en Ukraine plutôt que de faire partie de la Russie. Qu'ils aient, depuis, changé d’avis, c'est leur droit, mais ils n'ont jamais demandé l'avis des Ukrainiens ukrainophones et encore moins aux Tatares.

Au moment de l'intégration de la Crimée en Ukraine, l'apprentissage de l'ukrainien est devenu obligatoire.

En janvier 1994, les premières élections à la présidence de la Crimée eurent lieu. La plupart des candidats (cinq sur six) à la présidence soutinrent publiquement le rattachement de la Crimée à la Russie, dont le gagnant, Iouri Mechkov, un ancien garde-frontière soviétique et procureur juridique. Celui-ci promit un référendum sur l’indépendance de la Crimée, qui fut finalement remplacé par un «sondage» au cours duquel plus de 70 % des électeurs de Crimée — tous des Russes — votèrent en faveur d'une plus grande indépendance vis-à-vis de l'Ukraine et pour le droit à la double nationalité russe et ukrainienne.

Le 5 décembre 1994, l'Ukraine, la Russie, les États-Unis et le Royaume-Uni signèrent le Memorandum de Budapest  dans lequel l'Ukraine promettait de transférer ses missiles nucléaires en Russie pour leur démantèlement et de signer le Traité de non-prolifération. En échange, la Russie et les deux pays occidentaux signataires s'engageaient à ne pas menacer ni utiliser la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de l'Ukraine. Finalement, la Russie se ravisa et finit par reconnaître la Crimée comme faisant partie de l’Ukraine.

Plusieurs dispositions de la Constitution ukrainienne de 1996 — les articles 134 à 139 — sont consacrées à la République autonome de Crimée qui, par ailleurs, était dotée de sa propre constitution (1998), selon laquelle elle exerçait le pouvoir dans des domaines comme la préservation de la culture et de la langue. Les représentants de la minorité tatare projetaient de revenir à l’alphabet latin, à l’exemple de plusieurs républiques turques de l’ex-URSS. Jusqu’ici, ce changement d'alphabet semblait être plus symbolique que réel; bien que les panneaux d’affichage et les enseignes apparaissaient de plus en plus en alphabet latin, les journaux et les livres continuèrent d’être rédigés en alphabet cyrillique. Mais il demeurait possible que les Tatars de Crimée, même s’ils étaient alors en retard en ce domaine, deviennent en réalité les premiers à transformer complètement l’orthographe de leur langue.

En mai 1997, la Russie et l'Ukraine signèrent un traité d'amitié, de coopération et de partenariat. En échange d'une aide financière et de tarifs avantageux sur le gaz, Kiev garantissait à Moscou le maintien de sa base navale sur la mer Noire à Sébastopol au moyen d'un bail de vingt ans. Des nouveaux accords, signés le 21 avril 2010 entre Moscou et Kiev, réglementèrent les conditions d'utilisation de la base de Sébastopol: en plus des huit millions de dollars de loyer annuel payés à l'Ukraine depuis 1997, la Russie consentait à l'Ukraine un tarif préférentiel sur le gaz correspondant à une réduction de 30 % du prix normal de livraison. Le bail fut alors prolongé jusqu'à 2042 moyennant le versement par l'armée russe à la ville de Sébastopol d'une rente annuelle de 100 millions de dollars. La marine russe comptait alors 15 000 militaires stationnés dans la base.

3.4 Le retour des Tatars en Crimée

Au cours des dix années qui ont suivi la dissolution de l’URSS (1991), environ 300 000 Tatars de Crimée, parmi une population totale estimée à 400 000 ou 550 000, sont rentrés dans leur pays d’origine dans des conditions matérielles difficiles, après avoir perdu tous leurs biens en Russie, en Ouzbékistan, au Tadjikistan et au Kazakhstan. Leurs problèmes ne furent pas résolus pour autant, car étant très minoritaires — seulement 10 % — ils durent se battre non seulement pour faire reconnaître leurs droits politiques, économiques et culturels, mais aussi pour assurer leur survie matérielle. En prenant la décision de rentrer en Crimée, de nombreux Tatars ont été guidés par des espoirs irréalistes et alimentés par certains de leurs dirigeants politiques.

Aujourd’hui, les membres de cette communauté souffrent de ghettoïsation, car la plupart des rapatriés vivent dans des établissements concentrés à la périphérie des villes, ce qui ajoute à leur isolement. Les problèmes des Tatars sont importants: ils portent d’abord sur la question de la citoyenneté (sans citoyenneté, pas d’emploi, pas d’instruction, pas de soins, etc.), puis l'emploi (un taux de 60 % de chômage), le logement (généralement des abris de fortune), la sécurité sociale (soins de santé prohibitifs), l’éducation, ainsi que la protection culturelle et linguistique.

La pleine restauration de l'identité nationale des Tatars de Crimée exige également la disparition de tous les vestiges de xénophobie et de discrimination auxquels ils se sont heurtés dans le passé. Or, les Tatars de Crimée doivent encore affronter la discrimination et l’hostilité des Russes qui les associent toujours, après un demi-siècle, à la collaboration nazie. En somme, quand la population russophone ne fait pas preuve d’une regrettable xénophobie à l'égard des musulmans, elle se contente de les ignorer et de les parquer dans des «réserves», sans eau courante ni électricité. Les Ukrainiens sont plus tolérants envers les Tatars, car c'est une façon pour eux de diminuer la force politique des Russes de Crimée.

À l’heure actuelle, la plupart des responsables tatars estiment que la quasi-totalité de ceux qui vivent encore en Asie centrale (Ouzbékistan) et en Russie — environ 250 000 personnes — retourneront un jour en Crimée. À ces retours pourraient s'ajouter ceux des Grecs, des Bulgares et des Allemands qui ont des attaches en Crimée; ils sont estimés par les Ukrainiens à quelque 50 000 personnes. Au rythme d’un programme autorisant le retour de 50 000 personnes par année, on peut s’attendre à quelques années de migration. Mais pour l'instant, ce sont des russophones qui ont immigré en Crimée. 

3.5 La crise ukrainienne de 2013-2014

Viktor Ianoukovitch, chef du Parti des régions et pro-russe, s'est proclamé président de l'Ukraine en 2010 à la suite d'élections compliquées tout en promettant d'être le président de tous les Ukrainiens. Le président ukrainien a décidé en octobre de la même année de changer la Constitution ukrainienne et de concentrer les pouvoirs entre ses mains, de réprimer les médias et de répartir les richesses ukrainiennes entre une poignée d’oligarques. En mai 2012, le Parti des région de Viktor Ianoukovitch présenta un projet de loi linguistique au Parlement afin de conférer une statut de «langue régionale» au russe et aux autres langues dans les régions où une langue est parlée par plus de 10 % de la population. Pour beaucoup de nationalistes ukrainiens, cela équivalait à faire du russe la seconde langue officielle du pays. L'adoption de la loi linguistique a entraîné, sous les fenêtres du Parlement, des affrontements entre les défenseurs de la langue ukrainienne et les partisans du renforcement du statut de la langue russe.

Dans les faits, l'adoption de la «loi russe» accordait au russe un statut de «langue régionale» dans 13 des 27 régions administratives de l'Ukraine, notamment dans les régions d'Odesa, de Donetsk, de Dnipropetrovsk, de Kharkiv, etc., y compris à Kiev et dans la région de Sébastopol en Crimée, où la Russie possède une importante base militaire.

Après avoir promis à maintes reprises de diriger l’Ukraine vers l’Union européenne, Viktor Ianoukovitch a, le 21 novembre 2013, annoncé qu'il refusait de signer l'accord d'association avec l'Union européenne, à la suite des pressions de la Russie.  C'est pourquoi les Ukrainiens sont sortis de nouveau dans la rue : des milliers de personnes protestèrent contre la volte-face des autorités et occupèrent la place de l'Indépendance, où ils ont érigé des barricades et affronté à plusieurs reprises les forces de l'ordre. Ils demandèrent au président de tenir son engagement.

Beaucoup de russophones de l'est du pays, plus proches de la Russie, géographiquement, culturellement et linguistiquement, craignaient les représailles russes en cas de signature d'un accord avec l'Union européenne. En effet, le président russe, Vladimir Poutine, menaçait de suspendre les livraisons de gaz naturel vers l'Ukraine et de diminuer l'importation de produits ukrainiens.  Les manifestants exigèrent le départ du président ukrainien et menacèrent de prendre d'assaut le palais présidentiel.

Pour finir, le président Ianoukovitch fut destitué par le Parlement de Kiev, le 22 février 2014, après une dernière flambée de violence qui a fait plus de 80 morts. À partir du 25 février, la Crimée fut le théâtre de nombreuses manifestations entre prorévolutionnaires et prorusses, depuis le 25 février, faisant officiellement deux morts et 35 blessés. Le Parlement local, ainsi que les aéroports de Sébastopol et de Simferopol furent aussitôt occupés par des hommes armés qui se revendiquèrent de groupes d'autodéfense de la population russophone. Un gouvernement prorusse, non reconnu, fut installé en Crimée. Le président russe, Vladimir Poutine, affirmait, de son côté, que l'intervention russe en Crimée était nécessaire à des fins humanitaires — comprendre qu'il fallait protéger les russophones —, alors que l'Ukraine et d'autres pays soutenaient, pour leur part, que cette intervention constituait une violation de la souveraineté de l'Ukraine. Le 23 février 2014, le Parlement ukrainien, alors à majorité pro-Ukraine, a abrogé la Loi ukrainienne sur la politique linguistique de l'État (2012), laquelle prévoyait l'extension de l'emploi des langues des minorités nationales, y compris le russe. La seule langue officielle serait désormais l'ukrainien, ce qui allait provoquer tous les russophones du pays. Les planificateurs de la nouvelle législation sur la langue ukrainienne envisagèrent même d'abandonner l'alphabet cyrillique.

3.6 Le référendum du 16 mars 2014

En dix jours seulement, le Parlement de Crimée vota l'organisation d'un référendum pour le rattachement de l'ensemble de la péninsule, dont Sébastopol, à la Russie, référendum qui s'est tenu le 16 mars 2014. Auparavant, soit le 11 mars, le Parlement criméen avait proclamé l'indépendance de la péninsule par rapport à l'Ukraine. Malgré ces événements, le gouvernement ukrainien n'a pas envoyé de troupes en Crimée, officiellement par crainte de dégarnir les frontières orientales de l'Ukraine, alors que la Russie avait déployé en Crimée plus de 30 000 soldats lourdement armés. Peu importe ce que disaient les autorités ukrainiennes, elles ne pouvaient guère opposer une réelle résistance aux troupes russes.   

Lors du référendum de Crimée, la question posée le 16 mars était la suivante, à la fois en russe, en ukrainien et en tatar :

«Cochez la case correspondant à la variante pour laquelle vous votez :

1. Êtes-vous favorable à la réunification de la Crimée avec la Russie dans les droits de la fédération de Russie ?
2. Êtes-vous favorable au rétablissement de la Constitution de la république de Crimée de 1992 et pour le statut de la Crimée dans le cadre de l'Ukraine ?»

Le bulletin de vote se présentait avec des cases à cocher, mais si les deux cases étaient cochées, le bulletin devait être considéré comme nul. Selon l'interprétation des membres du Parlement de Crimée, Sébastopol était aussi comprise dans le référendum. Les organisateurs de la consultation ont fait imprimer 2,7 millions de bulletins de vote, alors que la population atteint à peine 1,9 million d'individus, incluant les enfants. Près d'un million de votes pouvaient donc être utilisés par des électeurs de l’extérieur de la Crimée.

- Un référendum truqué

En réalité, le référendum était truqué, car il ne concernait que les russophones de Crimée, alors qu'il aurait fallu demander à tous les Ukrainiens, russophones comme ukrainophones et tatarophones, de se prononcer s'ils voulaient que la Crimée reste ukrainienne ou non. Seuls tous les Ukrainiens et non une partie d'eux-mêmes auraient dû disposer de la Crimée, surtout pas Vladimir Poutine et ses agents sur place. En somme, on a demandé aux seuls indépendantistes prorusses de se prononcer sur le sort de la Crimée. 

De plus, les options soumises aux électeurs ne prévoyaient pas le maintien éventuel du statu quo, résultat d’un important engagement international antérieur. Elles ne donnaient le choix qu’entre un «rattachement» de la péninsule de Crimée à la Russie et le retour à la Constitution de 1992, garantissant une plus grande autonomie au sein de l’Ukraine. Aucun média ukrainien n’était autorisé au sein de la République autonome ; les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont été systématiquement stoppés à l’entrée du territoire, et les journalistes ont été victimes de nombreuses tentatives d’intimidation.

- Un résultat à la soviétique

L'issue du référendum qui s'est déroulé sur fond de crise et sous occupation militaire ne faisait aucun doute. Les troupes russes et les milices prorusses sont restées déployées sur le terrain, bien visiblement. Les pays occidentaux, dont l'Union européenne et les États-Unis, considéraient que ce référendum était illégal et revenait à une annexion pure et simple par Moscou. Le drapeau russe flottait déjà sur l'édifice du parlement de la Crimée le jour du référendum. Dans les villes, d’immenses panneaux référendaires vantaient l’unique option pro-Moscou. Rien pour les pro-Kiev, puisque la campagne référendaire ne portait véritablement que sur une seule option.

Au soir du 16 mars 2014, dès la fermeture des bureaux de vote, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Simferopol et de Sébastopol en agitant des drapeaux russes pour fêter la victoire des prorusses. Quelques heures plus tard, on apprenait que plus de 95 % des électeurs avaient choisi de se rattacher à la Russie et de couper les liens avec l'Ukraine, avec un taux «officiel» de participation de 80 %.

Ce résultat à la soviétique n'était guère surprenant, sauf au point de vue logique. En effet, comment 58,3% de Russes pouvaient-ils avoir le dessus sur les 24,3% d'Ukrainiens et les 12,1% de Tatars ? La majorité russophone de 58 % n’est pas suffisante pour justifier les 95 % de OUI. Il n'était pas possible que les Ukrainiens et les Tatars aient voté à 95 % pour leur rattachement à la Russie, eux qui sont restés profondément attachés à l'Ukraine. Même si les opposants au rattachement à la Russie avaient tous boycotté le référendum, le résultat n'aurait pu être aussi élevé. Bref, un tel vote unanime, dont seule l'Union soviétique avait le secret, demeure pour le moins mystérieux, à moins qu'il ne soit truqué. Ce fut effectivement le cas, car la participation réelle au référendum aurait été de seulement 34 %, et non de 80 %.

Le Parlement criméen a déclaré que tous les avoirs de l'État ukrainien en Crimée devenaient la propriété de la République criméenne. Les parlementaires ont aussi demandé à l'ONU et aux autres nations de reconnaître leur indépendance et ont adopté le rouble russe comme monnaie nationale. Immédiatement, des réformes ont été menées concernant la monnaie, les taxes, l'enregistrement des personnes morales, les services publics et militaires, l'éducation et bien d'autres sujets. Bien entendu, une transformation aussi importante nécessite des coûts et des délais financiers importants. Par exemple, la monnaie ukrainienne, la hryvnia, put être utilisée en Crimée jusqu'en 2016.

- L'impuissance de Kiev

À Kiev, les autorités ukrainiennes ont juré qu'elles ne céderaient pas la Crimée. Mais comment l'Ukraine pourrait-elle s'opposer aux imposantes forces militaires russes, en sachant que les Occidentaux ne bougeraient pas le petit doigt ? Comme il fallait s'y attendre, les États-Unis, comme la plupart des pays européens, ont annoncé qu'ils ne reconnaîtraient pas les résultats d’un référendum qu'ils considèrent comme illégal et illégitime, non seulement au regard du droit international, mais également du droit national ukrainien.

Néanmoins, le référendum truqué a consacré une diplomatie «par la force», qui écorchait sûrement l'ordre international établi après la Seconde Guerre mondiale et risquait de provoquer une situation de blocage diplomatique importante dans un futur proche, surtout entre les États-Unis et la Russie. Puis, le 18 mars 2014, le président russe, Vladimir Poutine, signa le décret rattachant la Crimée à la Russie. L'Union européenne craignait que cette expansion russe en Crimée puisse s'étendre en Moldavie où les Russes de Transnistrie pourraient organiser, eux aussi, un référendum pour se rattacher à la Russie, ce qui contribuerait à redessiner la carte de l'Europe. Mais pour ce qui est de la Crimée, la crise était terminée avec son annexion par la Russie, sans qu'il puisse y avoir une marche arrière. Malgré les protestations des Occidentaux et les actes de «punition» à l'égard de la Russie, la réalité ne changera pas, car il est difficile de sanctionner une grande puissance. Le président Poutine le savait pertinemment. 

4 La Crimée russe de 2014

Dans les faits, le fragile gouvernement ukrainien a dû accepter l'annexion de la Crimée. Officiellement, dans son discours du 18 mars 2014, le président russe déclarait que l'annexion avait pour but de réparer une «injustice historique scandaleuse» : la décision de transférer ce territoire «historiquement russe» à l’Ukraine en 1954 aurait été «prise en violation flagrante des normes constitutionnelles qui étaient en vigueur à l’époque». D'après le président Poutine, la Russie se devait de défendre les populations russes et russophones là où elles étaient menacées de répression. Selon lui, l’appel à l’aide des habitants de la péninsule ne pouvait rester sans réponse : «Nous ne pouvions pas abandonner la Crimée et ses habitants en détresse. Cela aurait été une trahison de notre part.» Ces arguments ne peuvent, à eux seuls, permettre de comprendre les raisons du coup de force en Crimée.

Le 18 mars 2014, le président russe Vladimir Poutine, prononça à Moscou un discours sur l’intégration de la Crimée à la Fédération de Russie, dont voici un extrait :

La Crimée est un mélange unique de cultures et de traditions de différents peuples. Elle est en cela similaire à la Russie dans son ensemble, où pas un seul groupe ethnique n’a été perdu au cours des siècles. Russes et Ukrainiens, Tatars de Crimée et personnes d’autres groupes ethniques ont vécu côte à côte en Crimée, en conservant leurs propres identités, leurs traditions, leurs langues et leurs confessions.

Il faut noter que la population totale de la péninsule de Crimée est aujourd’hui de 2,2 millions de personnes, dont près de 1,5 million sont Russes, 350 000 sont des Ukrainiens qui considèrent majoritairement le russe comme leur langue maternelle, et environ 290 000-300 000 sont des Tatars de Crimée, qui, comme le référendum l’a montré, sont eux aussi favorables à un rapprochement avec la Russie.

Certes, il fut un temps où les Tatars de Crimée étaient traités injustement, tout comme un certain nombre d’autres peuples de l’URSS. Il n’y a qu’une seule chose que je puis dire ici : des millions de personnes de différentes ethnies ont souffert durant ces répressions, et principalement des Russes.

Les Tatars de Crimée retournèrent dans leur patrie. J’estime qu’il est de notre devoir de prendre toutes les décisions politiques et législatives nécessaires afin de finaliser la réhabilitation des Tatars de Crimée, de les restaurer dans leurs droits et de rétablir pleinement leur renom. (Applaudissements)

Nous avons énormément de respect pour les membres de tous les groupes ethniques vivant en Crimée. C’est leur foyer commun, leur patrie, et il serait juste – je sais que la population locale y est favorable – que la Crimée ait trois langues nationales sur un même pied d’égalité : le russe, l’ukrainien et le tatar. (Applaudissements)
_________________

Mis en ligne sur Cairn.info le 22 décembre 2014 : https://doi.org/10.3917/oute1.041.0278.

Ces paroles devaient donner l'orientation de la politique linguistique de la république de Crimée en tant qu'État légal et démocratique, du moins en principe, au sein de la Fédération de Russie. Les relations entre la République de Crimée et la Fédération de Russie sont dorénavant régies par un accord.

Le président de la Russie a annexé la Crimée, car il craignait que le rapport de force avec les pays dits «occidentaux» ne soit pas à long terme en sa faveur. Puis il s'est hâté de sécuriser le territoire. Pour la Russie, la Crimée présente un intérêt stratégique, car sa situation au plan militaire lui permet de jouer un rôle majeur en mer Noire. En annexant cette partie de l’Ukraine, la Russie n’est plus contrainte de payer au gouvernement ukrainien la location de la base de Sébastopol, ce qui entraîne des économies substantielles. Rappelons que la Russie n’était que locataire des sites où était stationnée sa marine sur le littoral de Crimée. La Russie dispose désormais de l’intégralité de la base navale de Sébastopol et de l’ensemble des autres ports et infrastructures militaires terrestres et maritimes de la péninsule, dont Evpatoria, Yalta, Féodossia et Kertch. De plus, le rattachement de la Crimée à la Russie devrait aussi permettre à Moscou de mettre la main sur les réserves de pétrole et de gaz du plateau continental de la mer Noire et de la mer d’Azov.

Cet événement aura appris au monde qu'une grande puissance perd rarement un affrontement avec un petit pays. Ainsi, rappelons que les États-Unis et la Grande-Bretagne avaient envahi illégalement l’Irak et provoqué la mort de quelque 200 000 personnes, et ce, sans encourir la moindre sanction. Il en est ainsi avec la Crimée et l'Ukraine. La Russie gagne sur tous les plans, sans que personne ne puisse intervenir. Qui voudrait affronter la Russie?

Le 18 mai 2018, le président russe, Vladimir Poutine, inaugurait le pont du détroit de Kertch, un pont de 19 km de long traversant le détroit de Kertch, entre la péninsule de Kertch en Crimée, à l'ouest, et la péninsule de Taman dans le kraï de Krasnodar en Russie, à l'est. Sans surprise, les États-Unis ont condamné cet édifice, considéré comme une tentative de Moscou de «consolider l’annexion illégale» de ce territoire «qui fait partie de l’Ukraine». Ce pont de trois milliards de dollars a pour but de rendre irréversible l'annexion à la Russie et le symbole du rattachement de facto du territoire ukrainien à la Russie. Un autre objectif est de désenclaver le territoire annexé, car il ne saurait être question d'approvisionner la péninsule depuis l'Ukraine comme c'était le cas auparavant. Enfin, Poutine voulait ouvrir la Crimée aux touristes russes qui pourront s'y rendre encore plus nombreux et avec leurs véhicules. Le tourisme étant considéré par les autorités russes comme l'un des axes de développement de la péninsule.

L'histoire de l'Ukraine semble être à un tournant historique, mais pour la Crimée, c'est déjà fait. Il était prévisible que des vagues d'immigration de la part des ukrainophones criméens se déplacent vers l'ouest de l'Ukraine, alimentant ainsi les sentiments antirusses chez les Ukrainiens de l'Ouest. En même temps, une nouvelle population russe allait s'installer sur la presqu’île de Crimée.

Effectivement, les autorités russes cherchent à remplacer la population ukrainienne et tatare par des Russes de la fédération de Russie. Au cours des dernières années, des centaines de milliers de Russes se sont installés dans la péninsule et des dizaines de milliers de Tatars de Crimée ont été forcés de partir. Entre 50 000 à 60 000 personnes ont quitté la Crimée et la moitié d'entre elles sont des Tatars de Crimée. Au moins 800 000 Russes de Russie les ont remplacés. Cinq ans après l’annexion de la péninsule, de nombreux habitants de Crimée se disent déçus de la Russie, mais il est difficile et gênant d’admettre publiquement ce genre d'erreurs.

4 La politique linguistique

En Crimée, la rupture des liens avec l’Ukraine a provoqué une détérioration de la situation économique régionale et de nombreuses difficultés quotidiennes pour la population. Au plan politique, l’intégration à la Russie a entraîné un certain nombre de restrictions, dont une augmentation des pressions exercées à l’encontre de la minorité tatare. La Crimée a notamment perdu le statut d’autonomie dont elle jouissait lorsqu’elle faisait partie intégrante de l’Ukraine. Ce statut lui avait été accordé en 1991 et la répartition des pouvoirs entre Kiev et Simféropol avait été entérinée par la Constitution de la République autonome de Crimée adoptée en 1998.

Le 11 avril 2014, la Russie a imposé une nouvelle constitution à la Crimée, devenue désormais la 22e république de la Fédération de Russie. Selon le nouveau texte, le gouverneur de la Crimée sera dorénavant élu pour cinq ans par le Parlement régional parmi les candidats proposés par le président de la Fédération de Russie. Dorénavant, c’est celui-ci qui dispose du
droit de mettre fin aux fonctions du gouverneur de la péninsule. Cela signifie un contrôle direct de l’administration de la région par le président russe. On notera par ailleurs que la nouvelle Constitution prévoit une diminution du nombre total de députés : ils ne sont plus que 75 à pouvoir siéger au Parlement de Crimée.

Suite au rattachement de la Crimée à la Russie, c’est désormais la législation russe qui est appliquée dans la péninsule. Les habitants de la région doivent donc faire face à de nombreuses restrictions, notamment en matière de droits à la liberté d’expression, d’association et de rassemblement. De nombreux médias (journaux, sites Internet, etc.) ont été contraints de cesser leurs activités. Les journalistes perçus ou identifiés comme «pro-ukrainiens» ne sont plus autorisés à assister aux événements officiels organisés par les autorités de la Crimée. Depuis l'annexion de la péninsule à la Russie, les membres de la minorité tatare sont de plus en plus souvent pris pour cible.

Le territoire de la République de Crimée fait partie intégrante du territoire de la Fédération de Russie. Le plus haut fonctionnaire de la Crimée est le chef de la république, qui doit être élu par les députés du Conseil d'État pour un mandat de cinq ans. Le chef de la République ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. En vertu de la Constitution, le Conseil d'État de la Crimée est habilité à promulguer les lois qui seront en vigueur sur le territoire de la République. Le Conseil d'État reçoit également le droit d'initiative législative à la Douma d'État de la Fédération de Russie.

4.1 Les langues officielles

Comme l'avait proposé Vladimir Poutine, la Constitution russo-criméenne de 2014 déclare à l'article 10 que «les langues officielles de la république de Crimée sont le russe, l'ukrainien et le tatar de Crimée»:
 

Article 10

1)
Les langues officielles de la république de Crimée sont le russe, l'ukrainien et le tatar de Crimée.

2) Le statut des langues officielles de la république de Crimée est défini par la législation de la Fédération de Russie et par la législation de la république de Crimée.

3) En république de Crimée, le principe de la diversité des cultures est reconnu, le développement égal et l'enrichissement mutuel de celles-ci sont garantis.

Par voie de conséquence, l'article 3 de la Loi sur les langues (2017) reconnaît que «les langues officielles de la république de Crimée sont le russe, l'ukrainien et le tatar de Crimée»:
 

Article 3

Statut juridique des langues

1)
Les langues officielles de la république de Crimée sont le russe, l'ukrainien et le tatar de Crimée.

2) La langue russe est la langue qui doit favoriser la compréhension mutuelle, le renforcement des liens interethniques des peuples de la fédération de Russie résidant sur le territoire de la république de Crimée.

Les langues officielles de la république de Crimée et d’autres langues dans la république de Crimée peuvent bénéficier du soutien de l’État.

3) Les alphabets des langues officielles de la république de Crimée doivent être fondés sur une base graphique cyrillique. D'autres bases graphiques d'alphabets des langues officielles de la république de Crimée peuvent être établies par les lois fédérales.

Cependant, les trois langues ne sont pas officielles au même degré.

Au lendemain de l’annexion de la Crimée, les autorités russes ainsi que celles de la péninsule ont dans un premier temps cherché à obtenir le soutien des dirigeants et membres de la communauté tatare. C’est dans ce but que V. Poutine a affirmé, lors de son discours du 18 mars, que la Russie prendrait toutes les décisions politiques et législatives nécessaires pour
assurer le respect des droits des Tatars de Crimée. C’est également à cette fin que la langue tatare a été élevée au rang de langue officielle dans la nouvelle Constitution de la péninsule et que V. Poutine a signé, le 21 avril, un décret sur la réhabilitation des Tatars de Crimée suite aux répressions que ce peuple a subies durant la période stalinienne (37). Toutefois, les
« gestes » et les discours officiels de la Russie n’ont pas suffi à convaincre les Tatars de Crimée. Certes, les membres du parti Milli Firka – créé en 2006 en opposition à la politique des principaux leaders tatars, Moustafa Djemilev et Refat Tchoubarov), ont décidé de coopérer avec les autorités de Moscou et de Simféropol (38). Néanmoins, la majeure partie des membres de la minorité tatare reste farouchement opposée au rattachement de la péninsule à la Russie. Présidé par R. Tchoubarov, le Mejlis, l’organe représentatif de la communauté tatare, a, depuis le début de la crise ukrainienne, soutenu les manifestants de la place Maïdan et le nouveau pouvoir en place à Kiev. Il a également appelé au boycott du référendum
du 16 mars, ainsi qu’à celui des élections régionales du 14 septembre 2014.

 

 

 


 

Quel avenir pour la minorité tatare ?
 

Les traditionnels représentants tatars affichant ouvertement leur refus de collaborer avec les nouvelles autorités régionales, Moscou et Simféropol ont rapidement changé de politique et d’attitude. C’est la répression qui est désormais privilégiée. En avril 2014, M. Djemilev a été interdit d’accès en Crimée pour une période de cinq ans. Accusé d’avoir tenu des propos « extrémistes », R. Tchoubarov a subi le même sort trois mois plus tard (39). En mai, les autorités de Simféropol ont décidé d’interdire toutes manifestations et autres rassemblements de masse pendant un mois, empêchant ainsi la minorité tatare d’organiser les cérémonies de commémoration du 70e anniversaire de la déportation de leurs ancêtres.

En septembre, les pressions se sont accentuées : agressions de militants tatars, fermeture de bibliothèques, interdiction à la vente des ouvrages de M. Djemilev. En outre, en septembre, les maisons et appartements de plusieurs représentants tatars ont été perquisitionnés, tout comme le siège  du Mejlis à Simféropol. Les propos tenus par Sergueï Aksionov, gouverneur
de Crimée, amènent à penser que les répressions ne diminueront pas dans les mois à venir : « Toutes les actions qui iront dans le sens d’une non-reconnaissance du rattachement de la Crimée à la Russie, d’une non�reconnaissance des autorités du pays, feront l’objet de poursuites judiciaires » a-t-il déclaré dans un entretien à l’hebdomadaire russe Kommersant Vlast’
le 22 septembre. Selon les rapports du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme ainsi que ceux d’Amnesty international ou de Human Rights Watch, le harcèlement et les mesures d’intimidation ne concernent pas uniquement les responsables politiques tatars. C’est l’ensemble des membres de la communauté tatare qui est régulièrement
victime de persécutions (40).

Répressions ethniques, difficultés économiques, restrictions politiques… Les habitants de Crimée pourraient-ils être de plus en plus nombreux à regretter le rattachement de la péninsule à la Russie ? C’est ce que pense l’ancien président ukrainien Leonid Kravtchouk : il est convaincu que c’est « la Crimée [qui] demandera prochainement à être réintégrée à l’Ukraine » (41). De son côté, l’actuel président, Petro Porochenko, affirme ne pouvoir se  résigner à l’amputation d’une partie du territoire national : le 7 juin 2014, lors de son investiture, il a déclaré qu’il ne renoncerait jamais à la Crimée, « qui était, est et sera une terre ukrainienne ». Une position qu’il a réaffirmée lors de son discours devant le Congrès américain le 18 septembre : à ses
yeux, il faudra de « nombreuses années » pour résoudre le problème de la Crimée. Pour l’heure, P. Porochenko exclut toute « solution militaire ».  C’est par des moyens politiques que l’Ukraine entend libérer la péninsule. A l’été 2014, plusieurs organes ont été créés au sein du gouvernement et  de l’administration présidentielle afin d’élaborer une stratégie visant à la
réintégration de la Crimée au sein de l’Ukraine. Une perspective qui semble soutenue par une majorité de la population : si on en croit une enquête menée  en septembre 2014, 55% des personnes interrogées estiment que les autorités doivent prendre toutes les mesures nécessaires afin que la Crimée fasse de nouveau partie de l’Ukraine (42)

En d'autres termes, la tâche principale de l'État est d'assurer l'enseignement de la langue russe dans tout le pays, ainsi que l'étude de la langue russe par les nouveaux résidents afin que les citoyens puissent comprendre les textes des lois et des ordres militaires dans l'armée. Espace culturel et d'information russophone. C'est seulement après cela, ou avec lui et dans la mesure de ses capacités financières, que l'État peut soutenir les efforts des communautés culturellement distinctives, visant à préserver et développer leurs propres langues, différentes de l'État. Dans la plupart des pays du monde, cette préoccupation incombe entièrement aux représentants des groupes ethniques ou linguistiques eux-mêmes. Cela se fait souvent par l'intermédiaire des autorités régionales ou locales des territoires de la résidence principale d'un groupe particulier.

Je formulerais les priorités de la politique linguistique aux trois niveaux de gouvernement comme suit.

Les tâches du gouvernement fédéral sont: a) assurer le fonctionnement de la langue officielle comme facteur de l'existence de la communauté civile, de son intégrité nationale et de sa sécurité; b) soutenir la diversité linguistique en tant qu'élément de la politique culturelle et garantir les droits civils;

a) assurer le fonctionnement de la langue officielle en tant que facteur de l'existence de la communauté civile, de son intégrité nationale et de sa sécurité et b) assurer le fonctionnement de la langue nationale «seconde» ou «locale» en tant que facteur de l'intégrité ethnoculturelle; diversité culturelle

les tâches des autorités locales: a) soutenir la diversité linguistique provenant des communautés locales ou de la population «de base» et b) créer les conditions pour la mise en œuvre de la politique de l'État dans le domaine de la langue.

Toutes ces fonctions du pouvoir d'Etat peuvent être exercées à condition qu'il y ait une compréhension plus ou moins précise de la situation linguistique. Les données les plus complètes et les plus récentes peuvent être obtenues au moment du recensement, mais parfois la situation est mesurée «par vie» et non par le recensement, car le recensement ne donne pas de données sur la pratique linguistique en raison de la mauvaise formulation des questions. Dans les recensements soviétiques, c'était le cas des langues non russes, appelées «natives» ou «nationales». La question "Votre langue maternelle?" interrogé sur le sentiment, c'est-à-dire sur la soi-disant «conscience de soi linguistique» - quelle langue une personne considère comme la sienne. La catégorie floue de «langue maternelle» qui a été interprétée différemment a acquis une signification très précise. Les postulats formulés par lui étaient et restent assez simples, quoique profondément insolvables:

A) Une personne doit nécessairement avoir une langue maternelle, et donc une seule.

B) La norme absolue est la coïncidence de la langue et de la nationalité (l'explication même pour les scribes: "peut ne pas coïncider avec la nationalité" en dit déjà long).

C) Le manque de langue maternelle ou l'écart entre la langue maternelle et la nationalité témoignent du processus d'assimilation et constituent une déviation de la norme.

Les réponses à la question de la langue maternelle ont créé une image fantastique qui a été publiée sous la forme de tableaux «Langue maternelle des nationalités russes», interprétées sans équivoque par les praticiens mais aussi par les scientifiques comme une image réelle des processus linguistiques ou «bilinguisme national-russe en URSS» ". Sur ce sujet, soutenu des dissertations doctorales et publié de nombreux ouvrages, dont les auteurs ne reconnaissent toujours pas la futilité de leurs nombreuses années d'efforts. Formé par la propagande et les conseils de copistes, un homme soviétique appelait avec persistance et sûrement la langue de sang de sa mère (ukrainien, tatare, arménien, etc.), même s'il ne connaissait pas cette langue et encore plus ne la parlait pas. Par exemple, un Arménien de Rostov ou de Moscou, ou un Ukrainien d'Extrême-Orient, ou un représentant d'un petit peuple du Nord qui a grandi dans un pensionnat et qui ne connaissait pas les langues arménienne, ukrainienne ou tchouktche, pouvait parler la langue russe. De ces cas, et a formé un petit "écart" dans 5,4% de la population de l'URSS, qui en 1989 appelait leur langue maternelle n'est pas leur nationalité. Et puisqu'il n'y avait pas d'autre question de compétence linguistique (à l'exception de la possession de langues non-russes) dans le recensement, c'était une falsification exceptionnelle, plus précisément, une rupture avec la réalité linguistique. Le pays parlait russe, seulement environ 20 millions de personnes, principalement dans les villages d'Asie centrale, ne le possédaient pas "librement". Si l'on considère la langue maternelle que l'interviewé connaît le mieux (et explique le sens de l'expression «langue maternelle» dans le Dictionnaire d'Ozhegov, la même interprétation est acceptée dans le monde), alors 70% de la population non russe appelait le russe. Si les données du recensement indiquaient que dans des États autodéterminés tels que la Biélorussie, l'Ukraine, la Lettonie, le Kazakhstan et le Kirghizistan pour la majorité de la population, le russe est la langue maternelle (fondamentale et même la première apprise), alors non seulement il serait impossible de priver cette langue du statut approprié dans le cadre du bilinguisme officiel, mais l'effondrement de l'URSS elle-même serait plus problématique.
 

La politique linguistique a toujours été décidée d'abord par la majorité russophone de la République autonome de Crimée et ensuite seulement par les Ukrainiens qui gouvernaient le pays. Avec la déclaration d'indépendance de mars 2014, ce sont les russophones qui font la pluie et le beau temps. Pour l'instant, c'est encore une politique de bilinguisme russo-ukrainien déséquilibré à l'avantage du russe. Les Tatars réclament le statut de «peuple autochtone». En conséquence, ils désirent que leur langue soit reconnue au même titre que l’ukrainien et le russe. Les représentants tatars disent s’appuyer sur les paragraphes 3 et 4 de l’article 10 de la Constitution ukrainienne, qui énonçaient les dispositions suivantes:

Article 10

3) En Ukraine, le libre développement, l’usage et la protection du russe et des autres langues des minorités nationales de l’Ukraine sont garantis.

4) L’usage des langues en Ukraine est garanti par la Constitution de l’Ukraine et est fixé par la loi.

Mais les Russes estiment que cette demande est tout simplement irréaliste, et ils contrôlent massivement le pouvoir local. Pour sa part, le gouvernement ukrainien affirme que la Loi sur les minorités nationales en Ukraine (1992) accorde la possibilité d’utiliser la langue d’une minorité là elle forme la majorité réelle de population. En Crimée, l’éparpillement des Tatars sur le territoire rend difficile l’application d'une telle loi, sauf dans quelques petits villages où ils forment une majorité.

4.1 Les langues du Parlement criméen

 

Lois sur les langues (2017).

Article 10

Langue de la publication des lois et des autres actes juridiques normatifs de la république de Crimée

1) Les lois de la république de Crimée doivent être publiées dans les langues officielles de la république de Crimée.

D'autres actes juridiques normatifs de la république de Crimée adoptée par le chef de la république de Crimée, le Conseil d’État de la république de Crimée, le Conseil des ministres de la république de Crimée, ainsi que les publications officielles dans la langue officielle de la fédération de Russie peuvent être publiés officiellement dans les langues ukrainienne et tatare de Crimée dans le cas d'une décision des autorités qui ont adopté un tel acte.

2) Les actes juridiques normatifs des autorités publiques de la république de Crimée, les actes juridiques réglementaires des organismes municipaux d'autonomie locale, ainsi que les publications publiques dans la langue officielle de la fédération de Russie peuvent être publiées en ukrainien et en tatar de Crimée dans le cas d'une décision de l'organisme qui a adopté un tel acte.

Jusqu’en 1998, les Tatars ont été pratiquement absents de toute représentation au Parlement autonome de la Crimée. Étant donné que les élections se font au scrutin majoritaire et que les Tatars constituent une minorité de 10 % dispersée sur l’ensemble du territoire, ils n’avaient pu faire élire de candidat au Parlement. Les Tatars les plus radicaux réclamèrent le rétablissement des droits qu’ils avaient avant la déportation, soit un quota de 30 % et le statut de langue co-officielle en Crimée. En 1998, ils ont obtenu, sur la base d’un quota de sièges, un contingent de 14 sièges sur un total de 96, mais leur langue n’est toujours pas reconnue comme officielle. Les lois sont rédigées en russe, puis traduite en ukrainien, mais promulguées dans ces deux langues. Au Parlement ukrainien, la Verkhovna Rada, les Tatars sont représentés par deux parlementaires. Ainsi, seuls l'ukrainien et le russe sont admis au Parlement. 

Постановление Государственного Совета Республики Крым
24 декабря 2014 года № 376-1/14

Статья 5

1) Языком работы и делопроизводства Государственного Совета является русский язык.

2) Проекты законов Республики Крым, постановлений Государственного Совета и иных актов Государственного Совета и его Президиума вносятся на русском языке как языке работы и делопроизводства Государственного Совета.

3) Официальное опубликование законов Республики Крым осуществляется в соответствии с законодательством Республики Крым. Постановления Государственного Совета и его Президиума публикуются в официальном периодическом печатном издании Государственного Совета – журнале "Ведомости Государственного Совета Республики Крым" на государственных языках Республики Крым.

Règlement du Conseil d'État de la république de Crimée
24 décembre 2014 № 376-1/14

Article 5

1) La langue de travail et de l'administration du Conseil d'État est le russe.

2) Les projets de loi de la république de Crimée, les résolutions du Conseil d'État et tout autre acte du Conseil d'État et de son présidium sont présentés en russe en tant que langue de travail et de l'administration du Conseil d'État.

3) La publication officielle des lois de la République de Crimée est effectuée conformément à la législation de la république de Crimée. Les résolutions du Conseil d'État et de son présidium sont publiées dans les périodiques officiels du Conseil d'État - le journal Vedomosti du Conseil d'État de la république de Crimée, dans les langues officielles de la République de Crimée.

4.2 Les langues de la justice

Lois sur les langues (2017).

Lois sur les langues (2017).

Article 13

Langue de la procédure judiciaire et de la tenue des dossiers devant les tribunaux, du travail de bureau dans l'application de la loi et des bureaux de notaire

La procédure et la tenue des dossiers dans les tribunaux, le travail de bureau dans documents d’application de la loi dans l'application de la loi et des bureaux de notaire doivent être effectués en conformité avec la législation fédérale.

 

 

4.3 Les langues de l'Administration

Au sein de l’Administration de la république autonome, c’est le russe qui domine partout, bien que l’ukrainien soit en principe obligatoire. Les Tatars demeurent pratiquement absents des postes de responsabilité (environ 1 %) dans les divers organismes administratifs et des services de santé; seulement 0,1 % des Tatars occupent des postes dans la police et les services de sécurité. Le russe demeure dans les faits la seule des deux langues officielles employée par le gouvernement local.

Lois sur les langues (2017).

Article 12

Emploi des langues de travail dans les organismes des autorités de la république de Crimée, des organismes d'autonomie locale et des établissements municipales, des institutions et des organismes de la république de Crimée

1) Dans le travail des autorités publiques de la république de Crimée, les organismes d'autonomie locale et des établissements municipaux, des institutions et des organismes dans la république de Crimée doivent utiliser les langues officielles de la république de Crimée.

2) Les citoyens de la fédération de Russie, qui ne parlent pas les langues officielles de la république de Crimée, ont le droit de prendre la parole lors d'une réunion ou d'une assemblée devant les autorités publiques de la république de Crimée, les organismes d'autonomie locale et des établissements municipaux, les institutions et les organismes dans la république de Crimée dans la langue qu’ils maîtrisent. Si c'est nécessaire, la traduction doit être fournie pour les paroles prononcées dans l’une des langues officielles de la république de Crimée.

3) Sur le territoire de la république de Crimée, les citoyens ont le droit de saisir les autorités publiques de la république de Crimée, les organismes d'autonomie locale, les entreprises publiques, les établissements municipaux et les organismes dans la république de Crimée au moyen de propositions, de demandes et de plaintes dans les langues officielles de la république de Crimée, dans leur langue maternelle ou dans toute autre langue des peuples de la fédération de Russie, qu'ils maîtrisent.

4) Les réponses aux propositions, demandes et plaintes des citoyens adressées aux autorités publiques de la république de Crimée, aux organismes d'autonomie locale, aux établissements municipaux, aux institutions et organismes dans la république de Crimée doivent être transmises dans la langue de la demande, sauf s’il est impossible de donner une réponse dans la même langue utilisée par la langue officielle de la fédération de Russie.
 

5) Sur le territoire de la république de Crimée, toute restriction en matière d'emploi par rapport aux citoyens qui ne maîtrisent pas les langues officielles de la république de Crimée est inacceptable, sauf lorsque leur connaissance est prescrite par la loi comme des exigences nécessaires de qualification pour occuper des postes pertinents.

6) Les chefs des autorités publiques de la république de Crimée et des autorités d'autonomie locale doivent créer des conditions pour que les employés maîtrisent les langues officielles de la république de Crimée selon les mesures nécessaires pour exercer leurs fonctions officielles.

 

 

Lois sur les langues (2017).

 

 

APEHД A = <à louer

Panneaux routiers

Les Russes ont installé 4000 nouveaux panneaux routiers. Les panneaux bilingues ukrainiens-anglais sont remplacés par des unilingues russes. Tous les panneaux en ukrainien devraient disparaître des routes de Crimée en un mois,

Lois sur les langues (2017).

Article 19

Procédure de détermination de la langue d'écriture d'un nom de lieux
géographiques et des inscriptions, des indications topographiques et des panneaux routiers, leur conception et leur installation

1) Dans la république de Crimée, l'inscription des noms de lieux géographiques et l'enregistrement des inscriptions, des panneaux de signalisation et d'autres panneaux doivent être faits, en plus de la langue officielle de la fédération de Russie, en ukrainien et en tatar de Crimée, et dans les cas nécessaires par décision des autorités locales, dans d'autres langues dans la république de Crimée dans les zones de résidence compactes.

2) Les organismes exécutifs des autorités publiques de la république de Crimée doivent prévoir l'écriture des noms de lieux géographiques, la conception et le maintien des inscriptions, des routes et d'autres panneaux et assumer la responsabilité de leur enregistrement et de leur entretien , le cas échéant, conformément à la législation fédérale, à la législation de la république de Crimée et aux règles internationales.

 

 

Les autorités de Crimée ont commencé à remplacer les panneaux de signalisation conformément aux normes russes. Le président du Conseil suprême de la République autonome de Crimée, Vladimir Konstantinov, a déclaré que des panneaux de signalisation en langue tatare de Crimée ne seront installés que dans les districts dont la population est constituée de Tatars de Crimée.

Le premier pointeur en langue ukrainienne a cessé d'exister sur l'autoroute Simferopol-Theodosius. Le président du Conseil d'Etat de la République, Vladimir Konstantinov, assistait au démantèlement. Le panneau de signalisation en ukrainien a été remplacé par «russophone». Il a été noté que, à la demande des communautés des lieux de résidence compacte des minorités nationales, les inscriptions sur les panneaux de signalisation pouvaient être traduites dans leur langue maternelle.

Le 21 novembre, en Crimée, sur l'autoroute Simferopol-Feodosiya, une cérémonie solennelle a eu lieu pour remplacer le panneau routier avec l'inscription en ukrainien «russophone» . Cela est rapporté sur le site web du Conseil d'État de la République de Crimée. Le Président du Conseil d’État de Crimée, Vladimir Konstantinov, était présent à la cérémonie et a souligné que cet événement revêt une importance historique, car pendant de nombreuses années, la majorité de la Crimée se souvenait de la présence de la Crimée en raison de la violation de leurs intérêts, en particulier sur le plan linguistique.

Le Président de Crimée a noté que, sur demande, dans les lieux de résidence des minorités nationales, les inscriptions sur les panneaux de signalisation peuvent être traduites dans leur langue maternelle, car il ne devrait y avoir aucune atteinte aux intérêts nationaux de quiconque dans la péninsule.

Rappelons qu'en République de Crimée, aucun parent ne souhaitait envoyer dans la classe un enfant de première année disposant de la langue ukrainienne d'enseignement. Il a également été signalé que les écoliers tartres de Crimée traduiraient des manuels dans leur langue maternelle. En République de Crimée, les langues russe, ukrainienne et tatare de Crimée seront prises en charge par les États.


Si nous parlons de la loi, la langue russe en Ukraine a beaucoup plus de droits que la langue ukrainienne en Crimée.

 

4.4 L'éducation

Avant l'annexion, Ukrstat était informé de plus de quatre cents écoles dont le russe était la langue d'enseignement et sept d'ukrainien. À présent sur la péninsule, il n’y a pas d’école où l’enseignement en ukrainien est complet.
L’enseignement et l’apprentissage du tatar de Crimée et de l’ukrainien se font dans des organisations éducatives sur la base de l’application des parents (…). Tout le monde a la possibilité d’étudier dans le tatar de Crimée ou l’ukrainien», explique Lubina.

La militante Emine Avamileva , activiste, a déclaré aux journalistes que des écoles tartres de Crimée se trouvaient dans la péninsule 16, mais qu'ils y enseignent à la fois en tatar de Crimée et en russe . Les classes nationales dans les écoles ordinaires des directeurs de Crimée s'ouvrent à contrecoeur.
 

En Ukraine, déclaré que les établissements d'enseignement locaux étaient passés de l'ukrainien au russe. À la veille d'un entretien avec l'agence de presse Donetsk, il a rappelé que le processus avait débuté en 2014. Ensuite, 50% des étudiants étudiaient en russe, en 2015 - 88%, et maintenant «ce chiffre a atteint 100%».

Loi sur l'éducation (2015)

 

Lois sur les langues (2017).

Article 9

Langues de l'éducation

1)
Les citoyens de la fédération de Russie résidant sur le territoire de la république de Crimée ont le droit de recevoir un enseignement préscolaire, primaire général, un enseignement général de base dans leur langue maternelle, y compris en russe, en ukrainien et en tatar de Crimée, ainsi que le droit d’étudier la langue maternelle en fonction des possibilités offertes par le système d'éducation, selon la procédure prévue par la législation fédérale et les lois de la république de Crimée en éducation. La mise en œuvre de ces droits est assurée par la mise en place du nombre requis des établissements d’enseignement, des classes et des groupes, ainsi que les conditions de leur fonctionnement.

2) La république de Crimée, conformément à la procédure prescrite par la législation fédérale et les lois de la république de Crimée en éducation prévoit la création d’un système d’organisations éducatives, d'autres formes de formation et d’éducation dans les langues nationales de la république de Crimée, de l'aide à l’organisation de la formation et de l’éducation dans les autres langues dans la république de Crimée, ainsi que dans les langues officielles de la république de Crimée et des autres langues de la république de Crimée.

Lois sur les langues (2017).

 

Lois sur les langues (2017).

 

Le texte ne mentionne pas que les autorités garantissent l'étude obligatoire du tatar ukrainien et du tatar de Crimée. Il convient de porter une attention particulière à la phrase "dans les limites". Sa présence dans le «projet de loi» nivelle complètement l'essence du document et écarte les fortes assurances des parlementaires de Crimée. Les responsables du «ministère» de l'éducation ouvrent une brèche qui leur permettra de ne développer que le russe sur la péninsule, au détriment de tout le reste. En matière d’éducation en ukrainien ou en tatar de Crimée, les directeurs d’école «n’auront pas l’opportunité» d’assurer un processus d’apprentissage à part entière. Il peut y avoir beaucoup de raisons: prétendument réticence des parents et des enfants, manque de spécialistes, de locaux - vous pouvez en dresser la liste pendant longtemps. Aux fins de cette expression, les «députés» de Crimée ont adopté le «projet de loi» indiqué. Mais les administrations des écoles de Crimée ont suffisamment de temps et d’énergie pour militariser la conscience des jeunes résidents.

 

En éducation, les Tatars disposent de sept écoles primaires et d’un institut pédagogique pour les enseignants tatars de Crimée. Il existe aussi quatre écoles pour les enfants de langue ukrainienne. Les élèves tatars doivent apprendre le russe, l’ukrainien et le tatar; ils apprennent aussi l'arabe coranique en raison de leur appartenance à l'islam. Dans toutes les autres écoles de Crimée, l’enseignement est dispensé uniquement en russe. Ajoutons également que l'appui à l'enseignement en «tatar de Crimée» ne fait pas l'unanimité au sein de la population tatare de Crimée, surtout en raison des inconvénients que cet enseignement constituerait pour les élèves qui poursuivent leurs études et recherchent des emplois mieux rémunérés. Rappelons que les parents ont le droit de demander la création d'une classe, dans une langue particulière, s'il est possible de rassembler au moins huit enfants. Enfin, l'État a permis une faculté en tatar de Crimée à l'Université nationale de Simferopol.

Langues d'enseignement dans les écoles secondaires de la République autonome de Crimée
(d'après les données de l'année universitaire 2012/2013 [26] )
Nom de l'
unité ATD
Total des
étudiants
Russe
langue

Langue ukrainienne
Crimée-
Tatar
langue

Langue anglaise
Russe

langue

%

Ukrainien

langue

%

Crimée

Tatar

langue

%

Anglais

langue

%

Mairie de Simferopol 35402 31141 3512 749 - - 87,96 9.92 2.12 - -
Conseil municipal d'Alushta 4182 3933 239 10 10 - - 94.05 5,71 0.24 - -
Conseil municipal arménien 2347 2056 291 - - - - 87,60 12.40 - - - -
Dzhankoy 4086 3796 280 280 10 10 - - 92.90 6,85 0,25 - -
Mairie d'Evpatoria 9683 8760 597 326 326 - - 90.47 6.17 3,36 - -
Ville de Kertch 9966 9541 425 - - - - 95.74 4,26 - - - -
Krasnoperekopsk ville 2829 2541 288 - - - - 89.82 10.18 - - - -
Ville de Saki 2708 2420 288 - - - - 89,36 10,64 - - - -
Mairie de Sudak 3174 2702 133 133 339 339 - - 85.13 4.19 10.68 - -
Mairie de Theodosia 8510 7954 445 445 111 - - 93,47 5.23 1,30 - -
Mairie de Yalta 10018 9594 424 - - - - 95,77 4,23 - - - -
Бахчисарайский район District de Bakhchisaray 8309 7455 227 227 627 - - 89,72 2,73 7,55 - -
District de Belogorsk 6205 5008 468 729 - - 80,71 7.54 11,75 - -
Джанкойский район District Dzhankoysky 6909 5599 891 419 - - 81.04 12.90 6.06 - -
District de Kirovsky 5409 4538 379 492 - - 83.90 7.01 9,09 - -
Красногвардейский район District de Krasnogvardeysky 7903 6815 821 267 - - 86.23 10.39 3,38 - -
Красноперекопский район District de Krasnoperekopsky 2630 2630 2274 350 6 6 - - 86.46 13.31 0,23 - -
Leninsky district 4997 4368 601 601 28 28 - - 87.41 12.03 0,56 - -
Нижнегорский район District de Nizhnegorsky 4792 4352 345 95 - - 90.82 7,20 1,98 - -
District de Pervomaysky 2940 2788 71 81 81 - - 94,83 94.83 2,41 2,41 2,76 2,76 - -
Раздольненский район District Razdolnensky 3131 3131 2936 2936 172 172 23 23 - - 93,77 93,77 5,49 5,49 0,74 0,74 - -
Сакский район Saki District 6471 6471 5970 5970 380 380 121 121 - - 92,26 92.26 5,87 5,87 1,87 1,87 - -
Симферопольский район District de Simferopol 12252 12252 10962 10962 654 654 636 636 - - 89,47 89,47 5,34 5.34 5,19 5.19 - -
Советский район District de Sovetsky 3362 3362 2901 2901 124 124 337 337 - - 86,29 86.29 3,69 3,69 10,02 10.02 - -
Черноморский район Région de la mer Noire 3197 3197 2854 2854 343 343 - - - - 89,27 89,27 10,73 10,73 - - - -
учебные заведения établissements d'enseignement
республиканского подчинения subordination républicaine
2197 2197 1813 1813 119 119 - - 265 265 82,52 82,52 5,42 5,42 - - 12,06 12.06
АР Крым всего: AR Crimée uniquement: 173609 173609 155071 155071 12867 12867 5406 5406 265 265 89,32 89,32 7,41 7.41 3,11 3.11 0,15 0,15

Au cours de l'année scolaire 2016/2017 en Crimée, sur 188 500 élèves scolarisés dans 532 organismes municipaux d'enseignement général, 5 300 (3%) ont suivi un enseignement en tatare de Crimée, 371 personnes (0,2%) en ukrainien. 15 organisations d'enseignement général (201 classes, 3 651 étudiants) fonctionnent avec la langue d'enseignement du tatar de Crimée, 1 organisation d'éducation générale (école n ° 20 de Théodosia - 9 classes, 132 étudiants) - avec la langue d'enseignement de l'ukrainien. En outre, les cours de tatar de Crimée (37 écoles, 137 classes, 1 730 élèves) et en ukrainien (12 écoles, 19 classes, 239 élèves) sont dispensés dans les écoles russophones. Sous diverses formes, l’enseignement des langues maternelles est organisé dans les classes de russe: 19 254 étudiants étudient le tatar de Crimée, 12 892 apprennent l’ukrainien, 54 apprennent l’arménien, 62 apprennent le bulgare, 136 apprennent l’allemand, 56 apprennent l’allemand.

En ukrainien, la formation est dispensée dans 22 établissements d’enseignement de 13 districts municipaux et urbains de la République de Crimée. Au cours de l'année scolaire 2015/2016, 2 premières classes ont été ouvertes en ukrainien. Dans deux écoles, de la première à la neuvième année, l'ukrainien est enseigné (dans les villes d'Alushta et de Theodosia).

Sur l'état de l' éducation dans les langues de l'État (tatar de Crimée, ukrainien) et les langues d'étude dans les établissements d'enseignement de la République de Crimée en 201 8/2019 9 année scolaire



Conformément à la loi fédérale n ° 317-З du 03.08.2018 portant modification des articles 11 et 14 de la loi fédérale sur l'éducation dans la Fédération de Russie, le choix de la langue d'enseignement est la langue maternelle, parmi les langues des peuples de la Fédération de Russie , y compris: la langue russe comme langue maternelle, les langues officielles des républiques de la Fédération de Russie est effectuée par les déclarations des parents (représentants légaux) mineurs inscrits à la réception (traduction) pour la formation sur les programmes éducatifs de préscolaire instruits I, les programmes d' enseignement reconnus par l' État de l' enseignement général primaire général et de base.

Le choix de la langue d'enseignement et d'étude pour les élèves est effectué par leurs parents (représentants légaux) sur une base volontaire, libre et informée. Dans le même temps, le volontariat ne consiste pas à refuser d'apprendre la langue maternelle, mais à la possibilité de la choisir (par exemple, choisir entre: russe, tatar de Crimée, ukrainien ou d'autres langues des peuples de la Fédération de Russie vivant en République de Crimée).



En 201 8/2019 9 année scolaire, 54 4 organisations de formation générale de la République de Crimée de toutes les formes de propriété sont formées 200 , 7 mille les étudiants . Parmi eux , 19 000 enseignent en russe : 194 000 (soit 96,7% du contingent total), en tatare de Crimée - 6,1 mille étudiants (3.1%) en ukrainien - 249 étudiants (0,2%).

En République de Crimée, 15 organisations d’enseignement général dotées de la langue d’enseignement du tatare de Crimée (2 24 classes a , 4 258 étudiants ) :
1. MBOU "Ecole secondaire no 18 avec la langue d'enseignement du tatare de Crimée de la ville d'Evpatoria";
2. MBOU "École secondaire № 3 avec la langue d'enseignement du tatare de Crimée" g . Sudak;
3. Établissement d'enseignement public municipal "École secondaire de Bakhchisarai, avec langue d' enseignement du russe et du tatar de Crimée numéro 5", Bakhchisarai;
4. Établissement d' enseignement public municipal « École secondaire secondaire de Vilinski, langues et formations no 2 en russe et en tatare de Crimée », district de Bakhchsarai;
5. MKOU "École élémentaire élémentaire de Viktorovskaïa en russe et en langue tatare de Crimée ", district de Bakhchsarai;
6. MOOU "Collège secondaire de Belogorsk № 4" de la ville de Belogorsk;
7. Établissement d' enseignement public municipal « École secondaire de Zuiskaya, nommée d'après Seitnafe Seitveleev "district de Belogorsk;
8. MOU "École Zarechnenskaya avec la langue d'enseignement du tatar de Crimée - jardin d'enfants " du district de Dzhankoy;
9. MOU "Mai école avec la langue d'enseignement Tatar de Crimée" district Dzhankoysky;
10. MBOU " Lycée Starokrymskaya № 2" du district de Kirov;
11. MBOU "Octobre école numéro 3 nommée And Smail Gasprinsky" district de Krasnogvardeisky;
12. MBOU " école sarybash avec la langue tatare de crimée les apprenant A.M. Tippa Pervomaisky district de la République de Crimée " ;
13. MBOU "École Kolchuginsky numéro 2 avec la langue d'enseignement en tatare de Crimée", région de Simferopol;
14. MBOU "École secondaire soviétique n ° 3 avec l'instruction en langue tatare de Crimée" du district de Sovetsky ;
15. MBOU "École secondaire № 42 nommée. Eshrefa Shemii-Zade "Simferopol .



En République de Crimée, au cours de l’année scolaire, il existe un organisme d’enseignement général en langue ukrainienne (9 classes, 1 4 4 étudiants) : MBOU "École numéro 20" en Théodosia



En outre, sur la base des établissements d'enseignement général en langue russe, des classes en langue tatar de Crimée sont ouvertes ( 27 écoles, 1 26 classes , 1 8 34 étudiants) :
1. MB de l' établissement d' enseignement « Privetnaya school» de la ville d'Alushta;
2. MBOU "école secondaire n ° 28" à Simferopol;
3. MBOU "École secondaire № 29 nommée. G.K. Zhukov "de Simferopol;
4. MBOU "école secondaire n ° 37" à Simféropol;
5. MBOU "Ecole secondaire n ° 44 " à Simferopol;
6. MBOU "École secondaire Grushevskaya" Sudak;
7. MBOU "Ecole secondaire de marine" Sudak;
8. MBOU "école numéro 15", Feodosia;
9. MB de l' établissement d' enseignement "Belogorsk Secondary School No. 3", Belogorsk;
10. MB OU "école secondaire de Zelenogorsk" du district de Belogorsk;
11. MB de l' établissement d' enseignement « Lycée Litvinenkovskaya » du district de Belogorsk;
12. MB de l'établissement d'enseignement « Tsvetochnenskaya secondary school» du district de Belogorsk;
13. MOU " École Mirnovskaya" district Dzhankoysky;
14. MOU " Ecole de la Victoire " du district Dzhankoysky;
15. MBOU "Zhuravskaya OSH" du district de Kirov;
16. MBOU " école Krasnoznamenskaya " du district de Krasnogvardeisky;
17. MBOU « Novopavlovskiy UVK "district de Krasnoperekopsk ;
18. MBOU "Berezovskaya SOSH" district Razdolnensky ;
19. MBOU " Lycée Zhuravlinskaya " du district de Saki;
20. MBOU " École secondaire Trudovskaya " du district de Saki;
21. MBOU " école Denisovskaya " région de Simferopol;
22. MBOU " D Obrovskaya école-gymnase nommé d'après Ya.M. Slonim " région de Simferopol;
23. MBOU " école Malenskaya " région de Simferopol;
24. MBOU " école Urozhaynovskaya " région de Simferopol;
25. MBOU " école de Teplovskaya " région de Simferopol;
26. MBOU " lycée Illichivsk " district soviétique;
27. MBOU "école Pouchkine" district soviétique.



Sur la base des établissements d'enseignement général en langue russe, les classes en langue ukrainienne sont ouvertes (dans 5 écoles, 8 classes, 1 05 étudiants):
1. MBOU "Lycée numéro 11 nommé. K.A. Treneva " de Simferopol;
2. MBOU "Simferopol Academic Gymnasium", Simferopol;
3. MOU "École Testament-Lénine" du district Dzhankoysky;
4. MBOU " Novopavlovsk UVK " du district de Krasnoperekopsk;
5. MBOU " École d' assaut -gymnase" du district de Saki.



dans les organisations d'enseignement général La République de Crimée a organisé l'étude des langues autochtones suivantes sous différentes formes (en tant que sujet, approfondi, facultatif, dans le cadre d'activités parascolaires):

- Tatar de Crimée pour 2 7 , 7 mille étudiants

- ukrainien - 10 6 000 étudiants ,

- Arménien - 97 étudiants ,

- Bulgare - 73 les étudiants ,

- grec - 343 étudiants ( 94 - en tant qu'indigène , 249 - en deuxième étranger) ,

- allemand - 5 8 les étudiants .



Dans 544 organisations éducatives mettant en œuvre des programmes préscolaires éducation (dont 424 organisations éducatives préscolaires, 120 subdivisions structurelles d’établissements d’enseignement) , 74 300 enfants sont inscrits , dont 383 les enfants reçoivent une éducation et une éducation en tatar de Crimée , 8 83 l'enfant est formé dans des groupes bilingues (tatar de Crimée, russe).

Donc, dans ce sur Langue tatare de Crimée dans les établissements d’enseignement préscolaire inscrits: 1 , 3 000 enfants ( 2 %) , en russe - 73 100 enfants (98%).

_________________

Réglementation légale de l'enseignement dans les langues autochtones et apprendre les langues autochtones



Selon l'article 14 de la loi fédérale du 2 9 .12.2012г. № 273-ФЗ « L’éducation dans la Fédération de Russie»: les citoyens russes ont le droit de recevoir un enseignement préscolaire, primaire (1-4 années) et un enseignement général de base (5-9 années) dans leur langue maternelle, ainsi que le droit d’apprendre leurs langues maternelles. (1 re à 11 e année) dans les possibilités offertes par le système éducatif.

Basé sur un choix libre, volontaire et éclairé de la langue d'enseignement et d'apprentissage chaque organisation éducative est locale les actes normatifs définissent la langue, les langues d'enseignement à l'école année

Conformément à l'article 10 de la Constitution de la République de Crimée du 04/11/2015 Les langues officielles de la République de Crimée sont le russe, l'ukrainien et le tatar de Crimée. L'article 19 de la Constitution de la République de Crimée réglemente le droit de tout citoyen d'utiliser sa langue maternelle et le libre choix de la langue de communication, d'éducation, de formation et de créativité.

Conformément à la partie 2 de l'article 11 de la loi de la République de Crimée du 06.07.2015 n ° 131-ZRK / 2015 «sur l'éducation dans la République de Crimée», la réalisation du droit des citoyens d'étudier dans leur langue maternelle et dans l'étude de leur langue maternelle est assurée par la création du nombre nécessaire d'organisations, de classes et de groupes pédagogiques pertinents. , ainsi que leurs conditions de fonctionnement. L’enseignement et l’apprentissage de la langue maternelle dans le cadre de programmes éducatifs agréés par l’État sont dispensés conformément aux normes éducatives fédérales et nationales.

L'enseignement dans les langues tatare d' ukrainien et de crimée ah, ainsi que l'étude des langues maternelles, sont réalisés dans des organisations éducatives sur la base de la demande des parents (représentants légaux).

La question de la fourniture de manuels et de supports pédagogiques aux étudiants, à la fois dans le cadre de la maîtrise de programmes éducatifs de base conformément au FEM et au-delà, devrait être résolue au niveau d'une organisation éducative par une loi locale conforme à la norme énoncée à la clause 2 de la Procédure de création d'une liste fédérale de manuels. recommandé pour la mise en œuvre de programmes d’enseignement primaire général, général général, secondaire général, agréés par l’État, approuvé par Ministère russe de l'éducation et des sciences de la Fédération de Russie en date du 18 juillet 2016, n ° 870.

La partie du programme, formée par les participants des relations éducatives, assure la réalisation des besoins individuels étudiants et peuvent être utilisés pour augmenter le nombre d’heures consacrées à l’étude de différentes matières, y compris les langues maternelles, l’organisation de cours à option, les cours au choix en présence des déclarations des parents, de supports matériels, techniques, d’enseignement et de dotation en personnel.

Selon la clause 10.4. règles sanitaires et épidémiologiques SanPiN 2.4.2.2821-10 « Conditions sanitaires et épidémiologiques concernant les conditions et l'organisation de la formation en éducation générale institutions " Dans les institutions travaillant en deux équipes , la formation des 1ère, 5ème, 9ème et 11ème classes devrait être organisée dans la première équipe. L'éducation en 3 équipes dans les établissements d'enseignement n'est pas autorisée.

Depuis le 1 er janvier 2016, les modifications n ° 3 de SanPiN 2 .4.2.2821-10 sont entrées en vigueur , selon lesquelles «Le nombre d'élèves dans une salle de classe est déterminé sur la base du calcul du respect de la zone standard par élève, du respect des exigences relatives au placement du mobilier dans les salles de classe , y compris de la distance entre les lieux d'étude et le mur porteur , ainsi que des exigences en matière d'éclairage naturel et artificiel. Les conditions et les installations nécessaires à la formation étant disponibles, il est possible de diviser les classes en groupes en fonction des matières enseignées. ” Ainsi, la norme qui établit la présence obligatoire d'au plus 25 étudiants dans une classe est exclue des règles sanitaires.

D'après la section du paragraphe 27 de la IIe Disposition type de l'institution d'enseignement général, approuvée par décret du gouvernement de la Fédération de Russie du 19 mars 2001. N 196 (telle que modifiée le 10.03.2009) “Approbation de la disposition type relative à un établissement d'enseignement général” au nombre et à l'occupation des classes d'un établissement d'enseignement général (y compris un petit) situé dans une zone rurale sont déterminés en fonction des besoins de la population.

Conformément au paragraphe 25 de la disposition modèle ci-dessus, le nombre de classes dans un établissement d'enseignement général est déterminé en fonction du nombre de demandes présentées par les citoyens. et les conditions créées pour la mise en œuvre du processus éducatif, en tenant compte des normes sanitaires et des normes de contrôle spécifiées dans la licence.

Sur la mise en œuvre du droit des citoyens de recevoir un enseignement dans leur langue maternelle (Lettre du ministère de l'Education et des Sciences de la Fédération de Russie du 09.10.2017 n ° TTS-945/08)

Sur l'étude des langues autochtones (lettre de Rosobrnadzor du 20.06.2018 n ° 05-192)



État et autres langues de la République de Crimée


Sur l'étude de la langue maternelle - une lettre du ministère de l'Éducation, de la Jeunesse et des Sports de la République de Crimée du 02.03.2018 N ° 01-14 / 695

À propos de la feuille de route sur le choix de la langue d'enseignement dans les établissements d'enseignement de la République de Crimée

Décision du collège du ministère de l'éducation, des sciences et de la jeunesse de la République de Crimée du 23.05.2018 no 4/2 "sur l'étude des langues maternelles et la formation en langues maternelles dans les établissements d'enseignement général de la République de Crimée

Exemples de programmes en ukrainien

Exemples de programmes en tatar de Crimée


Liste de publications éducatives sur la langue tatare de Crimée et la littérature approuvée pour utilisation (remise aux organisations éducatives de la République de Crimée en janvier 2018)



L'ordre de choix de la langue d'enseignement et de la langue d'étude dans les établissements d'enseignement de la République de Crimée est une lettre du Ministère de l'éducation, des sciences et de la jeunesse de la République de Crimée du 06.05. 2015 N ° 01-14 / 1341



Réglementation sur la langue d'enseignement et les langues d'apprentissage MOU "École de Maslovskaya"

Curriculum MOU "École de Maslovskaya" pour l'année universitaire 2018-2019

Programmes de travail pour l’apprentissage des langues maternelles dans le MOU "Ecole de Maslovskaya"



Procédure de choix de la langue d'enseignement et de la langue d'enseignement dans les établissements d'enseignement de la République de Crimée par les parents (représentants légaux) des étudiants

Le but de la procédure de sélection de la langue est:

- garantir la préservation, l'étude et le développement des langues maternelles des peuples de la Fédération de Russie vivant en République de Crimée;

- réalisation du droit constitutionnel d'ouverture et d'accès libre à l'enseignement préscolaire, primaire général et général de base en langues maternelles;

- création de conditions propices à l’extension du champ d’application et au fonctionnement optimal des langues maternelles;

- assurer le consentement international.

I. La procédure de choix d'une langue est basée sur la législation:

Constitution de la Fédération de Russie

Article 26

1. Toute personne a le droit de déterminer et d'indiquer sa nationalité. Personne ne peut être contraint de déterminer et d'indiquer sa nationalité.

2. Toute personne a le droit d'utiliser sa langue maternelle et de choisir librement la langue de communication, d'éducation, de formation et de créativité.

Loi fédérale du 29 décembre 2012 N273FZ

“Sur l'éducation dans la Fédération de Russie”

Article 5. Droit à l'éducation. Garanties de l'État pour la réalisation du droit à l'éducation dans la Fédération de Russie

1. En Fédération de Russie, le droit de toute personne à l'éducation est garanti.

2. Le droit à l'éducation est garanti dans la Fédération de Russie sans distinction de sexe, de race, de nationalité, de langue, d'origine, de propriété, de statut social et officiel, de lieu de résidence, d'attitude envers la religion, de conviction, d'appartenance à une association publique, ainsi que d'autres circonstances.

Article 14. Langue de l'éducation.

1. En Fédération de Russie, l'enseignement dans la langue officielle de la Fédération est garanti, ainsi que le choix de la langue d'enseignement et de l'enseignement dans les limites des possibilités offertes par le système éducatif.

2. Dans les organisations éducatives étatiques et municipales situées sur le territoire de la Fédération de Russie, l' enseignement et l'étude des langues nationales des républiques de la Fédération de Russie peuvent être introduits conformément à la législation de ces républiques. L’enseignement et l’étude des langues nationales des républiques de la Fédération de Russie dans le cadre de programmes éducatifs accrédités par les États sont dispensés conformément aux normes et aux normes pédagogiques de l’État fédéral. ”

3. Les citoyens de la Fédération de Russie ont le droit de recevoir un enseignement préscolaire, primaire et général de base dans leur langue maternelle parmi les langues des peuples de la Fédération de Russie, ainsi que le droit d'apprendre leur langue maternelle parmi les langues des peuples de la Fédération de Russie, dans la limite des possibilités offertes par le système éducatif, afin: établi par la législation sur l'éducation. La réalisation de ces droits est assurée par la création du nombre nécessaire d’organisations, de classes et de groupes éducatifs pertinents, ainsi que de conditions pour leur fonctionnement ».

4. La langue et les langues d'enseignement sont déterminées par les lois normatives locales de l'organisation menant des activités éducatives dans le cadre des programmes éducatifs qu'elle met en œuvre, conformément à la législation de la Fédération de Russie.

Loi fédérale du 2 juillet 2013 N 185-FZ

“Sur les langues des peuples de la Fédération de Russie

Article 2. Garanties d'État de l'égalité des langues des peuples de la Fédération de Russie.

1. L’égalité des langues des peuples de la Fédération de Russie, l’ensemble des droits des peuples et des individus de préserver et de développer pleinement leur langue maternelle, la liberté de choisir et d’utiliser la langue de communication.

2. La Fédération de Russie garantit à tous ses peuples, quel que soit leur nombre, le même droit de préserver et de développer pleinement leur langue maternelle, la liberté de choix et d'utilisation de la langue de communication.

3. La Fédération de Russie garantit à toute personne le droit d'utiliser sa langue maternelle, le choix de sa langue de communication, son éducation, sa créativité et son éducation , indépendamment de son origine, de son statut social et immobilier, de sa race et de sa nationalité, de son sexe, de sa formation, de sa religion et de son lieu de résidence.

4. L'égalité dans les langues des peuples de la Fédération de Russie est protégée par la loi. Personne n'a le droit de définir des restrictions ou des privilèges lors de l'utilisation d'une langue.

Article 6. Compétence de la Fédération de Russie en matière de protection, étude

et l'utilisation des langues des peuples de la Fédération de Russie.

La compétence de la Fédération de Russie en la personne des organes suprêmes du pouvoir d'État de la République en matière de protection et d'utilisation des langues des peuples de la Fédération de Russie est la suivante:

- promouvoir le développement des langues nationales des républiques.

Article 9. Droit de choisir la langue d'enseignement.

1. Les citoyens de la Fédération de Russie ont le droit de choisir librement la langue d'enseignement conformément à la législation sur l'éducation.

Article 10. Enseignement et apprentissage des langues des peuples du russe

Fédération.

1. L' État fournit aux citoyens de la Fédération de Russie les conditions nécessaires à l'enseignement et à l'apprentissage des langues des peuples de la Fédération de Russie, conformément à la législation sur l'éducation.

Constitution de la République de Crimée

Article 10 Les langues officielles de la République de Crimée sont le russe, l'ukrainien et le tatar de Crimée.

Article 19. Section 2. Toute personne a le droit d'utiliser sa langue maternelle, au choix de la langue de communication, d'éducation, de formation et de créativité.

Ii. L'ordre de sélection de la langue.

1. Phase préliminaire.

Chaque année, en avril-mai, des réunions de parents sont organisées, au cours desquelles des questions relatives à la définition de la langue d'enseignement et de la langue d'enseignement sont définies pour la prochaine année scolaire.

2. La scène principale.

2.1. Les parents (représentants légaux) des élèves, le coordinateur, les professeurs de classe, les professeurs enseignant leurs langues maternelles doivent assister aux réunions des parents à l’échelle de l’école et en classe. Les parents (représentants légaux) des élèves pendant les réunions de classe et les réunions de parents à l’école doivent être informés du droit de choisir la langue d’enseignement et la langue d’apprentissage sur la base des documents réglementaires susmentionnés et consigner cette question dans le procès-verbal de la réunion des parents. Les données de protocole de chaque classe doivent correspondre au nombre et au contenu des déclarations personnelles des parents.

Il est recommandé de tenir la réunion des parents selon le plan exemplaire suivant:

1) déclaration introductive du responsable de l'établissement d'enseignement;

2) la représentation des enseignants qui enseigneront les langues autochtones;

3) la présentation du contenu du sujet (but, objectifs, valeurs, activités parascolaires - brièvement);

4) réponses aux questions des parents (représentants légaux);

5) remplir les déclarations personnelles des parents (représentants légaux) des élèves

6) la collecte des demandes remplies par les parents (représentants légaux).

En l'absence des parents de certains des élèves, les enseignants devraient travailler en privé pour les informer des questions examinées lors de la réunion et remplir une demande, qui devrait en outre être consignée dans le procès-verbal de la réunion des parents.

3. La dernière étape.

Résumez les réunions, envoyez aux autorités éducatives des informations sur leurs résultats, le choix de la langue d’enseignement, leur étude (en indiquant la forme et le nombre d’enfants choisis par le directeur de l’école). Les organisations éducatives qui suivent les résultats des réunions conservent les déclarations des parents, les procès-verbaux des réunions des parents, les informations de synthèse originales signées par les enseignants et les directeurs d’école, qui sont conservées dans l’école pendant cinq ans. Dans des cas exceptionnels, les parents (représentants légaux) peuvent modifier leurs choix après avoir résumé les résultats des réunions de parents et envoyé des informations à l'autorité éducative. Dans ce cas, les parents (représentants légaux) des étudiants doivent contacter le responsable de l’établissement d’enseignement avec une déclaration écrite. La décision concernant la satisfaction d’une telle demande est prise par le responsable de l’organisation éducative en consultation avec l’enseignant spécialisé.

Le travail effectué devrait garantir la réalisation du droit des citoyens à un choix libre, volontaire et éclairé de la langue d'enseignement, ainsi que le choix d'une langue maternelle à apprendre.
 

L'introduction des normes éducatives de la Fédération de Russie a limité le droit des Ukrainiens et des Tatars de Crimée à un enseignement dans leur langue maternelle, indique le rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme intitulé "Situation des droits de l'homme dans la République autonome occupée temporairement de Crimée et de la ville de Sébastopol (Ukraine). ”

«Le nombre d’élèves suivant un enseignement en ukrainien a considérablement diminué. Au cours de l'année scolaire 2013-2014, 12 694 étudiants ont suivi un enseignement en ukrainien. Suite à l'occupation de la Crimée, ce nombre est tombé à 2 154 en 2014-2015, 949 en 2015-2016 et 371 en 2016-2017 » , indique le rapport .

Le HCDH a déclaré qu'en avril 2015, le directeur de longue date du seul gymnase de langue ukrainienne à Simferopol avait quitté la Crimée, apparemment en raison de menaces et de harcèlement. Entre 2013 et 2017, le nombre d'écoles ukrainiennes est passé de sept à un, et le nombre de classes de 875 à 28", indique le rapport.

Le HCDH estime que cette diminution est principalement due à un environnement culturel dominant en Russie et au départ de milliers de résidents de Crimée pro-ukrainiens vers l'Ukraine continentale. On a également signalé des pressions exercées par certains membres du personnel enseignant et par certaines administrations scolaires pour qu’elles cessent d’enseigner en ukrainien.

Au niveau universitaire, le département de philologie ukrainienne de l'université nationale Vernadskiy Taurida a été fermé en septembre 2014 et la majorité de son personnel enseignant a été licenciée. Les départements de philologie ukrainienne, de culture de la langue ukrainienne et de théorie et histoire de la langue ukrainienne ont été fusionnés en un seul département, selon le rapport. Vers la fin de 2014, l'ukrainien en tant que langue d'enseignement avait été retiré de l'enseignement universitaire en Crimée", conclut le rapport.


 

 
Cependant, au fil du temps, les liens culturels de la RDP avec l'Ukraine deviennent de moins en moins évidents. Depuis 2015, la RDP refuse d'enseigner l'histoire sur les manuels scolaires ukrainiens. Dans la République populaire de Luhansk autoproclamée voisine, l’histoire de l’Ukraine n’est plus enseignée depuis 2015. En outre, à l'automne 2014, certains médias ukrainiens ont affirmé que certaines écoles de la région de Louhansk auraient vraisemblablement prévu d'abandonner l'enseignement de la langue et de la littérature ukrainiennes.
Comme l'a expliqué la poétesse du journal VIEW, rédactrice en chef de la "Kamerton Academy Matusovskogo" (Lougansk) Elena Zaslavskaya, conformément à la Constitution de la LC, les langues officielles sont le russe et l'ukrainien. «Dans notre Constitution, il est également écrit que chacun a le droit d'utiliser sa langue maternelle, de choisir librement la langue de communication, d'éducation, de formation et de créativité. Et heureusement, ce principe est mis en œuvre ici. Par exemple, au théâtre d'Oboronnaya, les pièces sont jouées en ukrainien, les groupes de danses pour enfants et chanteurs n'excluent pas les chants et les danses folkloriques ukrainiens de leur programme, ils continuent d'apprendre l'ukrainien à l'école », a déclaré Zaslavskaya.

Selon elle, pour de nombreux habitants de la république, la langue ukrainienne est devenue un symbole de l'État "qui détruit nos villes et notre population pacifiques, mais il y a des gens qui séparent la politique cannibale du gouvernement ukrainien du peuple ukrainien". «Le Donbass a toujours été une région multinationale. Avant la guerre, l'ukrainien était la langue de l'arrière-pays rural. Dans la ville, ils ne le parlaient pas, cette structure est préservée, même maintenant. La langue russe est la langue de l'éducation, de la communication et de la culture d'entreprise. Les citoyens ukrainiens parlant ukrainien sont très rares. Dans le même temps, les citoyens de Louhansk, communiquant avec leurs parents ruraux, passent facilement à cette langue. Il n’existe aucun besoin urgent de recevoir un enseignement dans cette langue, mais personne ne nous empêchera de le faire », a résumé la poétesse.

Nous notons qu'en Crimée, qui a été réunie avec la Russie il y a plusieurs années, l'enseignement en ukrainien se poursuit, même si à Kiev et à l'ouest, on dit le contraire. Rappelons qu'en avril à La Haye, le président de la Cour internationale des Nations Unies, Ronnie Abraham, avait demandé à la Russie d'assurer la reprise de l'enseignement en ukrainien en Crimée.
L'ukrainien reste l'un des trois États, à égalité avec le russe et le tatar de Crimée. Au printemps, Natalya Goncharova, ministre de l'Éducation, des Sciences et de la Jeunesse de Crimée, a cité des statistiques selon lesquelles 371 enfants recevraient un enseignement en ukrainien (environ 0,1% des effectifs des organisations d'enseignement général de Crimée).

Dans une conversation avec le journal VIEW, Goncharova a déclaré: "Nous avons une formation en ukrainien mais il n’ya aujourd’hui qu’une école et plusieurs classes dans d’autres écoles."

La seule école d'enseignement en ukrainien travaille à Feodosia. Il a neuf classes et 132 étudiants. 19 cours d'ukrainien sont dispensés dans 12 autres écoles de langue russe. Ils sont formés 139 étudiants. 5,4 mille enfants (environ 3%) suivent un enseignement en tatare de Crimée. Au cours de cette année scolaire, 15 organisations d'enseignement général parlant la langue d'enseignement en tatare de Crimée (201 classes, 3 651 étudiants) fonctionnaient dans la péninsule. Au total, 137 cours de langue tartare de Crimée ont été dispensés dans 37 écoles de langue russe. 1 730 enfants les ont visités.

Donc, en fait, enseignant et non interrompu. Vient de réduire considérablement le nombre de ceux qui veulent l’étudier.

Par conséquent, le système scolaire général n'existe pas en ukrainien et la langue tatare de Crimée est uniquement facultative. Néanmoins, Nadir note que la langue ukrainienne est utilisée dans les voitures, les mariages et les cafés tartares de Crimée.

Ici seulement, la vie réelle des habitants de la péninsule ne se mesure pas à la lumière des nouvelles du monde des "miroirs tordus", ni même à l’ouverture du pont de Crimée, mais à des choses beaucoup plus appliquées qui affectent directement la qualité de vie de la population: prix des différents services, qualité des produits, service, système bancaire , état des routes, conditions des affaires, soins médicaux, situation environnementale. «La Crimée, comme prévu, se transforme en un appendice d'une base militaire.

Ni la radio ni les chaînes de télévision ukrainiennes à Simferopol ne seront "prises". À moins que vous ne puissiez écouter quelque chose d'ukrainien dans la bande VHF (plusieurs stations de radio ukrainiennes diffusées en Crimée par la tour Chongar, le signal couvre toute l'autoroute de Moscou et est "capturé" à Dzhankoy, Armyansk, Krasnoperekopsk et Simferopol, ainsi que dans les villages environnants). Bien sûr, il y a toujours Internet. “Certes, presque tous les sites se terminant par“ .ua ”sont bloqués.

4.5 Les médias

Lois sur les langues (2017).

Article 16

Les langues dans les médias et les communications

1) La publication des journaux et magazines publics, et la transmission des programmes de radio et de télévision publiques sur le territoire de la république de Crimée peuvent être effectuées dans les langues officielles de la république de Crimée, et à la discrétion des propriétaires également dans d'autres langues dans la république de Crimée.

2) Dans la traduction et la duplication des films et des enregistrements vidéo, les langues officielles de la république de Crimée et d’autres langues doivent être utilisées en tenant compte des intérêts de la population.

3) Dans la République de Crimée, la correspondance télégraphique et les adresses sur le courrier postal envoyé à l'intérieur de la république de Crimée peuvent être faites dans l’une des langues officielles de la république de Crimée, mais les adresses répétées de l'expéditeur et du destinataire le sont dans la langue officielle de la fédération de Russie. La correspondance postale et télégraphique, ainsi que les autres envois à l’extérieur de la république de Crimée, sont acceptés dans la langue officielle de la fédération de Russie.

4) Les textes des communications officielles, des avis, des affiches, des annonces, de la publicité et de toute autre information visuelle dans la république de Crimée, ainsi que la mise en place obligatoire de la langue officielle de la fédération de Russie, peuvent être rédigés en ukrainien et en tatar de Crimée sur la base du principe de la nécessité de telles informations.

5) Les horaires des transports et les communications écrites et verbales dans les aéroports, les ports maritimes, les gares ferroviaires, les gares routières doivent être bilingues avec la langue officielle de la fédération de Russie et les langues ukrainienne et tatar de Crimée. 

République autonome de Crimée (Ukraine)

Sur 1317 journaux ARC, 910 (soit 69,1%) sont publiés exclusivement en russe. (ci-après, un demi-millier de journaux enregistrés pour une personne sont exclus). 212 journaux publient des documents en russe et en ukrainien (les premières langues étant prédominantes), ce qui représente 16,1% du nombre de journaux de l'ARC. 15 journaux sont publiés en russe et en tatar de Crimée (dans diverses combinaisons); 11 journaux sont publiés en russe et dans les langues des petits peuples de Crimée (grec, allemand, arménien, etc.); 13 - en russe et langues étrangères (anglais, allemand., Arabe); 3 autres - en différentes langues (allemand avec russe, russe-anglais avec tatar de Crimée ou grec) - 42 journaux au total, avec une part importante de russe. (ou 3,2%). La part totale des journaux dans lesquels le russe joue un rôle déterminant dans les documents est de 88,3% . Les journaux multilingues avec une part importante de la langue russe représentent 5,4% ou 72 titres (27 sont en russe-ukrainien-anglais, 21 en russe-ukrainien-tatar, 10 sont en russe-ukrainien-rouge. 5 sont des communautés nationales de petites nations 3 - russe-ukrainien-allemand-anglais; 6 - composition linguistique complexe).

Les journaux dont la seule langue n'est pas le russe représentent 1,3% ou 17 titres (8 ukrainiens, 8 tartres de Crimée et 1 allemand). Les journaux multilingues dont la langue principale est l'ukrainien représentent 4,5% ou 59 titres (langues supplémentaires: russe - 41; russe et tatar de Crimée - 6; russe, tatar de Crimée et anglais - 3; nommé et allemand: 2 autres; russe et anglais: 5; russe , Anglais et allemand - 1; russe et azéri - 1). Journaux multilingues dont la langue principale est le tatar de Crimée - 0,4% ou 5 titres (langues supplémentaires: l'ukrainien et le russe - 4; nommés et l'anglais - 1 de plus).


Sur des pages de 98,7% des journaux (1300) de la République autonome de Crimée, des articles sont publiés en russe, sur 26,7% des journaux (351), des articles en langue ukrainienne, sur des pages de 5,8% des journaux (77) - en langue tatar de Crimée; Les documents en anglais se trouvent dans 67 journaux (5,1%); Germanophone - dans 12 journaux (0,9%); matériaux dans les langues des petits peuples de Crimée (sauf les Allemands) - dans 16 journaux (1,2%).


À Sébastopol (ville de subordination nationale), 317 journaux sont enregistrés, dont 62 avec le nom de type «Nom du parti politique», enregistrés par une personne privée (comme dans ARC). Les informations du principal département de la justice à Sébastopol (voir le lien ci-dessous) contiennent le nom de la presse écrite, les données du fondateur et la date d'enregistrement (ré-enregistrement); les données sur la langue des médias ne sont pas fournies - ce qui rend impossible la comparaison avec les journaux d'ARC sur cette base.
 

 

(La Vérité de Crimée)

 

Du côté des médias, la grande majorité des journaux sont publiés en russe (comme ici La Vérité de Crimée). On en compte aussi plusieurs en ukrainien ainsi que six journaux et magazines écrits en tatar. 

Cependant, il n'y a pas de journaux financés par l'État dans d'autres langues que le russe.

Il est possible de se procurer des journaux en «tatar de Russie», bien qu’ils ne soient guère adaptés à la réalité crimo-tatare. Les Tatars disposent de quelques stations de radio locales émettant en tatar.

La république de Crimée est toujours restée une péninsule à majorité russophone. Non pas seulement parce que les russophones y sont majoritaires dans une proportion de 58 %, mais surtout parce qu'ils ont toujours contrôlé la Crimée à tous les points de vue: politique, économique, social, culturel, etc. Ce sont eux qui, de tout temps, ont fait la pluie et le beau temps en Crimée. Et ils vont continuer à le faire encore davantage à la suite de la déclaration d'indépendance de mars 2014.

Les Ukrainiens et les Tatars vont constituer à être les principales minorités du territoire. Les Tatars sont tellement préoccupés par leur survie qu’ils n’ont guère les moyens de se battre pour leur langue. De plus, ils sont pris en étau entre un fort nationalisme ukrainien et un incontournable irrédentisme russe. Les Tatars désirent simplement retrouver la terre de leurs ancêtres, qui ne leur appartient plus. Mais la lutte des Tatars n’est malheureusement pas terminée, car après avoir vécu l’exclusion de la période tsariste et celle de la période soviétique, ils devront vraisemblablement vivre sous un régime criméen russophone plus autoritaire. Une majorité de Tatars opteraient sans doute pour l’indépendance de la Crimée s’ils le pouvaient, c'est-à-dire s'ils la contrôlaient. Évidemment, la majorité russophone de la péninsule est fermement opposée à la création d'un «État des Tatars de Crimée», craignant apparemment sans doute le «nationalisme radical» des Tatars. Pourtant, la plupart des Tatars déclarent parler le russe à la maison avec leurs enfants.

Les événements de mars 2014 vont sans doute accélérer le processus de russification de la Crimée, surtout chez les Tatars. Les autorités locales risquent à plus long terme de pratiquer une politique de bilinguisme symbolique (russe-tatar), sinon d'unilinguisme russe. Au mieux, les dirigeants russophones vont adopter la même politique linguistique qu'en Transnistrie, cette enclave russe de Moldavie, avec un trilinguisme (russe-ukrainien-tatar) strictement symbolique qui place les deux minorités dans une sujétion à la solde des russophones, sans pouvoir s'y opposer de quelque façon que ce soit. Comme en Transnistrie, ce serait à la fois une politique officielle de multilinguisme de façade et une politique d'assimilation et de répression dans les faits. Quoi qu'il en soit, les Tatars et les Ukrainiens n'ont rien à attendre de bon de la part de la majorité russophone. Et ils le savent.

 Dernière révision: 04 mars, 2019

Bibliographie

BRIGHT, W. International Encyclopedia of Linguistics, vol. 1-4. New York, Oxford University Press, 1992. 

COMRIE, B. «Ukrainian» dans International Encyclopedia of Linguistics, vol. 4, p. 204-205. New York, Oxford University Press, 1992.

CONSEIL DE L’EUROPE. Rapport rapatriement et intégration des Tatars de Crimée, Genève, Commission des migrations, des réfugiés et de la démographie, doc. 8655, février 2000.

GENTON, Isaline. «Russie / Ukraine: la controverse impossible du discours identitaire», conférence présentée en octobre 1997 à la section de russe de l'Université de Lausanne, Lausanne,
[http://www.unil.ch:8080/slav/section/Ukr.s8.html].

GAUTHIER, François, Jacques LECLERC et Jacques MAURAIS. Langues et constitutions, Québec, Office de la langue française/Conseil international de la langue française, 1993, 131 p.

GOUVERNEMENT DE LA RÉPUBLIQUE D’UKRAINE. Rapport de l’Ukraine sur la mise en oeuvre des dispositions de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales, Kiev, Conseil de l’Europe, 2 novembre 1999.

MERCIER, Thomas. Échanges de courriers électroniques.

ORGANISATION DES NATIONS UNIES. Quatorzièmes rapports périodiques des États parties devant être présentés en 1996: Ukraine, Genève, 10/03/97, Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD), Add. 14.

Les États non souverains

Europe

Accueil: aménagement linguistique dans le monde