Commonwealth de Dominique 
Dominique

Commonwealth of Dominica

 

Capitale: Roseau
Population: 72 660 habitants (est. 2009)
Langue officielle: anglais
Groupe majoritaire: créole (à base lexicale française)
Groupes minoritaires: créole (à base lexicale anglaise), anglais, français 
Système politique: république de type présidentiel et multipartiste
Articles constitutionnels (langue):  art. 3, 8, 15 et 31 de la Constitution du 3 novembre 1978
Lois linguistiques: Règlement de la Chambre (1990); Loi sur la Banque nationale de commerce de la Dominique (1990); Loi sur les banques (2005).

1  Situation géographique

La Dominique (officiellement: Commonwealth of Dominica) est un petit État insulaire des Petites Antilles d'une superficie de 751 km², soit 40 fois plus petit que la Belgique, situé entre la Guadeloupe au nord et la Martinique au sud (voir la carte régionale). 

La Dominique est divisée en 10 paroisses: Saint Andrew, Saint David, Saint George, Saint John, Saint Joseph, Saint Luke, Saint Mark, Saint Patrick, Saint Paul et Saint Peter. La capitale est roseau (24 000 habitants). Le nom de Dominica en espagnol a été donné par Christophe Colomb qui découvrit l'île un dimanche en 1493. 

2 Données démolinguistiques

En 2009, la population de la Dominique était estimée à 72 660 habitants. Elle comprend 86,8 % de Noirs, mais 8,9 % de Métis, 2,9 % d'Amérindiens, 0,8 % de Blancs et 0,7 % d'autres races. 

Du point de vue linguistique, on estime que 80 % des Dominiquais parlent le créole comme langue maternelle. Appelé kwèyòl, il est à base lexicale française et se rapproche beaucoup du créole martiniquais, ce qui s'expliquerait surtout par l'immigration que par l'occupation française, qui ne dura que quelques années. Il existe aussi deux petite communautés créolophones à base anglaise (où la langue est appelée cocoy), habitant Marigot et Wesley au nord-est du pays. Un certain nombre de Dominiquais (peut-être 10 %) résidant dans les centres urbains parlent l'anglais comme langue maternelle. On compte aussi une cinquantaine de francophones. 

Au plan géolinguistique, la Dominique est située à quelque 30 km de distance de la Martinique et fait partie d'un ensemble de quatre îles — Sainte-Lucie, Martinique, Dominique et Guadeloupe — représentent un bassin de population de plus d'un million d'habitants créolophones (à base française).

De façon générale, les locuteurs du créole sont en majorité des habitants des villages. Depuis les années cinquante, les parents dans les centres urbains, soucieux de voir leurs enfants s'exprimer en anglais, la langue officielle qui est perçue comme un moyen de mobilité sociale, ont découragé l'utilisation du créole. Afin d'illustrer ce que peut être le créole dominiquais à base lexicale française, en voici quelques courts exemples:

Créole dominiquais Français
1. Bon jou, Misyè.
2. Jòdi sè yon bèl jou.
3. Mon pa ni lajan.
4. Ou sè moun hòd ki pèyi?
5. Ba mon tibwen glo souplè.
6. Wela mon sa tapè yon lègliz?
1. Bonjour, Monsieur.
2. Aujourd'hui, il fait beau.
3. Je n'ai pas d'argent.
4. Quelle est votre nationalité?
5. Donnez-moi de l'eau, s'il vous plaît.
6. Où puis-je trouver une église?

Les Amérindiens survivants du pays (environ 3000 individus) ont perdu leur langue ancestrale depuis longtemps: le caraïbe ou caribe (famille arawak) est considéré comme éteint. La plupart des Amérindiens vivent dans une réserve de 3000 acres créée à leur intention en 1903. De plus en plus de Dominiquais ont l'anglais comme langue maternelle.

La majorité des Dominiquais est de religion catholique (70 %), les autres sont adventistes (4,7 %), pentecôtiste (4,3 %), méthodistes (4,2 %), baptistes (2,8 %), anglicans (0,7 %), etc. (13,3 %). 

3  Données historiques

Christophe Colomb passa au large de l'île en 1493 et lui donna le nom de Dominica (c'était un dimanche). Contrairement à d'autres îles des Antilles, la Dominique n'intéressa que peu les Espagnols qui trouvèrent son accès difficile (avec ses côtes déchiquetées surmontées de falaises) et sans richesses minières. La petite population d'Amérindiens caraïbes n'y fut pas inquiétée. Une petite colonie espagnole s'y implanta, mais vécut en harmonie avec les Arawaks jusqu'au XVIIe siècle. 

Par la suite, Espagnols, Français et Anglais se disputèrent la possession de la Dominique. Au siècle suivant, déjà installés à la Martinique et à la Guadeloupe, des Français s'implantèrent à la Dominique et y introduisirent la culture du café. Ils importèrent des esclaves noirs pour combler la main-d'œuvre dont ils avaient besoin. Mais les Britanniques s'approprièrent l'île de la Dominique en 1759. Quelques années plus tard, le traité de Paris de 1763 mettait fin à la guerre de Sept Ans et octroyait l'île aux Britanniques. Ces derniers firent de la Dominique une île à sucre en y faisant venir des esclaves africains; la culture du café périclita. Reprise deux fois par les Français, l'île redevint définitivement britannique en 1814. La Dominique reçut en 1898 le statut de Colonie de la Couronne britannique.

Au XXe siècle, la Dominique devint le premier fournisseur de bananes sur le marché britannique. Intégrée au sein de l'éphémère fédération des Antilles britanniques en 1956, la Dominique se vit accorder le statut d'«État associé» par le Royaume-Uni en 1967. Elle accéda à l'indépendance le 3 novembre 1978 tout en restant membre du Commonwealth. La Constitution de 1978 a instauré un régime parlementaire: le premier ministre est le chef de l'État; l'Assemblée compte 31 membres (dont 10 non élus). La Dominique est devenue membre de la Francophonie en décembre 1979. En août précédent, le passage sur l'île du cyclone David avait fait des milliers de sans-abri et entraîné une grave crise économique et sociale. Après une période mouvementée (tentatives d'invasions par des mercenaires, militants «rastafarian», coups d'État manqués, etc.), la Dominique a retrouvé un certaine stabilité. Le tourisme et les services financiers sont, depuis la fin des années quatre-vingt-dix, les principaux moteurs de l’économie dominicaine.

4    La politique linguistique

La Dominique doit composer avec trois langues sur son territoire: le créole, la langue de la majorité des Dominiquais, l'anglais, la langue officielle léguées par les derniers colonisateurs, puis le français, la langue ayant servi de base lexicale au créole dominiquais et celle des îles voisines que sont la Guadeloupe et la Martinique.  

4.1    Les règles constitutionnelles

La Constitution de 1978, au lendemain de l'indépendance, ne traite que de l'anglais, et ce, de façon très ponctuelle. En effet, les articles 3, 8 et 15 portent sur la détention et les tribunaux, alors que l'article 31 concerne l'élection à la Chambre des représentants ou au Sénat.

L'article 3 de la Constitution prévoit que quiconque est arrêté ou détenu doit être informé, aussitôt que possible, dans une langue qu'il comprend, des motifs de son arrestation ou de sa détention, ce qui suppose l'emploi du créole ou de l'anglais, voire du français:

Article 3

Protection des droits à la liberté personnelle

2) Quiconque est arrêté ou détenu doit être informé, dès qu'il est raisonnablement possible de le faire et dans tous les cas au plus tard vingt-quatre heures après son arrestation ou sa détention, dans une langue qu'il comprend, des motifs de son arrestation ou de sa détention.

L'article 8 de la Constitution suppose que, lorsqu'une personne est accusée d'un acte criminel, elle sera informée dans une langue qu'elle comprend de la nature de l'accusation portée contre elle, ce qui désigne implicitement le créole: 

Article 8

Conditions de la protection de la loi

1) Si quelqu'un est accusé d'une infraction pénale, alors, à moins que l'accusation ne soit retirée, il doit lui être accordé un procès équitable dans un délai raisonnable par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi.

2) Quiconque est accusé d'un acte criminel:

a. doit être présumé innocent jusqu'à ce qu'il soit reconnu ou ait plaidé coupable ;

b. doit être informé, dès qu'il sera raisonnablement possible de le faire, dans une langue qu'il comprend et en détail, de la nature de l'accusation; [...]

f. doit avoir l'autorisation de recourir gratuitement aux services d'un interprète s'il ne comprend pas la langue employée à son procès.

L'alinéa f) du précédent article implique que, devant le juge qui parle nécessairement l'anglais, on pourra avoir recours à un interprète sachant parler le créole. Bref, la Constitution semble légitimer une forme d'usage du créole à l'oral.

L'article 15 de la Constitution reprend les dispositions des articles précédents:

Article 15

Protection des personnes détenues en vertu des lois d'urgence

Lorsque quelqu'un est détenu en vertu d'une loi de ce genre tel qu'il est est mentionné à l'article 14 de la présente Constitution, les dispositions suivantes s'appliquent, c'est à dire:

a. Il doit, aussitôt qu'il est raisonnablement possible de le faire, et en tout cas pas plus de sept jours après le début de sa détention, lui être fourni par une déclaration écrite, dans une langue qu'il comprend précisant en détail les motifs pour lesquels il est détenu ;

Quant à l'article 31, il oblige tout candidat à une élection législative à lire la langue anglaise avec un degré de compétence suffisant pour lui permettre de prendre une participation active aux débats  de la Chambre des représentants ou du Sénat:

Article 31

Qualifications pour les représentants et les sénateurs

1) Conformément aux dispositions de l'article 32 de la présente Constitution, quiconque est apte à être élu comme représentant s'il est qualifié pour les conditions suivantes:

a. il est un citoyen de la Dominique et âgé de vingt et un an ou plus;

b. a résidé à la Dominique pour une durée de douze mois immédiatement avant la date de sa candidature à l'élection ou est domicilié et résident à la Dominique à cette date; et

c. il est capable de parler et, à moins d'être frappé d'incapacité par la cécité ou toute autre cause physique, de lire la langue anglaise avec un degré de compétence suffisant pour lui permettre de prendre une participation active aux débats de la Chambre.

2) Conformément aux dispositions de l'article 32 de la présente Constitution, tout individu est apte à être élu comme représentant s'il est qualifié pour les conditions suivantes:

a. est citoyen du Commonwealth et âgé de vingt et un an ou plus;

b. est domicilié et réside à la Dominique à la date de sa nomination lors de l'élection; et

c. est capable de parler et, à moins d'être frappé d'incapacité par la cécité ou toute autre cause physique, de lire la langue anglaise avec un degré de compétence suffisant pour lui permettre de prendre une participation active aux débats de la Chambre.

Ce sont là les dispositions d'ordre linguistique les plus importantes dans toute la législation de la Dominique, car ce genre de disposition linguistique est rarissime dans ce pays.

4.2    L'anglais, la langue de l'État

À la Dominique, l'anglais reste la langue de l'État. C'est la langue des activités parlementaires, de la rédaction et de la promulgation des lois et des cours de justice. Ainsi, peut-on lire à l'article 8 des Règlement de la Chambre (1990) que les procédures et les débats de la Chambre doivent se dérouler en anglais:

Article 8

Langue

1) Les procédures et les débats de la Chambre doivent se dérouler en anglais.

2) Toute pétition doit être présentée en anglais.

Cependant, compte tenu que les Dominiquais parlent généralement le créole comme langue maternelle, des facilités sont accordés aux citoyens en créole dans les tribunaux; l'usage de cette langue est tolérée, mais les documents écrits et la sentence doivent être en anglais. Quant aux débats parlementaires, le gouvernement pense à permettre bientôt l'usage du créole, mais pour le moment seul l'anglais est autorisé.

Les services gouvernementaux sont tous offerts en anglais, mais le créole est largement utilisé dans les communications orales, tant par les fonctionnaires que par les citoyens. L'affichage public est uniquement en anglais, mais un mouvement s'est formé afin que le gouvernement de la Dominique accepte d'écrire les panneaux de signalisation routière «en kweyol». 

 4.3 L'éducation

Le système d'éducation est régi par la Loi sur l’éducation ("Education Act") de 1997, mais il n'y existe aucune disposition d'ordre linguistique. Il y a dans ce pays des écoles maternelles («pre-schools education»), toutes privées et payantes. Ces écoles doivent exiger des frais aux élèves afin de couvrir le salaires des enseignants. Dans de nombreux cas, les familles sont incapables de payer ces frais et leurs enfants n'ont pas accès à l'enseignement préscolaire. On compte des régions plus pauvres où il n'existe aucune école du genre.

Les écoles primaires sont gratuites, universelles et obligatoires. La seule langue d'enseignement est l'anglais. Conformément à sa promesse d'élection, le gouvernement a commencé, depuis 1997, à distribuer gratuitement des livres dans les écoles primaires pour les matières fondamentales telles que l'anglais et les mathématiques. Quelque 98 % des enfants fréquentent l'école primaire à la Dominique, mais les faits semblent démontrer que la qualité de l'enseignement peut varier beaucoup d'une école à l'autre.  Plus de 90 % des enseignants n'ont aucune formation universitaire.

Plus de 50 % des élèves accèdent au secondaire où l'on enseigne les langues étrangères. Des expériences sont tentées actuellement pour que le créole (kweyol) soit enseigné dans les établissements secondaires. La Dominique bénéficie de projets régionaux de la part du gouvernement français afin de favoriser l'enseignement du français au secondaire. Le gouvernement envisage d'imposer le français comme langue seconde obligatoire dans toutes les écoles du pays. Selon les statistiques de juin 2004, quelque 25 % des élèves dominiquais suivraient un enseignement en français langue seconde.

Comme la Dominique n'a pas de programme national pour ses écoles, on comprendra que ce sont les établissements d'enseignement eux-mêmes qui déterminent ce qui doit être enseigné. En principe, tous essaient de se rapprocher des exigences du Caribbean Examinations Council (auquel participent les gouvernement des Anguilla, Antigua et Barbuda, Barbade, Belize, les îles Vierges britanniques, les îles Cayman, la Dominique, la Grenade, Guyana, la Jamaïque, Montserrat, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les- Grenadines, Trinité-et-Tobago, les îles Turks-et-Caicos). Le programme d’études du primaire a été réexaminé récemment par l’Unité de développement du programme d’études (CDU). Les écoles ont été pourvues de guides du programme concernant l’enseignement de l’anglais, des mathématiques et des sciences en général. Des manuels de textes pour l’étude de l’anglais sont disponibles depuis septembre 1999.

En ce qui concerne les autochtones caraïbes, les enseignants de la communauté commencent à s'organiser pour intégrer l'histoire, la langue et la culture caraïbe dans le programme des cours officiel et mieux contrôler l'éducation de leurs élèves. 

Enfin, les études universitaires se font exclusivement en anglais. Les cours se donnent essentiellement par la University of the West Indies (l'Université des Antilles) fondée en 1948. Il s'agit d'un établissement autonome régional soutenu par 15 pays: Anguilla, Antigua et Barbuda, le Bahamas, la Barbade, le Belize, des îles Vierges britanniques, les îles Caïman, la Dominique, la Grenade, la Jamaïque, Montserrat, Kitts/Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent et les Grenadines, la république du Trinidad et Tobago. L'Université compte trois campus principaux: à Mona en Jamaïque, Cave Hill à la Barbade et St. Augustine à Trinidad. Il existe aussi à la Dominique l'Institute for Tropical Marine Ecology. On comprendra que, dans ces conditions, règne l'unilinguisme anglais dans les établissements universitaires.

4.4 Les médias et les affaires

Tous les médias écrits (The New Chronicle, The Tropical Star, etc.) paraissent en anglais à la Dominique. La radio et la télévision d'État diffuse également en anglais, de même que plusieurs stations émettant des États-Unis et captées par des antennes. Cependant, le créole est aussi très présent depuis plusieurs années. Des stations de radio et de télévision transmettent de nombreux programmes en créole. Beaucoup de Dominiquais choisissent des fréquences guadeloupéennes et martiniquaises en français ou en créole. La télévision des DOM français, surtout RFO émettant en français, est facilement accessible.

Dans le secteur des affaires bancaires, deux lois prévoient l'emploi de l'anglais de façon très ponctuelle. L'article 7 de la Loi sur la Banque nationale de commerce de la Dominique (1990) précise qu'un document d'affaire doit doit être signé par l'emprunteur et attesté par deux témoins, si l'emprunteur peut lire et écrire l'anglais:

Article 7

Mode d'exécution d'un document apportant une responsabilité

Tout document apportant une responsabilité en vertu de la présente loi doit être signé par l'emprunteur et attesté par deux témoins, si l'emprunteur peut lire et écrire l'anglais, et dans le cas d'un emprunteur qui ne pourrait ni lire ni écrire l'anglais, le document doit être indiqué par l'ajout de la signature de l'emprunteur concerné en présence de deux témoins ou d'un magistrat, d'un juge de paix ou d'un agent de police devant attester ledit document après avoir lu et avoir expliqué le contenu de celui-ci à l'emprunteur.

Lorsqu'un emprunteur ne peut ni lire ni écrire l'anglais, le document doit être indiqué par l'ajout de la signature de l'emprunteur concerné en présence de deux témoins ou d'un magistrat, d'un juge de paix ou d'un agent de police devant attester ledit document après avoir lu et avoir expliqué le contenu de celui-ci à l'emprunteur.

Par ailleurs, l'article 6 de la Loi sur les banques (2005) énonce qu'aucune institution financière autre que celles autorisées ne peut utiliser les  mots «banque», «institution financière», «épargne» et «prêt» ou l'un de leurs dérivés ou une modification de ceux-ci dans une autre langue que l'anglais:  

Article 6

Restriction et pratique dans l'emploi des noms

2) Sauf avec le consentement écrit du Ministre après consultation auprès de la Banque centrale, aucune personne morale autre qu'une institution financière autorisée ne doit utiliser les mots «banque», «institution financière», «épargne» et «prêt» ou l'un de leurs dérivés ou une modification de ceux-ci dans une autre langue, ou de tout autre mot indiquant l'exercice d'une activité bancaire, dans le nom, la description ou le titre sous lequel cette personne exerce ses activités à la Dominique ; ou faire une représentation à cet effet de toute autre manière que ce soit dans le but d'indiquer que cette exerce des activités bancaire à la Dominique : à la condition que rien n'interdise à une association d'établissements autorisés en vertu de la présente loi formée pour la poursuite d'intérêts communs dans l'emploi des mots «banque», «institution financière», «économie» ou «prêt», ou de leurs dérivés ou modifications dans une partie de son nom ou une description de ses activités.

Pour le reste, il n'existe aucune loi de ce pays impliquant l'emploi de l'anglais ou de toute autre langue.

La politique linguistique de la Dominique est relativement simple. C'est une politique de non-intervention qui consiste à perpétuer les pratiques en vigueur lors du colonialisme britannique. Les affaires publiques se déroulent en anglais, mais le peuple continue de parler son créole local à base de français. Diverses tentatives sont actuellement en cours afin de promouvoir l'usage du créole au Parlement, dans l'enseignement et dans les médias. Pour le moment, les réalisations tardent encore, mais les locuteurs du créole dominiquais constituent la majorité linguistique dans le pays. S'il y tiennent vraiment, ils peuvent faire ce qu'ils veulent à la condition de bousculer les forces de l'inertie favorables à l'anglais. Néanmoins, on ne voit pas comment la Dominique pourrait changer de cap à court terme.       

Dernière révision en date du 17 déc. 2015
 

 

Bibliographie

CHAUDENSON, Robert. Les créoles français, Paris Éditions Fernand Nathan, 1979, 173 p.

CHAUDENSON, Robert. Des îles, des hommes, des langues, Paris, L'Harmattan, 1992, 309 p.

COMISIÓN INTERAMERICANA DE DERECHOS HUMANOS. La Situación de los Derechos Humanos de los Indígenas en las Américas, Organización de los Estados Americanos, Washington, 1997,
[http://www.cidh.oas.org/Default.htm].

GAUTHIER, François, Jacques LECLERC et Jacques MAURAIS. Langues et constitutions, Montréal/Paris, Office de la langue française / Conseil international de la langue française, 1993, 131 p.

MUÑIZ-ARGÜELLES, Luis. «Les politiques linguistiques des pays latino-américains», Colloque international La diversité culturelle et les politiques linguistiques dans le monde, Québec, Commission des états généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec, 24 et 25 mars 2001

ORGANIZACIÓN DE LOS ESTADOS AMERICANOS. La situación de les Derechos Indígenas en las Américas, Georgetown, 2000.

YACOUB, Joseph. «Les minorités en Amérique latine et aux Caraïbes» dans Les minorités dans le monde, Paris, Desclée de Brouwer, 1998, p. 781-805. 

   
 
 

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