République Dominicaine

République dominicaine

République dominicaine

República Dominicana

 
 
Capitale: Santo Domingo (Saint-Domingue)
Population: 8,5 millions (2001)
Langue officielle: espagnol (tout le pays) 
Groupe majoritaire:  espagnol (87 %)
Groupes minoritaires:  créole haïtien, créole samaná et langues immigrantes
Système politique: république présidentielle unitaire
Articles constitutionnels (langue): aucune disposition linguistique dans la Constitution du 14 août 1994
Lois linguistiques:  Loi no 1683 sur la naturalisation (1948) ; Code fiscal de la République dominicaine (1992) ; Loi générale sur l'éducation (1997) ; Loi créant le Secrétariat d'État à la Culture (2000).

1 Situation générale

La République dominicaine (en esp. República Dominicana) est un État situé dans la partie orientale de l'île d'Haïti (ou île d'Hispaniola) qu'il partage avec la république d'Haïti (partie occidentale). C'est la seconde plus grande île des Grandes Antilles après Cuba.

La République dominicaine est limitée à l'ouest par Haïti, mais bordée de tous côtés par l'Atlantique et la mer des Caraïbes au sud. Cette république occupe 64 % de la surface de l'île, soit 48 730 km² dans sa partie orientale; pour sa part, Haïti compte sur une superficie de 27 750 km². Par comparaison, la superficie de toute l'île de Cuba est de 100 860 km²; celle de l'Espagne, 504 782 km².

L'île d'Haïti compte donc deux États: à l'est, la République dominicaine, à l'ouest, la république d'Haïti. Par ailleurs, au cours de leur histoire, les deux États n'en ont formé qu'un seul à trois reprises. 

Le pays comprend aussi quelques îles limitrophes, dont Beata au sud-ouest et Saona au sud-est. Sa capitale et plus grande ville est Santo Domingo (Saint-Domingue). La République dominicaine est divisée en 29 provinces et un district national (''Distrito Nacional'') qui comprend Saint-Domingue, la capitale: Azua, Bahoruco, Barahona, Dajabón, Distrito Nacional, Duarte, El Seibo, Elías Piña, Espaillat, Hato Mayor, Independencia, La Altagracia, La Romana, La Vega, Maria Trinidad Sanchez, Monseñor Nouel, Puerto Plata, Salcedo, Samaná, San Cristobal, San Juan, San Pedro, Sanchez Ramirez, Santiago Rodrigues, Santiago, Valverde, Monte Plata, Montecristi, Pedernales et Peravia. 

Rappelons aussi qu'Haïti et la République dominicaine ont en commun le colonialisme européen et de nombreuses occupations américaines, des régimes politiques corrompus à répétition, la religion catholique mêlée au vaudou, une descendance métissée afro-européenne (plus africaine qu'européenne en Haïti), de graves problèmes de santé publique, une sous-scolarisation et une faible productivité agricole. Cependant, les difficultés d'Haïti sont considérablement plus élevées qu'en République dominicaine, car Haïti demeure le pays le plus pauvre des Amériques.

2 Données démolinguistiques

En 2001, la population de la République dominicaine était estimée à 8,5 millions d’habitants. Les provinces les plus importantes par leur population sont les suivantes: le district national de Santo Domingo (2,2 millions), Santiago (700 000), San Cristobal (415 000), La Vega (340 000), Duarte (275 000), Puerto Plata (260 000), San Juan (255 000), San Pedro de Macoris (215 000), Peravia (205 000), Azua (200 000) et Espaillat (200 000). La plupart des Dominicains sont issus d’un métissage entre Noirs africains et Espagnols (75 % de la population), les Blancs créoles représentent environ 15 % de la population, les Noirs 10 %. 

La grande majorité des Dominicains parlent l'espagnol comme langue maternelle, soit 87 %. Chacune des provinces conserve un certain accent propre, souvent teinté d'expressions particulières. Malgré l'influence de l'espagnol, certains termes issus de la langue des indigènes sont encore utilisés et conservent leur sens d'origine: ají (piment), barbacoa (barbecue), batea (baquet), bohío (hutte), canoa (canoë), carey (carapace de tortue), conuco (lopin de terre), guayaba (goyave), hamaca (hamac), huracán (ouragan), iguana (iguane), maíz (maïs), tiburón (requin), yagua (palme) et yuca (manioc).  

On ne compte que deux langues minoritaires: le créole haïtien (environ 2 %) et le créole samaná (0,2 %). Le créole haïtien, on le sait, possède un lexique dont la base principale est le français. La communauté haïtienne vivant en République dominicaine demeure sans statut juridique adéquat et est souvent confrontée au dénuement économique et à l’ostracisme, voire au racisme. Environ 100 000 travailleurs haïtiens et leurs familles, soit 200 000 à 300 000 personnes, vivent dans des conditions déplorables dans quelque 250 «bateyes» (villages de coupeurs de canne à sucre) répartis dans 16 «ingenios» (les raffineries de sucre). En regard des contrats d’embauche, les autorités dominicaines affirment que ceux-ci sont rédigés en espagnol et en créole pour une meilleure compréhension, mais rien ne garantit que les travailleurs soient d’accord avec les termes, la grande majorité d’entre eux étant analphabète. Les autorités de l'iimmigration ont signalé que près de 500 000 à 700 000 Haïtiens se retrouvent sur le territoire dominicain, et 5 % d’entre eux possèdent des pièces d’identité.

Dans la presqu'île de Samana au nord-est, vivent quelques milliers de Noirs (environ 8000 locuteurs) parlant ce qu'on appelle le «créole samaná» dont la base lexicale est faite de mots anglais. Ce sont des descendants d'anciens esclaves venus des États-Unis à partir de 1824 et pratiquant la religion protestante. 

Dans les régions les plus touristiques, mais aussi au sein des communautés d'origine étrangère installées en République dominicaine on parle, entre autres, l'anglais, l'allemand, le français, l'italien ou le néerlandais.

3    Données historiques

À l'origine, l'île était peuplée par les Arawaks (ou Taïnos) et les Caraïbes. Les premiers indigènes  avaient nommé leur île, selon le cas, Ayiti, c'est-à-dire «Terre des hautes montagnes», Quisqueya et Bohio. Lorsque Christophe Colomb aperçut cette île pour la première fois, l'île d'Ayiti comptait probablement quelques centaines de milliers d'habitants. 

3.1 La colonie espagnole

Christophe Colomb découvrit l'île en 1492 et la baptisa Española («l'Espagnole») que les cartographes confondront en Hispaniola («Petite Espagne»). L'île d'Hispaniola fut organisée en colonie par Bartolomeo Colomb — le frère de Christophe — qui fonda, en 1496, la Nueva Isabela (la «Nouvelle Isabelle» en hommage à la reine de Castille). En 1502, cette ville fut anéantie par un cyclone et reconstruite par le gouverneur Nicolás de Ovando; elle prit alors le nom de «Santo Domingo de Guzmán» (Saint-Domingue, en français). À partir de 1508, Santo Domingo se développa et devint la siège du premier vice-royauté des Amériques, de la première cathédrale Nuestra Señora de la Encarnación (Notre Dame de l'Incarnation), du premier hôpital San Nicolás de Bari (construit entre 1503 et1508), du premier évêché, de la première université, de la première cour d'un «vice-roi et gouverneur des Indes» (celle de Don Diego Colomb, fils du grand amiral), du premier Tribunal royal créé en 1511 dont la juridiction s'étendait sur toutes les terres découvertes dans le Nouveau Monde. Bref, Saint-Domingue reste un témoignage essentiel de la culture espagnole de cette époque. 

- L'extermination des autochtones

Mais la découverte de l'île d'Hispaniola fut fatale pour les populations autochtones. Les Espagnols soumirent les Arawaks et les Caraïbes à des travaux forcés afin d'extraire l'or des mines. En moins de vingt-cinq ans, les populations autochtones de Santo Domingo furent complètement décimées par les guerres, les maladies, les suicides collectifs, etc. 

Les Espagnols firent alors venir des Noirs d'Afrique pour remplacer les autochtones. Originaires de diverses ethnies, les esclaves noirs parlaient des langues africaines diverses.  Durant tout le XVIe siècle, Santo Domingo devint la métropole des colonies espagnoles du Nouveau Monde. Dès que l'île commença à ne plus rapporter de l'or, elle suscita moins d'intérêt pour les Espagnols. Vers 1545, ceux-ci concentrèrent leurs efforts dans la partie orientale de l'île qui recelait d’or avec abondance. Saint-Domingue fut, durant tout le XVIe siècle, la métropole des colonies espagnoles du Nouveau Monde. 

- La partition de l'île

Elle connut un premier déclin, dès les années 1580, en raison de la guerre de course anglaise et française: sir Francis Drake ravagea une partie de l’île en 1585. Le territoire de l’actuelle République dominicaine est issu d’un partage effectué à la suite du traité de Ryswick (1697), qui divisa l’île en deux: la partie occidentale (la future Haïti) revint à la France, tandis que l’Espagne conserva la partie orientale. Dans la partie française, Saint-Domingue, les Français continuèrent d'importer des esclaves noirs pour travailler dans les plantations de canne à sucre. Ces derniers avaient développé une langue particulière qui allait devenir le créole. En 1789, à la veille de la Révolution française, la colonie de Saint-Domingue comptait plus de 700 000 esclaves, ce qui était un nombre nettement supérieur par rapport au nombre des Blancs (moins de 50 000); dans la partie espagnole de l'île, on ne comptait que 30 000 esclaves.  

Au traité de Bâle de 1795, l’Espagne céda sa colonie à la France. En 1801, après la grande révolte des esclaves, l’ancien esclave haïtien Toussaint-Louverture prit possession de la partie orientale qu’il souhaitait rattacher à Haïti. Les troupes françaises, défaites à Haïti, parvinrent à se maintenir dans la partie orientale de l’île, qui resta rattachée à l’Espagne, un statut entériné par le traité de Paris (1814). 

Toutefois, la tyrannie exercée par l’administration espagnole provoqua, en décembre 1821, la révolte des Dominicains qui proclamèrent leur indépendance. L’expérience fut de courte durée. En 1822, le président haïtien Jean-Pierre Boyer annexa la partie orientale. L’antagonisme entre les Noirs d’Haïti, les Créoles et les Métis hispanophones rendit l’unification de l’île impossible. Une insurrection chassa en 1844 la garnison haïtienne de Saint-Domingue et proclama la République.

- La République dominicaine

C'est seulement le 27 février de la même année que le pays prit officiellement le nom de République dominicaine, en même temps qu'il obtint son indépendance grâce à Juan Pablo Duarte, Francisco del Rosario Sanchez et Ramon Matias Mella, surnommés les «pères de la patrie». Cependant, fragilisée par la menace d’une invasion haïtienne, la République dominicaine, conduite depuis 1844 par le président Pedro Santana, demanda l'aide de l’Espagne qui annexa à nouveau le pays. La présence de l’Espagne ne parvint pas à mettre fin à l’instabilité et, en février 1865, les Dominicains recouvrirent leur indépendance. De 1844 à 1930, la République dominicaine connaîtra 50 changements de président et 30 révolutions.

Tout au long du XIXe siècle, des groupes d'immigrants, peu nombreux mais importants au point de vue économique, vinrent s'installer en République dominicaine: des juifs de Curaçao, des insulaires des Canaries, des Palestiniens, des Libanais, des Cubains, des Portoricains, mais aussi des Italiens, des Allemands, des Japonais et des Espagnols. Le pays fut dès lors perçu comme une société hispanophone en partie européenne et favorable aux immigrants et au commerce.

3.2 L'indépendance (1865)

Mais la République dominicaine dut faire face au climat menaçant que continuait de régner sur le pays en raison des Haïtiens qui voulaient contrôler toute l'île. Pendant plusieurs années, s'opposèrent, d'une part, les partisans de la tutelle américaine et, d'autre part, ceux qui prônaient le retour à l’autorité espagnole. En 1906, la République dominicaine signa un traité d’une durée de cinquante ans avec les États-Unis. L’administration et les services douaniers passèrent sous le contrôle des Américains en échange du paiement de la dette. En novembre 1916, les Marines américains occupèrent le pays et y restèrent jusqu’en 1924, ce qui permit de développer des cultures industrielles (banane, canne à sucre).

- La dictature de Trujillo

Rafael Leónidas Trujillo  Les Américains procédèrent en même temps à la modernisation des infrastructures et à la formation d’une garde nationale d’où fut formé le général Rafael Leónidas Trujillo y Molina (1891-1961).

Élu en 1930 avec le soutien des États-Unis, Trujillo le «benefactor de la patria» gouverna de façon autoritaire. Pendant sa dictature, marquée par une répression impitoyable et un culte de la personnalité sans réserve, Santo Domingo fut renommée Ciudad-Trujillo, l’ensemble de l’économie passa sous son contrôle. Lui et ses proches finirent par posséder ou contrôler la plus grande partie de l'économie du pays.

Compromis dans une tentative d’assassinat du président vénézuélien Betancourt, Trujillo fut condamné par l’Organisation des États américains (OEA) et, finalement, abandonné par les États-Unis. Le 30 mai 1961, il était assassiné, dans l’indifférence générale, par ses propres hommes, complices de la CIA. La fin de la dictature fut suivie du retour des exilés et du rétablissement des partis politiques.

En décembre 1962, la première élection libre depuis près de quarante ans porta au pouvoir l’ancien exilé Juan Domingo Bosch, chef socialiste du Parti révolutionnaire dominicain. Mais ce dernier fut accusé d’une trop grande sympathie à l’égard du régime castriste et renversé par un coup d’État militaire soutenu par les élites du pays, qui mirent en place un triumvirat civil. En avril 1965, sous prétexte d'empêcher «un autre Cuba», le triumvirat était renversé par un coup d’État par des militaires libéraux dirigés par le colonel Francisco Caamaño, qui armaient la population civile pour prévenir le retour des militaires de droite, provoquant l’intervention armée des États-Unis et de l’OEA. La bataille de Saint-Domingue dura deux mois et fit des milliers de morts.

- La transition démocratique

Un gouvernement provisoire fut constitué et reçut la mission de préparer les élections de juin 1966, qui vit la victoire du conservateur Joaquín Balaguer, chef du Parti réformiste social-chrétien (PRSC), un ancien homme de main de Trujillo. Les Américains partirent et, grâce aux revenus du sucre, aux investissements étrangers et au développement du tourisme, la République dominicaine connut une certaine prospérité. Elle resta cependant menacée par des heurts entre l’armée et l’opposition de gauche. Des escadrons de la mort à la solde de Balaguer massacrèrent plusieurs milliers de personnes. Balaguer fut réélu en 1970, mais dut laisser la place en 1978 à Silvestre Antonio Guzmán, candidat du Parti révolutionnaire dominicain. Les États-Unis du président Jimmy Carter (1977-1981) forcèrent Balaguer à accepter le résultat. 

Après avoir fait échouer un complot militaire, Guzmán procéda à une libéralisation du régime. Il ne se représenta pas à l’élection de 1982 et laissa la place à Salvador Jorge Blanco, également membre du PRD, le Parti révolutionnaire dominicain. Face à la crise économique provoquée par l’effondrement des cours du sucre, les mesures d’austérité imposées par le Fonds monétaire international provoquèrent des émeutes en 1984 et 1985. Le vieux Balaguer retrouva le pouvoir à l’élection présidentielle de 1986 et fut réélu en 1990 et en 1994. Deux ans plus tard, âgé de 89 ans, il quitta ses fonctions après l’élection à la présidence du candidat de centre droit, Leonel Fernández, le 30 juin 1996. Leader du parti de la Libération dominicaine, celui-ci chercha à rénover les structures du pays, profitant d’un boom économique, lié notamment au secteur touristique et à la création de «zones franches» (au nombre de 40 en 1998). Sur le plan extérieur, malgré la mise en place d’une commission mixte chargée de gérer le contentieux entre Haïti et Saint-Domingue, l’antagonisme entre Noirs et Créoles demeura.

En mai 1998, le PRD (opposition sociale démocrate) remporta les élections législatives et municipales. La République dominicaine rétablit ses relations diplomatiques avec Cuba et entama, en collaboration avec Haïti, un programme de lutte contre la drogue. Le pays réitéra, au cours du Forum des Caraïbes, qui s’est tenu en août 1998 à Saint-Domingue, sa volonté de jouer un rôle charnière entre le marché commun centraméricain et celui des Caraïbes (CARICOM). En septembre 1998, le cyclone George frappait durement le pays. En 2000, le vieux Ballaguer fut une dernière fois battu et le Parti révolutionnaire dominicain, dirigé par Hipólito Mejía gagna à nouveau la présidence, ce qui assied les institutions démocratiques de ce pays vivant essentiellement du tourisme et de la canne à sucre. L'ancien président Balaguer décéda le 14 juillet 2002, ce qui mettait fin à son implication dans la très longue transition vers la démocratie. Puis, incapable de maîtriser la crise économique, Hipólito Mejía perdit les élections présidentielles de 2004 au profit de Leonel Fernandez, qui accédait pour la seconde fois à la charge présidentielle. Il fut réélu président de la République lors des élections du 16 mai 2008.

4 La politique linguistique

La politique linguistique de la République dominicaine paraît assez simple dans la mesure où il s'agit de la non-intervention. En effet, même la Constitution de 1994 ne contient aucune disposition linguistique. Il n'existe pas davantage de loi linguistique dans le pays. Tout au plus, deux ou trois lois contiennent des mesures très générales sur la langue espagnole. Seule la Ley No. 41-00 que crea la Secretaría de Estado de Cultura (Loi créant le Secrétariat d'État à la Culture de l'an 2000) compte une disposition proclamant l'espagnol comme langue officielle:

Articulo 6

El Estado protege el idioma español como lengua oficial de la República Dominicana. 

Article 6

L'État protège l'espagnol comme langue officielle de la République dominicaine.

4.1    La langue de l'État

Toute la vie politique, culturelle, administrative, économique, etc., de la République dominicaine se déroule exclusivement en espagnol. Ainsi, le Parlement ne rédige ses lois qu’en espagnol parce que c’est la seule langue utilisée par tous les députés. Il en est ainsi dans toutes les cours de justice du pays. L’enseignement n’est dispensé qu’en langue espagnole, sauf pour les cours de langues secondes qui sont obligatoires à partir de la deuxième année du secondaire. Comme, l’État ne reconnaît aucune langue minoritaire dans le pays, l’unilinguisme espagnol règne en maître absolu. 

La loi no 1683 sur la naturalisation exige qu'un acte de naissance soit rédigé «en castillan», ou avec une traduction officielle:

Loi no 1683 du 16 avril 1948 sur la naturalisation

Article 6 (modifié par la loi 4063 de 3355. Gazette officielle 7811)

La naturalisation doit être sollicitée auprès du Pouvoir exécutif par l'intermédiaire du secrétaire d'État intérieur et de la Police, et doivent être annexés sur demande les documents suivants :

a) Un certificat de non-criminalité émis par le procureur fiscal du district judiciaire correspondant ; et

b) l'acte de Naissance, avec la traduction officielle, si elle n'est pas rédigée en castillan. En l'absence de l'acte de naissance par impossibilité matérielle de l'obtenir, il est possible d'accepter comme équivalent un acte spécial obtenu devant le juge de paix, signé par trois personnes plus âgées qui font foi qu'elles connaissent le requérant, la nationalité et l'âge approximatif de l'intéressé.

Paragraphe I. Dans le cas où l'intéressé possède une nationalité qui n'est pas sa nationalité d'origine, un historique sommaire de cette situation doit être fait.

L'article 50 de la loi no 11-92 (Code fiscal) donne un indice de l'importance de l'espagnol (appelé castillan) auprès de entreprises:

Loi no 11-92

CODE FISCAL DE LA RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

Article 50

Obligations formelles des contribuables, des responsables et des tiers

Les contribuables, responsables et tiers sont tenus de dispenser les tâches d'identification, de surveillance, d'enquête et de recouvrement effectuées par l'Administration fiscale et en particulier les obligations formelles indiqués ci-après :


a) Tenir les registres et les livres obligatoires de comptabilité ainsi que les livres supplémentaires ou particuliers qui leur seraient demandés. Les annotations dans les livres de comptabilité doivent être faites généralement au fur et à mesure que se déroulent les opérations. Ces livres doivent être rédigés
en langue castillane.

4.2    L'éducation

L'éducation est régie par la loi no 66-97 ou Loi générale sur l'éducation (Ley General de Educación) adoptée le 9 avril 1997, ainsi que par la Loi sur l'éducation supérieure (Ley de Educación Superior de la República Dominicana). L'article 39 de la loi no 66-97 stipule ce qui suit au sujet du primaire (les dispositions des paragraphes 3, 4 et 9 concernant la langue sont indiquées en rouge):

Article 39

Les fonctions du second cycle sont les suivantes:

1) Approfondir les habiletés développées par les élèves lors du premier cycle; 

2) Promouvoir dans le système éducatif la réflexion, la critique, l'autocritique et la construction de ses connaissances; 

3) Développer la capacité d'expression dans la langue maternelle et l'intérêt pour la lecture; 

4) Offrir l'occasion d'acquérir les éléments de base d'au moins d'une langue étrangère; 


5) Garantir l'apprentissage des sciences en mettant l'accent sur l'observation, l'analyse, l'interprétation et la synthèse; 

6) Renforcer l'éducation morale comme un ensemble de contenus spécifiques dans le secteur des sciences sociales; 

7) Développer des aptitudes dans les différentes expressions artistiques; 

8) Compléter la tâche de formation développée lors du niveau initial et le premier cycle du niveau de base; 

9) Les élèves doivent être capables d'utiliser avec efficacité la communication orale et écrite dans leur langue propre ainsi que les éléments de base d'une langue étrangère; 

10) Promouvoir un plus grand intérêt pour la recherche et les connaissances scientifiques, technologiques et humanistes, ainsi que pour la communication, l'informatique et les différentes expressions artistiques; 

11) Les élèves devront prendre en charge, de façon libre et responsable, une échelle de valeurs fondamentales concernant la coexistence humaine; 

12) Offrir une orientation professionnelle.
 

On remarquera le mot espagnol (español) n'est même pas mentionné pour la «langue maternelle» (lengua materna), ce qui démontre le peu d'urgence à légiférer dans ce domaine. Pour ce qui est des langues étrangères, l'anglais vole la première place, mais est suivi du français. L'article 43 de la même loi (Loi générale sur l'éducation) mentionne aussi que, dans le second cycle du «niveau moyen», l'élève devra développer des habiletés «à répondre avec profondeur» («responder con profundidad») au développement de la science, de la technologie et des arts, et sur les problèmes critiques de l'économie, de l'environnement et des composantes essentielles relatives à la culture, aux langues, à l'histoire, aux coutumes, aux pensées et comportements humains. 

Article 43

Le deuxième cycle du niveau moyen propose différentes options.

Il se caractérise par les fonctions suivantes :

a) Développer au niveau des élèves des habiletés à répondre avec profondeur au développement de la science, de la technologie et des arts, et de cette manière se conscientiser sur les faits et processus sociaux, au niveau national et international, ainsi que sur les problèmes critiques de l'économie, de l'environnement et des composantes essentielles relatives à la culture, ainsi l'importance que revêt le domaine des langues, de l'histoire, des coutumes, des pensées et des comportements humains;

Quant à l'éducation supérieure, elle n'est dispensée, comme tout le reste, qu'en espagnol que ce soit à l'Université Apec, I'Université autonome de Santo Domingo, l'Université catholique de Santo Domingo, l'Université dominicaine O&M, l'Université ibéro-américaine, l'Université nationale Pedro Henríquez Ureña ou l'Université technologique de Santiago.

4.3    Les médias

La plupart des journaux sont publiés en espagnol, que ce soit En Marcha! (Santo Domingo), Hoy (Santo Domingo), Listín Diario (Santo Domingo), El Nacional, (Santo Domingo), Primicias (Santo Domingo), Rumbo Diario (Santo Domingo), El Siglo (Santo Domingo), Ultima Hora (Santo Domingo), etc. Il existe quelques journaux en anglais, dont Framboyan (Santo Domingo) et Domingo News (Santo Domingo).   

Quant aux médias électroniques, ils sont en espagnol.  Il en est ainsi de Alcatraz FM, Amor FM, Cadena de Noticias (CDN), Santo Domingo Circuito Merengue, Comando 88, Éxtasis FM, Hiz 730, Kiss 95, La 91 FM, La Rocka, La X, Manía FM, Neón 89, Radio Amanecer Internacional, Radio Cima, Radio Guarachita, Radio Millón, Radio Revelación en América, Radio Universal, Ritmo 96, Rumba FM, Rumba Cibao, Studio Rock, Súper, Súper Regional ou RTVD (Radio Televisión Dominicana), CDN (Cadena de Noticias), Color Visión, TeleAntillas, TeleCentro, TeleMicro et TeleSistemaMango Television.

En somme, la politique linguistique de la République dominicaine en est une de non-intervention. Dans un pays aussi homogène au plan linguistique, il n'est pas surprenant que l'État ne sente pas le besoin d'intervenir, surtout qu'il n'existe pas vraiment de minorité nationale, les Haïtiens constituant davantage une minorité immigrante. De plus, la culture amérindienne n’y tient aucune place pour la simple raison qu'on n'y compte plus d'autochtone dans ce pays.  En somme, l'État dominicain a probablement fait le bon choix, hormis le fait que les droits des minorités ethniques ne sont pas bien respectés. Le Comité des droits de l'homme de l'Onu rapportait en 2001 le cas des travailleurs haïtiens et les pratiques qui limitent leur liberté de circulation, les expulsions collectives, l'absence de programmes d'éducation à leur intention, etc. Comme quoi, rien n'est parfait.

Dernière révision en date du 20 janv. 2012
 

 

Bibliographie

COMISIÓN INTERAMERICANA DE DERECHOS HUMANOS. La Situación de los Derechos Humanos de los Indígenas en las Américas, Organización de los Estados Americanos, Washington, 1997,
[http://www.cidh.oas.org/Default.htm].

ENCYCLOPÉDIE MICROSOFT ENCARTA, 2004, art. «République dominicaine», pour la partie historique.

MUÑIZ-ARGÜELLES, Luis. «Les politiques linguistiques des pays latino-américains», Colloque international La diversité culturelle et les politiques linguistiques dans le monde, Québec, Commission des états généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec, 24 et 25 mars 2001

ORGANIZACIÓN DE LOS ESTADOS AMERICANOS. La situación de les Derechos Indígenas en las Américas, Georgetown, 2000.

YACOUB, Joseph. «Amérique du Sud australe» dans Les minorités dans le monde, Paris, Desclée de Brouwer, 1998, p. 814-819. 



 

L'Amérique du Sud