La famille altaïque
 
  Groupe Langue
1

Turc
(turcique)

turc, turkmène, ouzbek, ouïgour, azéri, kazakh, kirghiz, tatar, crimo-tatar, gagaouze, karakalpak, ouroum (urum), bachkir, nogaï, tchouvache, karachaï-balkar, khorasani, khalaj, koumik, kachkaï (qashqai), shor, yakoute, dolgan, touvain (touva), salar (Chine), etc.
2


Mongol

khalkha (mongol proprement dit), oïrat, bouriat(e), kalmouk, xorein, évenki, darkhat, kalmik-oirat, tu, daur, bonan, dongxiang, darhad, sartuul, uriankhai, etc.
3


Toungouze

mandchou, lamoute, nanai, negidal, oroch, oroqen, oudihe, oulchm xibe, hezhe, solon, xibe, etc. 

La famille altaïque doit son nom aux monts Altaï, un massif de quatre chaînes de montagnes de l'Asie centrale s'étendant des frontières du sud de la Russie et de l'est du Kazakhstan jusqu'à à la Mongolie et la Chine. La famille altaïque regroupe plus d'une soixantaine de langues, dont les langues du groupe turc ou turcique, du groupe mongol et du groupe toungouze, aux confins de la Sibérie et de la Chine (à l'est).

1. Le groupe turcique (200 millions)

Le groupe turc ou groupe des langues turciques comprend une quarantaine de langues réparties dans une vaste région allant de l'Europe de l'Est (Moldavie) jusqu'à la Sibérie en passant par l'île de Chypre (au nord), les républiques du Caucase et de l'Asie centrale, ainsi que l'ouest de la Chine. Environ 200 millions de locuteurs pratiquent une langue turque comme langue maternelle, auxquels s'ajoutent quelques dizaines de millions additionnels comme seconde langue.
 

Les pays comptant des locuteurs turcophones sont la Moldavie (gagaouze), la Bulgarie (turc), la Grèce (turc), la Turquie (turc), l'île de Chypre-Nord (turc), la Crimée (crimo-turc), l'Irak (azéri), la Géorgie (azéri, ouroum, tatar, turc), l'Azerbaïdjan (azéri), l'Iran (turkmène, kachkaï, khalaj, khorasani), le Kazakhstan (kazakh, ouïgour), l'Ouzbékistan (ouzbek, karakalpak, kazakh, turkmène), la Turkménistan (turkmène), le Tadjikistan (ouzbek), l'Afghanistan (ouzbek), la Mongolie (kazakh, touvain), la Chine (kazakh, ouïgour, salar) et la Russie (tatar, karachai, koumik, tchouvache, khalaj, bachkir, touvain, khaskas, nogaï, yakoute et dolgan).   

Parmi toutes les langues turques, les plus importantes en nombre de locuteurs sont le turc (75 millions), l'azéri (25 millions), l'ouzbek (15 millions), le kazakh (12 millions), l'ouïgour (10 millions), le tatar (7 millions), le turkmène (7 millions), le kirghiz (4 millions), le bachkir (2 millions), le tchouvache (2 millions), le kachkaï (1,8 million).  Il existe aussi beaucoup de petites langues en voie d'extinction.  Les seuls pays où une langue turcique (turque) est officielle sont la Turquie (tuc), l'île de Chypre-Nord (turc), l'Azerbaïdjan (azéri ou azerbaïdjanais), le Kazakhstan (kazakh), l'Ouzbékistan (ouzbek) et le Turkménistan (turkmène). La langue officielle du Tadjikistan est le tadjik, une langue indo-iranienne.

Les langues turques sont en concurrence avec le russe au nord (une langue slave), les langues indo-iraniennes (le persan, le kurde, le pachtou, le tadjik, etc.) à l'est, l'arabe au sud (une langue afro-asiatique) et, dans une moindre mesure, le chinois (une langue sino-tibétaine), plus à l'est.

2. Le groupe mongol (7,5 millions)

Les langues du groupe mongol sont principalement parlées en Asie centrale; on en dénombre une quinzaine pour un total de 7,5 millions de locuteurs. Le khalkha (ou mongol, avec 2,4 millions), la langue officielle de la Mongolie, est la plus importante. Cette langue connut une très grande extension au XIIIe siècle avec Gengis Khan qui se rendit maître de la Chine puis, du XVIe au XIXe siècle, avec les Grands Moghols, qui fondèrent un empire s'étendant jusqu'au nord de l'Inde (1526-1858).

Bien que la plupart des langues de ce groupe comptent un petit nombre de locuteurs, certaines d'entre elles connaissent un nombre de locuteurs non négligeable: l'oïrat (500 000), le bouriat (260 000), le kalmouk (154 000), le daur ou dagur (96 000), le narua ou naru (47 000), l'évenki (30 000), etc., 

3. Le groupe toungouze (75 000)

La plupart des langues du groupe toungouze (ou toungouse) sont en voie d'extinction, tant en  Russie qu'en Mongolie ou en Chine. On compte une douzaine de langues pour un total d'environ 75 000 locuteurs, dont le mandchou (presque éteint) en Chine et plusieurs autres petites langues de Sibérie et de Chine. Le solon est l'une des langues comptant le plus de locuteurs (17 000), avec le xibe (2600) et l'oroqen (2200). De 1644 à 1912, c'est une dynastie d'origine mandchoue, les Qing, qui régna sur la Chine; la langue officielle était alors le mandchou, qui servit de langue véhiculaire entre ce pays et l'Occident.

Compte tenu du faible nombre de locuteurs  et de leur répartition éparse dans de vastes territoires, les langues des groupes mongol et toungouze ne couvrent pas la totalité des territoires concernés (voir la carte ci-haut), mais seulement quelques petites agglomérations. La carte indique plutôt l'aire linguistique d'origine sur ces mêmes territoires.

Dernière mise à jour: 13 janv. 2016


 

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