La famille sino-tibétaine
(famille sino-thaïe)

 

Groupe

Langues

1

chinois chinois (mandarin ou putonghua), wu, min ou minnan, hakka, cantonais, xiang, yu, gan, huizhou, jinyu, puxian, dougane, jing ou jin yu, etc.

2

tibéto-birman

sous-groupe tibétain 
 
sous-groupe birman
 
sous-groupe qianguique
 
 isolat
tibétain, dzongkha, itszu, lisu, lahu, néwari, tamang, magar, limbu, gurung, sherpa, bai, naxi, maonan, nu, tu, momba, drung, bodo, etc.
birman, kachin (ou jingpo), deng, karène, chin, achang, naga, yi, hani, jino, luoba, xarba, etc.
rgyalrong, qiang du Nord, qiang du Sud, ergong, zhaba, guiqiong, muya, ersu (ou tosu), queyu (ou choyo), namuyi, shixing, pumi.

tujia

La famille sino-tibétaine (ou sino-thaïe) est la deuxième famille en importance dans le monde avec environ 25 % de la population mondiale, soit 1,5 milliard de locuteurs. Son aire d'extension est pratiquement limitée à la Chine. Les langues sino-tibétaines sont près de deux fois millénaires et l'écriture idéographique, qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours, semble avoir été constituée dès 1300 avant notre ère. Cette famille regroupe environ 250 langues réparties en deux groupes: le groupe chinois et le groupe tibéto-birman, ce dernier se divisant en plusieurs sous-groupes comprenant les langues tibétaines, les langues birmanes et les langues qianguiques. Les langues tibéto-birmanes à elles seules sont parlées par environ 65 millions de locuteurs.

C'est un linguiste allemand, Julius Klaproth, qui a découvert la famille tibéto-birmane en 1823. Dans un ouvrage intitulé Asia Polyglotta, Klaproth incluait les trois langues connues à son époque: le chinois, le tibétain et le birman. Il basait son hypothèse sur le fait que plus de 400 mots étaient communs entre les trois langues. Cependant, en 1988, l'Américain Jerry Norman admettait que «les correspondances phonologiques entre le chinois et le tibéto-birman n'ont jamais été étudiées en détail». D'autres linguistes ont souligné que les langues chinoises et tibéto-birmanes sont très différentes. Par exemple, le chinois apparaît comme une langue monosyllabique et isolante, alors que le tibétain se présente comme une langue agglutinante à l'exemple du japonais ou du mongol. Pour toutes ces raisons, l'expression «famille sino-tibétaine» fait l'objet de controverses. C'est pourquoi beaucoup préfèrent parler de la famille sino-thaïe plutôt que sino-tibétaine.

1 Le groupe chinois

Le groupe chinois compte environ un milliard de locuteurs; si au moins 835 millions de personnes parlent le chinois proprement dit ou mandarin, 380 millions d'individus parlent quelque 24 autres langues chinoises comme le wu, le cantonais, le min, le xiang, le hakka, le gan, etc.

Ces langues sont très importantes dans la mesure où plusieurs d'entre elles comptent un grand nombre de locuteurs: le min (77 millions), le wu (77,1 millions), le yu (46,3 millions), le jinyu (45 millions), le xiang (36 millions), le hakka (25,4 millions), le gan (20,5 millions), etc.  Il existe aussi de plus petites langues comme le dougan parlé par environ 50 000 locuteurs, dont 35 000 au Kirghizistan.

2 Le groupe tibéto-birman

Le groupe tibéto-birman compte probablement quelque 65 millions de locuteurs répartis entre 250 langues. La plupart des locuteurs de ces langues résident en Chine, au Népal, au Bhoutan, en Inde, au Pakistan, au Bangladesh, en Birmanie, en Thaïlande, au Vietnam et au Laos. 

Les langues de ce groupe les plus importantes sont le tibétain (1 million), le birman (32 millions), le karène (3 millions), le yi (4,2 millions), etc. Le dzongkha, la langue officielle du Bhoutan, n'est parlé dans le monde que par 133 000 locuteurs. Les langues tibéto-birmanes se divisent en trois sous-groupes: les langues tibétaines (tibétain, dzongkha, itszu, lisu, néwari, tamang, magar, limbu, gurung, sherpa, etc.), les langues birmanes (birman, kachin, karène, chin, naga, yi, etc.) et les langues qianguiques. Ces dernières, au nombre de 12, sont parlées par de petites peuples nomades (les Qiang) de la Chine de l'Ouest.

La plupart des petites langues tibéto-birmanes sont sur la voie de l'extinction à court terme, souvent parce qu'elles ne sont que peu écrites, sinon peu décrites.

Dernière mise à jour: 01 janv. 2016

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