Drapeau des Maldives République des Maldives

Maldives

(Divehi Rajjeyge Jumhooriyya)

Capitale:  Malé
Population: 314 175 (est. 2004)
Langue officielle: maldivien
Groupe majoritaire: maldivien (98,6 %)
Groupes minoritaires: cinghalais (0,6 %), gujarati (0,1 %), malayalam (0,1 %), tamoul (0,1 %), arabe (0,1 %), malais (0,0 %), anglais (0,0 %).
Langue coloniale: anglais
Système politique: république présidentielle
Articles constitutionnels (langue): articles 11 et 51 de la Constitution du 1
er janvier 2008
Lois linguistiques: Règlement sur les partis politiques (2005); Loi sur la protection du consommateur
(1996); Règlement sur le procédure du Conseil du peuple (2006).

1 Situation générale

Les Maldives sont un petit pays insulaire de l'Asie méridionale, situé dans le nord de l'océan Indien, au sud-ouest de la pointe méridionale de l'Inde. Les Maldives sont constituées de 1190 îles regroupées en atolls, mais seulement 500 sont habitées. La superficie totale est de 298 km², ce qui est minuscule pour un pays, puisqu'un  pays comme la Belgique compte 32 545 km². L'archipel s'étend sur près de 900 km du nord au sud et 130 km d'est en ouest. La capitale et la plus grande ville des Maldives est Malé (80 000 habitants) dans le entre du pays. Les pays voisins incontournables demeurent l'Inde à 600 km au nord et le Sri Lanka à 670 km à l'est. 
 

Un recensement officiel a dénombré 26 atolls pour les 1190 îles de l'archipel; par décret gouvernemental, le nom d'île est octroyé à toute partie de terre émergée sur laquelle poussent certaines formes de végétation (herbes, bosquets ou palmiers); les bancs de sable ne sont pas recensés.

2 Données démolinguistiques

En 2004, la population des Maldives était estimée à quelque 317 000 habitants. Les atolls les plus peuplés sont Malé (28,8 %), Siin (6,4 %), Haaf Dhaalu (6,2 %), Raa (5,3 %), Kaaf (5,1 %) et Haa Alif (4,9 %). C'est un pays peu peuplé, car on compte en moyenne environ 400 habitants par île habitée.

Même si l'on dénombre huit groupes ethniques, la population des Maldives est très homogène, car plus de 98 % sont des Maldiviens, les autres étant cinghalais, goujarates, malayali, tamouls, arabes, malais ou britanniques. L'islam est la religion d'État, et presque toute la population est de confession musulmane sunnite, sauf les Britanniques. Aucun autre culte que l'islam n'est autorisé aux Maldives, mais il est permis aux résidants étrangers de pratiquer leur religion s'ils le font à titre privé et n'encouragent pas les citoyens à y participer.

La langue officielle du pays est le maldivien, une langue appelée malik, malki ou divéhi; c'est une langue indo-iranienne apparentée au cinghalais, lequel est parlé généralement au Sri Lanka. Il n'est probablement pas dû au hasard que la minorité la plus importante soit justement les Cinghalais, mais elle ne représente que 0,6 % de la population. Le maldivien est parlé aussi par quelque 4500 locuteurs dans les îles Minicoy et Laccadive au sud-ouest de l'Inde, parce que ces île sont déjà été sous la juridiction des Maldives, avant de passer à l'Inde. Le maldivien s'écrit avec un alphabet très particulier résultant d'une fusion entre les alphabets arabe et télougou: le thaana, comptant 38 lettres et écrit de droite à gauche.

Alphabet divehi

Le texte ci-dessus se transcrit comme suit en alphabet latin (texte tiré du journal Sandhaanu, du 15 août 2002):

al'la'ufedhey qaanoonu asaaseege himaayaïlibigen siyaaseepaateetha' hingeynegoïtha' hamajehifaïneïnama e'qaanoonuge misaalakee alifaanroavej'jenama salaamaïvaane sidie'neï ethake'bureege imaaraathe'ge misaaleve. Une constitution nouvellement rédigée qui ne donne pas de protection aux partis politiques dans ses mots est équivalente à un bâtiment à plusieurs étages sans sorties de secours.

Au cours de son histoire, le maldivien a subi l'influence de l'arabe, puis du cinghalais, du portugais et de l'anglais, ce qui n'a pas empêché la langue de naturaliser ou de «maldivier» les emprunts. Le maldivien n'est pas une langue uniforme; il est fragmenté en plusieurs variétés dialectales en raison de la distribution clairsemée des îles. Les différences de prononciation et de vocabulaire se sont développées, particulièrement entre les atolls entre le Nord et le sud. Par exemple, il est difficile pour les insulaires de Malé (au centre) de comprendre les variétés dialectales par exemple le dialecte employé par les Maldiviens des atolls de Haa Alif (au nord) et ceux d'Addu (au sud).

Les minorités du pays sont très petites: elles parlent, entre autres, le gujarati (0,1 %), le malayalam (0,1 %), le tamoul (0,1 %), l'arabe (0,1 %), le malais (0,0 %) et l'anglais (0,0 %).

Groupe ethnique Langue maternelle Affiliation linguistique Population %
Maldiviens (Malki) maldivien langue indo-iranienne 310 000 98,6 %
Cinghalais cinghalais langue indo-iranienne 2 000 0,6 %
Goujarates gujarati langue indo-iranienne 572 0,1 %
Malayali malayalam langue dravidienne 458 0,1 %
Tamouls tamoul langue dravidienne 430 0,1 %
Arabe arabe langue chamito-sémitique 372 0,1 %
Malais malais langue austronésienne 229 0,0 %
Britanniques anglais langue germanique 114 0,0 %
 Total = 314 175  

L'anglais est demeuré une langue étrangère aux Maldives (seulement 114 «vrais» anglophones), mais il est parlé dans tous les lieux touristiques, ainsi que dans les hôtels. En fait, on parle l'anglais surtout dans l'atoll Addu (tout au sud), car les Britanniques y avaient installé une base aérienne de la Royal Air Force durant une vingtaine d'années. Mentionnons que la petite île de quatre hectares, Rihiveli, située à l'extrémité sud de l'atoll de Malé, est gérée par un Français qui y possède une cinquantaine de bungalows destinés aux touristes.... français, suisses et italiens. C'est en quelque sorte «l'île française» des Maldives.

3 Données historiques

À l'origine, les îles Maldives furent peuplées par des populations bouddhistes en provenance du sud de l'Inde et du Ceylan (Sri Lanka). Forcément insulaires, les Maldiviens ont toujours été d'excellents marins en sillonnant l'océan Indien dans toutes les directions. On affirme aussi que les Maldives et les Seychelles auraient servi de lieu d’étape pour les immigrants venus d’Indonésie et qui s’installeront en Afrique de l’Est et à Madagascar, vraisemblablement au cours des IVe et Ve siècles.

L’archipel des Maldives aurait eu des contacts avec tous les pays baignés par l’océan Indien.  Les Maldiviens s'approvisionnaient en coco de mer aux îles Seychelles et en bois de santal à Madagascar. Ils demeurèrent ainsi au centre des relations commerciales avec l'Inde, le Ceylan (aujourd'hui le Sri Lanka), la Malaisie, les émirats arabes, les Ottomans, les Perses et certains empires africains; ils constituaient une sorte de «banque centrale» de ce grand ensemble économique en apportant la monnaie d'échanges. En effet, les Maldiviens se servaient de coquillages appelés cauris (Cypraea moneta) qu'ils ramassaient sur les plages. Ces coquillages ont constitué la plus ancienne monnaie connue. Le nom vient du mot sanskrit kaparda (ou kapardika) transformé par les Britanniques en cauri ou cowri. Ces cauris avaient été apportés en Europe par les Hollandais qui les distribuaient ensuite dans les ports négriers. Ce commerce des cauris aurait duré plus de 700 ans.  Le contact de diverses cultures a favorisé le développement de la pêche, de l’agriculture, de l’artisanat et du commerce chez les Maldiviens qui avaient élaboré leur propre système d'écriture, le dive hi ha kuru («lettres des îles»), hérité probablement du cinghalais (Sri Lanka), car les Maldiviens avaient des contacts avec tous les insulaires de l'océan Indien.

3.1 L'islamisation

À partir du VIIIe siècle, et ce, jusqu’au XIIIe siècle, l’expansion de l’islam et la domination du commerce arabe firent en sorte que des musulmans s’installèrent en grand nombre dans les Maldives, surtout à partir de 1153, et plusieurs épousèrent des femmes maldiviennes. Ce phénomène s'est produit à une grande échelle au XIIIe siècle lorsque les Maldiviens et les Cinghalais commercèrent avec les Arabes. La conversion à l'islam marqua un tournant de l'histoire de l'archipel, désormais régi par des sultanats. L'islam eut notamment une répercussion sur l'écriture divéhi qui fut remplacée par l'alphabet d'influence arabe (le Thaana), tout en continuant à être utilisée dans certaines îles jusqu'au XIXe siècle.

Dans la seconde moitié du XVe siècle, les Portugais firent du commerce à Malé qu'ils avaient fondé; c'est à cette époque que certains mots portugais pénétrèrent dans la langue maldivienne. Ensuite, bien que les îles restèrent gouvernées par un sultan arabe local, l'influence européenne s'est poursuivie par la présence des Hollandais au XVIIe siècle, qui y établirent un protectorat, sans y fixer d'administration coloniale. Pendant quelques siècles, une quarantaine de bâtiments maldiviens embarquaient annuellement leur cargaison de cauris à destination de l'Inde et du Bengale. Comme les Maldiviens se trouvaient sur la route des épices, ils ont forcément exercé une influence dans le commerce international. En même temps, malgré la dispersion des îlots, ce petit  peuple de marins et de nomades a toujours su protéger sa culture et son identité, protégé par l'insularité.

3.2 Le protectorat britannique

En 1887, les îles Maldives devinrent officiellement un protectorat britannique. Mais les Britanniques ne colonisèrent pas les Maldives, ce qui permit à la population locale de s'assurer une relative prospérité. Mais l'anglais s'imprégna un peu dans la langue des Maldiviens, de même que le cinghalais, parce que les Maldives dépendaient de la colonie du Ceylan. Les premières écoles ouvrirent en 1924; il s'agissait d'écoles coraniques. En 1932, les Maldiviens adoptèrent une constitution démocratique tout en demeurant un sultanat, mais cette fonction fut dorénavant soumise à des élections; elle n'était plus héréditaire comme par le passé. Dans les années quarante, les 20 zones administratives (que l'on reconnaît encore aujourd'hui) furent rebaptisées à partir des lettres de l'alphabet divéhi, même les noms traditionnels demeurèrent employés; par exemple l'atoll Maalhosmadulu au nord a été changée en atoll Raa.

En 1953, les Maldives proclamèrent la République et abolirent le Sultanat. Le premier président du pays, Amin Didi, conserva fort peu longtemps le pouvoir: un sultan fut élu pour le remplacer l'année suivante (1954). Deux ans plus tard (1956), la Royal Air Force de Sa Majesté britannique obtint des autorités maldiviennes l'autorisation de s'installer sur l'atoll d'Addu, à l'extrême sud de l'archipel. C'est alors que le premier ministre maldivien, Ibrahim Nasir, demanda une révision de l'accord avec la Grande-Bretagne et exigea une augmentation de la compensation financière. La population de l'atoll, en grande partie anglaise et employée par la base militaire, se révolta contre cette demande et réclama son indépendance. Ibrahim Nasir mit fin à l'insurrection, mais la question de l'indépendance était désormais posée. Dès le début de la décennie, l'anglais devenait la langue d'enseignement dans les écoles, alors que le maldivien continuait d'être la seule langue employée dans l'Administration et les communications quotidiennes des habitants du pays. Le 1er novembre 1956, l'Inde annexait officiellement les îles Minicoy et Laccadive jusqu'alors plus ou moins placées sous la juridiction des Maldives.

3.3 L'indépendance

En 1965, les Maldives accédèrent à l'indépendance sous la forme d'un sultanat, mais en 1968 un référendum permit d'abolir ce régime et d'instaurer une république dirigée par Ibrahim Nasir, qui instaura un pouvoir autocratique, avec comme langue officielle le maldivien. En 1978, Ibrahim Nasir dut s'enfuir à Singapour, car la population menaçait de le lyncher.

En 1988, les troupes indiennes furent appelées aux Maldives pour s'opposer à un coup de force fomenté par des mercenaires tamouls. Depuis le début des années 1980, les Maldives ont porté un intérêt tout particulier aux problèmes liés à l'environnement; ils se sont inquiétés notamment du réchauffement de la planète, ce qui provoque une élévation du niveau des mers face à laquelle la petite république insulaire et particulièrement vulnérable en raison de la très faible altitude de son territoire. C'est un pays qui vit maintenant en grande partie grâce au tourisme (de 60 % à 70 % de son économie). Les ressources agricoles sont faibles, alors que la population est extrêmement dense.

Les Maldives vivent sous le régime de parti unique du président Maumoon Abdul Gayoom qui dirige le pays depuis 26 ans. De tous les pays majoritairement musulmans, les Maldives bénéficient, selon le PNUD (Programme de développement des Nations unies), du taux d'alphabétisation des adultes (96 %) le plus élevé. Le gouvernement tente bien de combiner l'affirmation de l'identité islamique, qui lui assure l'appui des émirats du Golfe, et la poursuite de la modernisation du pays, qui ne doit pas rester limitée à Malé, l'île-capitale. De nombreux Maldiviens ont été arrêtés après des manifestations en faveur de la démocratie. Le porte-parole du  Parti démocratique des Maldives (MDP) a déclaré à Colombo (Sri Lanka): «Pendant que vous appréciez les plages des Maldives, n'oubliez pas que Gayoom torture son peuple.» Le président Maumoon Abdul Gayoon, réélu à 90,3 % par référendum, le 17 octobre 2003, s’est engagé à poursuivre sa politique de libéralisation.

Cela étant dit, les habitants des Maldives devront bientôt se résoudre à quitter leurs îles. En effet, près de 80 % des terres de l’archipel sont situées à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer. Si le niveau des océans monte, comme le prévoient les spécialistes du climat, les quelque 1200 atolls de ce petit pays seront engloutis avant la fin du présent siècle, car une montée des eaux de 58 centimètres devrait avoir lieu d'ici 2100. Mohamed Anni Nasheed, le nouveau président élu en novembre 2008 aux Maldives, a précisé que son gouvernement allait commencer à épargner une partie des recettes générées par le tourisme en vue du déplacement de la population du pays si celui-ci venait à être englouti. Le gouvernement veut acheter des terres en Inde et au Sri Lanka pour reloger les Maldiviens; l’Australie serait également une possibilité. Jusqu'à maintenant, aucun pays n'est parvenu à installer ailleurs la totalité de sa population sans que cela ne dégénère en conflits.

4 La politique linguistique

Les Maldives n'ont pas vraiment de politique linguistique. Le divéhi est la langue normale des Maldiviens, qui n'a pas à proprement parler rivaliser avec d'autres langues, même pas l'anglais. Le maldivien n'est pas une langue officielle de jure, mais il a acquis ce statut dans les faits.

4.1 La langue de l'État

Les membres du Parlement (le "Majlis") délibèrent en maldivien, même si de nombreuses lois sont ensuite rédigées en anglais; le président et les parlementaires doivent être de confession musulmane. Dans la Constitution précédente de 1964, un seul article portait sur la langue. Il s'agissait de l'article 66 de la Constitution du 4 juin 1964, modifiée en 1968, qui obligeait les membres du Parlement à être de religion musulmane et à connaître l'arabe et le maldivien: 

Article 66 [abrogé]

Quiconque sera qualifié pour être membre du Majlis des citoyens s'il:

a) est musulman
b) est citoyen des Maldives;
c) a au moins vingt-cinq ans;
d) est sain d'esprit;
e) est capable de lire et écrire les lettres et les chiffres en arabe et en maldivien.

La nouvelle Constitution du 1er janvier 2008 proclame le divéhi (maldivien) comme «langue nationale»:

Article 11

Langue nationale


La langue nationale des Maldives est le divéhi.

L'article 40 du Règlement sur le procédure du Conseil du peuple (2006) exige qu'une requête du Majlis (Parlement) doit être formulée en maldivien:

Article 40

Libellé des requêtes

(a) Toute demande de requête doit être formulée dans un langage approprié, en conformité avec les normes de la langue maldivienne et adressée au Majlis.

(b) Toute requête doit être accompagnée du nom, de l'adresse et de la signature de la personne qui propose ladite requête.

L'article 20 du Règlement sur le procédure du Conseil du peuple (2006) mentionne que les membres du Majlis qui prennent la parole doivent respecter le protocole linguistique, sans préciser de quoi il s'agit:

Article 20

Prise de parole lors d'une séance

(d) Les membres doivent prendre la parole lors des séances du Majlis sans déroger aux principes de l'islam, honorer le protocole linguistique dans la prise de parole aux Maldives, en ne causant aucun déshonneur ni mécontentement au Majlis et aux membres du Majlis, ni attaquer le président de la séance.

(e) Les documents reçus au Majlis et expédiés par le Majlis doivent être rédigés sans écart par rapport aux principes énoncés au paragraphe d) du présent article.

L'article 51 de la Constitution porte exclusivement sur le droit des accusés:

Article 51

Les droits de l'accusé

Quiconque est accusé d'une infraction a le droit :

a) d'être informé sans délai de l'infraction en question dans une langue qu'il comprend;
b) d'être jugé dans un délai raisonnable;
c) de ne pas être contraint de porter un témoignage;
d)
à un interprète fournis par l'État s'il ne parle pas la langue dans laquelle se déroule la procédure, ou s'il est sourd ou muet;
e)
avoir suffisamment de temps et de moyens pour préparer sa défense et communiquer et informer un avocat de son choix;
f)
d'être jugé en personne et de se défendre par un avocat de son choix;
g)
d'interroger les témoins contre lui et d'obtenir la comparution et l'interrogatoire des témoins;
h) d'être présumé innocent jusqu'à ce qu'il soit reconnu coupable au-delà de tout doute raisonnable.

Dans les tribunaux, la procédure se déroule en maldivien, mais les magistrats doivent connaître l'anglais pour consulter certains documents officiels. Les tribunaux islamiques utilisent généralement l'arabe lorsque les citoyens peuvent s'exprimer dans cette langue, sinon les juges ont recours au maldivien. Évidemment, dans les services gouvernementaux, seul le maldivien est utilisé dans les communications orales avec les citoyens.

La langue de l'État est le maldivien standard, celui parlé à Malé. Beaucoup de documents administratifs sont rédigés en anglais et traduits en en maldivien. Dans les édifices publics, l'affichage est généralement bilingue, c'est-à-dire en maldivien et en anglais. Les communications orales entre les citoyens et les fonctionnaires se font en maldivien, mais la plupart des formulaires sont en maldivien et en anglais. L'anglais est connu et parlé par tous les employés œuvrant dans le domaine du tourisme.

La signalisation routière, quand elle contient des inscriptions dans une langue, est généralement bilingue, en maldivien et en anglais.

L'article 6 de la Loi sur la protection du consommateur (1996) est l'une des très rares lois maldiviennes à mentionner l'obligation d'utiliser la langue officielle. En effet, les fournisseurs de services doivent  afficher les prix des services dans la langue divéhi ou dans la langue maldivienne:

Article 6

Divulgation du prix des services et des conditions

a) Les fournisseurs de services doivent afficher les prix des services et, s'il y en aucun, les conditions pour les services dans la langue divéhi facilement visible dans le lieu où les services sont fournis. Sinon, à la demande du consommateur, cette information doit être mise à la disposition par écrit dans le lieu où l'endroit où le service est fourni.

b) Si un formulaire de demande dans une langue étrangère est obligatoire pour obtenir un service identique, il doit être disponible dans la langue maldivienne.

Ainsi, les mots «maldivien» et «divéhi» semblent synonymes.

L'affichage commercial n'est pas réglementé. On y trouve des affiches unilingues maldiviennes ou unilingues anglaises, voire bilingues.

En général, les produits de consommation dits «internationaux» sont présentés en anglais; les produits locaux, en maldivien.

4.2 L'éducation

Le système traditionnel d'éducation qui s'est développé pendant plusieurs siècles est formé de trois types d'établissement : les madharsaa consacrés à l'alphabétisation en maldivien, les makthab pour l'apprentissage de la lecture et des écritures maldivienne et arabe, puis les kiyavaage équivalant au secondaire).

- Les écoles primaires

Un nouveau programme national d'études a été conçu en 1984 pour les écoles primaires. Toutes les écoles primaires ont dû enseigner la langue maldivienne (divéhi), les mathématiques, les sciences environnementales, la langue anglaise (en tant que langue seconde), les beaux arts, la culture physique et la calligraphie.

La langue d'enseignement est le maldivien et 98 % des Maldiviens sont alphabétisés. L'instruction islamique fait partie du programme obligatoire, avec l'introduction de l'arabe, mais il existe aussi des écoles coraniques où l'on enseigne qu'en arabe. Les écoles primaires privées sont autorisées à utiliser l'anglais comme langue d'enseignement. Il faut savoir que les écoles privées sont très populaires aux Maldives. Par exemple, au début des années 1990, le nombre des élèves dans les écoles gouvernementales de l'atoll de Malé était de 5892, contre 5341 pour les écoles privées. Si la tendance se maintient, les écoles vont enseigner de moins en moins le maldivien.

- Les écoles secondaires

Au secondaire, la place de l'anglais est accrue, car l'anglais devient la langue d'enseignement, même si le maldivien continue d'être enseigné comme discipline. Il n'y a pas d'université aux Maldives, les étudiants devant fréquenter des établissements au Sri Lanka, en Inde ou en Grande-Bretagne. Des organisations internationales ont permis la création du Centre en science de l'éducation (Science Education Center), du Centre de maldivien en éducation sociale (Maldives Center for Social Education), du Centre arabe d'éducation islamique (Arabic Islamic Education Center) et de l'Institut maldivien d'éducation technique (Maldives Institute of Technical Education). Dans ces établissements, on enseigne aussi bien en maldivien qu'en anglais. Malheureusement, le pays connaît des difficultés dans le recrutement des enseignants, ceux embauchés à l'étranger ne connaissant pas la langue officielle.

4.3 Les médias

La censure de la presse est omniprésente aux Maldives et les reportages contre les dirigeants au pouvoir ne sont pas tolérés. Le président Maumoon Abdul Gayoom, le plus ancien chef d'État d'Asie en exercice, ne supporte pas la moindre critique et contrôle plus ou moins directement les principaux médias de l'archipel. Les principaux éditorialistes et éditeurs ont été arrêtés. Autrement dit, si les Maldives constituent une «destination de rêve» pour les touristes, c'est un «lieu de supplice» pour les journalistes et la presse indépendante.

Dans la presse écrite, les quotidiens de Malé, le Haveeru Daily et le Miadhu Daily, sont publiés en maldivien. Le journal Aafathis, un autre quotidien mais de faible diffusion, est publié en maldivien et en anglais. Le pays compte aussi plusieurs publications hebdomadaires et mensuelles, généralement en maldivien. Les journaux et magasines étrangers sont très populaires aux Maldives: ils sont en anglais (journaux des pays anglophones) ou en hindi (l'Inde).

La radio nationale, Voice of Maldives («Voix des Maldives»), diffuse en maldivien et en anglais. Le pays capte aussi des émissions en provenance de la BBC (Londres), de l'Inde, du Sri Lanka, de l'Australie et de la Chine. par la BBC, la Radio l'Australie et la Radio Beijing. En ce qui concerne la télévision, Voice of Maldives diffuse en maldivien et en anglais, mais les émissions se terminent généralement à 21 heures (cinq heures par jour), parfois plus tard le samedi et le dimanche. De plus, seuls les atolls à proximité de Malé peuvent capter ces émissions.

Étant donné que les Maldives ne comptent que de toutes petites minorités linguistiques, il est normal que l'État ait tendance à les oublier. C'est d'ailleurs ce qui se passe, car le problème ne se présente pas de cette façon-là. La politique linguistique des Maldives consiste à valoriser la langue nationale tout en continuant d'utiliser l'anglais pour des raisons de rentabilité économique. Il faut dire aussi que le gouvernement ne rencontre pas d'opposition dans sa politique de «divéhisation» linguistique parce qu'elle paraît légitime. C'est une politique qui tente de concilier la place que jouent au pays deux langues concurrentes: le maldivien et l'anglais. Il s'agit de faire du maldivien la langue d'usage public tout en reconnaissant l'utilité de l'anglais comme langue de communication avec l'extérieur. Compte tenu de la mondialisation des marchés et de la faible diffusion du maldivien dans le monde (c'est un euphémisme), il est difficile de faire autrement. En même temps, le maldivien a tendance à régresser au profit de l'anglais. 

Dernière mise à jour: 27 oct. 2014
 

Bibliographie

ENCYCLOPÉDIE MICROSOFT ENCARTA, 2007, art. «Maldives», pour la partie historique.

LYON, James. Lonely Planet Maldives, Éditions Lonely Planet, Oakland (USA), 2000, 208 p.

WILLOX, Robert. Maldives and Islands of the East Indian Ocean: A Travel Survival Kit. Berkeley (California), Lonely Planet, 1990, 131 p.
 

 

   

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