La famille dravidienne

 

Groupe

Langues

1  Nord brahui, malto, kurux, sauria, etc.
2  Centre-Sud télougou, gondi, konda, kui, manda, parji, gadaba, kolami, pengo, naiki, kuvi, etc.
3  Sud tamoul, malayalam, kannada, toulou (ou tulu), kodagu, toda, kota, etc. 

1. Origine

Langues dravidiennes

L'existence de la famille dravidienne a été proposée en 1816, pendant le régime de l'Empire britannique, par Alexander D. Campbell dans sa Grammar of the Teloogoo Language. Campbell avait alors soutenu que le tamoul et le télougou provenaient d'un fonds commun ancêtre non indo-européen. Toutefois, c'est uniquement en 1856 que le Britannique Francis W. Ellis décrivit décrit les langues du sud de l'Inde en les considérant comme membres d'une seule famille. Il créa alors le mot «dravidien» ("dravidian" en anglais) qui provenait du sanskrit dravida déjà employé pour désigner l'Inde du Sud, ses habitants et ses langues. Il existe une controverse au sujet de l'origine du mot dravida qui, pour les uns, viendrait du tamoul (tamil > tamizha > dramila > dravida), pour les autres, c'est le tamoul qui l'aurait emprunté au sanskrit (dravida > dramila > tamizha > tamil). On croit aussi que le terme dravida tire son origine de la racine drava signifiant «eau» ou «mer», par allusion à cette région entourée par la mer sur trois côtés.

2. Répartition des locuteurs

La famille dravidienne, cinquième par le nombre de ses locuteurs (près de 200 millions), réunit près d'une trentaine de langues parlées principalement dans le sud de l'Inde et au Sri Lanka, mais aussi dans quelques endroits épars dans le Nord ainsi qu'au Népal et au Pakistan.

On peut consulter la carte linguistique de l'Inde dans laquelle on peut distinguer clairement les aires des langues indo-iraniennes, dravidiennes et tibéto-birmanes. L'une des langues dravidiennes, le brahui, isolé au Pakistan, laisse croire que ces langues étaient parlées dans toute l'Inde avant l'expansion indo-iranienne, laquelle a eu pour effet de refouler les langues dravidiennes vers le sud.

3. Les langues principales

Quatre de ces langues regroupent presque toute la population (196 millions sur 200 millions) parlant l'une des langues dravidiennes: télougou, tamoul, kannada, malayalam

1) Télougou: 69,7 millions de locuteurs

        - État de l’Andhra Pradesh (Inde)
 - État du Tamil Nadu (Inde)
 - État de Karnataka

3) Malayalam: 35,8 millions de locuteurs

         - État du Kerala (Inde)

 

2) Tamoul: 65,6 millions de locuteurs

          -  État du Tamil Nadu (Inde)
  -  Pondichéry (Inde)
  -  Sri Lanka

4) Kannada: 35,3 millions de locuteurs

         - État du Karnataka (Inde)
  - État de l'Andhra Pradesh (Inde)
  - État du Tamil Nadu (Inde)
  - État de Maharashtra (Inde)

En Inde et au Pakistan, les langues indo-iraniennes et dravidiennes sont entrées en contact. Les langues dravidiennes ont apporté aux premières des traits consonantiques tels que les rétroflexes et une position finale stricte du verbe; en revanche, les langues dravidiennes ont emprunté beaucoup au vocabulaire indo-iranien. Par exemple, le tamoul utilise de nombreux vocables issus du sanskrit.

4. Les petites langues

Quant aux autres petites langues dravidiennes (toulou, malto, gondi, kuvi, kui, kharia, etc.), seuls le toulou et le gondi dépassent le million de locuteurs. Toutes ces langues sont parlées principalement dans le sud de l'Inde et au Sri Lanka.  Certaines langues sont exceptionnellement parlées hors de cette aire linguistiques, comme le brahui (1,5 million de locuteurs) de la province du Balouchistan au Pakistan, le kurux (quelques locuteurs) au Népal et le tamoul à l’île Maurice et en Malaisie.

5. L'expansion du tamoul

Des quatre langues importantes de la famille dravidienne, c'est le tamoul qui connaît la plus grande aire d'extension. En effet, cette langue est parlée non seulement dans l'État du Tamil Nadu (Inde) et au Sri Lanka, mais aussi à Singapour, en Malaisie, en Indonésie, dans le Sud-Est asiatique, ainsi qu'au îles Fidji, à l'île Maurice, à l'île de La Réunion et à Madagascar. Plus précisément, ce sont la plupart des pays situés à proximité de l'océan Indien. De fait, les Tamouls ont beaucoup émigré au cours de leur histoire. Le tableau suivant illustre les pays où se sont installés les populations tamoules, par ordre décroissant, pour un total de 16 millions, dont huit en Inde à l'extérieur du Tamil Nadu, leur lieu d'origine :

Inde (extérieur au Tamil Nadu): 8 millions
Malaisie: 2 100 000
Afrique du Sud: 505 000
Birmanie: 500 000
Singapour: 410 000
Canada: 400 000
Royaume-Uni: 300 000 
Trinité-et-Tobago : 250 000
Émirats arabes unis: 200 000
Arabie Saoudite: 200 000
États-Unis: 135 000
Koweït : 180 000
Maurice : 130 000
La Réunion: 126 000
Fidji: 110 000
France: 105 000
Guyana: 100 000
Italie: 100 000
Allemagne: 65 000
Australie: 65 000 
Suisse: 52 000
Surinam: 50 000
Indonésie: 50 000
Guadeloupe: 40 000
Jamaïque: 30 000
Brunei: 25 000
Pays-Bas: 20 000
Martinique: 15 000
Norvège: 13 000
Thaïlande: 10 000
Maldives: 10 000
Suède: 10 000
Danemark: 9000
Bahreïn : 7000
Nouvelle-Zélande: 5000
Hong-Kong: 5000
Seychelles: 4000
Qatar: 4000
Vietnam : 3000
Cambodge: 1000
Dernière mise à jour: 01 janv. 2016


 

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