L'albanais

L'albanais (shqip en albanais) est une langue indo-européenne, qui constitue à elle seule un groupe indépendant au sein de cette famille de langues. C'est en quelque sorte un isolat parmi les langues indo-européennes, une langue unique ayant subi des influences du grec, du roumain, du serbe ou du croate, ainsi qu'avec d'autres langues indo-européennes. La langue qui se rapprochait le plus de l'albanais serait l'arménien, un autre isolat indo-européen.

La langue albanaise présente deux principales variétés linguistiques parlées dans des proportions inégales : le guègue (gheg ou gegë), parlé par env. 2,8 millions de locuteurs, et le tosque (toskë), parlé par quelque quatre millions de locuteurs. C'est le fleuve Shkumbin, qui sert de frontière linguistique entre le Nord guègue et le Sud tosque. Le guègue est parlé au nord de l'Albanie, ainsi qu’au Monténégro, au Kosovo et en Macédoine. Quant au tosque, il est employé dans le sud de l’Albanie, ainsi qu'en Grèce et dans la région macédonienne du lac de Prespa. C’est depuis 1944 que l’albanais officiel a été normalisé à partir du tosque. La réunification des deux variétés linguistiques a permis la création d'une langue littéraire, laquelle semble avoir été acceptée par tous les Albanais.

Ces deux variétés, le guègue et le tosque sont eux-mêmes fragmentés en plusieurs variantes dialectales. Le guègue présente quatre dialectes : le guègue du Nord-Ouest, le guègue du Nord-Est, le guègue moyen et le guègue méridional. Pour sa part, le tosque est divisé en tosque septentrional et tosque méridional, lui-même fragmenté en lab et tcham (Grèce). L'albanais parlé en Italie, appelé arvanite et celui parlé en Grèce, appelé arbérèche, constituent des variantes du tosque. Il existe un dialecte intermédiaire à mi-chemin entre le guègue et le tosque, dans une zone située juste au-dessus du fleuve Shkumbin à l'ouest.

On estime que, avant la guerre du Kosovo de 1999, environ 1,6 million d’Albanais vivait dans la province serbe du Kosovo, et qu'ils étaient 490 000 en Macédoine et 140 000 au Monténégro. Après la guerre, 450 000 Kosovars avaient trouvé refuge en Albanie, 230 000 en Macédoine, 65 000 au Monténégro et 20 000 en Bosnie-Herzégovine, sans compter les dizaines de milliers d’autres dans les pays de l’OTAN. Les albanophones sont fortement majoritaires en Albanie et au Kosovo, il sont également majoritaires au nord-est de la Macédoine, mais minoritaires au Monténégro.

Autrement dit, les albanophones forment une forte diaspora de plus de cinq millions de personnes dans la région de l'Albanie et des Balkans. On comprendra pourquoi les États voisins de l’Albanie, c’est-à-dire la Serbie, le Monténégro et surtout la Macédoine, craignent le nationalisme albanais dans la mesure où il pourrait entraîner la sécession d’une partie de leur pays au profit d’une «Grande Albanie». Les plus grands perdants d'une telle éventualité seraient sans doute la Serbie (sécession éventuelle du Kosovo) et la fragile Macédoine (petit État de 2,1 millions d’habitants dont 23 % d’albanophones).

Ajoutons aussi que l'albanais est aussi employé par quelques petites minorités s groupes en Bulgarie, en Roumanie, en Ukraine, ainsi que par des immigrants qui vient aujourd'hui aux États-Unis, au Canada, en Suisse et en Australie.

Dernière mise à jour: 01 janv. 2016

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