Territoire non incorporé des États-Unis

Guam

(Territoire non incorporé organisé des États-Unis)

Capitale: Agana (ou Hagatna en chamorro)
Population: 150 000 
Langue officielle: anglais et chamorro 
Groupe majoritaire: aucune 
Groupes minoritaires: chamorro (41,3 %), anglais (19,2 %), palauan (18,8 %), filipino (12 %), coréen (2,6 %), japonais (1,6 %), chinois, (2 %), langues micronésiennes 
Système politique: territoire non incorporé des États-Unis 
Articles constitutionnels (langue): section §1421b, paragraphe n) de la Loi organique de 1994 
Lois linguistiques: chap. 7, 8 et 46 du Guam Code Annotated 

 

1 Situation géographique

L’île de Guam fait partie de l’archipel des Mariannes en Micronésie, au nord de la Micronésie, dans le nord-ouest du Pacifique-Sud (voir la carte détaillée du Pacifique). Guam compte une superficie de 549 km², alors que les îles Mariannes du Nord occupent une superficie de 477km².

Depuis 1950, Guam est doté du statut de «territoire non incorporé organisé» des États-Unis et reste l'une des principales bases aéronavales américaines (env. 12 000 soldats) du Pacifique occidental. Sa capitale est Agana (Hagatna en chamorro) et la population du territoire est de 150 000 habitants.

2 Données démolinguistiques

La population de Guam est constituée de plusieurs ethnies, mais ce sont les Chamorros qui, bien que minoritaires (41,3 %), forment l’ethnie principale. Ils sont suivis des Américains (19 %) des Palauans (18 %), des Philippins (12 %), des Japonais, des Coréens, des Chinois, etc. 

La langue des Chamorros est le chamorro, une langue malayo-polynésienne de type occidental appartenant à la famille austronésienne. Cette langue, vieille d’environ 5000 ans, est originaire du Sud-Est asiatique et présente des liens de parenté importants avec les langues de l’Indonésie, de la Malaisie, des Philippines, etc.

Carte de Guam

 À Guam, 41 % des insulaires parlent la chamorro comme langue maternelle, moins de 20 % l’anglais, et moins de 40 % une autre langue (langues micronésiennes, filipino, coréen, japonais, thaï, etc.). Cependant, si l’on compte ceux qui connaissent le chamorro comme langue seconde, c’est 60 % de la population qui, d’une façon ou d’une autre, peut s’exprimer dans cette langue. Mais la plupart des insulaires d’origine asiatique ne parlent ni l’anglais ni le chamorro. On estime que 86 % des habitants parlent une autre langue que l’anglais à la maison.

3 Données historiques

L'île de Guam aurait été découverte en 1521 par le navigateur portugais Ferdinand Magellan, qui la revendiqua au nom de l'Espagne. Les Espagnols s’y établirent officiellement en 1565 et y introduisirent graduellement quelques milliers de Philippins. À la fin du XVIIe siècle, la population chamorro était encore estimée à 100 000 habitants. Or, les guerres avec les Espagnols et les maladies ont décimé la population, surtout les hommes, qui a été réduite à moins de 5000 individus. À la fin du XVIIIe siècle, on ne comptait plus que 1500 Chamorros. Ainsi, les Chamorros ont été dramatiquement minorisés sur leur propre territoire. 

La colonisation espagnole dura plus de trois siècles et elle influença grandement non seulement la langue des Chamorros, mais aussi leurs traditions religieuses catholiques, leur toponymie et leurs patronymes. 

Après la guerre hispano-américaine de 1898, l'île de Guam fut cédée aux États-Unis lors du traité de Paris du 10 décembre (1898). Durant les quelques décennies qui suivirent, les Américains s’efforcèrent par des mesures administratives très strictes de faire disparaître le chamorro. Le gouvernement de Guam a aussi employé l'anglais comme son moyen de communication entre les bureaux administratifs et les relations avec les citoyens. En 1900, l'arrêté général no 25 exigea que tous ceux étaient à l'emploi du gouvernement prêtent serment en anglais  L'arrêté général no 48, publié le 17 janvier 1903, imposa l'anglais dans toutes les attestations et les certifications notariées des documents; par l'arrêté spécial no 17 du 15 septembre 1906, le gouverneur Templin Morris Potts (1906-1908) rendit l'anglais obligatoire pour tous les comptes rendus des assemblées et tous les bureaux du cadastre. L'américanisation par les forces occupantes de l'île se poursuivit au moyen de l'anglais comme unique moyen d'enseignement dans les écoles. Les programmes d'études, élaborés par les militaires américains, furent basés sur la culture et l'histoire de leur pays. Les enfants apprirent à prêter allégeance au drapeau des États-Unis, à rendre hommage aux héros de la Révolution américaine et entonner des chansons patriotiques en anglais. L'armée américaine sera responsable de l'imposition de l'anglais dans les écoles jusqu'en 1950.

Les Japonais s'emparèrent de Guam en décembre 1941, mais l’île fut reprise par les Américains à l’été de 1944. En 1950, les habitants de Guam reçurent la citoyenneté américaine. La Loi organique de 1950 prescrivit l'anglais comme langue officielle de Guam:

English is the official language for instruction and it is expected that all teachers and pupils will use English during the hours school is in session. This is in keeping with one of the major educational objectives in Guam to make English a fluent and effective medium of communication for all citizens of the United States. (Organic Act of Guam, 1950). L'anglais est la langue officielle pour l'enseignement et il est prévu que tous les enseignants et les élèves emploient l'anglais durant les heures scolaires au cours d'une session. Il est conforme à l'un des objectifs éducatifs principaux de Guam de faire de l'anglais un moyen courant et efficace de communication pour tous les citoyens des États-Unis. (Loi organique de Guam, 1950).

Particulièrement dans les années 1960, les Américains investirent massivement dans l’éducation, notamment dans l'alphabétisation en anglais qui devint alors la langue de prestige et la principale matière enseignée dans les écoles de Guam. À partir de 1956, les citoyens de l'île de Guam reçurent la radio et les émissions télévisées importées des États-Unis. On assista encore plus à une réduction du nombre des locuteurs du chamorro, manifestement en déclin. Le désir d'être plus américain et moins chamorro se poursuivit et se refléta dans l'attribution de prénoms aux enfants tels que Bobby et Jimmy plutôt que Pedro et Vicente comme précédemment employés. Aucun des arrêtés imposés par les Américains pour imposer l'anglais ne fut abrogé!

Depuis 1970, le pouvoir exécutif de Guam est assuré par un gouverneur autochtone, élu au suffrage universel pour quatre ans. Le pouvoir législatif est détenu par une assemblée à chambre unique composée de 21 députés élus au suffrage universel. Guam mandate un délégué sans droit de vote à la Chambre des représentants des États-Unis. En 1974, l'Assemblée législative proclama l'anglais et le chamorro comme les deux langues officielles, mais la loi fut rapidement modifiée pour que le chamorro ne soit pas exigé pour l'enregistrement officiel des transactions et des actes publics. Ce n'est qu'en 1977 que la Loi sur l'éducation fut modifiée pour que «tous les programmes scolaires doivent enseigner en anglais, sauf pour les cours en chamorro et l'enseignement des langues étrangères».

À l'heure actuelle, Guam doit sa fortune à sa position stratégique qui en a fait une des plus grandes bases militaires américaines dans le monde. En effet, l'armée américaine possède 40 % de la superficie de l'île.  Cette présence militaire a profondément bouleversé la population autochtone qui vit totalement à l'heure américaine.

4 La politique linguistique de bilinguisme

La politique linguistique du gouvernement de Guam se veut pragmatique et tient compte de la population locale. C’est une politique de bilinguisme officiel qui ne serait pas applicable, par exemple, sur le territoire américain lui-même. Toutes les lois du gouvernement de Guam sont publiées dans le Guam Code Annotated. Le texte qui sert de loi fondamentale est appelé Organic Act 1994. Or, la Loi organique de 1994 ne contient aucune disposition linguistique, sauf en ce qui a trait à la Charte des droits (paragraphe 1421b) qui énonce que toute discrimination est interdite en raison de la race, de la langue ou de la religion.

4.1 Les langues officielles

D’après le chapitre 7 (paragraphe 706) du Guam Code Annotated, l'anglais et le chamorro sont les langues officielles du territoire:

§ 706.

Official Languages.

English and Chamorro are the official languages of Guam, provided, however, that the Chamorro language shall not be required for official recording of public acts and transactions.

§ 706

Langues officielles

L'anglais et le chamorro sont les langues officielles de Guam, à la condition que le chamorro ne soit pas exigé pour l'enregistrement officiel des transactions et des actes publics.

Cependant, dans le but d’assurer des communications efficaces et entières au point de vue administratif, la politique du Conseil des régents est que toute correspondance officielle, tout procès-verbal, toute réunion de comité, tout rapport et tout autre document similaire est obligatoirement en anglais. Autrement dit, la langue chamorro est permise, mais elle n’est jamais obligatoire pour l’enregistrement des transactions et des actes publics. Comme aucun des arrêtés pour imposer l'anglais n'a été abrogé, toutes les lois furent publiées uniquement en anglais jusqu'en 1993. Les actes de naissance et de mariage ont été publiés en anglais sans traduction en chamorro. Malgré un décret présidentiel (no 84-6, 1987) prescrivant le bilinguisme, toute la correspondance du gouvernement demeure en anglais; il est obligatoire que les en-têtes officielles soient en deux langues, mais les en-têtes du gouverneur continue d'être uniquement en anglais. Le président de la Commission de la langue chamorro, Peter Onedero, révélait en 1993 que toutes ses tentatives pour faire employer le chamorro dans la correspondance officielle ont dû faire face à de fortes résistances de la part des fonctionnaires et du gouvernement.

Par ailleurs, sur demande, les citoyens peuvent obtenir de la documentation en chamorro, bien que l’administration fédérale américaine, pour sa part, n’utilise que l’anglais. Quoi qu’il en soit (paragraphe 707), s’il existe une différence importante entre la version anglaise et la version chamorro de toute loi ou de tout document public, la version anglaise prévaudra:

§ 707.

English Version Controls.

Wherever there is found to exist a material difference between the English version and Chamorro version of any law or public document, the English version shall be held to be binding.

§ 707

Primauté de la version anglaise

Partout où il est trouvé exister une différence importante entre la version anglaise et la version chamorro d'un document juridique ou public, la version anglaise doit être tenue comme obligatoire.

 L'affichage des édifices gouvernementaux est généralement bilingue (anglais prioritaire), de même que la partie générique des toponymes et odonymes (noms de rue); la partie spécifique est généralement en chamorro, en espagnol ou en anglais.

En matière de justice, conformément au chapitre 7 du Guam Code Annotated (paragraphe 7115), les procès se déroulent en anglais. Toute démarche écrite dans une cour de justice de Guam doit être en anglais et la procédure judiciaire ne sera conduite, conservée et publiée dans aucune autre langue. Cependant, avec l'accord de toutes les parties, soit les avocats et le juge, la procédure peut être formulée en chamorro:

§ 7115.

Proceedings to be in the English language.

Every written proceeding in a court of justice of Guam shall be in the English language and judicial proceedings shall be conducted, preserved and published in no other;
provided, however, that with the consent of all parties, counsel and the court, proceedings may be conducted in the Chamorro language.

§ 7115

Procédure en anglais

Toute procédure écrite dans un palais de justice de Guam doit être en anglais et les poursuites judiciaires, formulées, conservées et publiées dans aucune autre langue; à la condition que, avec le consentement de toutes les parties, le procureur et la cour, la procédure peut être être formulée en chamorro.

4.2 Les écoles et les langues

En vertu du chapitre 8 (paragraphes 8101-8102-8103) du Guam Code Annotated («Chamorro Language and Cultural Education»), l’anglais et le chamorro sont les deux langues enseignées dans les écoles de Guam. Au primaire, le Département de l’instruction publique a élaboré un programme d’éducation bilingue et biculturel, qui tend à transmettre aux élèves une connaissance de l'histoire et de la culture associée à leur langue maternelle et à améliorer le potentiel des élèves dont la connaissance de l’anglais est limitée:

§ 8102.

Authorization.

The Department of Education is hereby authorized to initiate and develop a bilingualbicultural education program emphasizing the language and culture of the Chamorro people.

§ 8103.

Chamorro Language and Culture Courses Mandatory.

(a) The Department shall develop a comprehensive curriculum plan for instruction of the Chamorro language to be offered in all public elementary and secondary schools within Guam, in the following three categories: Beginning Chamorro (Introduction to Chamorro Language); Intermediate Chamorro (Basic Usage and Application of the Chamorro Language); and Advanced Chamorro (Conversational Chamorro). [...]

§ 8102

Autorisation

Le Département de l'éducation est par la présente autorisé à introduire et à développer un programme d'éducation bilingue biculturel soulignant la langue et la culture du peuple chamorro.

§ 8103

Cours obligatoires de langue et de culture chamorro

(a) Le Département développe un programme d'études complet pour l'enseignement du chamorro offert dans toutes les écoles primaires et secondaires de Guam, dans le suivant trois catégories suivantes: chamorro pour débutant (Introduction à la langue chamorro); chamorro intermédiaire (Usage de base et application du chamorro); et chamorro avancé (Chamorro interactif). [...]

Le programme d’éducation bilingue est obligatoire au primaire, mais facultatif au secondaire, c’est-à-dire que le chamorro n’est plus obligatoire. Les enfants de parents asiatiques, par exemple, n’ont plus à poursuivre leurs études en tenant compte du chamorro. Précisons que le chamorro, qui a le statut de langue co-officielle avec l'anglais, n'est enseigné que trente minutes par jour à l'école primaire, alors que l'anglais est dispensé tout le reste de la journée. De plus, les manuels utilisés dans les écoles sont généralement d'origine américaine, donc en anglais, sauf ceux destinés à l'enseignement du chamorro. Dans l'administration scolaire, l'anglais et le chamorro sont les deux langues autorisées, mais le poids de l'anglais fait en sorte que c'est dans cette langue qu'on communique le plus. Malgré tout, bien que dans des proportions limitées, l'introduction de la langue maternelle (chamorro) dans les programme d'études des écoles publiques peut être interprétée comme un grand pas pour la survie du chamorro.

Grâce à des fonds américains, l'université de Guam a créé un institut de recherche sur les langues micronésiennes. Cet institut a permis de doter les écoles des États fédérés de Micronésie (Yap, Truk, Ponape et Kosrae), de la maternelle à la 12e année, d'outils pédagogiques pour l'enseignement bilingue. De plus, des études sur l'alphabétisation en anglais et en langues vernaculaires, ainsi que sur les relations entre l'anglais et le palauan, tant à l'écrit qu'à l'oral, ont été menées. L'université de Guam, qui dispense son enseignement en anglais, donne actuellement des cours en chamorro, en chuuk et en ponape, et un cours en palauan est prévu. 

La législation ne s'applique pas à l'usage non officiel des langues, par exemple, aux médias, à l’affichage commercial, aux communications au sein ou entre les organismes non gouvernementaux, etc. L'emploi des «langues non anglaises», micronésiennes ou asiatiques, à des fins officieuses, est donc encouragé. Néanmoins, tous les médias ne diffusent pratiquement qu’en anglais, particulièrement le seul quotidien de l’île, le Pacific Daily News, et les périodiques d’information générale, les stations de radio et de télévision privées. La station de radio publique et la station de télévision du gouvernement diffusent des émissions en chamorro, notamment en matière éducative.

5 La Commission de la langue chamorro

Enfin, le gouvernement de Guam a créé une Commission de la langue chamorro chargée d’étudier la grammaire du chamorro, de prescrire son bon usage, de préparer et mettre à jour un dictionnaire chamorro-anglais. La chapitre 46 (paragraphes §46101 à 46109) du Guam Code Annotated précise également que la Commission de la langue chamorro doit développer une norme orthographique officielle destinée à être employée par toutes les agences du gouvernement dans les documents administratifs, les affiches, les toponymes, les noms de rues, les noms de lieux publics et de bâtiments, etc. On sait que, au cours de l’histoire, beaucoup de mots américains et espagnols ont été empruntés par le chamorro.  

La politique linguistique du gouvernement de Guam en est une de bilinguisme officiel où l'égalité est plus forte d'un côté que de l'autre. Le bilinguisme de Guam s'avère être un bilinguisme déséquilibré et non égalitaire à l'avantage de l'anglais: l'anglais est toujours obligatoire, rarement le chamorro. Il faut dire que le chamorro est, d'une part, une langue minoritaire sur l'île (41 %) qui a bien failli disparaître, que cette langue n'est maintenant parlée que par environ 95 000 locuteurs dans le monde. D'autre part, le chamorro doit faire concurrence à une langue beaucoup trop forte, l'anglais. Par analogie, si le chamorro, à l'exemple des langues amérindiennes, était une langue autochtone située sur le territoire américain, il serait déjà disparu depuis fort longtemps. Bien que son caractère insulaire protège encore le chamorro, il n'en demeure pas moins que cette langue demeure l'une des langues autochtones les plus menacées des États de la Micronésie. Mais ce qui assure tout de même une place enviable au chamorro sur l'île de Guam, c'est son fort caractère identitaire. De fait, malgré la colonisation hispano-américaine et la perte du contrôle politique de leur île, les Chamorros ont entretenu une identité distincte qu'ils ont réussi à transmettre aux autres habitants (les non-Chomorros). 

On peut croire que la politique linguistique de l'île de Guam par les Américains est assez représentative de celle appliquée dans les autres territoires du Pacifique (Samoa américaines, États fédérés de Micronésie, Palau, etc.). C'est par l'alphabétisation et l'éducation bilingue qu'on espère ainsi faire acquérir la langue anglaise aux autochtones. Et ça marche!
 Finalement, après plus de 75 ans, le chamorro semble avoir repris sa place légitime dans l'Administration et les écoles.

Dernière mise à jour: 28 déc. 2015

Bibliographie

ENCYCLOPÉDIE MICROSOFT ENCARTA, 2004, art. «Guam», pour la partie historique.

HAGÈGE, Claude. Halte à la mort des langues, Paris, Éditions Odile Jacob, 2000, 402 p.

JUSTICE WEB SITE. Guam Code Annotated. The Department of Law, Office of the Attorney General, Compiler of Laws Division, Agana, août 1997, 
[http://guam.justice.gov.gu/dol/agcom1.htm

MOYSE-FAURIE, Claire. «Langues minoritaires et politiques linguistiques: le cas des langues océaniennes», dans Mémoires no 8, Société de Linguistique de Paris, 1999, p. 79-104.

UNIVERSITY OF GUAM. Official Languages, Agana, août 1997, 
[http://uog2.uog.edu/policy/opp/lang.html
 

  


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