Solomon Islands

Îles Salomon

Capitale: Honiara
Population: 554 000 (est. 2012)
Langue officielle: anglais (de facto) 
Groupes «majoritaires»: langues mélanésiennes (94 %)
Groupes minoritaires: langues polynésiennes (4 %), langues papoues (1 %), gilbertais (kiribati) et anglais
Système politique: démocratie parlementaire de type britannique
Articles constitutionnels (langue): art. 10, 20 et 32 de la Constitution de 1978
Lois linguistiques: Code de procédure pénale (1962); Loi sur les tribunaux de première instance (1962); Règlements sur les tribunaux de première instance (1969); Loi sur l'éducation (1978); Loi sur le mariage des insulaires (1978); Loi sur les établissements bancaires (1982); Loi sur les sociétés (2009).

1 Situation géographique

Les îles Salomon (en angl.: Salomon Islands) constituent un archipel composé d'une double chaîne d'îles de la Mélanésie, à l’est de l'île de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (voir la carte du Pacifique-Sud), mais au nord-ouest du Vanuatu. 

L'archipel, dont la superficie totale est de 27 556 km², comprend, d'ouest en est, les îles de Choiseul, de Santa Isabel, de Malaita, de San Cristobal, des îles de la Nouvelle-Géorgie, de l'île de Guadalcanal (la plus grande des îles Salomon, avec Honiara come capitale), de l'île Rennell et des îles Santa Cruz au nord du Vanuatu, ainsi que d'une multitude d'autres petites îles. Les îles les plus à l'ouest, soit Buka et Bougainville, font partie de l'État de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

L'archipel des îles Salomon est découpé en neuf provinces et un territoire : Choiseul, Occidentale (Western), Centrale, Isabel, Malaita, Guadalcanal, Makira-Ulawa, Rennell-et-Bellona et Temotu, auxquelles s'ajoute le territoire de la capitale abritant Honiara. La province de Temotu, située dans les îles Santa Cruz, est la seule à ne pas se trouver dans l'archipel des îles Salomon.
 

2 Données démolinguistiques

Les îles Salomon comptaient 554 000 habitants en 2012, dont 94 % de Mélanésiens, 4 % de Polynésiens, 1 % de Micronésiens. En plus de la population autochtone, on peut compter environ un millier d'Européens d'origine britannique. Tous les citoyens du pays sont des Salomonais ou des Salomoniens.

  Province Recensement 1999 Estimation 2012 % Superficie (km²)
1 Centrale   21 577   29 100 5,2 %   615
2 Choiseul   20 008   27 012 4,8 % 3 837
3 Guadalcanal   60 275   81 510 14,7 % 5 336
4 Honiara   49 107   66 168 11,9 %    22
5 Isabel   20 421   27 429 4,9 % 4 136
6 Makira-et-Ulawa   31 006   42 189 7,6 % 3 188
7 Malaita 122 620 167 250 30,1 % 4 225
8 Rennell-et-Bellona    2 377    3 143 0,5 %    671
9 Temotu   18 912   25 420 4,5 %    895
10 Occidentale   62 739   84 829 15,3 % 5 475
 

Total

409 042 554 050 100 % 28 400
La province de Malaita est la plus populeuse avec 30 % de la population de tout l'archipel. Suivent les provinces Occidentale (15,3 %), Guadalcanal (14,7 %) et la capitale Honiara (11,9 %). Les autres provinces sont peu peuplées, la plus petite étant Rennell-et-Bellova (0,5 %).

Les noms de Isabel (Santa Isabel), de Maliata, de Guadalcanal et de Santa Cruz témoignent de l'influence espagnole au XVIe siècle; la province de Choiseul avait été nommée San Marcos (Saint-Marc) par les Espagnols qui avaient découvert l'île du même nom. C'est l'explorateur français Antoine de Bougainville qui l'a redécouverte 200 ans plus tard et l'a appelée «Choiseul», du nom du secrétaire d 'État à la Marine (1761-1766), Étienne-François, duc de Choiseul. Rennell et Bellona sont des noms britanniques. Honiara, Makira, Ulawa et Temotu sont d'origine mélanésienne.

2.1 Les langues

Sur le plan linguistique, les îles Salomon se distinguent de la plupart des îles du Pacifique, exception faite du Vanuatu. En effet, à l’exemple du Vanuatu, les Salomon sont aux prises avec un très grand nombre de langues autochtones, soit environ une langue par 3000 habitants. Selon les estimations, on compterait entre 71 et 86 langues; six de celles-ci sont considérées comme éteintes ou moribondes: le dororo, le guliguli, le kazukuru, le laghu, le tanema et le vano.

La grande majorité des langues autochtones sont des langues austronésiennes d’origine mélanésienne. Ces langues comptent généralement fort peu de locuteurs, soit entre quelques milliers et quelques centaines d’usagers. Seulement quatre langues atteignent ou dépassent le nombre de 20 000 locuteurs: le kwaraae (45 000), le pidgin (34 000), l'areare (25 000) et le lau (24 000). Seize des langues sont parlées entre 19 000 et 10 000 locuteurs (voir le tableau ci-dessous), dont l'anglais.

Langue Principale  Population Pourcentage
Kwaraae 45 000 7,9 %
Pidgin 34 000 6,0 %
Areare 25 000 4,4 %
Lau 24 000 4,2 %
Lengo 19 000 3,3 %
Kwaio 19 000 3,3 %
Toabaita 18 000 3,1 %
Talise 18 000 3,1 %
Anglais 17 000 3,1 %
Ghari 17 000 3,0 %
Gela 17 000 3,0 %
Saa 16 000 2,8 %
Cheke Holo 15 000 2,6 %
Roviana 14 000 2,4 %
Baelelea 12 000 2,1 %
Bilua 12 000 2,1 %
Aiwoo 12 000 2,1 %
Marovo 11 000 1,9 %
Bislama 11 000 1,9 %

Il existe aussi dans les îles Salomon des langues polynésiennes (cinq langues), des langues papoues (une dizaine) et une langue micronésienne (le kiribati ou gilbertais des îles Gilbert avec 6800 locuteurs). Enfin, la seule langue étrangère comptant un nombre appréciable de locuteurs est le chinois qui est d’ailleurs parlé en plusieurs variétés dialectales.

2.2 Le pidgin: une langue véhiculaire

Devant le grand nombre de langues pour une si petite population (environ une langue par 3000 habitants), les Salomonais utilisent généralement le pidgin des îles Salomon pour communiquer entre eux. On compterait quelque 34 000 locuteurs. Ce pidgin diffère de celui de la Nouvelle-Guinée et du bichlamar du Vanuatu, et il se rapproche davantage de l'anglais que celui des autres langues de type pidgin. C’est pourquoi ceux qui possèdent une certaine connaissance de l'anglais ont fortement tendance à angliciser leur pidgin. Il n'existe pas présentement d'écriture normalisée du pidgin et, bien que des essais aient été entrepris en ce sens, très peu d'écrits ont été publiés dans cette langue. Les agences gouvernementales de Salomon étudient la question afin d'instaurer une certaine politique linguistique pour l'usage du pidgin. Entre-temps, l’absence de statut juridique du pidgin semble devoir vraisemblablement se prolonger, ce qui favorise l'anglais comme langue véhiculaire.

2.3 L'anglais

L'anglais n’est la langue maternelle que de 17 000 locuteurs, soit 3 % de la population, et la plupart d’entre eux résident dans les environs de la capitale, Honiara. Néanmoins, cette langue jouit d’un immense prestige en raison de son statut de langue officielle et de langue internationale. C'est aussi la langue d'enseignement dans les écoles.

3 Données historiques

Les îles Salomon ont été peuplées au début du Ier millénaire par des Mélanésiens, mais elles ne furent découvertes qu’en 1568 par l'Espagnol Álvaro de Mendaña de Neyra qui tenta d'y établir une colonie. Deux siècles plus tard, l'archipel reçut les visites successives du navigateur britannique Philip Carteret, de l’explorateur français Louis-Antoine de Bougainville (qui, en 1768, donna son nom à l'île de Bougainville de la Papouasie-Nouvelle-Guinée) et du chevalier d'Entrecasteaux, lesquels rapportèrent de nombreuses informations sur l'archipel.

Finalement, c'est l’Allemagne qui imposa un protectorat aux Salomon septentrionales en 1885, mais le traité de 1899 les rattacha aux Salomon méridionales sur lesquelles les Britanniques avaient établi un protectorat en 1893. En fait, l’ensemble des Salomon devint possession britannique (en 1899) à l’exception des îles Buka et Bougainville qui sont restées allemandes. Ces dernières furent occupées en 1914, au début de la Première Guerre mondiale, par l'Australie, puis placées sous mandat australien en 1921 par la Société des Nations.  

Durant la Deuxième Guerre mondiale, les Japonais occupèrent la majeure partie de l’archipel (en janvier 1942), mais l’île de Guadalcanal fut reprise par les Américains au cours de l’hiver 1942-1943, puis ce fut le tour de l’ensemble de l’archipel en 1943 et en 1944. Après la guerre, les Britanniques reprirent le contrôle d’une partie des îles Salomon.

En 1975, les îles Salomon septentrionales, administrées alors par l’Australie, obtinrent leur indépendance au sein de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Quant aux îles Salomon britanniques, elles accédèrent à l'autonomie interne en 1976, puis à l'indépendance en 1978 dans le cadre du Commonwealth. Étant l'un des pays les plus pauvres du Pacifique, les îles Salomon bénéficient actuellement de l'aide de l'Australie, mais l'essentiel de leur commerce se fait avec le Japon, pays dont l'influence grandit dans cette région du Pacifique.

4 La politique linguistique

La Constitution de 1978 ne contient aucune disposition particulière sur le statut de la langue officielle. L’anglais possède donc ce statut en raison de son utilisation exclusive par les administrations britannique, australienne et américaine.

4.1 La langue de la législation et de la justice

Dans une telle situation, il est normal que les lois soient discutées en samoan, mais adoptées et promulguées en anglais. La justice, pour sa part, se déroule en anglais, mais l’État fournit les services d’un interprète à ceux qui ne connaissent pas l'anglais. D’ailleurs, l’article 10 (par. 2) de la Constitution prévoit ainsi de telles dispositions:

Article 10

Dispositions visant à assurer la protection de la loi

2) Quiconque est accusé d'un acte criminel:

b) doit être informé, dès qu'il sera raisonnablement possible de le faire, dans une langue qu'il comprend et en détail, de la nature du crime dont on l'accuse;

f) doit avoir l'autorisation de recourir gratuitement aux services d'un interprète s'il ne comprend pas la langue employée à son procès.

et, sauf avec son propre consentement, le procès ne doit pas avoir lieu en son absence à moins qu'il ne se conduise ainsi pour rendre inopérante la durée de la procédure en sa présence et que la cour lui ait ordonné d'être écarté et de procéder en son absence.

Le Code de procédure pénale (1962) précise bien à l'article 183 que la langue judiciaire est l'anglais:

Article 183

Langue de la cour

La langue de la cour dans les causes, à la cour et au tribunal de première instance, doit être l'anglais. 

Cependant, l'article 184 du Code prévoit néanmoins qu'un interprète est mis à la disposition d'un témoin qui ne comprend pas l'anglais: 

Article 184

Interprétation d'un témoignage de la part d'un accusé

1)
Chaque fois qu'un témoignage est donné dans une langue qui n'est pas comprise par l'accusé et qu'il est physiquement présent, celui-ci doit recevoir une traduction du tribunal dans une langue qu'il comprend.

2) Lorsque les documents sont déposés comme preuve formelle, il relève de la discrétion de la cour de les traduire si cela lui paraît nécessaire.

L'article 182 du Code de procédure pénale décrit la procédure pour consigner un témoignage devant un juge:

Article 182

Procédure pour consigner un témoignage devant un juge

1)
Dans les enquêtes et les procès devant un juge, la déposition des témoins doit être consignée de la manière suivante:

a) La déposition de chaque témoin, ou si le juge l'estime ainsi, doit être consignée par écrit en anglais par celui-ci, ou en sa présence et lors de l'audience sous sa direction et son contrôle personnel; elle doit être signée par le juge et faire partie du procès-verbal;

(b) Cette déposition ne peut être prise habituellement sous la forme de question et de réponse, mais sous la forme d'un récit :

À condition que le juge, à sa discrétion, puisse prendre la cause à partir de n'importe quelle question et réponse particulière.

2) Si un témoin demande que son témoignage lui soit relue, le juge doit veiller à ce que le témoignage lui soit lu dans une langue qu'il comprend.

De plus, l'article 59 de la Loi sur les tribunaux de première instance (1962) impose l'anglais comme «langue des tribunaux de première instance»:

Article 59

Langue des tribunaux de première instance et interprétation

1)
L'anglais est la langue des tribunaux de première instance.

2) Dans toute procédure dans un tribunal de première instance dans lequel la langue parlée par un témoin ou une partie exige d'être traduite en anglais, le juge ayant juridiction à la procédure peut désigner des personnes appropriées comme interprètes.

Dans les Règlements sur les tribunaux de première instance (1969), l'article 4 de l'ordonnance 4 énonce que la langue des tribunaux est l'anglais, mais lorsqu'une partie ou un témoin ne parle pas cette langue, le juge peut traduire lui-même ou recourir aux services d'un interprète aux frais du requérant:
 

Article 4

Langue et traduction

1) La langue de chacun des tribunaux est l'anglais et, si dans une cause ou une affaire le juge considère qu'une partie ou un témoin produit une déposition alors qu'il est incapable de comprendre suffisamment l'anglais, le juge doit lui-même, sur paiement des honoraires prescrits pour la traduction, s'il connaît la langue de la partie ou du témoin, traduire la procédure autant que cela paraît nécessaire ou désigner une personne appropriée et adéquate pour traduire ses propos.

2) Lorsque le juge lui-même ou tout autre employé public agit comme interprète tel qu'il est susmentionné, aucune rémunération ne doit être payée dans le respect de la traduction, mais si quelqu'un d'autre que le magistrat ou un employé sert d'interprète, cette personne aura droit au paiement d'honoraires pour la rémunération de ses services.

3) Les honoraires prescrits pour la traduction doivent être dans tous les cas assumés en premier lieu par le demandeur et présentés comme des frais dans la cause.

(4) Avant la traduction à toute audience de la cour, l'interprète, qui n'est pas le juge lui-même du procès, doit déclarer sous serment et prononcer la formule suivante:

«Je jure par Dieu tout-puissant (ou sincèrement et solennellement, je déclare et j'affirme) que je ferai de mon mieux pour interpréter et expliquer vraiment à la cour et au témoin les propos tels que je dois les interpréter et les expliquer. Que Dieu me vienne en aide.»

Autrement dit, l'anglais est obligatoire et l'interprétariat est un mal nécessaire, ce qui ne constitue pas un droit d'utiliser une autre langue que le juge devrait comprendre.

4.2 La langue de l'Administration

Dans l’Administration, seul l’anglais est utilisé à l’écrit, mais le pidgin est couramment employé à l’oral puisque peu de citoyens savent suffisamment l’anglais pour poursuivre une conversation. Quoi qu’il en soit, les Salomonais préfèrent généralement utiliser le pidgin plutôt que l’anglais. Cependant, celui-ci exerce une grande influence, car pour les insulaires il est perçu comme un moyen d'accéder à la richesse et au pouvoir, actuellement encore aux mains des Britanniques.

Certaines lois prescrivent l'usage de l'anglais dans certains documents des sociétés commerciales faisant affaire aux îles Salomon. Ainsi, l'article 4 de la Loi sur les établissements bancaires (1982) exige que l'expression "Commercial Bank" soit obligatoire, sauf si le Ministre consent à recourir à une autre langue:

Article 4

1) Nulle autre qu'une banque commerciale agréée ne doit, sans le consentement du Ministre, utiliser ou continuer d'utiliser dans l'appellation par laquelle cette société exerce ses activités dans les îles Salomon avec le mot «Banque commerciale», un dérivé ou un équivalent à celui-ci dans une autre langue que l'anglais dans le mot ou le dérivé.

La Loi sur le mariage des insulaires (1978) exige aussi l'emploi de l'anglais; c'est en principe le cas dans les avis de mariage. Cependant, il est possible de rédiger l'avis de mariage ne peut être rédigé en anglais, si la personne concernée ne sait pas lire ni écrire, dans une autre langue, il suffit d'inscrire une marque ou une croix en présence de certaines personnes sachant lire et écrire, et qui certifieront la marque ou la croix, selon le cas:

Article 5

Mariage devant un ministre du culte

1) (a) Avant qu'un mariage puisse être célébré par un ministre du culte, l'avis écrit du mariage prévu et de la date du mariage si celle-ci est prévue, dans une langue parlée par les parties et signé par le ministre responsable de l'église dans laquelle ce mariage doit être célébré, doit être placé en évidence sur un panneau d'affichage prévu dans l'église à cet effet. Un tel avis doit être placé au moins trois semaines avant la date du mariage si celle-ci est prévue et doit rester sur le panneau d'affichage jusqu'à la célébration du mariage ou jusqu'à l'expiration des trois mois à partir de la date de l'avis, selon le premier événement qui arrive.

Mariage devant un ministre du culte

2)
(b) Si la partie donnant cet avis de mariage est incapable d'écrire ou est insuffisamment familière avec l'anglais, il suffit d'inscrire une marque ou une croix en présence de certaines personnes sachant lire et écrire, et qui certifieront la marque ou la croix, selon le cas. Cette attestation doit apparaître dans le Formulaire B dans le premier annexe ci-joint.

Article 10

Âge de parties et consentements

4)
Si la personne requise pour signer un tel consentement est incapable d'écrire ou si elle est insuffisamment familière avec l'anglais, ou les deux, elle doit signer son consentement en plaçant une marque ou une croix en présence d'un juge, d'un juge de paix, d'un agent de l'état civil ou d'un ministre du culte et la signature doit être certifiée par cette personne dans la Formulaire B joint au premier annexe.

La Loi sur les sociétés (2009) énonce, pour sa part, que si un document n'est pas rédigé en anglais il doit lui être annexé une traduction certifiée de celui-ci (art. 157.2):

Article 157

Demande d'enregistrement

1) Toute demande d'enregistrement d'une société d'outre-mer, en vertu de la présente partie, doit être remise au greffier et doit être:

(a) dans la forme prescrite ; et
(b) signée par ou au nom de la société d'outre-mer.

2) Sans limiter la portée du paragraphe 1, la demande doit :

(e) avoir été annexée comme preuve de l'incorporation de la société d'outre-mer et, si elle n'est pas rédigée en pas en anglais, elle doit être accompagnée d'une traduction authentifié du document;


Ces quelques exemples démontrent toute l'importance à la langue anglaise, ce qui suppose que les langues parlées par la population ne sont pas considérées comme valides au plan légal.

4.3 La langue de l'éducation

L’anglais est resté aussi l’unique langue dans tous les établissements d’enseignement du pays, que ce soit au primaire ou au secondaire ou dans les écoles supérieures. Toutefois, le gouvernement a songé (seulement!) à la possibilité d'introduire un programme d'éducation bilingue et biculturel. De même, il est possible que, dans un avenir plus ou moins rapproché, des programmes visant à l'enseignement d'autres langues prennent place dans les programmes des écoles. L'article 24 de la Loi sur l'éducation de 1978 ne mentionne aucune langue particulière dans l'enseignement. La langue d'enseignement — en l'occurrence l'anglais — est à la discrétion du Ministre:

Article 24

Matière d'enseignement


Dans toutes les écoles, la langue ou les langues qui doivent être employées comme matière d'enseignement sont celles prescrites par le Ministre, de façon générale ou particulière.

Par le fait même, les langues autochtones ne sont pas enseignées.

4.4 Les médias

Dans les médias, même si l’anglais continue d’occuper encore une place prépondérante, le pidgin se voit de plus en plus offrir une plus large diffusion, principalement à la radio. C'est toutefois la variante urbaine du pidgin que l'on y utilise même si, pour l'ensemble de la population, celle-ci semble très difficile sinon impossible à comprendre.

Bref, le gouvernement des îles Salomon pratique vraiment une politique de non-intervention à l’égard des nombreuses langues autochtones en usage. Il se contente d'appliquer la vieille politique des Britanniques qui consistait à utiliser le «tout-anglais», la langue coloniale. Il faut dire que l’État des Salomon semble plus préoccupé à consolider son pouvoir qu'à gérer l'usage de langues qui ne causent apparemment pas de problème. aux insulaires. Quoi qu'il en soit, il serait irréaliste de tenir compte du très grand nombre des langues dans la vie publique. 

Dernière mise à jour: 05 mars 2013

Bibliographie

ENCYCLOPÉDIE MICROSOFT ENCARTA, 2004, art. «Salomon», pour la partie historique.

LECLERC, Jacques. Les droits linguistiques dans 129 États du monde, tome II: «Description thématique», Montréal, rapport déposé à l'Office de la langue française, 1992, 402 p.

MOYSE-FAURIE, Claire. «Langues minoritaires et politiques linguistiques: le cas des langues océaniennes», dans Mémoires no 8, Société de Linguistique de Paris, 1999, p. 79-104.

WURM, S.A. «Les îles Salomon» dans Papouasie-Nouvelle-Guinée, sept. 1998,

 

   

Océan Pacifique

Accueil: aménagement linguistique dans le monde