Union des Comores

Comores

Udzima wa Komori

الاتحاد القمر


 

Capitale: Moroni
Population:
816 000 (est. 2011)
Langues officielles: shikomor (comorien), français et arabe
Groupe majoritaire: comorien (96,9 %)
Groupes minoritaires: français (0,33 %), swahili, malgache, arabe
Langue coloniale: français
Système politique: république fédérale
à présidentielle multipartite largement décentralisée
Articles constitutionnels (langue): article 1er de la Constitution du 23 décembre 2001
Lois linguistiques: Loi n° 64-1360 du 31 décembre 1964 sur les marques de fabrique, de commerce ou de service (1964); Code du travail (1984); Loi n° 84-10 du 15 mai 1984 relative à l'état civil (1984); Loi n° 88-014 /AF relative à l’apprentissage (1988); Loi n° 94-035/AF portant orientation sur l’éducation (1994); Code de procédure civile (2001); Décret n° 12 - 028 /PR portant promulgation de la loi n° 11-015/AU du 13 décembre 2011, portant organisation de la profession de notaire en Union des Comores (4 février 2012); Arrêté n°13-044/VP-MFEBICEI/CAB déterminant les produits éligibles au régime des exonérations en droits de douanes au profit du culte (24 juillet 2013); Décret n° 13 - 110 /PR portant promulgation de la loi n° 13-007/AU du 1er juillet 2013, relative à la loi d’orientation sur la Formation technique et professionnelle (22 octobre 2013); Décret n° 14-058/PR relatif à la formation technique et professionnelle continue (22 avril 2014); Décret n° 13-053/PR portant création de la Direction générale de l'alphabétisation de la promotion des langues (30 avril 2013); Décret n° 14 -078 /PR portant promulgation de la loi n° 14-004/AU du 12 avril 2014, relative au Code électoral (5 juin 2014); Décret n° 14 -081/PR Portant promulgation de la loi n° 14-010/AU du 21 avril 2014, portant code sur la commercialisation et la distribution des substituts du lait maternel en Union des Comores (6 juin 2014); Loi n° 14-017/AU, relative à l'élection des représentants de la nation (9 juillet 2014); Décret n° 14 -138/PR portant promulgation de la loi n° 14-024/AU du 14 juin 2014, portant orientation et organisation de l’enseignement supérieur et de la recherche en Union des Comores (8 août 2014); Décret n°15-030/PR relatif aux chefs des villages et chefs des quartiers (4 mars 2015); Décret n° 15 -093/PR relatif aux régimes de la licence, de l’autorisation, de la déclaration et de l’agrément (10 juin 2015).

1 Situation géographique

Les Comores constituent un archipel de l’océan Indien situé à 400 km au nord-ouest de l’île de Madagascar et à 300 km des côtes africaines, à l’entrée du canal de Mozambique.  L’archipel comprend quatre îles, toutes situées entre 30 à 40 km les unes des autres: la Grande-Comore (Ngazidja), Mohéli (Mwali), Anjouan (Ndzuwani) et Mayotte. L’archipel est étendu sur 250 km, d'est en ouest (Mayotte, Anjouan, Mohéli et Grande-Comore) et compte un grand nombre d’îlots à 300 km au large de l'Afrique de l'Est. C'est sur l'île de la Grande-Comore qu'est implantée la capitale, Moroni. Le nom officiel du pays, depuis 2002, est l'Union des Comores (en français) ou Udzima wa Komori (en comorien). Pour sa part, Mayotte, la quatrième île de l'archipel des Comores, n'est pas membre de l'Union des Comores, car elle fait partie de la République française en tant que collectivité territoriale d’outre-mer (voir la carte détaillée). L'île de la Grande-Comore au nord-ouest compte une superficie de 1148 km², contre 424 km² pour Anjouan et 290 km² pour Mohéli. L'archipel en entier s'étend sur 1862 km², soit l'équivalent de l'île Maurice ou la superficie couvrant les deux tiers du grand-duché de Luxembourg.

La situation économique des Comores reste très précaire. Le pays fait partie de la catégorie des pays les moins avancés (PMA), car 45 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et les Comores figurent au 160e rang sur 188 en termes d’indice de développement humain. L'incidence de la pauvreté varie considérablement entre les îles et il est généralement plus élevée dans les zones rurales et à Anjouan. L'Union des Comores est devenue membre de la Francophonie en 1977 et membre de la Ligue des États arabes en 1993.

L'Union des Comores constitue une république fédérale à présidentielle multipartite largement décentralisée; c'est une fédération de trois îles. Le président de l'Union est à la fois chef de l'État central et chef du gouvernement. Si le pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement, le pouvoir législatif fédéral est partagé entre le gouvernement et le Parlement; ce dernier est composé d'une seule chambre de 33 membres, dont 18 élus dans des circonscriptions à siège unique, et 15 représentants des assemblées régionales élus au suffrage indirect. L'Assemblée de Grande-Comore compte 20 membres, mais l'Assemblée d'Anjouan en a 25 membres et celle de Mohéli en possède 10. Depuis l'indépendance, la présence d'un régime autoritaire continue de miner le processus démocratique.

2 Données démolinguistiques

Divisions administratives Population 1991 Population 2004 Population 2015 Superficie
Mohéli (Mwali)   24 300   31 200  40 000    290 km2
Grande-Comore (Ngazidja) 233 500 363 200 384 000 1 148 km2
Anjouan (Ndzuwani) 189 000 252 000 337 000    424 km2
Total Comores 446 800 646 400 785 000 1 862 km2
En 2015, les Comores comptaient 785 900 habitants pour une superficie totale de 1862 km², avec une densité moyenne de population de 390 habitants par km². La population est inégalement répartie selon les îles: la Grande-Comore (1148 km²) est la plus peuplée avec plus de 400 000 habitants, suivie par Anjouan (424 km²) avec 337 000 habitants et Mohéli (290 km²) avec 40 000 habitants. Les villes les plus peuplées sont Moroni (sur la Grande-Comore), Mutsamudu (île d’Anjouan) et Fomboni (île de Mohéli).

 

Ethnie

Population

Pourcentage

Langue maternelle

Affiliation linguistique

Comoriens de Ngazidja (Grande-Comore) 384 000 48,8 % comorien de Ngazidja

famille bantoue

Comoriens de Ndzwani (Anjouan) 337 000 42,8 % comorien de Ndzwani famille bantoue
Comoriens de Mwali (Mohéli)  40 000 5,0 % comorien de Mwali famille bantoue
Makua  13 000 1,6 % makua (macua) famille bantoue
Malgaches   1 900 0,2 % malgache famille austronésienne
Français   1 600 0,2 % français langue romane
Tanzaniens swahiliens   1 000 0,1 % swahili famille bantoue
Malais     900 0,1 % malais famille austronésienne
Arabes     800 0,0 % comorien de Maoré famille bantoue
Réunionnais     700 0,0 % créole de La Réunion créole
Autres 5 000 0,6 % - -
Total 2015 785 900 100 % -

-

2.1 La langue comorienne (shikomor)

Le peuplement de l'archipel des Comores s'est constitué à partir du métissage de populations africaine, arabe et malgache. La population est dans sa quasi-totalité musulmane de rite sunnite (98,9 %) et pratique un islam dit «libéral». Les habitants du pays s'expriment, dans une proportion de 96,6 %, en comorien (appelé officiellement le shikomor), une langue apparentée au swahili de la famille bantoue. Le comorien appartient à la sous-famille du bantou oriental, lequel comprend également le swahili. Quelque 33 % de son vocabulaire est issu de l'arabe. Si le comorien (shikomor) reste une langue dite «apparentée au swahili», il n'en constitue pas pour autant une simple variante du fait qu'il n'existe pas de réelle intercompréhension entre les locuteurs du comorien et ceux du swahili; il s'agit bien de deux langues différentes formées de la rencontre des langues africaines appartenant à la famille bantoue et de l'arabe (famille chamito-sémitique).

De plus, selon les îles, le comorien présente plusieurs variantes dialectales et l'intercompréhension demeure relativement facile entre celles-ci. On distingue quatre variétés linguistiques: le grand-comorien (shingazidja ou comorien de Ngazidja: Grande-Comore), le mohélien (shimwali ou comorien de Mwali : Mohéli) et l’anjouanais (shindzuani ou comorien de Ndzwani: Anjouan). Aux Comores, il existe de petites minorités linguistiques parlant le makua, le malgache, le français, le swahili ou le créole réunionnais. À l’île Mayotte (France), les habitants parlent le mahorais appelé shimaoré, mais dans plusieurs villages on parle le kibushi, une langue malgache (de la famille austronésienne) proche du sakalava parlé à l’île de Madagascar.

Tout en appartenant à la famille des langues bantoues par leurs structures grammaticales respectives, le swahili et le comorien ont aussi intégré de nombreux mots d’origine arabe, soit environ 40 % de leur vocabulaire respectif. Cette influence linguistique s’explique par le fait que la civilisation arabo-islamo-bantoue a laissé son empreinte dans tout l’archipel des Comores, quelques îles de la côte africaine de l'Est telles que Zanzibar, Lamu, Pate, Pembae, ainsi que sur la bande côtière du Tanganyika et du Kenya.

Enfin, la communauté comorienne compte 200 000 personnes en France métropolitaine, 60 000 à l'île de Mayotte et 50 000 à l'île de La Réunion.

2.2 Les autres langues

Le français est la langue officielle et celle des relations extérieures, mais l'arabe classique constitue la «langue religieuse». On compte environ 1600 locuteurs ayant le français comme langue maternelle, environ 1900 locuteurs s’exprimant en malgache (mais près de 40 000 à Mayotte, soit 40 % de la population) et environ 1000 locuteurs du swahili. En fait, le statut de l’arabe tient plus du symbole que de la réalité, car on ne compte aucun locuteur dont l’arabe serait langue maternelle.

2.3 Les religions

Les habitants de l'Union des Comores sont des musulmans sunnites dans une proportion de 98%; les catholiques forment 2% de la population. De plus, les adeptes d'un islam radical, par l'entremise notamment des réseaux wahhabites et salafistes, commencent à inquiéter les autorités. En réaction, le gouvernement a fait adapter au début de 2013 une loi encadrant la pratique religieuse. Le sunnisme et le chafiisme ont été érigés en doctrine et rite officiels. Depuis quelque temps, de nombreuses mosquées et écoles coraniques on vu le jour avec le soutien du Qatar, de l'Arabie saoudite ou de l'Iran. On observe aussi de fréquents séjours aux Comores de prédicateurs originaires du Pakistan, du Yémen et de l'Arabie saoudite. À l'occasion, le gouvernement impose l'interdiction de l'alcool et les tenues qui ne font pas montre de modestie, particulièrement pendant le ramadan.

Bien que la Constitution prévoie la liberté de la religion, les citoyens comoriens sont tenus de respecter les principes et règles qui régissent le pays en fonction de la religion islamique, la religion officielle. De plus, il est interdit de pratiquer du prosélytisme pour une autre religion que l’islam; ceux qui se convertissent en abandonnant l’islam sont passibles de poursuites judiciaires. Toutefois, depuis 2012, il n’a été signalé aucun cas de condamnation pour de telles infractions. Il n'en demeure pas moins que les chrétiens ne peuvent pratiquer ouvertement leur religion de peur de se faire accuser de prosélytisme. La petite communauté musulmane chiite semble également confrontée à des pressions sociales et à certaines discriminations, surtout dans les villages.

En somme, la liberté de religion, telle que comprise dans la Constitution, consiste seulement en la liberté du culte, alors que les individus dont les pratiques religieuses diffèrent de celles de l'islam sunnite officiel sont soumis à de fortes pressions sociales.

3 Données historiques

Le premier peuplement de l'archipel s'est produit dans la seconde moitié du premier millénaire à partir de l'Afrique bantoue (moitié sud), probablement vers le VIIe siècle; il semble que les premiers habitants soient des représentants de la civilisation swahili. Bien que le terme «swahili» provienne de l’arabe, les Swahiliens ne sont pas des Arabes, mais un peuple de métis, en majorité composé de Bantous, c’est-à-dire d’Africains non encore islamisés. Ce sont ces Swahiliens qui, lors de leur extension sur les rivages de l’Océan indien occidental, s’installèrent aux Comores. Avant l’arrivée des Arabes, les Swahiliens mirent en place une organisation politique et sociale proprement africaine. Entre le VIIe et le XIIe siècle, des Austronésiens, qui contribuèrent au peuplement de l’île de Madagascar, sont passés par les Comores, mais ne s’y sont pas établis.

3.1 L’islamisation des Comores

Puis, au XIIe siècle, les Arabo-Shiraziens — le terme Shiraz désigne le golfe Persique —, des groupes islamisés métissés (Arabes et Iraniens), accompagnés de leurs esclaves, arrivèrent aux Comores et introduisirent la religion musulmane. L’islamisation s’imposa dans toutes les Comores; la première mosquée de pierre fut construite à Mayotte en 1566 dans la ville de Chingoni. Par la suite, les alliances politiques et matrimoniales des Arabo-Shiraziens avec les chefs comoriens entraînèrent un changement de l'organisation politique et la création de sultanats.

Vers le XVIIIe siècle, des Arabes originaires du Yémen, se déclarant les descendants du Prophète, s'allièrent aussi aux familles comoriennes nobles et contribuèrent ainsi à l'établissement de nouveaux lignages matrimoniaux, surtout à la Grande-Comore et à l’île d’Anjouan. C’est de cette époque que datent les documents écrits et les manuscrits en langue arabe, en swahili ou en comorien, le tout présenté en alphabet arabe. Pendant quelques siècles, les îles de Mayotte et de Mohéli ont été traditionnellement sous la domination des chefs politiques d’Anjouan.

3.2 Les Malgaches et l’esclavage

C’est également au cours du XVIe siècle qu’un grand nombre de Malgaches sakalava s’établirent dans le sud de Mayotte ainsi que dans les autres îles de l’archipel. Dès cette période, coexistèrent dans les îles comoriennes un peuplement arabo-shirazi et un peuplement sakalava, le tout sur fond d’origine africaine. C’est ce qui explique pourquoi les habitants de nombreux villages comoriens parlent encore aujourd'hui une langue malgache. Ces langues appartiennent à la grande famille austronésienne. À partir du milieu du XVIIIe siècle, les quatre îles des Comores furent victimes de razzias organisées par des pirates malgaches. Ces incursions affaiblirent les îles et poussèrent les sultans locaux à rechercher la protection des grandes puissances de l’époque: la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne.

Entre le XVIe et le XIXe siècle, comme ce fut le cas un peu partout dans l’océan Indien et aux Antilles, l'archipel des Comores fut le théâtre du commerce des esclaves. Déjà, au XIIe siècle, les Arabo-Shiraziens pratiquaient l’esclavage et c’est d’ailleurs avec leurs esclaves qu’ils arrivèrent aux Comores. Plus tard, les Européens allèrent chercher leur main-d’oeuvre sur la côte est du continent africain, notamment chez les Africains d’origine bantoue et les Malgaches.

En ce qui a trait à la France qui administrait alors l’île Mayotte et non pas encore tout l’archipel, dans le décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848, l’article 3 mentionnait «l’île Mayotte et dépendances» au nombre des colonies concernées:

Les gouverneurs ou commissaires généraux de la République sont chargés d'appliquer l'ensemble des mesures propres à assurer la liberté à la Martinique, à la Guadeloupe, à 1'île de La Réunion, à la Guyane, au Sénégal et autres établissements français de la côte occidentale d'Afrique, à l'île Mayotte et dépendances et en Algérie.

En réalité, l’esclavage à l’île Mayotte était déjà aboli depuis une ordonnance du roi Louis-Philippe en date du 9 décembre 1846, laquelle était une suite du traité de cession de l’île du 25 avril 1841. Dans ce traité, il était prévu une disposition «considérant que l'extinction de l'esclavage à Mayotte est une des premières conséquences de l'occupation de cette île». Cependant, l’abolition de l’esclavage a eu pour effet de favoriser l’émigration massive des propriétaires mahorais et de leur main-d’œuvre. Ce n’est que vers le milieu du XIXe siècle que l’archipel se repeupla avec le retour de certains émigrés auxquels s’ajoutèrent des habitants des autres îles. L’archipel devint également, pour des colons blancs, «le Far-West des Réunionnais déclassés» qui s'y installèrent et introduisirent le système des plantations coloniales en faisant appel à des travailleurs «engagés». En fait, les besoins de main-d’oeuvre prirent simplement la forme d'un trafic d'engagés indiens et chinois sur les plantations. Certains historiens affirment même que les Réunionnais blancs immigrés, surtout à Mayotte, poursuivirent l’esclavage sous la forme de l’engagement. Il n’est donc pas surprenant que les Réunionnais aient pris une part active à la lutte pour que Mayotte reste française en 1974-1975.

3.3 Le protectorat français (1841-1892)

L’intervention de la France dans l’ensemble des Comores commença au milieu du XIXe siècle, alors que les quatre îles des Comores furent le théâtre de nombreuses guerres entre sultans locaux, ce qui leur valut le surnom d’îles des sultans bagarreurs. Ainsi, à partir du XIXe siècle, les liens politiques furent rompus entre les îles de l’archipel. Fatigué des guerres incessantes qui ravageaient son pays, le sultan Adrian Tsouli céda Mayotte à la France en échange d'une aide militaire et... d'une rente annuelle de 1000 piastres (ou 5000 francs à l'époque) et l'éducation de ses enfants à l'île de La Réunion aux frais du gouvernement français. Dans le cadre du traité du 25 avril 1841, l’île passa ainsi juridiquement sous le protectorat français. En réalité, la marine française avait besoin d'un port important dans l'entrée du canal de Mozambique et le traité de 1841, présenté comme un banal traité commercial, constituait une véritable vente forcée. C’était pour la France une question de stratégie: il fallait occuper le plus de territoires possibles afin d’empêcher les Anglais et les Allemands de les acquérir. Le roi Louis-Philippe entérina cette acquisition en 1843.

Toutefois, les rivalités franco-britanniques dans l’océan Indien firent en sorte que les trois autres îles de l’archipel des Comores (Grande-Comore, Mohéli et Anjouan) demeurèrent plus ou moins indépendantes, bien que l’ensemble de l’archipel fût placé, cinq années plus tard, sous l'autorité du gouvernement colonial français basé à Mayotte. L’ensemble de l’archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan), sauf Mayotte qui resta une colonie, tomba sous le protectorat français en 1886. En fait, tous les traités furent imposés par la France aux sultans locaux qui n’ont jamais eu le choix de résister. Le protectorat dura jusqu’en 1892, et il laissa place un peu plus tard à la colonie de «Mayotte et dépendances» rattachée par la loi du 25 juillet 1912 à l’île de Madagascar.

Le régime du protectorat supposait que la puissance coloniale envoyait un «résident» parlant uniquement français auprès des autorités locales et qu’il ne s'occupait en principe que de la politique extérieure. En fait, les «résidents» français s'emparèrent progressivement du pouvoir politique, imposèrent la langue française et laissèrent les colons déposséder entièrement les paysans comoriens de leurs terres, de telle sorte que ceux-ci durent se faire employer dans les plantations coloniales à titre d'«engagés».

En 1890, un accord de partage intervint entre la France et la Grande-Bretagne: les Anglais obtenaient l’île de Zanzibar (Tanzanie) en imposant l’anglais; les Français conservaient les Comores et Madagascar en imposant le français. Le rattachement juridique des trois autres îles à Mayotte s’effectua en 1904. Il fut suivi, le 9 avril 1908, d’un second décret rattachant officieusement Mayotte et ses dépendances à Madagascar.

Avant la période coloniale, les pouvoirs politiques locaux, c’est-à-dire les sultans, et le monde de l’enseignement utilisaient l’arabe, la langue de la religion, mais recouraient en partie au swahili considéré comme la langue du commerce et, bien sûr, au français, la langue des relations extérieures.

3.4 La colonisation française

En 1912, le gouvernement français se résolut à coloniser le reste des Comores, afin de surveiller les pratiques douteuses des «résidents» et des colons. La loi d’annexion du 25 juillet 1912 ne fit que confirmer ces décrets, alors que Madagascar et les Comores (Ajouan, Mohéli, la Grande-Comore et Mayotte) devinrent une seule et même colonie française.

La colonisation française négligea cependant le développement éducatif des Comores. En 1939, il n'existait encore, pour tout l'archipel, que dix écoles primaires (appelées écoles indigènes du premier degré). Au terme de quatre années d'études, un concours sélectionnait les cinq meilleurs élèves, qui partaient pour trois ans poursuivre leurs études à Majunga (sur la côte est de Madagascar).

Après deux révoltes importantes (l’une en 1915 à la Grande-Comore, l’autre en 1940 à Anjouan), les Comores obtinrent en 1946 une autonomie administrative et la ville de Dzaoudzi fut choisie comme capitale du nouveau territoire. À partir de 1946, les Comores furent détachées de Madagascar et furent représentées directement au Parlement français. Ensuite, l’Assemblée territoriale des Comores choisit en 1958 le statut de territoire français d'outre-mer (TOM).

Cependant, à Mayotte, 85 % des citoyens préférèrent lors d’un référendum le statut de département français d’outre-mer (DOM). Les Mahorais auraient développé de tenaces rancunes contre les anciens sultans d'Anjouan et contre les Arabo-Comoriens. Dans les faits, les Comores ne furent jamais traitées comme les autres territoires d’outre-mer, mais toujours comme une colonie. Évidemment, dès la période coloniale, l’administration et l’enseignement sont passés exclusivement au français, le comorien demeurant strictement la langue des communications orales. Comme à Madagascar, l’administration française instaura un double système éducatif: d’une part, des cours complémentaires pour les enfants de nationalité française, d’autre part, des cours complémentaires de type local pour les Comoriens d’origine, le cycle secondaire devant toutefois être poursuivi à Madagascar. Le premier lycée ne fut ouvert qu’en 1963 à Moroni; un second suivra à Mutsamudu (Anjouan) en 1970. Les élèves ayant reçu leur formation dans ces deux lycées joueront par la suite un rôle déterminant dans les crises politiques qui secoueront l'archipel.

3.5 L’indépendance

En 1974, à l'issue d'un référendum, les îles d’Anjouan, de Mohéli et de la Grande-Comore optèrent pour l'indépendance dans une proportion de 95 %, alors que les habitants de Mayotte choisirent à plus de 60 % de rester des «citoyens français». Le 6 juillet 1975, le président Ahmed Abdallah proclama unilatéralement à Moroni (Grande-Comore) l'indépendance des îles des Comores «dans ses frontières coloniales» (ce qui incluait les quatre îles) formant ainsi l'État des Comores

En février 1976, lors d’un référendum local, la population de Mayotte se prononça avec une très large majorité (99 %) pour son maintien dans l'ensemble politique de la République française avec le statut de collectivité spéciale, qui lui fut accordé sur une base provisoire. Néanmoins, la République fédérale islamique des Comores fut proclamée le 1er octobre 1978.

Depuis leur indépendance, les Comores ont connu près d'une vingtaine de coups d'État ou tentatives de coups d'État, dont trois menés par le mercenaire français Bob Denard. En août 1997, les habitants des îles d’Anjouan et de Mohéli s’insurgèrent contre les autorités de la capitale Moroni et demandèrent d'être rattachés à la France. Beaucoup d'autres semblaient envier le sort des insulaires de Mayotte, restée française, dont le niveau de vie demeurait cinq fois plus élevé que celui des Comores. Le gouvernement français a refusé de soutenir cette demande qui lui paraissait incongrue. À la suite de cette insurrection, des pourparlers de paix tenus à Madagascar sous les auspices de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA) aboutirent à un accord en avril 1999, selon lequel chacune des trois îles aurait son propre parlement et assurerait la présidence de la république — qui deviendrait une fédération sous le nom d'Union des îles des Comores — tous les trois ans. Cet accord n'a pas été mis en œuvre.

Le coup d'État du 30 avril 1999 renversa le gouvernement civil. À l’issue d’un référendum tenu le 23 décembre 2001 et destiné à mettre fin à la double crise politique et constitutionnelle, le OUI l’a emporté avec 76, 6 % des suffrages exprimés. La nouvelle Constitution devait, cette fois-ci, permettre la création de l’Union des Comores, une fédération qui accorde aux trois îles une grande autonomie; des élections libres ont eu lieu le 31 mars 2002. Entre-temps, l'instabilité politique chronique des Comores a plongé l’archipel dans la pauvreté et a rendu les habitants incapables de développer leur potentiel touristique.

Par ailleurs, la situation de l'île Mayotte, en tant que «territoire français» avec le statut de «collectivité territoriale», n'est pas sans effet sur la stabilité de la région. De nombreux Comoriens, dégoûtés d'un système politique perverti qui stagne depuis l'indépendance, envient le sort des Mahorais de nationalité «française». Pour l'année 2007 seulement, on comptait plus de 16 000 clandestins comoriens arrêtés et reconduits aux Comores. Mayotte est devenue une sorte d'eldorado pour les Comoriens. La population de Mayotte, de 185 000 habitants, est constituée pour un tiers de Comoriens, dont 80 % en situation illégale. De plus, l'île d'Anjouan, la plus proche de Mayotte, exprime des velléités de sécession. En mars 2008, des troupes armées (avec l'appui logistique de la France) venant de deux pays africains (la Tanzanie et le Soudan), envoyées par l'Organisation de l'Union africaine, ont débarqué à Anjouan avec des fusils d'assaut pour renverser le gouvernement local d'Anjouan et en prendre le contrôle militairement, à la demande du président comorien. Le gouvernement des Comores revendique toujours Mayotte comme faisant partie de l'Union des Comores.

De fait, la Constitution de 2001 prévoit qu'un représentant de chacune des îles accède tous les quatre ans au poste de «président du gouvernement». Selon l'article 13: «La Présidence est tournante entre les îles.» L'île de la Grande-Comore a été représentée entre 2002 à 2006 et l'île d'Anjouan l'a été de 2006 à 2010. Considérant que Mayotte fait partie intégrante de son territoire, le présidence de l'Union des Comores devrait échoir à Mayotte en 2016. Cependant, Mayotte est devenu un «territoire français», une période de vacance ou un problème constitutionnel naîtra de cette situation. Pour certains Comoriens, leur pays ne connaîtra jamais la stabilité tant que Mayotte demeurera «sous occupation française». À la lumière du Titre IX de la Constitution de 2001 révisée en 2009, on doit lire: «Les institutions de Mayotte seront mises en place dans un délai n'excédant pas six mois à compter du jour où prendra fin la situation qui empêche cette île de rejoindre effectivement l'Union des Comores. La présente Constitution sera révisée afin de tirer les conséquences institutionnelles du retour de Mayotte au sein de l'Union .»  Étant donné que la présidence tournante est l'une des institutions importantes de l'Union des Comores, celle-ci ne pourrait alors être vue s'appliquer à Mayotte avant que cette île soit effectivement intégrée au sein de l'Union des Comores.

4 La politique linguistique

Le statut des langues est défini très brièvement dans la Constitution de 2002, qui a été adoptée par référendum le 23 décembre 2001. La nouvelle Constitution des Comores rebaptise la République fédérale islamique des Comores (RFIC) en Union des Comores. Selon les termes de la Constitution, l'Union des Comores est une république, composée des îles autonomes de Mwali (Mohéli), N'Dzuwani (Anjouan), N'Gazidja (Grande-Comore) et Maoré (Mayotte), quatrième île de l'archipel restée sous administration française à l'indépendance. Dans ses dispositions, le texte constitutionnel prévoit que la Constitution «sera révisée afin de tirer les conséquences institutionnelles du retour de Maoré (Mayotte) au sein de l'Union».

Dans la Constitution de 1985, on comptait deux langues officielles (art. 2): «Les langues officielles sont le français et l'arabe.» Le texte du 23 décembre 2001, dans son article 1er prévoit trois langues officielles:

Article 1

1) L'Union des Comores est une république, composée des îles autonomes de Mwali (Mohéli), Maoré (Mayotte), Ndzuwani (Anjouan), N'gazidja (Grande-Comore).

2) L'emblème national est jaune, blanc, rouge, bleu, un croissant blanc tourné vers la droite et 4 étoiles blanches alignées d'un bout à l'autre du croissant dans un triangle isocèle en fond vert.

3) L'hymne national est : Umodja Wa Massiwa.

4) La devise de l'Union est : Unité - Solidarité - Développement.

5) La loi de l'Union détermine le sceau de l'Union.

6) Les langues officielles sont le shikomor, langue nationale, le français et l'arabe.

On peut se demander pourquoi l’État a choisi l’arabe et non le comorien comme langue co-officielle avec le français. Étant donné que la population a été fortement islamisée depuis près de dix siècles, c’est la langue écrite de la population, l’arabe classique, et non la langue parlée, le comorien, qui a été choisie. Dans les faits, le statut de l’arabe tient plus du symbole que de la réalité. Aujourd’hui, la langue comorienne (et ses variétés dialectales) reste encore limitée presque uniquement à l’usage oral et ne se transpose pas dans la réalité administrative, politique, etc.

4.1 Les langues de l'État comorien

La politique linguistique des Comores résulte évidemment des effets de la colonisation française. En effet, au Parlement, les députés s’expriment presque toujours en français, rarement en comorien, jamais en arabe. Les lois sont rédigées et promulguées en français seulement. L'article 26 de la Constitution prévoit que les candidats au poste de député doivent savoir lire, écrire et parler le shikomor (comorien) et le français ou l'arabe:

Article 26

1) Le pouvoir législatif est exercé par l’Assemblée de l’Île qui est composée de dix (10) députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de quatre (4) ans, selon le mode de scrutin uninominal à deux tours.

2) Chaque député est élu avec son suppléant.

3) Les candidats doivent avoir au moins 25 ans révolus à la date du scrutin, sachant lire, écrire, et parler le shikomor et le français ou l'arabe.

Selon l'article 8 de la Loi n° 14-017/AU, relative à l'élection des représentants de la nation (2014), les candidats à l’Assemblée de l’Union doivent, entre autres, savoir lire et écrire parfaitement le shikomori, le français OU l’arabe :

Article 8

Des conditions d’éligibilité à l’Assemblée de l’Union

Les candidats à l’Assemblée de l’Union doivent :

- être de nationalité comorienne ;
- jouir de leurs droits civiques et politiques, de leurs facultés intellectuelles et mentales ;
- être âgé de trente (30) ans au moins ;
- avoir résidé au moins six (6) mois aux Comores avant les élections ;
- être inscrit sur les listes électorales :
- savoir lire et écrire parfaitement le shikomori, le français ou l’arabe ;

Lors des élections au poste de «conseiller des îles» ainsi qu'au poste de maire et d'adjoint, les candidats, en vertu du Décret n° 14 -078 /PR portant promulgation de la loi n° 14-004/AU du 12 avril 2014, relative au Code électoral (2014), doivent savoir lire et écrire au moins deux des trois langues officielles:

Article 182

Des conditions d’éligibilité

Les conditions à l’élection des Conseillers des Îles doivent ;

- être de nationalité comorienne :
- être âgé de 25 ans au moins à la date du scrutin ;
- avoir sa résidence dans la circonscription électorale pour laquelle la candidature est déposée depuis au moins six (6) mois ;
- savoir lire et écrire au moins deux langues officielles ;

Article 198

De l’élection du maire et des adjoints au maire

[...]

Les candidats aux fonctions de maire ou d’adjoint au maire doivent savoir lire et écrire au moins deux des langues officielles de l’Union des Comores. Le maire et au moins un de ses adjoints doivent être de différent sexe.

En ce qui concerne la nomination des «chefs de villages» et des «chefs de quartier», le Décret n°15-030/PR relatif aux chefs des villages et chefs des quartiers (2015), il faut savoir lire et écrire en langue nationale ou une des langues officielles l'Union des Comores:

Article 4

Pour être nommé le chef du village ou le chef de quartier, il faut :

- être âgé de quarante (40) ans au moins;
- jouir de ses droits civiques;
- savoir lire et écrire en langue nationale ou une des langues officielles l'Union des Comores;

En somme, il faut savoir au moins deux des langues officielles, ce qui signifie dans les faits le comorien (shikomori) et le français.

4.2 Les langues de la justice

En matière de justice, la cour et les justiciables s’expriment normalement en français, mais le comorien est également utilisé dans les communications orales. Dans les documents écrits, c’est encore massivement le français, très rarement l’arabe, qui est employé. Le juge rend généralement sa sentence en français, mais peut le faire en premier lieu en comorien (en français ensuite). Dans les cours d’appel, il arrive qu’on utilise le comorien parlé.

Le Code de procédure civile (2001) prévoit que les langues utilisées peuvent être le français ou le comorien:

Article 697

L’acte est notifié dans la langue de l’État d’origine.

Toutefois le destinataire qui ne connaît pas la langue dans laquelle l’acte est établi peut en refuser la notification et demander que celui-ci soit traduit ou accompagné d’une traduction en langue française ou comorienne à la diligence et aux frais de la partie requérante.

Article 749

Les parties et leurs défenseurs, même s’ils sont étrangers, peuvent, sur autorisation du juge, poser des questions : celles-ci doivent être formulées ou traduites en langue française ou comorienne ; il en est de même des réponses qui leur sont faites.

Quant aux actes de l'état civil, la Loi n° 84-10 du 15 mai 1984 relative à l'état civil prescrit l'usage de l'une des langues officielles, sinon il faut recourir à un interprète et à une traduction certifiée:

Article 16

Les actes de l'état civil sont rédigés dans une des langues officielles. Ils énoncent :

- l'année, le mois, le jour et l'heure du calendrier grégorien et de l'Hégire des faits qu'ils constatent,
- l'année, le jour, le mois et l'heure où ils sont reçus,
- les nom, profession, domicile et si possible les date et lieu de naissance de tous ceux qui y sont dénommés.

Article 19

Si les parties comparantes, leurs fondés de pouvoir ou les témoins ne parlent pas la langue officielle et si l'officier de l'état civil ne connaît pas la langue dans laquelle ils s'expriment, leurs déclarations sont traduites par un interprète ayant au préalable prêté devant l'officier de l'état civil, le serment ci-après : "Je jure de bien et fidèlement traduire les déclarations des parties, des témoins ainsi que l'acte qui les constate".

Mention de ce serment est faite dans l'acte.

Article 20

Avant de dresser l'acte, l'officier de l'état civil avise les parties comparantes ou leurs fondés de pouvoir et les témoins que les fausses déclarations seront punies des peines prévues à l'article 136 du Code pénal. L'acte établi, il leur en donne lecture et les invite, s'ils lisent la langue officielle, a en prendre connaissance avant de signer.

Dans les cas prévus à l'article 19 la traduction de l'acte est faite par l'interprète. Il est fait mention dans les actes de ces formalités.

Article 82

Toute pièce produite par un étranger en vue de l'établissement d'un acte de l'état civil doit être, obligatoirement, accompagnée de sa traduction dans une langue officielle et certifiée conforme à l'original par le Consul de l'intéressé ou par un agent diplomatique.

Pour ce qui est des actes notariés, l'article 26 du Décret n° 12 - 028 /PR portant promulgation de la loi n° 11-015/AU du 13 décembre 2011, portant organisation de la profession de notaire en Union des Comores (2012) prescrit l'usage des langues officielles, sous peine de nullité:

Article 26

Les actes notariés sont, à peine de nullité, rédigés en langues officielles dans un seul et même contexte, lisiblement, sans abréviation, ni blanc, ni lacune;

Bien qu'il existe trois langues officielles, elles ne sont pas égales entre elles: c'est d'abord le français, notamment à l'écrit, puis le comorien (à l'oral) et, loin derrière, l'arabe.

4.3 Les langues de l'Administration

Dans l’administration gouvernementale, les services oraux sont fournis indifféremment en français ou en comorien, mais la tendance est de favoriser le français considéré comme la langue de l’État. Les documents écrits sont généralement rédigés en français, mais certains sont distribués en comorien, notamment dans le cas des municipalités et des organismes reliés à la justice, à la santé et à la police. Toutefois, les documents administratifs comme les actes de vente, les formulaires d’emploi, etc., continuent à être rédigés uniquement en français. Par exemple, toute demande d’embauche, même à un poste de gardiennage, doit se faire habituellement dans cette langue.

L'État comorien a institué un organisme ayant pour nom «Autorité nationale de régulation des TIC» (ANRTIC). Les missions principales de l'ANRTIC sont la défense des consommateurs, la défense des intérêts de l'État et la promotion d'une concurrence loyale et saine dans le secteur. Cette Autorité perçoit, pour le compte de l'État, les frais et redevances définies par la loi pour les opérateurs de réseaux et fournisseurs d’accès. Toute personne morale souhaitant fournir des services de communications électroniques au public, ce qui comprend les services Internet et les services à valeur ajoutée, est tenue de procéder préalablement à une déclaration en quatre exemplaires auprès de l’ANRTIC. Cette déclaration doit être rédigée en langue française. C'est ce qu'énonce le Décret n° 15 -093/PR relatif aux régimes de la licence, de l’autorisation, de la déclaration et de l’agrément (2015):

Article 9

I. Les déclarations en vue de l’établissement et l’exploitation de réseaux indépendants de communications électroniques sont adressées à l`ANRTIC en quatre exemplaires. Les déclarations sont libellées en langue française.

Article 11

I. Toute personne morale souhaitant fournir des services de communications électroniques au public, en ce compris des services Internet et des services à valeur ajoutée, est tenue de procéder préalablement à une déclaration en quatre exemplaires auprès de l’ANRTIC.

II. La déclaration, rédigée en langue française, comporte les éléments suivants :

- l’identité du demandeur ;
- sa dénomination sociale ;
- son adresse complète ;
- son éventuel actionnariat lorsqu’il s’agit de personnes morales de droit privé ;
- son statut juridique ;
- le cas échéant, la preuve de l’enregistrement de l’entreprise par la juridiction commerciale territorialement compétente en Union des Comores ou l’équivalent ;
- une brève description de la nature et des caractéristiques des services fournis et les zones géographiques dans lesquelles ils seront commercialisés ;
- le calendrier d’ouverture commerciale du service ;

4.4 Les langues et l'éducation

Le cadre institutionnel de l'Union des Comores confère aux îles une grande autonomie, mais l'enseignement scolaire comprend généralement les niveaux suivants: l'enseignement préscolaire (maternelle), l'enseignement primaire, l'enseignement secondaire, l'enseignement technique et professionnel, ainsi que l'enseignement supérieur.

- Le préscolaire

L’enseignement préscolaire n’est pas obligatoire. On distingue les écoles coraniques et les écoles privées. L'enseignement maternel se donne en comorien et en arabe dans les écoles coraniques, mais en français dans les écoles maternelles privées. L’école coranique est de type communautaire et offre surtout un enseignement de la religion islamique. Quant aux établissements privés, tous d'inspiration française, ils accueillent des enfants des familles relativement aisées. On compterait quelque 2500 écoles coraniques pour près de 100 000 élèves, tous âges confondus, dont 49 % de filles.

L'article 11 de la Loi n° 94-035/AF portant orientation sur l’éducation (1994) énonce que l'enseignement préscolaire est dispensé dans des écoles préélémentaires:

Article 11

1) L’enseignement préscolaire est dispensé dans des écoles préélémentaires.

2) Il a pour objectifs principaux l’acquisition des premiers éléments de la religion musulmane et l’initiation à la lecture du Coran, la socialisation, les premiers apprentissages affectifs, cognitifs et moteurs ainsi que la familiarisation avec la langue d’enseignement. Afin d’asseoir les apprentissages sur une bonne connaissance du milieu, l’enseignement de première année d’école préélémentaire s’appuiera sur la culture et sur la tradition comorienne. Il se fera principalement, surtout la première année, en langue maternelle, langue que l’enfant apprendra à structurer, et devra préparer tous les élèves à recevoir l‘enseignement dispensé à l’école élémentaire.

Presque tous les enfants âgés de 4 à 7 ans vont à l’école pour apprendre à réciter et comprendre le Coran. La transcription du comorien se fait avec l'alphabet arabe afin de faciliter la lecture du Coran. L’école coranique demeure aux Comores un facteur essentiel de socialisation, car elle fournit aux enfants les valeurs et les modèles pour leur intégration dans la vie de leur communauté. Malgré tout, les méthodes pédagogiques archaïques semblent bien difficiles à extirper, même si les autorités comoriennes se sont efforcées d’encourager des approches pédagogiques plus nouvelles. L’introduction du comorien dans les programmes et les méthodes d'enseignement demeure encore problématique.

- Le primaire

Dans l'ensemble du pays, l'enseignement primaire (obligatoire) totalise plus de 310 écoles publiques. Cet enseignement s'étend sur six années pour les enfants de 6 à 12 ans. Les années scolaires sont organisées en trois cycles : cours préparatoire (CP1 et CP2), cours élémentaire (CE1 et CE2) et cours moyen (CM1 et CM2). Il existe aussi des écoles privées dont le nombre est en nette progression, surtout en milieu urbain. On dénombre moins de 150 écoles primaires privées, dont 75% pour Moroni (Grande Comore). Le diplôme de fin d’études primaires permet d’accéder à l’enseignement secondaire.

Selon l'article 8 de la Loi n° 94-035/AF portant orientation sur l’éducation (1994), l'enseignement est donné en français (ou en arabe):

Article 8

L'enseignement est dispensé en français ou en arabe à l’école élémentaire, au collège, au lycée et dans l’enseignement supérieur.

La langue non utilisée pour l’enseignement est obligatoirement enseignée comme première langue vivante.

Le comorien peut être enseigné dans le système éducatif et utilisé dans certaines disciplines dont la liste sera définie par un décret d’application.

Pour plus de précision, le comorien (shikomor) est enseignement à la maternelle, le français, dès le primaire et se poursuit au secondaire où l'arabe est alors introduit. La langue comorienne est néanmoins utilisée pour des travaux pratiques. Selon la Banque mondiale, 81,4 % des enfants fréquentent l'école primaire (2013).

- Le secondaire

L’enseignement secondaire du premier cycle (collège) est offert dans deux types d'établissements, publics et privés. Les établissements publics sont communément appelés «collèges ruraux» (CR). Ces établissements constituent la principale structure d'accueil des enfants de 12 à 15 ans admis au concours d'entrée en 6e année. Ce niveau d'enseignement compte plus de 50 collèges publics (y compris les six collèges islamiques) auxquels on peut ajouter quelque 150 collèges privés.  Ce premier cycle du secondaire est organisé en deux sous-cycles de deux ans chacun : le «cycle d’observation» (6e et 5e) et le «cycle d’orientation» (4e et 3e). Le Brevet d'études de premier cycle (BEPC) sanctionne ce premier cycle secondaire.

L’enseignement secondaire du second cycle (lycée) accueille les élèves ayant l'âge de 16 à 18 ans, admis en seconde, en première et en terminale. On compte près de 20 lycées publics et une centaine d'établissements.
L'article 22 de la Loi n° 94-035/AF portant orientation sur l’éducation (1994) énonce les disciplines enseignées de la manière suivante:

Article 22

La formation donnée dans les collèges permet l’approfondissement des compétences acquises à l’école élémentaire. Elle doit rendre les élèves capables de poursuivre leur formation au lycée ou dans le cadre de la formation permanente, dans les domaines des enseignements généraux professionnels ou technologiques. L’enseignement dispensé au collège s’appuie essentiellement sur les disciplines suivantes :

français, arabe, mathématiques, langue vivante I et Il, histoire/géographie, éducation civique, activités concrètes, technologie, sciences et techniques biologiques ou géologiques, éducation artistique, éducation manuelle et technique, éducation physique et sportive, enseignement de l’islam.

La scolarité au lycée se fait en principe entièrement en français. D'autres langues, notamment l'anglais, l'espagnol et l'italien, sont aussi enseignées dans certains lycées et collèges privés du pays. L'arabe est enseignée comme «première langue vivante obligatoire». Dans d'autres pays, on parlerait de «première langue étrangère» obligatoire. On inculque aux élèves les rudiments de l'écriture arabe, puis on les initie à la lecture du Coran, avant de les familiariser avec les subtilités des dogmes et des rites musulmans. À la fin de leurs études secondaires, peu d'élèves peuvent s'exprimer en arabe, cette langue demeurant pour la plupart un véhicule pour la religion et l'écriture. Selon la Banque mondiale, 47,3 % des jeunes fréquentent l'école secondaire (2013).

L'Arrêté n°13-044/VP-MFEBICEI/CAB déterminant les produits éligibles au régime des exonérations en droits de douanes au profit du culte (2013) exempt de douanes les livres d'apprentissage des pratiques de l’islam et de la langue arabe :

Article 1er

Sont éligible au régime des exonérations en douanes au profit de l’accomplissement du culte islamique et sous réserves des dispositions de la n°08-011/AU du 27 juin 2008, promulguée par le décret n°13-001/PR du 08 janvier 2013, relatives aux pratiques de l'islam :

- les tapis ;
- les moquettes ;
- les microphones, les amplis de puissance et hauts parleurs ;
- les livres d’apprentissage des pratiques de l’islam et de la langue arabe ;
- les horloges ;

- L'enseignement technique et professionnel

L'enseignement technique et la formation professionnelle sont offerts dans les quatre centres suivants:

- L'École nationale technique et professionnelle (ENTP) à Anjouan ;
- Le Centre national horticole (CNH) à la Grande-Comore ;
- L'École nationale de pêche (ENP) à Anjouan ;
- L'École nationale d'agriculture (ENA) à Mohéli.

Le Décret n° 14-058/PR relatif à la formation technique et professionnelle continue (2014) précise que l'apprentissage de la langue nationale et les actions de lutte contre l’analphabétisme font partie de la formation professionnelle:

Article 17

L’apprentissage de la langue nationale et les actions de lutte contre l’analphabétisme font partie de la formation professionnelle tout au long de la vie. L’État, les collectivités locales, les établissements publics, les établissements. d’enseignement publics et privés, les associations, les organisations professionnelles, syndicales et communautaires de base, ainsi que les entreprises y concourent chacun pour sa part.

L'article 22 du Décret n° 13 - 110 /PR portant promulgation de la loi n° 13-007/AU du 1er juillet 2013, relative à la loi d’orientation sur la Formation technique et professionnelle (2013) énonce les mêmes principes concernant la langue nationale:

Article 22

La Formation technique et professionnelle revêt, suivant les individus concernés et les objectifs poursuivis, trois formes principales :

- une Formation technique et professionnelle initiale dispensée aux jeunes d’âges scolaire et universitaire ;

- une Formation technique et professionnelle continue dispensée aux jeunes et aux adultes en activité professionnelle ;

- une Formation technique et professionnelle dispensée aux jeunes et aux adultes par la voie d’un apprentissage intégrant l’alphabétisation et l’utilisation de la langue nationale. Des passerelles sont établies entre les systèmes scolaires, de Formation technique et professionnelle et universitaire.

Dans le Décret n° 14-058/PR relatif à la formation technique et professionnelle continue (2014), l'article 5 précise que le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche veille à la promotion et à l’enrichissement de la langue comorienne, de la culture locale et des autres langues:

Article 5

Le ministère en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche assure le contrôle et l’évaluation de la politique et des programmes d’enseignement et de recherche, favorise l’innovation par la création individuelle et collective dans les domaines des arts, des lettres, des sciences et des technologies et veille à la promotion et à l’enrichissement de la langue comorienne, de la culture locale et des autres langues.

Dans les faits, le français est enseignée, parfois des rudiments de l'anglais.

- L'enseignement supérieur

L'Université des Comores fut créée en 2003 sous la présidence d'Azali Assoumani. Cet établissement accueille la plupart des bacheliers comoriens qui devaient auparavant se rendre dans d'autres pays pour poursuivre études supérieures. Cet enseignement universitaire supérieur est assuré par les facultés, écoles et instituts suivants:

- Faculté de lettre et des sciences humaines ;
- Faculté de droit et de sciences économiques ;
- Faculté de sciences et techniques ;
- Faculté Imam Chafiou ;
- Institut de formation des enseignants et de recherche en éducation (IFERE) ;
- Institut universitaire de technologie (IUT) ;
- École de médecine et de santé publique (EMSP),
- Centre universitaire de formation professionnelle (CUFOP) ;

Il faut ajouter aussi un certain nombre d'établissements et d'instituts privés d'enseignement supérieur qui ont été créés. De plus, certains étudiants comoriens continuent de poursuivre leur formation supérieure à l'extérieur, notamment dans les pays francophones. Cela entraîne un coût très élevé pour les familles qui prennent totalement en charge le financement de la formation. Soulignons aussi que l'enseignement public est régulièrement perturbé, et ce, depuis de nombreuses années, en raison des grèves des enseignants pour cause de non-paiement de leur salaire.

- La promotion des langues

En 2013, le Décret n° 13-053/PR portant création de la Direction générale de l'alphabétisation de la promotion des langues (2013) créait la Direction générale de l'alphabétisation et de la promotion des langues (DGAPL). Celle-ci a été créée  par le gouvernement comorien dans le but notamment de réduire le taux d’analphabètes, de sauvegarder et de valoriser les ressources linguistiques nationales. Par conséquent, la DGAPL s'est vue assigner la tâche d'élaborer une politique d’alphabétisation à l’échelle nationale, d'accroître le taux de scolarisation, d'éradiquer l’analphabétisme, d'outiller les enfants de capacités nécessaires afin de les doter d'une bonne aptitude d’écriture et de lecture, puis de créer des normes de standardisation des langues dans le but de faciliter le développement de l’offre de l’alphabétisation fonctionnelle. Dans le domaine des langues, le décret 13-053/PR de 2013 impose à la Direction générale de l'alphabétisation et de la promotion des langues (DGAPL) de coordonner la politique des gestion des langues comprenant non seulement les le shikomor (comorien), le français et l'arabe, ,mais aussi l'anglais: 

Article 1er

Il est créé au sein du ministère chargé de l'Éducation nationale, une Direction générale de l'alphabétisation et de la promotion des langues.

Article 2

La Direction générale de l'alphabétisation et de la promotion des langues a pour missions :

- D’élaborer et gérer la politique de gestion et d’enseignement des langues.

- De réunir les conditions favorables à l’enseignement et à l’apprentissage des langues, en particulier les trois langues officielles (le shikomori, le français et l’arabe) et l’anglais.

- D’initier et de coordonner l’élaboration des programmes d’enseignement des langues et de veiller à leur bonne application avec la collaboration de l’Inspection générale de l'Éducation nationale et la Direction générale de la politique et des programmes d’enseignement.

- De coordonner et d’appuyer les actions d’enseignement et d’apprentissage des langues, en particulier le shikomori, le français, l’arabe et l’anglais.

Selon la Banque mondiale, 75,5 des Comoriens sont alphabétisés (2013).

4.5 Le monde du  travail

Dans la vie économique, le français occupe une place quasi exclusive dans les communications écrites. Dans les communications orales, le comorien est concurremment utilisé avec le français. Le Code du travail de 1984 demeure l'un des textes de loi à mentionner la connaissance de la langue, notamment aux articles 63, 75 et 143:

Article 63

Le contrat d'apprentissage est celui par lequel un chef d'établissement industriel, commercial ou agricole, un artisan ou un façonnier s'oblige à donner ou à faire donner une formation professionnelle méthodique et complète à une autre personne, et par lequel celle-ci s'oblige, en retour, à se conformer aux instructions qu'elle recevra et à exécuter les ouvrages qui lui seront confiés en vue de son apprentissage.

Le contrat doit être constaté par écrit à peine de nullité. Il est rédigé dans une des langues officielles et, si possible, dans la langue de l'apprenti. Il est visé dans les conditions fixées à l'article 38 du présent Code.

Le contrat est exempt de tous droits de timbre et d'enregistrement.

Article 75

La convention collective doit être écrite dans l'une des langues officielles à peine de nullité. Elle est établie sur papier libre et signée par chacune des parties contractantes. La convention collective est ensuite déposée contre récépissé au greffe du Tribunal du travail territorialement compétent. Elle est applicable à partir du jour qui suit son dépôt, sauf stipulation contraire.

Article 143

Tout chef d'entreprise ou établissement, public ou privé, doit prendre les mesures appropriées pour prévenir les risques d'accident de travail et d'atteinte à la santé des travailleurs. Il doit notamment:

14) élaborer un règlement intérieur, des instructions ou consignes concernant les mesures de sécurité et d'hygiène. Ces textes doivent être rédigés en langue comorienne, en langue officielle ou en l'une de ces deux langues et affichés d'une façon visible et lisible.

Bien que la loi autorise l'emploi des trois langues officielles, dont le comorien, le français demeure prépondérant. L'article 2 de la Loi n° 88-014 /AF relative à l’apprentissage (1988) ne change rien à la situation:

Article 2

Le contrat d’apprentissage doit être constaté par écrit à peine de nullité.

Il est rédigé dans l'une des langues officielles et, si possible, dans la langue de l’apprenti et expliqué aux parties s’il y a lieu.

Il doit être établi en autant d’originaux que nécessaires chacun de ces originaux doit être signé par l’employeur ou le maître d’apprentissage et par l’apprenti ainsi que le représentant légal de celui-ci s’il est mineur.

L'article 6 de la Loi n° 64-1360 du 31 décembre 1964 sur les marques de fabrique, de commerce ou de service (1964) permet un libellé dans une langue étrangère:

Article 6

[...]

La description ne pourra être écrite en langue étrangère. Elle devra être sans altération, ni surcharge. Les mots rayés comme nuls seront comptés et constatés, les pages et les renvois parafés.

Par exemple, l'article 25 du Décret n° 14 -081/PR Portant promulgation de la loi n° 14-010/AU du 21 avril 2014, portant code sur la commercialisation et la distribution des substituts du lait maternel en Union des Comores (2014) permet des inscriptions dans au moins l'une des langues officielles ou en anglais:

Article 25

Caractéristiques de l’étiquette

Les fabricants et les distributeurs doivent utiliser des étiquettes qui sont difficilement détachables de l’emballage et qui sont clairement lisibles. Les étiquettes sont conçues de manière à fournir les renseignements nécessaires pour une utilisation appropriée du produit et sa composition.

Les inscriptions sont faites au moins en une des trois langues officielles ou en anglais et rédigées dans un langage simple et concis. 

Néanmoins,  même les produits de consommation courante ne portent que des étiquettes ou des modes d’emploi en français.

4.6 Les langues dans les médias

Les médias audiovisuels nationaux utilisent principalement le shingazidja, le comorien de la Grande-Comore, mais le français est aussi très employé. L'ORTC, l'Office de radio et de Télévision des Comores, offre une programmation diversifiée en comorien et en français, que ce soit de l'information, des magazines d'actualité, des documentaires, des débats, des séries de divertissement, des émissions sur la jeunesse ou des émissions religieuses, culturelles et éducatives. La plupart des émissions télévisées sont en français. 

Le premier journal des Comores est l'Al Watwan, puis La Gazette des Comores et Malango Actualité. Ces journaux apparaissent généralement en français, mais des articles peuvent être publiés en arabe.

Le gouvernement des Comores pratique une politique linguistique que l’on pourrait qualifier de non-intervention à l’égard de la langue nationale du pays, exception faite du nom de la langue dans les dispositions constitutionnelles et certains textes de loi. Le français occupe la place qu’il a toujours occupée depuis la seconde moitié du XIXe siècle: les fonctions officielles de l’État et les affaires. Le comorien (shikomor), pour sa part, occupe les fonctions qui lui sont dévolues depuis quelques siècles: la vie familiale et les communications informelles. Quant à l’arabe, son rôle reste strictement symbolique: on l’apprend à l’école pour pouvoir lire le Coran. Peu de Comoriens ne songent à remettre en question cette répartition fonctionnelle des langues qui, pour le moment, semble faire l’affaire de tous. Il n'en demeure pas moins que l'État comorien pourrait valoriser plus qu'il ne le fait la langue comorienne et ses variantes.

Dernière mise à jour: 25 novembre, 2016

Bibliographie

AHMED-CHAMANGA, Mohamed. La langue comorienne: histoire et évolution, 17 août 1999,
[www.comores-online.com/mwezinet/mars99/langue.html]

BOUVET, H., "Éducation et formation aux Comores" dans Études Océan Indien, no 5, Paris, INALCO, 1985.

GAUTHIER, François, Jacques LECLERC et Jacques MAURAIS. Langues et constitutions, Montréal/Paris, Office de la langue française / Conseil international de la langue française, 1993, 131 p.

ENCYCLOPÉDIE MICROSOFT ENCARTA, 2004, art. «Comores» pour la partie historique.

LECLERC, Jacques. Langue et société, Laval, Mondia Éditeur, coll. «Synthèse«, 1992, 708 p.

MAILLARD, Alain. "Nous voulons être des colonies" dans L'Hebdo, n° 33, 14 août 1997,
[http://www.webdo.ch/hebdo/hebdo_1997/hebdo_33/colonies_33.html]

 

 

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