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Colombie-Britannique(British Columbia) (Canada) |
Population: 4,3 millions (2011) Langue officielle: anglais (de facto) Groupe majoritaire: anglais (70,3 %) Groupes minoritaires: français (1,3 %), autres langues (26,4 %) Système politique: province de la fédération canadienne depuis 1871 Articles constitutionnels (langue): art. 14, 16-23, 55, 57 de la Constitution canadienne de 1982 Lois linguistiques: circulaire no 96-12 du 26 août 1996 (programme dimmersion en français); School Act (Loi scolaire) de 1996, chap. 412 RSBC; Entente de collaboration Canada-Colombie-Britannique en matière de langues officielles (2006). |
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La Colombie-Britannique (en anglais: British Columbia) est une province de la côte pacifique du Canada. S'étendant sur une superficie de 947 800 km ², la province est limitée au nord par le territoire du Yukon et les Territoires du Nord-Ouest, à l'est par l'Alberta, au sud par les États-Unis (Montana, Idaho et État de Washington), au nord-ouest par l'Alaska (USA). La crête des montagnes Rocheuses forme la partie sud de la limite orientale. La province inclut l'île de Vancouver et l'archipel de la Reine-Charlotte, au large de la côte ouest (voir la carte). La Colombie-Britannique fut la sixième province à se joindre à la Confédération canadienne en 1871, la septième si l'on inclut les territoires.La capitale de la province est Victoria, mais Vancouver est la plus grande ville. |
Le recensement de 2011
révèle que la population de la Colombie-Britannique compte 4,3 millions
d'habitants, dont 70,3 % d'anglophones, 26,4 % d'allophones (autre langue ou
langue non officielle) et 1,3 % de
francophones.
Population totale
Anglais
Français
Autre langue 2.1 La minorité
francophone Au recensement de 1981, on comptait, dans cette province, 2 % de
francophones, soit 45 615 personnes sur une population de plus de 2,7 millions;
en 1991, la minorité francophone ne constituait plus que 1,4 %, soit 53 040
personnes sur une population de 3,6 millions. Les recensement de 2001
et de 2011 montrent que la population francophone demeure relativement stable
(1,3 %), mais c'est que
l'immigration interprovinciale permet aux francophones de maintenir leur
population. Cette minorité, éparpillée,
isolée géographiquement et culturellement, se perd aujourd'hui
dans la masse anglophone environnante à une vitesse galopante. Les
villes où l'on compte plus de 1000 francophones sont les suivantes:
Vancouver (24 580), Victoria (5735), Kelowna (3075), Abbotsford-Mission (1495),
Nanaimo (1350), Courtenay (1310), Prince Georges (1270), Chilliwack (1205)
et Kamloops (1185). Constamment exposés à l'anglais dans la rue, à l'école,
au travail, entre amis, et soumis aux mariages mixtes dans des proportions
de plus de 70 %, les francophones de la Colombie-Britannique connaissent
un taux d'assimilation de l'ordre de 69 % à 89 % et à peine
15 % d'entre eux utilisent le français à la maison.
2.2 Les allophones
Dans le recensement de 2011, on parle de «langue non
officielle» dans le cas des langues parlées par les allophones. La province de
la Colombie-Britannique compte un grand nombre d'allophones (1,1 million ou 26,4
% de la population en 2011) et de minorités visibles (4 millions en 2006). Les langues les plus parlées sont le
chinois (différentes variétés), le filipino, l'espagnol et le portugais, l'arabe, le coréen, le japonais,
le vietnamien, etc. Selon la Loi sur l'équité en matière d'emploi, font
partie des minorités visibles «les personnes, autres que les autochtones, qui ne
sont pas de race blanche ou qui n'ont pas la peau blanche». La population des
minorités visibles comprend les groupes suivants : Chinois, Sud-Asiatique, Noir,
Philippin, Latino-Américain, Asiatique du Sud-Est, Arabe, Asiatique occidental,
Coréen, Japonais, Minorité visible, n.i.a. et Minorités visibles multiples.
2.3 Les autochtones
Il ne faudrait pas oublier
non plus la population autochtone, car la
Colombie-Britannique en compte un nombre important
(selon le recensement
de 2006, voir le tableau 3), soit 196 000, le nombre de citoyens de
cette province s'étant
identifiés comme des autochtones. Les autochtones de cette province représentent la
population indigène la plus importante du Canada après l'Ontario. Ils ne représentent
toutefois que 4,8 % de la population de cette province (voir
le tableau 4) et 16,7 % de la
population autochtone de tout le Canada (voir
le tableau 3).
En matière de langue, 90,9 % des autochtones ont l'anglais
comme langue maternelle. Seulement 6 %, soit 10 315 locuteurs, ont conservé leur
langue ancestrales: des langues
Soulignons que 2180 locuteurs avaient le français comme langue maternelle. 3.1 Les premières explorations Les premières explorations européennes sur le territoire qui correspond à
l'actuelle Colombie-Britannique remontent à 1592, avec Juan de Fuca, au service
des Espagnols, qui donna son nom à un détroit situé entre le nord-ouest de
l'État de Washington et le sud de l'île de Vancouver. En 1774, Juan José Péres
Hernandez cartographia l'île de Vancouver et les îles de la Reine-Charlotte.
L'Espagne se considérait alors en possession de toute la côte Pacifique au nord
de l'Alaska. En même temps, l'Empire russe des tsars étendait ses explorations
de la côte de l'Alaska. Espagnols et Russes furent suivis de près par le
navigateur britannique
James Cook en 1778, qui prit contact avec les Amérindiens à la baie de
Nootka. Les Français participèrent, de façon mineure, à ce mouvement de
découverte avec Joseph Nicolas de L'Isle et Philippe Buache, envoyés par Louis
XV. 3.2 Un territoire britannique La majeure partie de la cartographie des côtes et des îles de la région fut
ensuite réalisée par deux expéditions, l'une britannique et l'autre espagnole.
D'une part, l'Espagne réclamait le Pacifique comme territoire exclusif en vertu
du traité de Tordesillas (1494),
d'autre part, la Grande-Bretagne soutenait que la navigation était ouverte à
tous les pays et que les revendications territoriales devaient s'appuyer sur une
occupation effective. Les deux expéditions, espagnole et britannique,
s'ignorèrent, jusqu'à leur rencontre dans le détroit de Géorgie en 1792. Les
Britanniques, placés sous le commandement de l'officier de marine, George
Vancouver, explorèrent la côte pacifique avec les Espagnols et firent route
ensemble sur le Nootka Sound afin de négocier la propriété de la côte
nouvellement cartographiée. En 1795, aux termes du traité de Nootka (1790),
l'Espagne céda ses droits sur la région aux Britanniques. Puis plusieurs explorations des régions intérieures furent entreprises,
notamment celle de l'explorateur britannique, Alexander Mackenzie (1793), qui
travaillait pour le compte de la Compagnie du Nord-Ouest, celle de Simon Fraser
(1808) et celle du Canadien David Thompson en 1912. À l'époque, la région était
connue sous le nom de New Caledonia («Nouvelle-Calédonie») ou Columbia
District («district de Columbia. Toutefois, le nom
de New Caledonia fut rejeté — il
existait déjà dans le Pacifique-Sud («Nouvelle-Calédonie») — au profit de British
Columbia. L'appellation de Columbia (du fleuve Columbia, qui avait
été nommé par le capitaine américain Robert Gray en l'honneur de son navire
Columbia) fut alors utilisée de façon non officielle pour désigner la partie
sud de cette colonie britannique. Par la suite, cette désignation aurait été
décidée par la reine Victoria, bien que le nom fût officiellement adoptée en
1858. Ensuite, la région resta durant quelques décennies le domaine de la Compagnie
de la Baie d'Hudson (Hudson's
Bay Company). Le premier comptoir côtier de la HBC, Fort Langley,
fut construit en 1827, près de l'embouchure du fleuve Fraser et son siège pour
la côte ouest, En 1843, Fort Victoria fut érigé. En 1846, lorsque le traité de l'Oregon fixa la frontière entre le territoire
britannique et le territoire des États-Unis au niveau du 49e
parallèle, la ville de Victoria devint le centre des intérêts britanniques. Afin
de protéger la région, la Grande-Bretagne proclama l'île de Vancouver «colonie
royale» en 1849 et désigna Victoria comme capitale. Le premier gouverneur de la colonie de l'île de Vancouver, Richard Blanshard
(1817-1894), arriva en 1849, mais il ne put exercer son autorité auprès des
responsables de la Compagnie de la Baie d'Hudson dont James Douglas (1803-1877)
était le gouverneur. Des conflits de juridiction opposèrent les deux hommes.
Devant l'impossibilité de trouver des solutions, Blanshard démissionna et
Londres désigna en 1851 James Douglas comme gouverneur de la colonie. La même
année, l'archipel de la Reine-Charlotte devint une dépendance de la colonie de
l'île de Vancouver. L'organisation du pouvoir législatif dans le territoire
reposa sur l'institution d'une Assemblée législative en 1856. En 1850, sur une population de 6900 habitants,
la Colombie-Britannique était majoritairement
francophone à plus de 60 %. Suite à la ruée vers l'or et l'arrivée massive
d'immigrants à la fin du XIXe
siècle, les Canadiens français allaient vite se retrouver minoritaires. La découverte d'or en 1858 dans les régions centrales du fleuve Fraser et des
montagnes Cariboo marqua le début de la ruée vers l'or. Devant l'afflux des
chercheurs d'or et des mineurs, Londres décida alors de créer une nouvelle
colonie en lui donnant le nom de British Columbia
(«Colombie-Britannique»). En français, on
parlait aussi de la Colombie-Anglaise. Lorsque la recherche de l'or s'émoussa, la ferveur des
fouilles se dissipa et la masse des chercheurs d'or se retira de la colonie ou
émigra vers la côte. En 1866, les colonies insulaires et continentales furent
fusionnées en une seule entité, avec New Westminster pour capitale. Mais, en
1868, la capitale fut de nouveau établie dans l'ancienne colonie de Victoria. 3.3 L'entrée dans la Confédération canadienne (1871) La nécessité d’expédier des troupes dans le but d’étouffer la
rébellion des Métis en 1870 avait montré le besoin pour le gouvernement canadien
de doter le pays d’une voie à la fois plus rapide et plus fiable. Cette même
année, le gouvernement fédéral promit à la Colombie-Britannique de construire
une voie ferroviaire allant jusqu’au Pacifique, à la condition que la colonie de
la Colombie-Britannique adhère à la Confédération. La Chambre des commues
entérina la proposition en 1871 et la construction d’un réseau ferroviaire
transcontinental devint l'une des axes de la politique gouvernementale. Cette
année-là, certains journaux de Montréal,
francophones comme anglophones, se montrèrent réticents à inclure la
Colombie-Britannique dans la Confédération en insistant sur la composition
ethnique de la population et les dettes contractées. Le Canadien
écrivait: «C'est pour une population de 16 000 Blancs,
1000 Chinois et 45 0000 Métis que l'on veut construire un chemin de fer au
Pacifique, qui coûtera au moins 25 millions de louis.»
Le Montreal Herald craignait de voir
doubler la dette nationale pour quelques milliers d'habitants,
«des Indiens et des
Chinois idolâtres».
Pourtant, la réalité était toute autre: il y avait au moins le tiers de
Canadiens français parmi la population. Les Canadiens français avaient
participé nombreux dans les explorations et au développement de la
Colombie-Britannique, grâce au rôle de la Compagnie du Nord-Ouest, de la
Compagnie de la Baie d'Hudson et de l'Église catholique dans les districts de
Nouvelle-Calédonie et de Columbia. La population passa d'environ 179 000 habitants en
1901 à 525 000 en 1921. À la même époque, Vancouver était devenue la troisième
métropole canadienne. En 1905,
la Colombie-Britannique comptait 5000 immigrants de l'Inde, dont la plupart
étaient des sikhs. Le nombre d'immigrants japonais, provenant surtout de pauvres
petits villages de pêcheurs et d'agriculteurs, s'élevait à 10 000 en 1910. Sous
la pression de la classe ouvrière blanche et des émeutes hostiles aux
Asiatiques, les gouvernements provinciaux prirent d'abord des mesures pour
restreindre l'immigration «étrangère». Le gouvernement fédéral finit par limiter
l'immigration en adoptant la Chinese Immigration Act (Loi sur
l'immigration chinoise) en 1923. Puis la population asiatique de la province
demeura la cible de l'hostilité blanche. Les autorités de cette époque
étaient surtout préoccupées à favoriser l'intégration rapide des communautés
minoritaires au moyen de l'école perçue comme un instrument efficace
d'anglicisation. Les droits des francophones étaient de trop dans un tel
contexte, alors qu'une partie du pays était atteinte d'une certaine xénophobie.
Les Canadiens réviseront leur position quelque quarante ans plus tard.
Les relations ethniques furent quelque peu délicates, notamment au cours de la
Seconde Guerre mondiale lorsque de nombreux résidents d'origine japonaise furent
dépossédés de leur propriété et internés ou déplacés à l'intérieur de la
province après l'attaque contre la base américaine de Pearl Harbour en 1941. Au cours de son histoire passée, la Colombie-Britannique n'a pas connu
de conflits linguistiques. L'anglais fut considéré comme la langue officielle, sans qu'il n'ait
été nécessaire de légiférer à ce sujet. Les francophones furent oubliés, de même
que les nombreux immigrants asiatiques et les autochtones. Il n'existait pas
d'obligation constitutionnelle d'offrir des services judiciaires en français en
Colombie-Britannique. Il n'y a pas eu non plus de législation reconnaissant le
droit à l'usage de la langue française dans les tribunaux. D'ailleurs, une
disposition générale des Règles de procédure de cette province
prescrivait que tous les documents devaient être rédigés en anglais. Cette
disposition ne s'appliquerait pas aux cours de juridiction criminelle
puisqu'elle contrevenait aux dispositions du
Code criminel canadien,
mais les dispositions relatives au Code criminel ne sont entrées en
vigueur qu'en 1990. Durant plus d'un siècle, la minorité francophone a dû
fréquenter les écoles anglaises pour assurer son instruction. L'enseignement en
français a été offert pour la première fois en Colombie-Britannique à la fin des
années 1960, sous la forme de programmes bilingues. Quant aux autochtones, ils
furent complètement ignorés. 3.4 Les résistances au français Après la promulgation de la
Loi
constitutionnelle de 1982 qui inscrivait dans la Constitution canadienne
le bilinguisme anglais-français dans les institutions fédérales et, par la
Charte canadienne des droits et libertés, obligeait les provinces à assurer une
instruction dans la langue des minorités de langue officielle, la
Colombie-Britannique accorda une première école publique aux francophones en
1983.
Province (2011)
(en
milliers)
Colombie- Britannique
(70,3 %)
(1,3 %)
(26,4 %)
Population autochtone (C.-B.)
170 025
100 %
Total des réponses uniques
167 240
98,3 %
Anglais
154 640
90,9 %
Français
2 180
0,7 %
Langues non officielles
10 420
6,1 %
Langues autochtones
10 315
6,0 %
Langues salishennes
2 570
1,5 %
Autres langues autochtones
1 760
1,0 %
Langues wakashanes
1 270
0,7 %
Porteur
1 215
0,7 %
Cri
1 160
0,6 %
Ojibway
275
0,1 %
Langues non autochtones
105
0,06 %
Esclave-du-Sud
100
0,06 %
Inuktitut
50
0,03 %
Pied-noir
35
0,02 %
Dakota/sioux
25
0,01%
Flanc-de-chien
20
0.01 %
Chipewyan
10
00,1 %
Flanc-de-chien
10
0,01 %
Total des réponses multiples
2 790
1,6 %
Réponses multiples autochtones et non
autochtones
2 225
1,3 %
Anglais et langue(s) autochtone(s)
2 100
1,2 %
Français et langue(s) autochtone(s)
70
0,04 %
Anglais, français et langue(s)
autochtone(s)
55
0,03 %
Autres réponses multiples
565
0,3 %
Source : Statistique
Canada, Recensement de la population.
Dernières modifications apportées : 27 janvier 2005.
3
Bref historique

C'est
le 20 juillet 1871 que la Colombie-Britannique intégra la Confédération
canadienne en devenant la sixième province du pays. Le Canada assumait la dette
de la colonie et s'engageait à construire un chemin de fer la reliant à
l'Ontario, le tout dans un délai de dix ans. Cependant, les retards pris dans la
construction irritèrent les responsables provinciaux qui, à plusieurs reprises,
menacèrent de faire sécession.
La province connut ses moment de tensions sociales avec l'arrivée
d'immigrants asiatiques (principalement des Chinois),
qui avait débuté dès l'époque de la ruée vers l'or et qui
s'intensifia avec l'embauche d'ouvriers dans les chemins de fer.
Finalement, les premiers trains atteignirent la
côte du Pacifique en 1886. Après 1890, les Chinois furent
rejoints par de nouveaux arrivants japonais.
L'intégration de la
Colombie-Britannique dans la Confédération se fit de façon plus
harmonieuse qu'au Manitoba et il n'y eut pas de soulèvement de la
part de la population locale. Par la suite, l'immigration anglophone
s'est poursuivie et entraîna une population majoritairement de
langue anglaise. En 1901, les francophones ne constituaient déjà plus que 2,5 % de la population
(179 000), et atteindra 1,1 % en 1931.
Devant l’inaction provinciale dans la mise en application effective des droits scolaires, l'Association des parents francophones de la Colombie-Britannique se mobilisa et déposa une action en justice. Après plusieurs promesses suivies de nombreuses rétractations, le gouvernement finit par adopter, en novembre 1995, un règlement (Francophone Education Regulation) dont les dispositions se révélèrent très restrictives à l'égard de l'accès aux écoles en français. Les négociations qui s'ensuivirent avec la province échouèrent de telle sorte que l'affaire s'est finalement portée devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique. Le verdict de la Cour suprême de la Colombie-Britannique est rendu le 21 août 1996. Le juge David Vickers a alors déclaré: «Le gouvernement de la Colombie-Britannique a échoué à répondre, conformément à la Constitution fédérale, au devoir de garantir une éducation en langue française.» Le tribunal accorda au gouvernement provincial jusqu’à la fin de la session législative pour promulguer une loi protégeant les droits à l’éducation en langue française.
À cette occasion, Jim Abbott, député de la circonscription Kootenay-Est au Parlement fédéral et membre du Parti réformiste, hostile au bilinguisme et au biculturalisme au Canada, déclara que l’argent du gouvernement de la province dépensé dans l’éducation en langue française devrait plutôt être utilisé pour l’enseignement de l’anglais comme langue seconde. Il reprochait au tribunal d'avoir commis une «insigne erreur» et d'avoir accordé à la minorité francophone un contrôle considérable sur l’instruction en en français; il invitait même le gouvernement à résister au jugement de la Cour.
Il fallut attendre en 1996 pour que l'Assemblée législative de la province adopte un projet de loi modifiant la Loi scolaire de 1989 pour celle de 1996 (voir le texte de 1996). Dans cette loi, la province reconnaît de façon permanente le droit à l'éducation en français. En donnant gain de cause à la communauté francophone de la Colombie-Britannique, le juge Vickers ouvrit la voie à l’établissement d’un système scolaire francophone complètement autonome par rapport au système scolaire anglais. Jusqu'en 1999, la gestion de l’éducation en français était toujours restée à la discrétion des conseils scolaires anglophones. Le Conseil scolaire francophone obtint la juridiction du programme francophone dans toute la province.
Néanmoins, il n'est pas facile d'être francophone dans l'Ouest. En 2010, le Conseil scolaire francophone (CSF) de la Colombie-Britannique et la Fédération des parents francophones de cette province intentèrent une action juridique pour obliger le gouvernement provincial à reconnaître ses devoirs constitutionnels et à lui donner les moyens de remplir ses obligations. Les deux associations estiment que «dans plusieurs régions de la province les espaces pour offrir l’éducation en français sont inadéquats et la situation est alarmante». Cette situation empêcherait le CSF de desservir toute la population scolaire et d’offrir des services éducatifs de la plus haute qualité et équivalant à ceux offerts aux anglophones. Cette situation aurait pour résultat une assimilation galopante des jeunes francophones en Colombie-Britannique. Selon le CSF, le gouvernement provincial doit donner aux francophones les moyens de gérer la forte croissance dans leurs écoles et d’offrir à leurs enfants des écoles sécuritaires et adéquates.
Au gouvernement provincial de la Colombie-Britannique, le français ne possède aucun statut officiel, pas plus que l'anglais d'ailleurs. En effet, la province n'a jamais légiféré en matière de langue et aucune loi n'a été effectivement adoptée. Cependant, même si l'anglais n'est pas reconnu juridiquement comme langue officielle, il a acquis, comme dans la plupart des provinces anglaises, ce statut dans les faits.
4.1 Les services fédéraux
Ce n'est donc que sur le plan des structures relevant du gouvernement fédéral que la langue française jouit d'un statut dans la province. La Colombie-Britannique n'est pas soumise aux dispositions de l'article 133 de la Loi constitutionnelle de 1867 pour ce qui touche le Parlement provincial et les tribunaux. D'ailleurs, en 1986, la Cour d'appel de la province a même statué sur cette question en ce qui concerne la Loi constitutionnelle de 1982; selon la Cour, les articles 16 à 22 de la Charte canadienne (relatifs à la langue des débats et de la rédaction des lois) ne s'appliquent pas à cette province, ce qui signifie que l'on ne peut exiger d'utiliser le français dans les débats du Parlement et dans la rédaction des lois. Cependant, un député francophone peut employer le français s'il y tient, mais aucun service de traduction simultanée ne lui sera fourni.
4.2 L'enseignement en français
La Colombie-Britannique est néanmoins liée à l'article 23 de la Charte des droits et libertés de 1982, qui accorde le droit à l'enseignement en français partout au Canada
«là où le nombre le justifie». La Loi sur les langues officielles du gouvernement canadien protège également les francophones, qui peuvent bénéficier en principe de services bilingues quand ils font affaire avec des organismes du gouvernement fédéral. Dans la réalité, les services fédéraux bilingues ne sont pas offerts sur demande pour la simple raison que la demande pour ces services est à peu près nulle, les francophones ayant pris l'habitude de toujours communiquer en anglais.4.3 Les
services provinciaux En ce qui a trait aux services provinciaux
en français, ils demeurent symboliques. Même les représentants
de l'Inter-Cultural Association of Greater Victoria estiment que le gouvernement
de la province fait peu pour les francophones: «Je ne connais personne
qui parle français au sein de ce gouvernement. Si un Québécois
s'adresse à l'assurance-maladie ou quelque autre service, on l'envoie
à notre association.» D'ailleurs, la documentation n'est offerte
qu'en anglais; il n'y a même pas de procédure prévue
pour les services de traduction, qui sont à peine existants. Une
enquête CROP (1983) révélait que moins de 3 % des francophones
ont ou obtenir des services en français dans cette province; aucun
changement n'est survenu depuis.
Il n'y a pas plus d'espace francophone
sur le plan du travail. Les seules possibilités de travailler en
partie en français en Colombie-Britannique demeurent les suivantes:
moins de 200 postes dits bilingues dans la fonction publique fédérale,
une cinquantaine de postes à Radio-Canada, et quelques autres emplois
bilingues dans deux Caisses populaires, quatre librairies et à l'hebdomadaire
régional Le Soleil de Colombie, qui tire à 3600 exemplaires.
La grande majorité de ces postes sont occupés par des anglophones
bilingues.
4.4 Les Jeux olympiques d'hiver de 2010 La ville de Vancouver
fut l'hôte des Jeux olympiques d'hiver
en 2010. Or, l'absence du français en Colombie-Britannique, plus spécialement à
Vancouver, est généralisée, Jeux olympiques ou pas. Au centre d'information
touristique de Vancouver, il est possible de trouver des dépliants bilingues:
anglais et mandarin. À l'aéroport international de Vancouver, il n'y a
jamais d'appel en français, même pas pour les vols vers Montréal. Bref,
transformer Vancouver en une ville bilingue pendant quelques semaines semblait
défier toute logique politique et démographique, et ce, dans un pays
officiellement bilingue et pour un seul événement, les Jeux olympiques, dont la
langue officielle est le français.
Pourtant, le gouvernement fédéral a réagi en
dégageant sept millions de dollars pour la traduction et l'affichage en français
sur les lieux de compétition des Jeux et dans les événements culturels connexes. C'est que, pour le gouvernement fédéral, les
Jeux olympiques de Vancouver
devenaient aussi une sorte de test pour la qualité du bilinguisme au Canada. Le
commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser, a commandé une enquête pour
s'assurer que le français avait sa juste place aux Jeux olympiques d'hiver de
2010 à Vancouver. Pour sa part, la Fédération canadienne des contribuables est
d'avis que cette dépense était un «gaspillage de fonds publics». Quant au ministre
du Patrimoine canadien, James Moore, il s'est dit «déçu» de la faible
représentation de la langue française lors d'une entrevue sur la chaîne
canadienne-anglaise CBC Television, diffusée le 14 février 2010: «Je pense que
les cérémonies d'ouverture étaient géniales, mais il aurait dû y avoir davantage
de français, un point c'est tout.» Quant au commissaire aux langues officielles,
il a déclaré : «Il y a des moments que je sens que le français à Vancouver est
un peu comme la neige: tout le monde à Vancouver souhaite la voir, mais elle est
parfois difficile à trouver.»
Un an après les Jeux olympiques de Vancouver, l'ancien président
du COVAN, le comité organisateur des Jeux de Vancouver,
John Furlong, rejetait toute responsabilité concernant la très faible présence
de la langue française lors des Jeux olympiques. M. Furlong accusa aussi de tous
les maux le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, ainsi que le
premier ministre du Québec, Jean Charest et
les journalistes du Québec, sans oublier le Bloc québécois, le parti
indépendantiste à Ottawa.
En fait, John Furlong n'a jamais voulu reconnaître qu'il avait échoué à
organiser des Jeux olympiques qui respectaient le droit des francophones
canadiens de s'exprimer et de vivre dans leur langue. Les francophones de la province
n'ont jamais eu quelque droit linguistique que ce soit, sauf depuis l'adoption
des dispositions linguistiques de la Constitution canadienne de 1982.
5.1 La Législature et les tribunaux Le français n'est utilisé
au Parlement que comme privilège, non comme un droit.
Dans les
cours de justice de juridiction civile, il est possible tout au plus d'exiger
la présence d'un interprète. Les dispositions relatives au
Code criminel canadien ne sont entrées en vigueur qu'en 1990. En
janvier 1996, la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique
a publié un rapport critiquant le système de justice pénale
de la Colombie-Britannique. L'étude (L'accès à
la justice en français en Colombie-Britannique: les obstacles institutionnels
et systématiques) concluait que les services en français
n'étaient pas facilement accessibles et que des mesures s'imposaient
dans trois secteurs: sensibilisation du système de justice pénale
aux droits de la minorité linguistique, promotion des droits de
la minorité linguistique et présence de personnel francophone
au sein du système.
5.2 Les services gouvernementaux Au plan des
services gouvernementaux, les
communications dans la langue de la minorité sont inexistants, si
lon fait exception de certains bureaux du ministère de lÉducation
de la province. Quant aux services en français provenant du fédéral,
il sont plus que déficients, surtout depuis la privatisation de
plusieurs services aux mains dentreprises peu soucieuses de la langue
de la minorité. La province n’a, pour sa part, aucune obligation de
donner des services en français. Cependant, le Bureau des affaires francophones
du gouvernement de la Colombie-Britannique travaille en partenariat avec la
communauté pour améliorer et promouvoir la vitalité de la communauté
franco-colombienne et offrir des services de en français dans les domaines-clés
comme la santé, le développement économique, la justice et les services sociaux.
Dans les faits, le gouvernement de la Colombie-Britannique offre plus
souvent des brochures en mandarin, en pendjabi
et en filipino qu'en français!
5.3 L'éducation En fait, les seuls droits réels
accordés aux francophones se limitent à l'éducation.
L'enseignement du français est permis au primaire; au secondaire,
il est très difficile, sinon impossible, de réunir des élèves
en nombre suffisant pour donner en français. Depuis 1979, le gouvernement
provincial permet l'enseignement du français de la maternelle à
la septième année. En vertu de
l'article 23 de la Charte des droits et
libertés, tous les
districts scolaires sont tenus
d'offrir un enseignement en français là où se trouvent
10 enfants francophones ou plus.
En 1986, on comptait moins de 500 élèves
dans les classes françaises réparties en trois écoles.
Cet enseignement n'est offert qu'aux seuls francophones ayant leur citoyenneté
canadienne, mais il est ouvert aux anglophones qui veulent apprendre le
français. Les cours destinés aux francophones connaissent
un succès phénoménal auprès des anglophones:
il y a 40 fois plus d'élèves anglophones inscrits que de
francophones. En 1989, on comptait 21 000 enfants de la Colombie-Britannique
inscrits en immersion française dont 2000 francophones. En 1992,
il n'existait encore aucune conseil scolaire francophone, mais le gouvernement
provincial a manifesté son intention de remédier à
ce problème dans un avenir rapproché. Le quotidien The
Province a demandé à ses lecteurs si le gouvernement
devait accorder le contrôle des écoles françaises à
des francophones; selon ce sondage non scientifique, 75 % ont répondu
NON.
Heureusement, un rapport du ministère
de l'Éducation (1992) proposait une nouvelle loi scolaire et la
création de trois conseils scolaires pour 1994: un à Vancouver,
un autre à Nanaïmo et un troisième à Prince George.
Toutefois, à l'automne 1994, le gouvernement de la Colombie-Britannique
refusa de permettre aux francophones d'exercer le droit de gestion de leurs
écoles conféré par la Charte canadienne des droits
et libertés, forçant ainsi les parents francophones à
se porter devant les tribunaux pour obtenir gain de cause. En 1996, la
Cour suprême de la Colombie-Britannique a assermenté les premiers
conseillers du Conseil scolaire francophone (CSF), formé en juillet
1995 en vertu d'un règlement d'exécution de la loi scolaire.
Mais, le 14 août de la même année, la cour a invalidé
le règlement qui établissait le Conseil scolaire francophone.
Dans son jugement, la Cour suprême de la Colombie-Britannique a déclaré
que le gouvernement provincial avait dérogé à l'article
23 de la Charte canadienne des droits et libertés. Il a donné
au gouvernement un délai pour légiférer en vue de
l'établissement d'une structure de gestion scolaire conforme aux
exigences établies. Le gouvernement avait prétendu détenir
la compétence voulue pour adopter le Règlement sur l'éducation francophone (Francophone Education Regulation)
et avait invoqué l'article 5 de la loi intitulée School
Act, qui prévoit dans son paragraphe introductif que chaque
élève a le droit de recevoir une éducation en langue
anglaise. Voici l'article 5 (le seul) de la
Loi scolaire de 1996 concernant
la langue d'enseignement : (1) Every student is entitled to
receive an educational program that is provided in the English language. (2) Students whose parents have
the right under section 23 of the Canadian Charter of Rights and
Freedoms to have their children receive instruction in a language
other than English are entitled to receive that instruction. (3) Subject to the approval of the
minister, a board may permit an educational program to be provided in a
language other than as provided under subsections (1) and (2). (4) The Lieutenant Governor in
Council may make regulations: (a) respecting the provision of
educational programs in languages other than English, (b) to give effect to section 23
of the Canadian Charter of Rights and Freedoms, and (c) determining the manner in
which a power, duty or function of a board may be performed or exercised
under this Act with respect to students referred to in subsection (2). (5) For the purposes of subsection
(4), the Lieutenant Governor in Council may make different regulations
for different circumstances. (1) Chaque élève a droit de recevoir un programme éducatif
dispensé en langue anglaise. (2) Les élèves dont les parents ont le droit,
selon l'article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, de faire
instruire leurs enfants dans une autre langue que l'anglais ont droit de recevoir cette instruction. (3) Soumis à l'approbation du ministre, un conseil
scolaire peut permettre à un programme éducatif d'être fourni dans
une langue autre que celle prévue aux paragraphes (1) et (2). (4) Le lieutenant-gouverneur en
conseil peut prévoir des règlements: (a) en respectant les dispositions
sur les programmes éducatifs en des langues autres que l'anglais, (b) en donnant effet à l'article 23 de la Charte
canadienne des droits et libertés, et (c) en déterminant la façon par laquelle
le pouvoir, le devoir ou la fonction d'un conseil scolaire peut être exécuté ou exercé
selon cette loi en ce qui concerne les élèves mentionnés dans le
paragraphe (2). (5) Pour les buts visés au
paragraphe (4), le lieutenant-gouverneur en conseil peut prévoir des règlements différents
en fonction des diverses circonstances. En 1996, le ministère de lÉducation
publiait la circulaire no 96-12 relative au programme dimmersion
en français. Le gouvernement provincial estime que le programme
d'immersion en français favorise le développement social
et intellectuel des élèves et leur fournit un atout sur le
plan de l'avancement professionnel. Lobjectif est de donner à
des élèves non francophones l'occasion de devenir bilingues,
c'est-à-dire de pouvoir communiquer efficacement en français
et en anglais. Pour former des élèves bilingues, l'enseignement
du programme d'études de base doit être dispensé entièrement
en français durant les premières années de la scolarité.
Une fois que les élèves possèdent de solides connaissances
en français, le programme English Language Arts est introduit
et, au fil des années, l'enseignement en anglais est accru. Les
élèves continuent de recevoir un enseignement en français
pour certaines matières de sorte qu'au terme de leur 12e année,
ils possèdent des compétences linguistiques dans les deux
langues. Un beau programme pour les petits anglophones!
En somme, le gouvernement provincial ne
fait pas de cadeau à sa minorité francophone et l'enseignement
du français en Colombie-Britannique sert en réalité
beaucoup plus les intérêts des anglophones que celui des francophones.
Beaucoup de classes de français profitent de subventions fédérales
et d'avantages pédagogiques appréciables; leur existence
permet d'offrir des postes supplémentaires à des professeurs
dont la connaissance du français semble plus que douteuse. D'après
l'étude de Shapson, de 30 % à 50 % des professeurs considèrent
leur français comme faible ou nul, et le tiers de ceux-ci n'utilisent
cette langue que pendant la moitié de leur cours. Ainsi, la Colombie-Britannique,
en proposant à sa minorité des cours de français,
réussit à satisfaire aux exigences de l'article 23 de la
Charte des droits et libertés; mais il s'agit bien en réalité
de cours de français langue seconde, destinés avant
tout à une majorité anglophone socio-économiquement
aisée.
5.4 Les médias
Le domaine des médias n'est soumis à aucune réglementation provinciale en ce qui
a trait aux service en anglais ou en français, ou en toute autre langue.
La quasi-totalité des journaux de la Colombie-Britannique, soit une centaine,
est en anglais. Les plus importants sont à Vancouver (Vancouver Sun,
Vancouver Courier, etc.) et à Victoria (Monday Magazine), Real
Estate Victoria, Times Colonist, Victoria News, etc.). Il
existe plusieurs journaux en diverses langues, dont en espagnol (
5
Les droits effectifs des Franco-Colombiens
Article
5 (texte original)
Language of instruction
Article
5 (traduction)
Langue d'enseignement
Dans toutes les villes de la Colombie-Britannique, les stations de radio et de télévision diffusent des émissions en anglais. Les francophones bénéficient des stations de radio et de télévision en français grâce à la Société Radio-Canada (SRC). Dans le cas de la télévision, ce sont des émissions québécoises en provenance des studios de Montréal et de quelques studios de la Colombie-Britannique. Il existe aussi des radios locales communautaires dans certaines villes (Vancouver, Victoria, etc.)
Peu de communautés autochtones en Colombie
Britannique ont un accès à des émissions radiophoniques dans leur langue, sans
parler de la transmission de programmes à la télévision. Il n'existe aussi que
fort peu de livres, de journaux, de vidéos ou de supports informatiques dans des
langues amérindiennes. Là où ces documents peuvent exister, ils sont
concurrencés par des produits mieux répartis et plus disponibles en anglais. En Colombie-Britannique, la situation des
francophones demeure précaire et leur présence tient plus
du symbole que de la réalité. C'est le résultat efficace
d'une politique linguistique de non-intervention destinée à
assimiler la minorité. Si les francophones de la Colombie-Britannique ne
bénéficiaient pas régulièrement de l'arrivée des Québécois, ils seraient
disparus depuis longtemps. En réalité, les allophones sont beaucoup plus nombreux
(24,3 %, ce qui ne leur donne pas nécessairement des droits linguistiques
puisque seules les langues officielles reconnues par le Canada ont cette
possibilité. La politique linguistique de cette province correspond à une
politique de non-intervention et les droits (scolaires) qui s'appliquent ont été
imposés par la Constitution canadienne de 1982. Et encore la province se
fait-elle tirer l'oreille!
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Dernière mise à jour: le
02 janvier, 2013
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