Le Saint-Empire romain germanique

L'histoire du Saint-Empire romain germanique est reliée à l'histoire générale de l'Europe. Elle puise ses origines dans l'histoire de l'Antiquité classique avec l'Empire romain, dont le nom fut donné par les historiens à la période de la Rome antique, s'étendant entre 27 avant notre ère et 476 de notre ère. Pour la période postérieure, c'est-à-dire de 476 à 1453, il s'agit de la partie orientale de l'Empire, avec Constantinople pour capitale, que les historiens modernes ont appelée l'Empire byzantin. De 476 à 800, la notion de l'Empire romain subsista avec l'idée d'un Empire romain unique et universel, ayant son siège à Rome. C'est ainsi qu'après les grandes invasions arabes du VIIIe siècle, cette idéologie de l'existence d'un pouvoir central fortement organisé reprit avec force avec l'avènement de l'empire de Charlemagne en 800.

Dans sa superficie la plus étendue, l'expression «Saint-Empire romain germanique» désigna l'Empire d'Occident, restauré par Charlemagne, puis sanctionné par la papauté et finalement transmis aux empereurs d'Allemagne, les successeurs de Charlemagne. En somme, le Saint-Empire romain germanique se voulait une suite de l'ancien Empire romain d'occident. En réalité, les empereurs dirigèrent uniquement l'Allemagne et l'Italie du Nord, ainsi que quelques régions limitrophes, sans le sud de la Péninsule où s'est formée le Royaume de Sicile.

Quant à Charles Quint (1500-1558), il hérita de l'Espagne et de son empire colonial, ainsi que des Dix-Sept Provinces des Pays-Bas, de la Bourgogne, du Royaume de Naples et des possessions des Habsbourg d'Autriche. Malgré la candidature de François Ier, roi de France, Charles Quint fut élu empereur du Saint-Empire romain germanique en 1519, ce qui en fit le monarque le plus puissant de son époque. Mais l'Empire que reçut Charles Quint constituait un agglomérat de principautés, d'États et de villes; c'est pourquoi il éprouva toujours de grandes difficultés à éviter un nouveau morcellement territorial.

Après le traité de Westphalie de 1648, l'empereur Ferdinand III (1637-1657) dut accorder la suprématie territoriale aux États de l'Empire; les Provinces-Unies et les cantons suisses quittèrent l'Empire. Le 2 décembre 1804, Napoléon devient l'empereur des Français dont le couronnement témoignait de sa volonté de devenir l'héritier de Charlemagne et du Saint-Empire. Or, François II, empereur des Romains depuis 1792, fut vaincu en 1806 à Ulm (Allemagne) et dut renoncer à son titre d'empereur germanique (le 6 août) sous la pression de Napoléon qui créa la Confédération du Rhin. Le Saint-Empire romain germanique avait cessé d'exister.

 

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