[Flag of Mongolia]
République de Mongolie

Mongolie

(Mongol Uls)

 

Capitale:  Oulan-Bator (Ulaanbaatar)
Population: 2,4 millions (est. 2000)
Langue officielle: mongol ou khalkha
Groupe majoritaire: mongol ou khalkha (78 %)
Groupes minoritaires: kalmouk ou oïrat (8,4 %), kazakh (4,9 %), bouriat (2,6 %), chinois mandarin (1,4 %), tuvine ou touvan (1,3 %), ouïgour (0,04 ), russe (0,17 %), darkhat (0,1 %) évenki (0,04 %)
Système politique: république unitaire (démocratique)
Articles constitutionnels (langue): art. 8, 14, 53 et 69 de la Constitution de 1992
Lois linguistiques: 
Loi sur la citoyenneté (1995); Loi sur les tribunaux (1994); Code pénal (2002).

1 Situation géographique

La Mongolie, officiellement appelée république de Mongolie, est un pays d’Asie centrale limité au nord par la Russie et à l’est, au sud ainsi qu'à l’ouest par la Chine. Le pays est parfois encore appelé par son ancien nom de Mongolie extérieure (par opposition à la Mongolie intérieure, une province chinoise). Il couvre une superficie totale de 1,5 million de km². La capitale est Oulan-Bator (Ulaanbaatar).

La Mongolie est divisée en 18 provinces (aymguud au sing., aymag au pl.) et quatre municipalités spéciales (hotuud au sing., hot au pl.): Arhangaj, Bayan-Hongor, Bayan-Ölgij, Bulgan, Darhan, Dornod, Dornogovi, Dundgovi, Dzavhan, Erdenet, Govi-Altaj, Hèntij, Hovd, Hövsgöl, Ömnögovi, Övör-Hangaj, Sèlèngè, Sühbaatar, Töv, Oulan-Bator* et Uvs (voir la carte détaillée). Les provinces sont elles-mêmes divisées en 258 préfectures ou "somons".
 

2 Données démolinguistiques

La Mongolie est peuplée à 85 % de Mongols khalkha, mais on compte également 7 % de Kazakhs (turcs), 4,6 % de Toungouses, et 3,4 % d'autres ethnies (dont des Russes et des Chinois).

Parmi les Mongols eux-mêmes, on distingue environ 25 ethnies différentes. Ainsi, le peuple mongol ne forme pas une nation ethniquement homogène, car n'oublions pas que les Mongols se sont formés à partir de tribus turques et toungouzes. Les Mongols bouriates vivent dans le nord du pays, les Dariangas occupent les steppes sud-orientales; les Ölöts (ou Dzoungares), les Kazakhs, les Torgouts, les Dervöts, les Kotons, les Darkhats peuplent les montagnes de l’Ouest.

De façon générale, si l'on fait exception de la ville de Oulan-Bator, les habitants sont assez également répartis dans l'ensemble du pays.

N Province Statut Superficie
(km²)
Capitale Population
(est. 2000)
Pourcentage
1 Arhangaj Province 55 300 Tsetserleg 103 700

4,2 %

2 Bayan-Hongor Province 116 000 Bayan-Hongor 91 600

3,7 %

3 Bayan-Ölgij Province 45 700 Ölgij 96 200

3,9 %

4 Bulgan Province 48 700 Bulgan 66 000

2,7 %

5 Darhan-Uul Municipalité 3 280 Darhan 94 400

3,9 %

6 Dornod Province 123 600 Choybalsan (Bayan-Tumen) 84 500

3,4 %

7 Dornogovi Province 109 500 Buyant-Uhaa (Saynshand) 49 900

2,0 %

8 Dundgovi Province 74 700 Mandalgovi 54 500

2,2 %

9 Dzavhan Province 82 500 Uliastay (Dzavchlant) 105 000

6,2 %

10 Govi-Altaj Province 141 400 Altaj (Yösönbulag) 74 900

3,0 %

11 Govisumber Municipalité 5 540 Choyr 13 100

0,5 %

12 Hèntij Province 80 300 Öndörhaan 77 800

3,2 %

13 Hovd Province 76 100 Dund-Us (Hovd, Jirgalanta) 93 000

3,8 %

14 Hövsgöl Province 100 600 Mörön 123 700

5,1 %

15 Ömnögovi Province 165 400 Dalandzadgad 46 200

1,9 %

16 Orhon Municipalité 840 Erdenet 75 200

3,1 %

17 Övörhangaj Province 62 900 Arvayheer 116 900

4,8 %

18 Sèlèngè Province 41 200 Sühbaatar 107 100

4,4 %

19 Sühbaatar Province 82 300 Baruun-Urt 59 700

2,4 %

20 Töv Province 74 000 Dzuunmod 113 700

4,7 %

21 Ulan-Bator Municipalité 4 700 Ulaanbaatar (Ulan-Bator) 672 900

27,8 %

22 Uvs Province 69 600 Ulaangom 100 500

4,1%

2.1 Le mongol (ou khalkha)

Près de 90 % des Mongols parlent le mongol (ou khalkha), une langue de la famille altaïque appartenant au groupe mongol (à distinguer des groupes turcique et toungouze):
 


Turcique

turc, turkmène, ouzbek, ouïgour, azéri, kazakh, kirghiz, tatar, gagaouze, karakalpak, bachkir, yakoute, tchouvache, tuvine (touvan), etc.


Mongol

khalkha (mongol proprement dit), oïrat, bouriat, kalmouk, xorein, évenki, darkhat, etc.


Toungouze

mandchou, lamout, éven, nanai, negidal, oroch, orok, oudihe, oulch, etc. 

En tant que langue altaïque apparentée au turc, le mongol est une langue dites agglutinante, c'est-à-dire que les catégories grammaticales sont exprimées par des suffixes. Le mongol standard (la variété khalkha) a le statut de langue officielle dans tout le pays, mais il est aussi parlé en Chine, soit en Mongolie intérieure (Öbör mongol öörtöö zasag oron) ainsi que dans les provinces chinoises limitrophes du Nord-Est (Heilongjiang, Jilin), du Nord (Hebei) et du Nord-Ouest (Gansu, Ningxia, Xinjiang); il est aussi parlé en Russie, particulièrement dans la République autonome bouriate-mongole au sud-est du lac Baïkal ainsi qu'à l'ouest du lac, dans deux arrondissements nationaux; sur la rive occidentale du cours inférieur de la Volga, les Kalmouks (env. l50 000) sont installés dans la République autonome de Kalmoukie. Rappelons aussi l'existence, bien aléatoire, de petites communautés apparentées au Mongols: les Moghols d'Afghanistan (les Aïmak et Hazaras), descendants des Mongols de la conquête restés isolés avec la fin de l'empire. Ainsi, enclavée entre la Russie et la Chine, la Mongolie se trouve divisée territorialement, linguistiquement et culturellement, car les Mongols habitent trois États. 

Il existe plusieurs synonymes pour désigner cette langue:

Termes français Termes anglais
mongol Mongol
mongolien Mongolian
khalkha Khalkha
halh Halh
mongolien central Central Mongolian
mongolien halh Halh Mongolian
mongol khel Mongol Khel
khalkha mongolien Khalkha Mongolian
dariganga Dariganga
khotogoit Khotogoit
sartul Sartul
tsongol Tsongol
ujumuchin Ujumuchin
urat Urat

On estime à plus de six millions le nombre de locuteurs mongols, en tenant compte des quelque 350 000 Bouriates de Russie, qui vivent au sud-est du lac Baïkal et des quelque 150 000 Kalmouks habitant sur la rive occidentale du cours inférieur de la Volga.

2.2 Les variétés dialectales

Il existe de nombreuses variétés dialectales du mongol, qui présentent des différences d'ordre phonétique et phonologique, puis d'ordre lexical et syntaxique, mais ces différences ne remettent pas en question l'intercompréhension. Le khalkha constitue la variété dialectale la plus importante. Non seulement le khalkha est parlé par 78 % de la population comme langue maternelle, mais elle a acquis le statut de langue officielle, donc de principale langue d'enseignement, et elle est connue par presque tous les Mongols.

Plusieurs dialectes sont issus du khalkha: le dariganga (env. 30 000 locuteurs), le darxad (env. 15 000 locuteurs) dans le Nord, de même que le xotgoid, le bouriat (environ 35 000 locuteurs), le barga (env. 2000 locuteurs), puis l'üzümücin dans le Sud. On distingue également d'autres variétés dialectales dans l'Ouest (les Mongols occidentaux): le torguud, le bajad, l'ööld, le dörvöd, le xoton, le zaxcin et le mjangad, sans oublier les Oirat de Chine et les Kalmouks de Russie (près de la mer Caspienne). Tous ces dialectes sont parlées dans les zones périphériques du Nord (Mongols septentrionaux ou Bouriates), du Sud (Mongols méridionaux) et de l'Ouest (Mongols occidentaux), la variété khalka occupant tout le Centre. Voici une classification proposée par Wikipédia:

Mongol central

- khalkha (langue officielle de la Mongolie) ;
- ordos (forme autochtone : urdus) ;
- mongol de Mongolie-Intérieure basé sur le dialecte tchakhar. Autres dialectes de Mongolie-Intérieure: barin, khortchin, üjümütchin, naiman, jarut, sunid, abaga, aru khortchin, khartchin, keshigten, ogniut, darkhat, jalaït ;
- alasha ;

Mongol de l'Ouest

- oïrate / kalmouk ; dialectes : torgut, dörbet, olot (ou ööld, elyut, eleuth), khoshut (ou khoshuud), waisi ;

Mongol du Nord

- bouriate ; dialectes : bargu, shinekhen, khori, aga, ekhirit, unga, nijneoudinsk, barguzin, tunka, oka, alar, bohaan, bulagat;
- khamnigan mongol ;
- khamnigan de Mandchourie;

Mongol du Nord-Est

- daur ;

Mongol du Sud-Est
(langues mongoles de l'union linguistique du Qinghai et du Gansu)

- monguor (ou tu) ; dialectes : mongghul, mangghuer, fortement influencé par le tibétain et les langues chinoises
- kangjia
- bonan
- dongxiang (ou santa)

Mongol du Centre-Sud

- yugur oriental ou shira yugur

Mongol du Sud-Ouest

- moghol (ou mogholi, mogol)

Bref, il est malaisé de classifier les variétés du mongol, tant la diversité et la complexité sont importantes.

2.3 Les écritures mongoles

La situation en Mongolie est devenue telle que le pays se retrouve avec trois systèmes d'écriture simultanés: l'alphabet cyrillique, l'alphabet mongol traditionnel et l'alphabet latin.

- L'alphabet cyrillique

Sous la pression de l’Union soviétique, les Mongols durent adopter cyrillique (légèrement modifié) à partir de 1937. En 1941, le gouvernement mongol adopta même une loi pour supprimer l’alphabet mongol traditionnel. Jusqu'en 1990, l'alphabet cyrillique servit d'unique système d'écriture en Mongolie, alors que les Mongols de Chine (Mongolie intérieure) utilisaient l'alphabet mongol traditionnel. 

Alphabet cyrillique mongol

Cet alphabet est non seulement encore utilisé aujourd'hui, mais il va probablement supplanter définitivement l'écriture mongole traditionnelle.

- L'alphabet mongol

L'écriture mongole traditionnelle remonterait au XIIIe siècle. Elle est dérivée de l'écriture ouïgour, elle-même inspirée des écritures sémitiques telles que l'arabe. Cette écriture a été supprimée sous l'ère soviétique, officiellement en 1941. À partir de 1990, le gouvernement mongol a décidé de restaurer l’alphabet mongol traditionnel.

Mongolian

C'est un alphabet un peu plus complexe comme celui utilisé en Mongolie intérieure (Chine) et il est lu verticalement de haut en bas, les colonnes commençant par la gauche (voir le texte de droite ci-dessus). En Mongolie extérieure, cette écriture a fait, depuis 1991, l'objet d'une promotion importante, mais les projets de sa réintroduction comme écriture nationale officielle se sont heurtés à de grandes difficultés.

En réalité, l’écriture mongole n’a qu’une utilité symbolique aujourd’hui, car toute la communication écrite ne se fait qu'en cyrillique (ou en alphabet latin avec l'anglais). Bien que cette ancienne écriture mongole soit apprise obligatoirement dans les écoles, elle n’est pas véritablement utilisée dans la vie quotidienne, même pas par les journaux ou sur les panneaux de signalisation ou la toponymie. 

Néanmoins, il est probable que, pour des raisons à la fois pratiques (alphabet cyrillique) et idéologiques (alphabet mongol), les deux systèmes coexisteront pendant un certain temps. 

- L'alphabet latin

L'alphabet latin demeure connu et utilisé en Mongolie. Rappelons que cet alphabet a déjà été employé en 1931, puis abandonné. Depuis la chute du régime soviétique, l'alphabet latin est revenu avec l'entrée de l'anglais dans le pays. Les firmes étrangères ont généralement recours à l'anglais. En effet, l'écriture latine est généralisée pour pour la notation de mots étrangers, essentiellement des noms d'entreprises; elle est également utilisée dans des phrases complètes en anglais dans le domaine de la publicité.

2.2 Les langues minoritaires

Groupes ethniques Population Pourcentage
Citoyens mongols 2365,4 99,7 %
Halh (Khalkha) 1934,7 81,5 %
Kazakh 103,0 4,3 %
Dörvöd 66,7 2,8 %
Bayaad 50,8 2,1 %
Bouriate 40,6 1,7 %
Dariganga 31,9 1,3 %
Zaxcin 29,8 1,3 %
Uriankhai 25,2 1,1 %
Autres 82,6 3,5 %
Étrangers 8,1 0,3 %
Total 2373,5 100,0 %

La langue minoritaire la plus importante est le kalmouk ou oïrat, parlé dans l'ouest du pays par 8,4 % de la population (totale); comme la khalkha, c'est une langue mongole de la famille altaïque. Elle est suivie par le kazakh (4,9 %), une langue altaïque du groupe turcique parlé dans la province du Bayan-Olgij, puis par le bouriate (2,6 %), une autre langue altaïque du groupe mongol, employée dans le Nord-Est (provinces de Hèntij et Dornod).

Les autres langues sont le chinois mandarin (1,4 %), une langue sino-tibétaine, au nord-ouest dans la province d'Uvs, le tuvine ou touvan (1,3 %) et l'ouïgour (0,04 ), deux langues turques de la famille altaïque parlées, dans le cas du tuvine (touvan), dans les provinces de Hövsgöl au nord et Hovd à l'ouest, dans le cas du ouïgour, dans la province de Hövsgöl. Il convient de mentionner le darkhat (0,1 %) et l'évenki (0,04 %), deux langues altaïques mongoles, respectivement employées dans la province de Hövsgöl au nord, et dans la province de Sèlèngè.

 


 

Enfin, il reste encore des russophones (0,17 %) au nord. Mentionnons que la connaissance du russe a considérablement régressé, en particulier chez les jeunes, du fait de la faveur croissante de l’anglais et du délabrement du système scolaire, en passe d’être jugulé sous peu. Le russe reste bien présent chez les cadres moyens et supérieurs, surtout chez les intellectuels. La comparaison entre le niveau de connaissance du russe en Mongolie et celui de l’anglais en France n’est pas trop hasardeuse, même si elle n’est pas très flatteuse pour le niveau des Français… Toutefois, la comparaison pourrait s'étendre aux Espagnols, aux Italiens, aux Mexicains, etc.

Enfin, il est difficile de trouver des informations sur la situation socio-économiques des différents groupes ethniques minoritaires en Mongolie. On ne peut aussi que déplorer l'absence de législation générale sur les minorités ethniques et sur la lutte contre la discrimination fondée sur la race, la couleur, l'affiliation ou l'origine nationale ou ethnique.

2.3 Les religions traditionnelles

Les religions traditionnelles en Mongolie sont le bouddhisme lamaïste, qui a été interdit en 1929, et le chamanisme (dans le Nord, chez les Tsaatans); on compte aussi quelques communautés musulmanes. Il faut dire qu'en matière de religion l'État communiste a longtemps encouragé l'athéisme, mais une grande partie de la population a toujours pratiqué encore le bouddhisme lamaïste. Depuis la libéralisation démocratique de 1990, on observe une résurgence des pratiques lamaïstes, ce qui a permis la restauration de certains monastères et l’instauration d’écoles monastiques. Rappelons que le dalaï-lama de Lhassa au Tibet a souvent été originaire de la Mongolie, car le Tibet a longtemps fait partie de la Mongolie. Le 30 novembre 1993, le gouvernement a promulgué une loi restreignant les activités des Églises étrangères, et ce, par souci d'unité nationale et pour protéger les religions chamanistes et bouddhistes face à ces religions concurrentes.

3 Données historiques

Des ossements découverts dans le désert de Gobi et dans d'autres régions de Mongolie témoignent d'une présence humaine remontant à près de 500 000 ans. Malgré les étés courts, la culture du blé semble avoir coexisté pendant des milliers d'années avec l'élevage nomade, que les Mongols ont adopté après avoir domestiqué les chevaux, les yacks et les chameaux.

3.1 L'Empire mongol

Le mot «mongol» apparut pour la première fois au VIIe siècle de notre ère dans les archives chinoises. La Mongolie était alors gouvernée par un peuple turc, les Ouïgours, qui contrôlèrent le pays jusqu'en 840, avant d'être vaincus par les Kirghiz, un autre peuple turcophone. Au cours des Xe et XIIe siècles, les Mongols formèrent une confédération de clans rivaux.

En 1189, un jeune Mongol du nom de Temüjin parvint à unir la plupart des tribus, ce qui lui valut le titre de Gengis Khān («empereur universel»). Pour les Mongols, ce nom évoque la force, l'unité, le droit et l'ordre de la Mongolie. Après avoir établi sa capitale dans l'actuelle Kharkhorin, il lança sa cavalerie à l'assaut de la Chine et de la Russie. Il mourut en 1227 des suites d’une chute de cheval. Le 18 août 1227, l’empire mongol (avec Karakoroum comme capitale), qui s'étendait de Pékin jusqu'à Moscou en passant par la mer Caspienne, fut divisé entre ses quatre fils.

En 1279, Kūbilaï Khān, petit-fils de Gengis Khān, acheva la conquête de la Chine. Au lieu de chercher à agrandir davantage le royaume, il s'efforça de l'unifier. Ce fut la pax mongolica, l'âge d'or de l'Empire mongol, l'un des plus vastes de tous les temps. À la mort de Kūbilaï Khān en 1294, des factions rivales se formèrent, tandis que les Chinois commencèrent à s'opposer aux Mongols.  Ceux-ci furent chassés de Pékin en 1368 par le premier empereur de la dynastie Ming (1368-1644). Il s'ensuivit une longue période de déclin et de lutte entre les Mongols orientaux (héritiers de Gengis Khān) et les Mongols occidentaux (soumis aux Ming), qui dura près de trois siècles.

L’arrivée sur le trône d'Altan Khān (1543-1582 ?) redonna pour un temps un certaine vigueur à un empire en déclin. Mais le fait politique essentiel fut l’introduction par Altan Khān (1543-1582 ?) du lamaïsme tibétain de la Secte jaune (bouddhisme réformé au XIVe siècle qui s’opposait au bouddhisme de la Secte rouge). Altan Khān s’étant converti en 1578 au lamaïsme tibétain, les princes et le peuple durent suivre son exemple. De 1639 à 1924, le «Bouddha vivant» (Bogdo Gegen) et ses réincarnations siégèrent à Ourga (aujourd’hui Oulan-Bator). Le lamaïsme entrava le développement de la civilisation mongole et se transforma rapidement en une institution laïque, économique et oppressive. Cette alliance entre le clergé bouddhiste et l’aristocratie mongole gouverna ensuite le pays de 1691 jusqu’au XXe siècle, sous la suzeraineté des dynasties mandchoues de Chine.

De fait, en 1616, les Mandchous, une ethnie du nord-est de la Chine, s'imposèrent à leur tour en Asie en fondant la dynastie chinoise Qing (1644-1911). Ils rallièrent les Mongols orientaux et soumirent la dynastie Ming. Les tribus mongoles occupant le territoire de l'actuelle Mongolie intérieure passèrent sous la domination de la dynastie Qing qui pratiqua une politique d'assimilation forcée. Le règne des Mandchous sur la Chine dura jusque vers 1800. Puis la corruption et le despotisme précipitèrent la chute de l'empire, la dynastie Qing s'éteignant en 1911.

3.2 La Mongolie autonome

Cette année-là (1911), les Mongols proclamèrent leur indépendance et mirent en place un gouvernement provisoire sous l'autorité de Bodg Khaan (Bodgo Gegen), le huitième «Bouddha vivant»; le pays devint la Mongolie autonome. En 1915, un accord tripartite signé à Kiakhta entre la Chine, la Russie et la Mongolie garantit son autonomie (limitée). La révolution russe bouleversa ensuite la situation. En 1919, les Chinois réoccupèrent le pays et tentèrent cette fois-ci de le coloniser.

En 1921, le Parti populaire révolutionnaire mongol fut fondé et, le 13 mars, un gouvernement provisoire fut proclamé. Une armée de volontaires, aidée par une division de l’Armée rouge, chassa en quelques mois les dernières troupes chinoises.

3.3 La République populaire de Mongolie (1924-1990)

La mort du dernier Bodgo Gegen («Bouddha vivant») permit au gouvernement provisoire de proclamer, le 26 novembre 1924, la République populaire de Mongolie, qui devint le deuxième pays communiste du monde. La ville d'Ourga fut renommée Oulan-Bator («Héros rouge»). Les dirigeants de la nouvelle république s’alignèrent sur l’URSS, décidés à transformer radicalement la société mongole. Puis le pays fut balayé par les purges staliniennes au début des années vingt. Mais la collectivisation forcée des terres et des troupeaux, l’interdiction du lamaïsme entraînèrent, en 1932, une insurrection générale qui fut réprimée par l’Armée populaire. À partir de cette année-là et jusqu'en 1951, la Mongolie fut gouvernée par le maréchal Tchoibalsan, appelé le «Staline mongol». En 1937 et 1938, sous l'initiative de Joseph Staline, le pays connut une campagne de terreur contre les monastères et les moines bouddhistes, ce qui décima près de 3 % de la population mongole. En 1940, toujours sous l'ordre de Staline, les autorités mongoles adoptèrent l'alphabet cyrillique en lieu et place de l'alphabet mongol traditionnel.

En 1939, les Japonais attaquèrent la Mongolie, mais ils furent défaits à Khalkhin-gol par les blindés du général russe Joukov. Devenue complètement dépendante de l’URSS, la Mongolie ne commença à élargir ses relations qu’à partir de 1946, lorsque le gouvernement chinois reconnut la Mongolie après la victoire de l'Armée populaire de libération chinoise qui avait permis, en 1947, la création d'une région autonome appelée la Mongolie intérieure (Heimenggu). Depuis la Révolution culturelle, la pression des Chinois han sur les Mongols, de moins en moins nombreux dans leur région autonome, n'a cessé de s'accroître. Toutefois, à la fin des années cinquante, la rupture de la Chine et de l'URSS y mit un terme. La Mongolie resta dans l'orbite de l'URSS qui, en 1961, soutint sa candidature à l’Organisation des Nations unies. Pendant presque un demi-siècle, l’URSS aura été le partenaire commercial principal de la Mongolie et son principal partenaire militaire. Environ 65 000 soldats soviétiques étaient stationnés en Mongolie; les dernières troupes de l’ancienne Union soviétique quittèrent le pays à la fin de 1992. À la fin des années quatre-vingt, plus de 10 000 ressortissants soviétiques travaillaient en Mongolie en tant qu'experts techniques, conseillers ou ouvriers spécialisés; ils constituaient une présence considérable dans certaines villes de Mongolie, ce qui favorisait l'usage de la langue russe. En 1986, encouragé par les réformes de Mikhaïl Gorbatchev, le décentralisateur mongol Jambyn Batmonkh tenta d'introduire la perestroïka et la glasnost dans son pays, mais il perdit le pouvoir en 1990.

3.3 La république de Mongolie

En mai 1990, le gouvernement modifia la Constitution pour permettre la tenue d'élections multipartites, mais les régions rurales plébiscitèrent le maintien du Parti communiste au pouvoir, ce qui permit néanmoins à l'opposition démocratique d'entrer à l'Assemblée nationale. Le pays changea de nom et devint la république de Mongolie.

Le gouvernement communiste commença une réforme en 1990 afin de promouvoir l'écriture traditionnelle dans le pays en lieu et place de l'alphabet cyrillique. En 1994 et 1995, de nouvelles résolutions parlementaire (n° 43) et gouvernementale (n° 223) mirent en place un programme destiné à répandre l'usage de l'écriture traditionnelle dans la presse et l'édition, ainsi qu'à l'introduire dans les écoles en tant que matière spécifique. De nouveaux livres scolaires furent édités afin d'enseigner l'écriture mongole à partir de la troisième année du primaire; ils étaient fondés sur des explications en alphabet cyrillique.

La victoire de la Coalition d'union démocratique aux élections législatives du 30 juin 1996 mit fin à 75 ans de règne communiste. Toutefois, après plusieurs années d'une politique de réformes et de privatisation, la pauvreté et la famine continuent de miner le pays. La rigueur exceptionnelle des hivers de 2001 et de 2002 a sérieusement remis en cause le mode de vie des éleveurs nomades et amené le pays au bord de la crise, avec la mort de six millions de têtes de bétail en raison des températures extrêmes. La Mongolie dut alors faire appel à l’aide internationale.

Mais le boum minier des années 2000 a provoqué en Mongolie une avalanche d'investissements étrangers, qui sont en voie de métamorphoser le pays des steppes et des nomades. Selon le gouvernement, le sous-sol de la Mongolie regorge de réserves non exploitées de cuivre, de charbon, d'or, de terres rares et de bien d'autres ressources parmi les plus vastes du monde. Aujourd'hui, le pays est aujourd'hui l'objet de convoitises de la part des compagnies minières venus de partout, notamment du Canada, qui a comme affinités avec la Mongolie les grands espaces nordiques, une petite population, de puissants voisins et un sous-sol riche en ressources minières. Mais la Chine, les États-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, etc., se partagent les richesses de la Mongolie. Cette nouvelle richesse a pour effet d'attirer les populations nomades des steppes vers la ville d'Oulan-Bator, la capitale. Ces nombreux nomades s'agglutinent dans des quartiers où ils connaissent des problèmes d'infrastructures, de salubrité, d'alcoolisme et de violence. En même temps, les langues étrangères prennent de l'expansion, surtout le chinois et l'anglais. Les écoles de langues font fortune.

4 La politique linguistique

Comme dans bien d'autres États satellites de l'URSS, la Mongolie a tenté d'élaborer une politique linguistique nationaliste. La réforme de l'écriture en est une manifestation. Toutefois, le traitement de la question linguistique ne semble pas prioritairement ressenti par les populations de Mongolie comme revêtant un caractère «national» comparable à ce qui s’est fait dans les pays de l'ex-URSS ou en Chine. Il n’a jamais existé, en Mongolie, d’entités territoriales nationales (y compris l’aimag de Bayan Ölgii où réside l’essentiel des Kazakh de Mongolie). Ceci tient à un premier fait: la plupart des groupes «minoritaires» sont eux-mêmes mongols (Oirads, Bouriats, etc.) et se perçoivent comme tels, même si les différences dialectales sont elles-mêmes repérées. Il faut dire aussi que l’ensemble de la Mongolie actuelle et de la Mongolie intérieure a fait l’objet, entre les XVIIe et le XXe siècles, d’une administration unifiée dans l’empire mandchou, au sein duquel la gestion des régions les plus disparates de l’Ouest était assurée par des fonctionnaires délégués à tour de rôle dans les régions orientales. Il n’existe pas, dans ces conditions, de «droits linguistiques» spécifiques pour les minorités en Mongolie. Il semble aussi que la maîtrise du khalkha soit un fait massif et bien établi, qui ne soulève guère de passions particulières. ll n'en demeure pas moins que les Mongols ont toujours privilégié leur langue nationale, la variété khalkha érigée en langue officielle. 

4.1 La langue officielle et l'écriture mongole

L'article 8 de la Constitution de 1992 proclame ce caractère officiel de la langue mongole:

Article 8

Langue

1) La langue mongole est la langue officielle de l'État.

2) Le paragraphe 1 n'entrave pas le droit des minorités nationales parlant une autre langue maternelle de l'employer dans l'éducation, la communication et dans la poursuite de leurs activités culturelles, artistiques et scientifiques.

Depuis le début des années quatre-vingt-dix, la situation de l'écriture en Mongolie a connu des bouleversements dus à la réintroduction de l'écriture mongole traditionnelle. Une réforme commencée en 1990 visait à promouvoir cette écriture en Mongolie, mais la réforme a quelque peu échoué, car elle n'a pu éliminer l'alphabet cyrillique. Les tentatives pour imposer l'alphabet mongol dans la presse et l'édition, ainsi que dans les écoles n'ont pas donné beaucoup de résultat.

Depuis 1994, le gouvernement semble avoir abandonné sa politique visant à l'adoption de l'écriture mongole comme écriture officielle. En effet, les rares titres de presse publiés en écriture mongole ne sont plus disponibles sur les stands de presse de la capitale mongole, la plupart ne diffusant que des titres en cyrillique. La publicité apparaît même en alphabet latin en raison de l'usage de l'anglais. Les entreprises étrangères favorisent les noms an anglais, en français ou en allemand, ce qui entraîne l'usage de l'alphabet latin.  Aujourd'hui, la place de l'écriture mongole semble se limiter à sa principale phase d'extension du début des années quatre-vingt-dix. Les nouvelles plaques de noms de rue, et surtout dans l'ensemble de l'affichage réalisé à des fins commerciales, les annonces de spectacle sont rédigées en cyrillique. Les plaques des bâtiments sont en alphabet cyrillique si elles sont unilingues, en cyrillique et en latin (anglais) lorsqu'elles sont bilingues. En somme, l'alphabet mongole en est réduit à un usage symbolique et ornemental, qui n'a guère de place dans la vie quotidienne en Mongolie. Mais c'est une question d'identité nationale.

4.2 La langue de la législation et des tribunaux

La langue de la législation est le mongol. C'est dans cette seule langue que les lois sont discutées, rédigées et promulguées. En matière de justice, l'article 14 de la Constitution interdit la discrimination basée sur la langue:

Article 14

Égalité, droit à la personnalité

1)
Quiconque réside légalement en Mongolie est égal devant la loi et les tribunaux.

2) Nul ne peut subir de discrimination sur la base de l'origine ethnique, la langue, la race, l'âge, le sexe, l'origine ou le statut social, la propriété, la fonction, la profession ou le métier, la religion, des opinions ou de l'éducation. Chaque citoyen est une personne aux yeux de la loi.

De façon générale, l'article 53 de la Constitution de 1992 précise que la langue des procès est le mongol:

Article 53

Langue des tribunaux

1) Les procès devant les tribunaux doivent être conduits en langue mongole.

2) Quiconque ignore le mongol est mise au courant tous les faits de la procédure par la traduction et a le droit d'employer sa langue maternelle au cours du procès.
 

Le paragraphe 2 énonce que quiconque ignore le mongol a le droit d'employer sa langue maternelle grâce à un interprète, langue langue de la procédure demeurant le mongol officiel. La Loi sur les tribunaux (19 septembre 1994) est aussi précise à ce sujet:

Article 19

Égalité devant la loi

Tout citoyen de Mongolie est égal devant la loi et les tribunaux sans distinction de nationalité, de langue, de race, d’âge, de sexe, d’origine ou de statut social, de propriété, de fonction, métier ou profession, de religion, d'opinions personnelles, d'instruction ou d'autres conditions, affaires et organisations, sans tenir compte du type de propriété ou de la compétence.

Article 21

Langue de la procédure judiciaire

1) La procédure judiciaire sera conduite dans la langue mongole.

2) Quiconque ignore le mongol a le droit de prendre connaissance de tout le matériel relatif à un cas grâce à l'aide d'un interprète et d'employer sa langue maternelle pendant le procès et recourir aux services d'un interprète.

L'article 5 du Code pénal (2002) reconnait l'égalité entre tous les justiciables:

Article 5

Principe de l'égalité devant la loi et les tribunaux

5.1. Un coupable dont la culpabilité a été reconnue par la cour doit faire l'objet d'une responsabilité pénale, indépendamment de son origine ethnique, de sa langue, de sa race, de son âge, de son sexe, de son origine et statut social, de sa fortune, de son occupation officielle, de sa religion, de ses opinions, de ses croyances et de son instruction.

En fait, la plupart des membres des minorités nationales ne peuvent pas recourir à des dispositions lorsqu'ils se retrouvent devant un tribunal. Ces mesures sont destinées uniquement aux étrangers, non aux autochtones qui doivent connaître la langue officielle. Autrement dit, le procès ne se déroule pas dans la langue étrangère, mais au moins les ressortissants étrangers peuvent se faire comprendre.

4.3 La langue de l'Administration

Le gouvernement mongol a mis en œuvre un programme de restructuration de l’Administration publique, de décentralisation et de redéfinition des relations entre les autorités locales et nationales. Les administrations et les conseils locaux ont ainsi une plus grande autonomie et des responsabilités accrues en matière d’information, de perception des impôts locaux et d’allocation des ressources budgétaires nationales et locales. Cette restructuration favorise l'emploi des langues minoritaires, car la centralisation avait imposé le seul usage du mongol khalkha.

L'article 9 de la Loi sur la citoyenneté (1995) impose comme condition à l'octroi de la citoyenneté mongole le connaissance de la langue officielle de l'État:

Article 9

Conditions pour l'acquisition de la citoyenneté mongole

Les conditions suivantes doivent être respectées afin d'acquérir la nationalité mongole :

2) il faut avoir une connaissance appropriée des coutumes mongoles et de la langue officielle de l'État, tout en étant résident permanent en Mongolie depuis cinq ans avant la date de la demande pour l'acquisition de la citoyenneté ;

Évidemment, la langue officielle continue de dominer, mais l'emploi des langues locales en régions est possible à l'oral, de même que l'anglais. Beaucoup d'étrangers, surtout des Américains, sont en effet présents dans les sous-préfectures et ils assument le rôle de conseillers techniques auprès du gouverneur de la province; ils utilisent l'anglais, ce qui occasionne un effet d'entraînement pour l'expansion de cette langue.

4.4 Les langues et l'enseignement

L’enseignement est obligatoire pour tous les enfants âgés de sept à seize ans. Dans les écoles primaires, la langue mongole constitue l'objet central de l'enseignement. N'oublions pas que la Mongolie est le seul État au monde ayant comme langue officielle le mongol. De façon générale, on peut noter le nombre insuffisant des enseignants, les maigres ressources financières allouées à l'éducation et le manque d'équipements dans les salles de classes. 

Il existe encore des écoles monastiques bouddhistes. Rappelons que l'éducation en Mongolie a été traditionnellement sous le contrôle des monastères et limitée aux moines bouddhistes. Le tibétain était la langue d'enseignement dans les écoles primaires et la langue liturgique. Aujourd'hui, la langue d'enseignement est le mongol et le tibétain, une langue seconde.

Les langues étrangères sont enseignées au secondaire. C'est désormais l'anglais qui est massivement enseigné dans les écoles au lieu du russe, même si cette langue est encore enseignée. La français est aussi représenté, mais il est réduit à une part beaucoup plus modeste; on comptait en 2002 environ un millier d'élèves apprenant le français répartis dans cinq écoles secondaires et six établissements d'enseignement supérieur publics et privés, dont 200 étudiants en droit, journalisme et relations internationales. Par ailleurs, l'allemand s'avère également utile en Mongolie, puisque le pays compte près de 20 000 germanophiles qui ont été formés dans l'ex-République démocratique allemande.

Les universités mongoles utilisent autant l'anglais que le mongol dans les établissements d'enseignement supérieur. Sous le régime soviétique, le russe prenait une part importante comme langue d'enseignement, surtout lorsque les professeurs venaient de l'Union soviétique.  Aujourd'hui, les professeurs étrangers n'utilisent plus que l'anglais.

En ce qui a trait aux minorités nationales, le paragraphe 2 de l'article 8 de la Constitution permet à celles-ci d'employer leur langue maternelle dans l'éducation primaire. Ce droit ne s'appliquerait que pour les minorités kalmouks, kazakhs, bouriates, chinoises et russes. Dans les faits, seuls les Kazakh bénéficient d'une scolarisation bilingue au primaire et, partiellement, au secondaire.

4.5 Les médias et les affaires

Il y a encore quelques années, les infrastructures des médias en Mongolie étaient en mauvais état ou inexistantes, alors que les journaux, radios et télévisions étaient strictement contrôlés par un parti politique unique (le Parti communiste). En peu de temps, tout cela a bien changé: les Russes ont laissé la place aux Américains et, dans une moindre mesure, aux Britanniques, Français et Allemands.

Les médias écrits nationaux sont généralement rédigés en mongol (comme le Udur Toli, le Cag Uye, le Onoodor, le Zuunii Medee, le Udurtutam et le Daily News), mais plusieurs sont diffusés en anglais (le Mongol Messenger, le Mongolia This Week, le UB Post, le Mongolia Online, le Montsame), de même que plusieurs journaux étrangers (Eurasia Net, Mongolia News, One World, Washington Post), et en russe (Montsame).

Dans les médias électroniques, la langue mongole est la langue la plus diffusée, que ce soit Voice of Mongolia, Radio Ulaanbaatar, New Century 107FM, etc. Notons que la BBC World Service présente ses émissions en mongol avec des bulletins d'information en anglais. La radio 990 - Voice of Mongolia diffuse en mongol, mais aussi en anglais, en japonais, en russe, et en chinois. Soulignons que CFI (Canal France International) et TV5 émettent en français.

Dans les affaires, la présence occidentale est importante, notamment de la part des Américains. Même en province, de jeunes Américains travaillent dans certains bureaux gouvernementaux et, par leur seule présence, incitent les habitants à apprendre l'anglais. Beaucoup de décideurs sont d'ailleurs anglophones, ce qui favorise la diffusion de l'anglais dans le pays. La publicité commence à en être imprégnée de la langue anglaise, car des textes complets en cette langue sont de plus en plus visibles.

La politique linguistique de la Mongolie est davantage axée sur la langue nationale que sur les langues minoritaires. Il faut dire que la plupart des langues minoritaires sont aussi des langues mongoles, nécessairement mises à l'écart par rapport à la variété officielle, le khalkha. En fait, les langues minoritaires ne sont pas réprimées, elles sont simplement ignorées. Toute la politique à cet égard repose sur le paragraphe 2 de l'article 8 de la Constitution qui déclare que les dispositions concernant la langue officielle n'entrave pas le droit des minorités nationales parlant une autre langue maternelle de l'employer dans l'éducation, la communication et dans la poursuite de leurs activités culturelles, artistiques et scientifiques.

En Mongolie, on semble encore loin d'un État de droit pour les minorités nationales, comme c'est le cas, par exemple, en Azerbaïdjan. Le gouvernement mongol ne semble pas avoir pris les mesures nécessaires pour que soit garantie l’égalité de tous les citoyens et veiller à ce que les personnes appartenant à des minorités nationales puissent participer pleinement à toutes les activités du pays. Le gouvernement de la république de Mongolie devrait reconnaître des droits aux communautés minoritaires, car toute personne a le droit de déterminer librement son appartenance à quelque minorité nationale que ce soit. Pour ce faire, il faudrait aussi adopter des instruments juridiques destinés aux minorités. Comme l'État n'a même pas adopté de loi officielle portant sur le mongol, on voit mal comme il pourrait en adopter une sur les langues minoritaires. Il est possible que ces instruments juridiques soient élaborés un jour.

Dernière mise à jour: 01 avr. 2012
 

Bibliographie

ENCYCLOPÉDIE MICROSOFT ENCARTA, 2004, art. «Mongolie», pour la partie historique.

LEGRAND, Jacques. Mongol, INALCO, Université de Paris VIII, février 2000,
[http://www.inalco.fr/pub/enseignements/langues/eurasie/mongol/mongolww.html].

LEGRAND, Jacques, échanges de courrier électronique.

YACOUB, Joseph. «Extrême-Orient» dans Les minorités dans le monde, Paris, Desclée de Brouwer, 1998, p. 654-656.

Voir aussi la Région autonome de Mongolie intérieure (Chine)

L'Asie

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