Royaume du Danemark
Danemark

Kongeriget Danmark

 

Capitale: Copenhague  
Population: 5,5 millions (est. 2011)
Langue officielle: danois (de facto)
Groupe majoritaire: danois (92 %)  
Groupes minoritaires: turc, néerlandais, allemand, anglais, norvégien, suédois, serbe, farsi, islandais, polonais,  kurde, féroïen, tsigane, groenlandais, espagnol, arabe, etc.
Système politique: monarchie parlementaire  
Articles constitutionnels (langue): aucune disposition linguistique dans la Constitution de 1953  
Lois linguistiques: Déclaration du gouvernement du Danemark sur la statut de la minorité allemande au Danemark (1955); Loi sur les contrats danois (1986);
Convention linguistique du Conseil nordique (1987); Convention relative aux peuples indigènes et tribaux (1989) de l’OIT; Loi consolidée sur l'enseignement du danois comme langue seconde aux adultes étrangers et autres, et sur les centres de formation linguistique, no 487 (1998); Loi sur les denrées alimentaires (1998); Loi sur les Folkeskole (consolidée en 2004); Loi sur la radiodiffusion (2002); Loi sur l'enseignement du danois aux adultes étrangers, no 375 (2003); Loi de consolidation, no 808 (2004); Code pénal (2006).

1    Situation géographique

Le Danemark est un pays relativement petit de 43 069 km² (l'équivalent des Pays-Bas ou de l'Estonie) situé au nord de l’Allemagne (357 021 km²). Il est localisé plus précisément entre la mer du Nord et la mer Baltique (voir la carte plus détaillée). Le Danemark est composé principalement de deux grandes îles (mais on en compte plus de 400 au total), et d'une presqu'île, le Jutland, au nord de l'Allemagne (seule frontière terrestre); les côtes danoises sont particulièrement déchiquetées.

Les îles principales sont situées entre le Jutland et la Suède dans la mer du Nord: Sjælland (ou Sealand), suivie de la Fionie, de Lolland, de Falster, de Langeland et de Møn. Dans la mer Baltique, à environ 130 km à l’est de Sjælland, se trouve l’île de Bornholm (au sud de la Suède ou au nord de la Pologne). Voir la carte plus détaillée. La capitale du pays est Copenhague dans l'île de Sjælland.

Ce qui rend la situation du Danemark un peu exceptionnelle, c’est le fait que le Royaume compte deux territoires autonomes à l’extérieur de ses frontières dans l'Atlantique-Nord: les îles Féroé et le Groenland.  Ces territoires sont devenus des possessions danoises à la fin du XIVe siècle.

Ils bénéficient d’un statut d’autonomie, depuis 1948 pour les Féroé et depuis 1979 pour le Groenland. Ils possèdent leur propre parlement, peuvent adopter leurs lois et disposent de leur propre fonction publique et gèrent leurs écoles. Ils ont le droit de se déclarer indépendants, mais ils ne l'ont jamais fait, malgré les velléités régulièrement déclarées depuis quelques décennies. Ni les îles Féroé ni le Groenland n'appartiennent à l'Union européenne : les îles Féroé ont toujours refusé d'en faire partie et le Groenland s'en est retiré le 1er février 1985, à la suite d'un référendum organisé en 1982. Néanmoins, la politique étrangère, la défense nationale, la justice et la politique monétaire constituent des domaines sous juridiction du gouvernement central danois.

Le Danemark est divisé en cinq régions:

1) Région de la Capitale (Hovedstaden);
2)
Jutland du Centre (Midtjylland);
3)
Jutland du Nord (Nordjylland);
4) Zélande (Sjælland);
5)
Danemark du Sud (Syddanmark).

Ces régions ne sont pas équivalentes ni au point de vue de la superficie ni au point de vue de la population. Le Jutland du Centre (13 232 km²)et le Danemark du Sud (12 113,20 km²) sont les régions bénéficiant de la plus grande superficie, mais la Région de la Capitale (1,6 million), le Jutland du Centre (1,2 million) et le Danemark du Sud (1,2 million) sont les plus peuplées. L'île de Bornholm (588 km²) fait partie de la Région de la Capitale. Cette île du Danemark (pop.: 42 817 habitants en 2008) est située dans la mer Baltique au sud-ouest, à 36 km au sud-est de la Scanie suédoise et à 150 km à l'est des premières côtes danoises. Le chef-lieu de Bornholm est Rønne.

Région (danois) Appellation anglaise Appellation française Superficie Population 2011
Hovedstaden Capital Region / Greater Copenhagen Région de la Capitale / Grand Copenhague   2 574,88 km² 1 648 450
Midtjylland Central Jutland Jutland du Centre 13 232,46 km² 1 256 965
Nordjylland North Jutland Jutland du Nord   7 569,50 km²    577 488
Sjælland Zealand Zélande   7 274,54 km²    833 782
Syddanmark Southern Denmark Danemark du Sud 12 113,20 km² 1 204 785
Danemark Denmark Danmark 42 764,58 km² 5 521 470

2  Données démolinguistiques

Au Danemark même, la population est d’une remarquable homogénéité linguistique, car 92 % des citoyens du pays parlent le danois comme langue maternelle. Rappelons que cette langue à l'instar de l'allemand, fait partie des langues germaniques appartenant à la famille indo-européenne. Cependant, le danois fait partie d'un autre sous-groupe, celui des langues germaniques du Nord, avec le suédois, le norvégien (bokmål et nynorsk), le féroïen et l'islandais.

2.1 Les origine du danois

Comme c'est le cas de toutes les langues scandinaves, le danois provient d'une langue commune (le proto-norrois) remontant aux inscriptions runiques du IIIe siècle de notre ère. Cette langue, appelée aujourd'hui le vieux norrois, était parlée par les Vikings, soit entre 800 et 1050. Puis le vieux norrois subit de nouveaux changements qui ne se répandirent pas partout en Scandinavie. Il en résultat l'élaboration de deux grands groupes similaires: le «vieux nordique occidental» parlé en Norvège et en Islande, et le «vieux nordique oriental» parlé au Danemark et en Suède. Ces deux ensemble sont appelés «runiques» en raison du système alphabétique dit le futhark germanique qui, bien qu'apparu avec la civilisation chrétienne, fut employé par les Vikings jusqu'au VIIIe siècle. Cette langue était appelée par les Vikinks dönsk tunga et désignait la «langue danoise».
 

L'expansion des vieilles langues nordiques s'est produite vers le Xe siècle, mais déjà, vers l'an 1100, les variétés danoises avaient commencé à se distinguer des variétés suédoises. Ces transformations linguistiques se répandirent partout, et ce, d'autant plus qu'elles furent favorisées par l'insularité et la dispersion géographique des peuples scandinaves, notamment en Suède, en Islande, aux îles Féroé et en même Angleterre où les Danois s'étaient installés (région appelée Danalagu, signifiant la «région où sévit la loi danoise», en anglais, le Danelaw), c'est-à-dire tout le territoire situé au nord de Watling Street, qui va de Londres à Chester. Le danois s'est parlé durant tout le Moyen Âge dans les comtés du nord-ouest de l'Angleterre.

Dans la carte de gauche, la zone en vert représente la répartition du dialecte du vieux nordique de l'Ouest; la zone orange correspond à la diffusion du dialecte du vieux nordique de l'Est. Quant à la zone mauve, elle témoigne de la diffusion des autres langues langues germaniques avec lesquelles le vieux nordique conservait toujours des liens d'intercompréhension mutuelle. Enfin, la zone jaune représente le vieux gutnois limité à l'île de Gotland dans la mer Baltique et à un îlot au sud-ouest de la Norvège.

Aujourd'hui, parmi les langues scandinaves, le danois est particulièrement proche de la variété norvégienne du bokmål. Néanmoins, les similitudes entre les langues nordiques sont encore manifestes, mais moindres avec le féroïen et l'islandais, des langues plus archaïsantes. En général, un Danois comprend aisément, sans recourir à la traduction, les locuteurs du suédois et du norvégien (bokmål). Toutefois, les Suédois et les Norvégiens ont plus de difficulté à comprendre un Danois en raison de la prononciation assez particulière du danois, laquelle peut paraître même déroutante pour les autres locuteurs des «langues scandinaves». Certaines ''mauvaises langues'' (surtout des suédophones?) affirment même que le danois, avant d'être une langue, est avant tout une «maladie de la gorge». À l'écrit, le danois, le suédois et les deux variétés norvégiennes (bokmål + nynorsk) sont plus facilement intelligibles. .

Le danois utilise les 26 lettres de l'alphabet latin, ainsi que trois lettres supplémentaires [å], [ø] et [æ]:

- [å], autrefois écrit [aa], se prononce comme [ô] dans pôle;
- [ø] se prononce comme le [eu] français dans peu;
- [æ], un digramme qui se prononce comme le [è] français ou le [ä] allemand.

Le [y] et le [j] danois sont prononcés respectivement comme le [u] français dans rue et le [y] dans yack, alors que le [a] danois est proche du [é] français dans thé.

La langue danoise n'est pas uniforme, car l'insularité du territoire danois a grandement facilité l'apparition de différents dialectes, malgré la faible superficie du pays et le nombre peu élevé d'habitants. On distingue d'abord le danois standard qui, à l'origine, n'était que le dialecte parlé sur l'île de Sjælland, particulièrement dans la région de Copenhague. Ensuite, il faut mentionner le jysk (prononcé [yousk]) ou jutois parlé dans la péninsule du Jutland, le fynsk (prononcé [fünhsk]) ou funsk utilisé dans l'île de Fionie et le bornholmsk ou danois des îles employé seulement dans l'île de Bornholm.  On peut utiliser aussi les termes suivants: le jutlandais, le fionais, le jutlandais du Sud, le dialecte de Bornholm et le dialecte de Copenhage; le bornholmsk est également appelé le dano-suédois ou danois du Sud, ou encore le burgondholmais. Toutes ces variétés dialectales sont relativement intelligibles entre elles.

Au début du XIXe siècle, le Danemark était divisé linguistiquement en trois zones:

1) le Danemark urbain où l'on parlait le danois standard (rigssproget) dans les villes;
2) le Danemark rural ou dominaient les variétés dialectales paysannes (rigssmolet);
3) la cour danoise et les duchés de Schleswig et Holstein, ou l'on s'exprimait seulement en allemand.

Après 1848 et le décès du vieux roi Christian VIII, son fils Frédéric VII s'allia à la bourgeoisie et instaura un régime constitutionnel marginalisant la noblesse et la cour, toutes deux de langue allemande. Mais les conflits avec l'Allemagne suscitèrent un nationalisme linguistique qui favorisa la langue danoise. Le danois emprunta quelques centaines de mots provenant du bas-allemand moyen. Puis les lettrés danois combattirent les germanismes et s'alignèrent sur les mouvements «scandinavistes» qui privilégiaient la concertation avec les autres peuples nordiques pour des réformes en faveur de solutions orthographiques communes. Au XVIIIe et XIXe siècles, le danois emprunta d'abord un certain nombre de mots au français, puis à l'anglais. À l'instar de plusieurs langues européennes, le danois puisa aussi dans les langues mortes telles que le latin et le grec ancien. La plupart des emprunts ont été adaptés à la phonétique et à la structure flexionnelle du danois. Finalement, le danois fut codifié et reçut son statut officiel en 1875. En ce qui concerne les relations internationales, le danois est l'une des langues officielles de l'Union européenne depuis 1973.

Soulignons aussi qu'il existe une petite minorité nationale (autochtone) de langue danoise au nord de l'Allemagne,  principalement près de la frontière du Danemark, plus précisément dans le Schleswig du Sud. Dans cette région, le danois est parlé par quelque 50 000 locuteurs, au nord du pays, soit dans les districts de Rendsburg/Eckernfoerde, Schleswig/Flensburg, Nordfriesland et dans la ville de Flensburg (voir la carte du Schleswig-Holstein).

Le danois est une langue scandinave comme le suédois, le norvégien et l'islandais, mais c'est aussi une langue germanique comme l'anglais:

Français Danois Suédois Norvégien Islandais Anglais
chemise
gant
père
mari (époux)
maison
porte
panier
bouteille
fleur
noir
skjorte
handske
fader
mand
hus
dør
kurv
flaske
blomst
sort
skjorta
handske
fa(de)r
man
hus
dörr
korg
flaska
bloma
svart
skjorte
hanske
far
mann
hus
dør
kurv
flaske
blomst
sort
skyrta
hanzki
faðir
eiginmaður
hús
dyr
karfa
flaska
blóm
svartur
shirt
glove
father
man (husband)
house
door
basket
glass (flask)
flower
black

De toutes les langues scandinaves, c'est l'islandais qui est la langue la plus différenciée, mais le suédois suit tout de suite après. Les Danois, les Norvégiens et les Suédois se comprennent mutuellement sans trop d'efforts. Mais aucun des locuteurs de ces langues ne comprend ni ne lit l'islandais, tandis qu'un islandophone comprend assez aisément les trois autres langues.

2.2 Les germanophones du Danemark

Le Danemark compte une petite minorité nationale de quelque 27 000 germanophones au sud du pays, parlant l'allemand (Deutsch en allemand), appelé Tysk en danois. C’est la région du Schleswig du Nord  (voir la carte du Schleswig) appelée aussi Sønderjylland (Jutland méridional). La population totale de cette région est de 250 000 habitants, alors que la communauté allemande compte pour 9 % de cette population; quelque 8000 germanophones utilisent encore quotidiennement leur langue. Les germanophones sont concentrés dans la région de Tinglev (all.: Tingleff), Aabenraa (all.: Apenrade) et Haderslev (all.: Hadersleben). Ils parlent l'allemand dans sa variété de haut allemand standard. Tous les membres de la minorité germanophone sont bilingues et parlent le danois. Ils sont de nationalité danoise, mais de culture allemande.

Dans le Schleswig du Sud ou Südschleswig (575 000 habitants) en Allemagne, on trouve une petite minorité danophone dont la population se situe tout au plus autour de 50 000 locuteurs, principalement dans les districts de Rendsburg/Eckernfoerde, de Schleswig/Flensburg, de Nordfriesland et dans la ville de Flensburg (environ 20 000). Pour les Danois, le Südschleswig est encore appelé le Reichsdänen («Empire danois»).

2.3 Les langues des territoires (Féroé et Groenland)

Par ailleurs, font partie du royaume du Danemark les îles Féroé et le Groenland, deux territoires possédant une grande autonomie ainsi que leur propre parlement.  Le gouvernement danois reconnaît à ces deux territoires le droit de sécession et le droit à l'indépendance politique totale, si leurs populations le désirent. Aux îles Féroé, les insulaires parlent le féroïen, une autre langue germanique, alors qu'au Groenland les autochtones parlent le groenlandais (appelé kalaallisut), une langue eskimo-aléoute apparentée à l'inuktitut utilisé par les Inuits du Canada. Le féroïen et le groenlandais sont donc les langues majoritaires des territoires danois des îles Féroé et du Groenland. D‘après les informations que le Comité d‘experts a reçues de la représentation locale à Copenhague, près de 10 000 personnes parleraient le groenlandais au Danemark continental. On peut consulter le site relatif aux îles Féroé et celui du Groenland.  

2.4 Les communautés immigrantes

D’après les statistiques officielles, au moins 8 % de la population était composée d'immigrants, de réfugiés ou de demandeurs d'asile en 2003, contre 2 % en 1984.  Les dernières décennies ont fait augmenter substantiellement la population immigrante, ce qui a eu pour résultat de changer le caractère démolinguistique du Danemark.  On compte maintenant un certain nombre de Turcs, de Serbes, de Kurdes, d'Arabes, de Suédois, de Norvégiens, d'Iraniens, de Tsiganes, d'Espagnols, etc. Ainsi, le nombre des immigrants provenant de pays totalement différents du Danemark, tels que la Turquie, l'ex-Yougoslavie et l'Asie, surtout le Pakistan, s'est accru considérablement. Plus de la moitié des citoyens étrangers vivent dans le Grand-Copenhague et d’environ 17 %, soit un peu plus du quart d'entre eux, proviennent des pays nordiques ou des pays de l'Union européenne.

En janvier 2004 (Country Report 2004, de Karen Bjerg Petersen), le gouvernement danois faisait connaître le nombre des immigrants au pays. Les plus nombreux provenaient de la Turquie, de l'Irak, de l'Allemagne, du Liban, de la Bosnie-Herzégovine, du Pakistan et de l'ex-Yougoslavie:

 

Pays d'origine
(janvier 2004)
Immigrants Descendants d'immigrants Total Pourcentage de tous les étrangers au Danemark Langues

Turquie

30 887

23 370

54 257

12,30 %

turc / kurde

Irak

20 701

4 970

25 671

5,80 %

arabe / turc

Allemagne

22 484

2766

25 250

5,70 %

allemand

Liban

12 101

9 689

21 790

4,90 %

arabe

Bosnie-Herzégovine 181 530

2 820

20 973

4,70 %

serbe / croate

Pakistan

10 689

8 561

19 250

4,40 %

ourdou

Yougoslavie

12 263

5 485

17 748

4,00 %

serbe / croate

Somalie

11 774

5 589

17 363

3,90 %

somali

Norvège

13 862

1 626

15 488

3,50 %

norvégien

Suède

12 199

2 023

14 222

3,20 %

suédois

Iran

11 730

2 483

14 213

3,20 %

farsi

Pologne

10 877

2 148

13 025

2,90 %

polonais

Vietnam

8 643

3 812

12 455

2,80 %

vietnamien

Grande-Bretagne

10 682

1 243

11 925

2,70 %

anglais

Sri Lanka

6 815

3 509

10 324

2,30 %

tamoul

Afghanistan

8 986

1 247

10 233

2,30 %

pashtou / dari

Maroc

4 948

3 851

8 799

2,00 %

arabe marocain

Autres pays

110 008

19 042

123 050

29,20 %

-----

Tous les pays

337 802

104 234

442 036

100,00 %

-----

Par rapport à la population totale du Danemark estimée à 5 413 392 en 2004, le pourcentage des immigrants s'élevait donc à 8,17 %, alors qu'il était de 2 % en 1984. Les migrations entre le Danemark et les pays européens, qui ressemblent au Danemark tant socialement que économiquement, ont été les plus nombreuses, tandis que le nombre des émigrants et des immigrants entre le Danemark et ces pays est demeuré à peu près égal. Jusqu'à présent, ni les étrangers domiciliés au Danemark ni les immigrés n'ont influencé da façon notable la langue danoise. Ces derniers temps, certaines attitudes négatives vis-à-vis des immigrés se sont manifestées au Danemark, notamment à l'occasion des élections, alors que les opposants à l'immigration se manifestent avec plus de véhémence.

4  La politique linguistique à l'égard du danois

Le statut juridique du danois n’est pas défini ni dans la Constitution ni dans quelque loi que ce soit. En réalité, le danois est la langue officielle du Danemark dans les faits (de facto), non par la loi (de jure). Il faut dire que cette langue est parlée par 92 % de la population comme langue maternelle.

Traditionnellement, le Danemark n'a jamais eu de politique linguistique développée au sujet de la langue danoise, dont le statut est celui d'une langue officielle dans les faits. De façon générale, les linguistes danois ont toujours cru que le mieux que l'on puisse faire, c'était de laisser la langue danoise s'occuper d'elle-même toute seule. Toute planification linguistique était considérée comme suspecte ou inutile. Elle paraissait suspecte dans la mesure où les changements éventuellement apportés au danois pourraient être perçus comme «puristes», que ce soit l'adaptation des emprunts dans l'orthographe, la prononciation ou le système flexionnel, ce qui aurait rendu les emprunts moins étrangers. Toute politique linguistique semblait également inutile, puisqu'il ne paraissait pas possible de modifier le statut du danois dans la société de façon à contrer les «forces du marché». C'est pourquoi l'État n'a jamais adopté de législation sur la langue officielle ou nationale.

Néanmoins, il est arrivé que certaines lois non linguistiques contiennent quelques dispositions sur la langue danoise. Ainsi, l'article 24 de la loi du 6 juin 1973 relative à l'alimentation et à l'étiquetage ("Lov nr. 310 af 6. juni 1973 om levnedsmidler") précisait que les indications devaient être rédigés de façon claire et lisible, sans qu'il ne soit même nécessaire de préciser qu'il s'agissait de la langue danoise. Cette loi a été abrogée et remplacée par la loi no 471 du 1er juillet 1998 ("Lov nr. 471 af 1. juli 1998 om fødevarer": loi no 471 du 1er juillet 1998 sur les denrées alimentaires). Seul l'article 9 du chapitre V de la Loi sur les denrées alimentaires (1998) traite de la langue en ces termes:
 

Article 9

Le ministre de la Famille et de la Consommation peut fixer des règles sur la façon dont l'étiquetage des denrées alimentaires doit être effectué, y compris les langues dans lesquelles les informations requises doivent être fournies et où l'information doit être placée.

Selon divers organismes de protection du consommateur, il est évident que l'étiquetage doit être rédigé en danois lorsque le produit est destiné au grand public du Danemark. Bien que ce ne soit pas inscrit dans une loi, les garanties des produits vendus au Danemark doivent en principe être rédigées en danois depuis 1999. Il en est ainsi des modes d'emploi, des cosmétiques, etc. Deux arrêtés ministériels obligent les fabricants des machines ou des appareils à rédiger les modes d'emploi en danois, afin d'assurer la sécurité de l'utilisateur lors de la mise en œuvre d'un dispositif technique. Dans l'ensemble, ces quelques dispositions ponctuelles se révèlent peu de choses dans une politique linguistique.

4.1 L'intrusion de l'anglais

On parle beaucoup de l'intrusion de l'anglais au Danemark, une intrusion qui a alerté de nombreux défenseurs du danois. Le quasi-effacement du danois dans certains secteurs névralgiques, notamment dans les domaines de l'enseignement supérieur, du commerce, de la chanson populaire, des sciences et du cinéma, a considérablement modifié la situation à l'égard du danois. Dans l'état actuel des choses, l'enseignement universitaire, surtout scientifique, la chanson populaire et le cinéma échappent presque totalement à la langue danoise, ce qui peut paraître inquiétant pour certains.

La mondialisation actuelle favorise les débats sur la politique linguistique au Danemark, car les Danois constatent à chaque jour une perte progressive de l'usage du danois dans des domaines majeurs de la vie sociale. Pour certains Danois, il n'apparaît pas normal qu'un citoyen ne puisse pas recevoir tous les services dont il a droit en danois, que ce soit en éducation, dans l'administration publique, dans la recherche d'un emploi, dans la publicité, etc. Il n'apparaît pas normal qu'il soit permis au Danemark d’utiliser des langues étrangères, essentiellement l'anglais, à des fins publicitaires pour les marchandises et les services. Même les modes d’emploi et les directives des produits alimentaires et des produits manufacturés ne sont souvent disponibles qu'en anglais (ou en allemand). Il ne paraît pas davantage normal qu'un candidat à l'emploi soit obligé de recourir systématiquement à l'anglais dans son propre pays. Dans le commerce et l'industrie, la publicité pour les emplois est maintenant de plus en plus rédigée uniquement en anglais. Par exemple, les sociétés danoises elles-mêmes font beaucoup de publicité pour un ''sales manager'' («directeur commercial»), un ''product manager'' («chef de production») ou un ''accountant'' («comptable») plutôt que pour salgschef, un produktchef ou un regnskabsfører. Comme cette politique est aussi adoptée par les sociétés danoises souhaitant embaucher des employés danois pour du travail au Danemark, cette façon de procéder est considérée comme ridicule par de nombreux Danois.

Dans le domaine de l'enseignement universitaire, le danois est également en vive concurrence. Cet enseignement semble être dans un état transitoire qui se dirige massivement vers l'anglais. Le cas le plus extrême est celui de l'École royale vétérinaire et agricole du Danemark (Den Kgl. Veterinær- og Landbohøjskole). Dans la politique adoptée en 2000 par cette université, la déclaration suivante pouvait paraître surprenante:
 

Inden år 2010 skal engelsk være det primære undervisningssprog for alle kandidatuddannelser, hvor det er relevant. [En 2010, l'anglais doit être la principale langue d'enseignement pour tous les programmes d'études supérieures, le cas échéant.]

On s'attend à des changements identiques à l'Université technique du Danemark. À l'Université d'Aalborg, une trentaine de programmes et spécialisations ont l'anglais comme langue d'enseignement. Plus de 25 % des diplômes de maîtrise sont offerts en anglais, ce qui constitue une hausse de 25 % en sciences humaines, plus de 25 % dans les études sociales et plus de 50 % dans les sciences. Dans les faits, après avoir terminé leurs études, la plupart des diplômés se retrouveront sur le marché du travail dans un contexte danois et seront dans l'impossibilité de communiquer leur savoir dans leur langue. En travaillant au Danemark, il paraît peu avantageux, par exemple, pour un chirurgien vétérinaire ou un conseiller horticole, d'être formé en anglais et ne connaître que la seule terminologie anglaise.
 

Mais ce n'est pas tout, car l'anglais pénètre aussi dans la langue quotidienne des Danois, et de façon de plus en plus inquiétante. Beaucoup de Danois utilisent aujourd'hui des mots anglais là où existe un équivalent danois afin de «faire moderne et dynamique». Par exemple, des Danois emploient le mot anglais tricky («rusé», «astucieux» ou «malin») au lieu du danois besværligt ou encore mélange d'anglais et de danois dans une expression très utilisée et grossière comme fuck dig. Souvent, il s’agit même d’expressions entières comme once i a lifetime, in your dream et des dizaines d’autres. D'après M. Alexander Martin (Copenhague), ceux qui refusent d’employer ces anglicismes sont condamnés à être traités d’«archaïques» et de «rétrogrades».

En ce qui a trait à la prononciation du danois, beaucoup de chercheurs s’inquiètent de la montée en puissance de ce qu'on appelle le «cannibalisme linguistique». Il s'agit d'un phénomène oral caractérisé par une distance de plus en plus grande entre la manière dont les mots étaient prononcés il y a quelques années et dont ils sont prononcés aujourd’hui par les moins de 30-40 ans. Par exemple, le mot produkter se prononce de plus en plus comme pådågdå; et beskæftigelsesministeriet devient dans la bouche de certains journalistes beskæftismisteriet. De même, arbejdsmiljø devient arsmiljø. Par ailleurs, fødselsdagsgave («cadeau d’anniversaire») se prononce de plus en plus comme føsdasgav. Ainsi, c’est souvent la lettre ou le son [r] qui tend à disparaître. Cela étant dit, la langue danoise n'est pas vraiment en danger de disparition, mais elle se transforme rapidement et elle se transformera probablement encore davantage sous l'influence de l'anglais. Ce phénomène, l'anglais l'a lui-même connu sous l'influence du français entre le XIVe et le XVIIIe siècle, mais l'anglais était parlé par une population importante en raison de l'expansion de la Grande-Bretagne dans le monde. Ce n'est guère le cas au Danemark.

4.2 Les organismes linguistiques

Il ne faudrait pas croire que le Danemark ne dispose d'aucun moyen pour se défendre contre «l'envahisseur anglo-saxon». Ainsi, le ministère danois de la Culture joue un rôle fondamental dans la vie de la langue danoise. L'État dispose même de trois organismes importants.
 

Mentionnons d'abord le Conseil de la langue danoise (Dansk Sprognævn) qui est chargé de suivre l'évolution et le développement du danois, de statuer sur l'orthographe et les nouveaux mots, de conseiller et d'informer sur le gouvernement sur toute question linguistique. Les recommandations du Conseil sont codifiées dans le Dictionnaire de l’orthographe (Retskrivningsordbogen); de plus, le Conseil diffuse des informations en anglais, en suédois, en allemand, en norvégien et même en français. Un autre organisme relevant du ministère de la Culture est la Société pour la langue et la littérature danoises (Det Danske Sprog - og Litteraturselskab), qui publie des textes inédits et des dictionnaires danois.

Enfin, la radio d'État (Danmarks Radio) contribue, pour sa part, au développement et au renforcement du danois. De fait, la loi no 1052 du 17 décembre 2002, appelée Loi sur la radiodiffusion (Lov om radio - og fjernsynsvirksomhed : Lov nr. 1052 af 17/12 2002), prévoit dans son article 10 qu'«un accent particulier doit être mis sur la langue et la culture danoises»:
 

Article 10

L'ensemble des activités de service public doivent, au moyen de la télévision, de la radio, d'Internet ou de tout autre moyen similaire, fournir à la population danoise un vaste choix de programmes et de services comprenant des nouvelles, de l'information générale, de l'éducation, des arts et du divertissement. [...] Un accent particulier doit également être mis sur la langue et la culture danoises. La programmation doit aussi tenir compte de tous les genres de production couvrant les arts et la culture, et prévoir des programmes reflétant la diversité des intérêts culturels de la société danoise.

L'article 54 de la Loi sur la radiodiffusion précise que les sociétés de diffusion peuvent détenir un permis à la condition que les exigences suivantes soient satisfaites, notamment celle d'assurer qu'une proportion significative des programmes existants soit en danois ou produite pour un auditoire danois :
 

Article 54

Les entreprises, les organismes, etc., qui fournissent des services de programmes télévisés au moyen de la radio, ont le droit d'obtenir un permis d'émission à la condition qu'il y ait une possibilité de fréquence de radiodiffusion non utilisée (fréquence) dans la région, et si les conditions suivantes sont satisfaites:

3) s'assurer qu'une proportion significative de programmes soit en danois ou produite pour un public danois; et

C'est relativement peu, mais les entreprises de diffusion doivent néanmoins présenter des émissions en danois.

4.3 La question linguistique

On constate donc, depuis plusieurs années, un intérêt manifeste sur la question du tout-anglais qui s'impose au sein de la société danoise. Trois facteurs principaux semblent à l'origine de ce changement :

1) la diffusion de l'anglais, à la suite de l'internationalisation et de la mondialisation;
2) le nombre accru de langues parlées au Danemark, qui n'est plus une communauté linguistique homogène, et en même temps les demandes grandissantes pour des cours de danois;
3) le même défi apparaît avec un degré plus ou moins grand dans tous les pays européens, sauf en Grande-Bretagne où l'anglais langue seconde ne s'applique pas.

En mars 2003, la question de la langue danoise a été débattu au Parlement danois (le Folketing). Les membres du Parti social-libéral avaient posé la question suivante au ministre des Affaires culturelles, M. Brian Mikkelsen : «Quelles initiatives concrètes le gouvernement va-t-il prendre pour renforcer et développer la langue danoise afin qu'elle puisse conserver sa fonction porteuse de culture dans l'avenir?» Lors du débat, il ressortait un consensus selon lequel les partis politiques demandaient que la langue danoise devait être renforcée. Dans sa réponse, le ministre des Affaires culturelles avait annoncé qu'il avait créé un groupe de travail à qui il avait donné la tâche de rédiger une proposition pour une politique de la langue danoise.

Le Conseil de la langue danoise a diffusé sa proposition en septembre 2003. Le Conseil n'a pas  recommandé d'adopter une législation linguistique telle qu'il en existe, par exemple, en France. Au lieu de cela, il a recommandé de prendre quelques mesures qui pouvaient être prises par le gouvernement et le Folketing. Le 23 janvier 2004, le ministre des Affaires culturelles annonçait son intention en déclarant: «Je consens à pratiquement tout ce que le groupe de travail a écrit dans sa proposition.»

L'objectif principal de la proposition du groupe de travail était de s'assurer que le danois soit une langue qui puisse être employée dans toutes les fonctions sociales, sans être dans l'obligation de rejeter pour autant l'anglais. Dans les faits, le gouvernement signifiait que le danois devait être employé et reconnu à côté de l'anglais. L'objectif d'une politique de la langue danoise consiste donc à s'assurer que le danois demeure une langue commerciale et une langue de travail à côté de l'anglais, ce qui signifie d'établir un emploi parallèle des langues.

Pour le Conseil de la langue danoise, il existe de réels avantages à employer l'anglais : parce que c'est la langue prédominante dans les sciences, les chercheurs danois doivent accepter de publier leurs travaux en anglais, notamment lorsqu'ils désirent participer aux réseaux internationaux de communication. Mais il existe aussi des inconvénients au tout-anglais, car la communication des résultats scientifiques au public danois doit être une obligation démocratique de la part des chercheurs. En outre, la qualité du travail scientifique peut souffrir de la connaissance insuffisante de l'anglais de la part des chercheurs danois. Il semble évident qu'une grande majorité des scientifiques danois peuvent exprimer avec plus de précision leurs idées dans leur langue maternelle, le danois, plutôt qu'en anglais. Dans ce contexte, le groupe de travail recommandait que la communication en danois des résultats scientifiques auprès du public soit nettement renforcée. Il était également recommandé que l'on donne aux chercheurs la possibilité de voir leur travail scientifique traduit du danois vers l'anglais ou toute autre langue importante. Dans l'enseignement universitaire, le Conseil de la langue danoise recommandait que les thèses de doctorat rédigées en anglais soient accompagnées d'un résumé plus détaillé en danois, comparativement à ce qui est exigé aujourd'hui. Il était aussi recommandé que le danois soit la principale langue d'enseignement dans les universités.

La question linguistique a fini par rattraper les politiciens. Ainsi, le Parti populaire danois (en danois: le Dansk Folkeparti ou DF), un parti nationaliste de droite fondé en 1995, a élaboré une politique très restrictive en matière d’immigration et de droits des étrangers au Danemark. Mais sa préoccupation majeure est maintenant de «protéger la langue danoise». Pour les représentants de ce parti nationaliste, seule une loi sur la langue pourrait garantir l'avenir du danois dans une situation où l'anglais est devenu la langue incontournable dans le monde. En février 2012, le porte-parole du DF en matière de culture, Alex Ahrendtsen, déclarait ce qui suit :

Vi er ikke kun truet af engelsk, men også af os selv. Statsministeren opgiver for eksempel at tale dansk i EU-Parlamentet. Dansk er et af de 100 største sprog i verden, men vi skøtter det ikke. Engang var de keltiske sprog det eneste udbredte sprog på det europæiske kontinent. I dag lever det i afsondrede egne af Europa. Man skal kæmpe for at bevare sit sprog, ellers dør det. [Nous ne sommes pas seulement menacés par l'anglais, mais aussi par nous-mêmes. Le premier ministre renonce, par exemple, à parler le danois au Parlement européen. Le danois est l'une des 100 plus grandes langues du monde, mais nous faisons comme si elle n'existait pas. Jadis les langues celtiques étaient les seules langues largement utilisées sur le continent européen. Aujourd'hui, elles ne survivent que dans les régions reculées de l'Europe. Nous devons nous battre pour préserver notre langue, sinon elle meurt.]

Le premier ministre dont il est question ici est M. Helle Thorning-Schmidt qu'on accuse de nuire à la langue danoise en n'employant pas la langue officielle du Danemark au Parlement européen, alors qu'il existe un excellent service de traduction.

Le Parti populaire danois, réputé pour être xénophobe, propose un durcissement des exigences en matière de maîtrise de la langue, de l’histoire et de la culture danoises demandées aux étrangers qui souhaitent obtenir un permis de séjour. Ce durcissement a été présenté comme une condition nécessaire pour assurer une meilleure intégration des immigrants dans la société danoise. Toutefois, les conséquences réelles de ces exigences pourraient être plutôt une réduction du nombre d'individus pouvant réussir l’examen de danois. Le Parti populaire estime aussi que la petite minorité danoise du Schleswig du Sud en Allemagne (voir la carte du Schleswig-Holstein) ne défend pas suffisamment leur langue minoritaire et qu'elle se montre trop complaisante à l'égard de l'allemand. 

Dans cette perspective, les langues étrangères sont considérées comme une menace pour la culture commune du peuple danois. Cette méfiance ne semble pas s'appliquer pour l’anglais, dont les enjeux seraient différents, étant donné que la culture américaine apparaît aux yeux des Danois comme synonyme de la modernité. Cette vision du tout-anglais entraîne une politique de l'enseignement des langues étrangères. L'anglais est la première langue étrangère obligatoire pour tous; l’allemand est choisi comme deuxième langue étrangère par 58,4 % des étudiants, puis l’espagnol par 25,6 % et le français par 17,5 %, ce qui donne 101,5 %, car une petite proportion d'étudiants apprend une troisième langue. Si ce n'était de l'obligation d'apprendre une deuxième langue étrangère, la plupart des Danois se contenteraient de l'anglais.

Beaucoup d'intellectuels Danois considèrent qu'il faut améliorer l'enseignement du danois dans les écoles et les universités, ainsi qu'à la radio et à la télévision, car l'usage de la langue danoise aurait subi une baisse considérable au cours des dernières années. Les bibliothèques seraient envahies par des livres étrangers, principalement en anglais, sans parler des films américains présentés uniquement dans cette langue à la télévision et dans les salles de cinéma. 

4.4 Le système scolaire danois et l'enseignement des langues

La question scolaire est devenue importante au Danemark, en raison de l'afflux des immigrants. L’école publique danoise a pour nom les Folkeskole (litt. «écoles du peuple»), qui regroupent l'enseignement primaire et le premier cycle du secondaire. C'est une école qui dispense les neuf années de l'enseignement obligatoire (de 7 à 16 ans), auquel s'ajoutent un enseignement de la maternelle (ou «préprimaire») et une dixième année facultatives. L'enseignement obligatoire est le même pour tous et il est entièrement gratuit. Ce système d'écoles locales se veut «national» et il est réglementé par la Loi sur les Folkeskole de 1994; la loi a été révisée en 2003 pour être en vigueur dans sa totalité au 1er août 2005. 

- Les écoles publiques

Toutes les écoles primaires et secondaires publiques (env. 90 %) sont des «écoles municipales» (ou communales), à l'exception des écoles privées (env. 10 %). En vertu de la législation danoise, toutes les écoles doivent poursuivre des objectifs identiques et s’appuyer sur des programmes communs en ce qui a trait aux matières enseignées. Toutefois, la municipalité décide des modalités du fonctionnement des écoles placées sous sa responsabilité. Selon la Loi sur les Folkeskole, l'un des objectifs des écoles est de demander la collaboration des parents «en vue de favoriser l'acquisition par les élèves de connaissances, de savoir-faire, de méthodes de travail et de formes d'expression et de contribuer ainsi au développement général de leur personnalité». Le paragraphe 3 de l'article 1 de la Loi sur les Folkeskole précise ce qui suit:

Article 1er

(3) Les Folkeskole doivent familiariser les élèves avec la culture danoise et contribuer à la compréhension des autres cultures ainsi qu'à l'interaction de l'homme avec la nature. L'école doit préparer les élèves à la participation active, la co-responsabilité ainsi qu'aux droits et obligations dans une société basée sur la liberté et la démocratie. L'enseignement scolaire et ses activités quotidiennes doivent donc s'appuyer sur la liberté intellectuelle, l'égalité et la démocratie.

Les Folkeskole insistent sur l'importance d'acquérir la langue danoise. L'article 4a de la Loi sur les Folkeskole est précis à ce sujet:

Article 4a.

(1) Les enfants bilingues, qui n'ont pas encore commencé l'école, doivent recevoir en plus le soutien dans leur développement linguistique en vue d'acquérir la connaissance du danois, s'ils ont besoin de ce soutien à partir de l'évaluation d'un expert. L'offre comprend des activités adaptées pour stimuler le développement linguistique de l'enfant.

(2) Les enfants bilingues désignent ceux qui ont une autre langue maternelle que le danois et qui commencent à apprendre le danois pour la première fois quand ils entrent en contact avec la société d'accueil, possiblement par l'enseignement dispensé à l'école.

L'article 5 énonce que l'enseignement scolaire fondamental, qui s'étend sur neuf années, doit couvrir trois blocs de domaines, comprenant pour tous les élèves des cours de danois à tous les niveaux d'études et d'anglais de la 3e année à la 9e année d'études.  À l'issue de leur 9e année, les élèves peuvent choisir de continuer en 10e année.

Selon le champ d'études recommandé, les enfants bilingues inscrits dans les classes maternelles et ceux de la 1re à la 10e année, doivent recevoir un enseignement du danois comme langue seconde.  L'article 8 de la Loi sur les Folkeskole précise qu'en 10e année il est obligatoire d'offrir des cours de langue au choix, dont en plus du danois, l'anglais, l'allemand ou le français.

Article 8

(1) L'enseignement en 10e année doit comprendre comme matières obligatoires le danois, les mathématiques et l'anglais, leur champ d'application correspondant à un total annuel de 420 leçons.

(5) En plus de l'enseignement obligatoire prévu aux paragraphes 1 à 3, il est obligatoire d'offrir aux élèves un enseignement dans les matières suivantes au choix:

i) le danois
ii) les mathématiques
iii) l'anglais
iv) l'allemand
v) le français
vi) la physique / chimie
vii) les sports
viii) les études sociales
ix) l'instruction chrétienne ou religieuse.

Il est possible d'offrir un enseignement en latin aux élèves de 10e année.  Bien qu’aucune directive officielle ne fasse mention d’une minorité particulière, il existe une longue tradition d’enseignement de la langue allemande au Danemark. C'est pourquoi, à l'article 9, on peut lire que l'école peut offrir un enseignement en allemand de la 8e à la 10e année aux élèves qui ont reçu un enseignement en vertu de l'article 5.4 de la Loi sur les Folkeskole :

Article 9

(3) L'école peut offrir un enseignement en allemand de la 8e à la 10e année aux élèves qui ont reçu un enseignement en français en vertu de l'article 5.4.

Toutes les écoles doivent proposer un enseignement de l'allemand aux élèves de la 7e à la 9e année, mais il est possible de choisir une autre langue. L'article 5.4 de la Loi sur les Folkeskole se lit comme suit:

Article 5

(4)

Comme alternative pour un élève en particulier, il est possible d'offrir aux élèves, comme matière facultative, un enseignement en français au lieu de l'allemand, de la 7e année à la 9e année.

Les examens sont organisés à deux étapes de la formation : soit après la 9e année soit après la 10e année, qui est une année facultative. Par ailleurs, la participation à l'examen de fin d'études (ou terminal) est également facultative, alors que les élèves peuvent être interrogés sur seulement une, plusieurs ou toutes les disciplines suivantes : le danois, les mathématiques, l'anglais, l'allemand ou le français, la physique et la chimie. Tous les examens se font sous une forme orale, à l'exception du danois et des mathématiques, qui comprennent aussi une portion écrite. Lorsque l'élève quitte l'école, il reçoit un certificat de fin d'études précisant les matières qu'il a suivies, ainsi que les notes qu'il a obtenues et les résultats de ses examens.

- Les écoles secondaires

Après la Folkeskole, l'élève danois peut poursuivre ses études au second cycle du secondaire (facultatif), qui comprend deux voies :

- un enseignement secondaire «supérieur général» dans un «gymnasium» avec des cours menant à l'examen préparatoire supérieur ("Højere forberedelseseksamen", HF);

- un enseignement secondaire «supérieur professionnel», qui comprend la formation professionnelle de base, des cours supérieurs «commerciaux» ("Højere handelseksamen", HHX) et des cours supérieurs «techniques» ("Højere teknisk eksamen", HTX).

Seulement 30 % des élèves poursuivent des études au gymnasium avant d'entrer à l'université, tandis que 60 % se dirigent vers des écoles techniques ou des écoles de formation professionnelle.

L'élève ne peut accéder au gymnasium que s'il a été jugé apte par ses professeurs à entreprendre des études supérieures. La scolarité est de trois années. L'enseignement des langues étrangères dépend de la filière choisie, soit «Langues» soit «Mathématiques». Dans la filière «Langues», l'anglais et l'allemand ou le français, ainsi qu'une troisième langue étrangère, sont obligatoires (français, allemand, espagnol, italien, japonais ou russe). Dans la filière «Mathématiques», l'anglais est obligatoire, ainsi qu'une deuxième langue (allemand, français, espagnol, italien, japonais ou russe). En troisième année, l'élève a la possibilité de choisir une langue étrangère supplémentaire. Dans les écoles techniques ou professionnelles, l'anglais et l'allemand sont des matières obligatoires; le français, l'allemand, l'italien, l'espagnol ou le russe peuvent être choisis comme matières facultatives à partir de la deuxième année.

Soulignons aussi que les centres de formation continue (les "Center for dansk som andet sprog") proposent des cours de danois pour les étrangers sur des sujets généraux, de niveaux primaire et secondaire. Il est vrai qu'un étranger qui maîtrise l'anglais et travaille pour une entreprise internationale où l'anglais est la langue de travail, le danois devient peu important. Cependant, pour s'intégrer dans la société danoise, la maîtrise de la langue officielle demeure essentielle.

- Les écoles privées

Il existe aussi des écoles privées au Danemark. Les écoles privées proposent un enseignement comparable à celui des écoles publiques, mais elles disposent d’un cadre plus libre pour l’organisation de l’enseignement. On distingue plusieurs types d'écoles privées: les écoles grundtvigiennes des zones rurales du nom de Nikolai Frederik Severin Grundtvig, initiateur des écoles populaires dites "Højskole" , les écoles secondaires de premier cycle, les écoles religieuses, les écoles «libres» expérimentales, les écoles de la minorité germanophone et les écoles destinées aux immigrants. Dans ces écoles en partie subventionnées par l'État, la langue d'enseignement peut être l'anglais ou l'allemand, et pas nécessairement le danois considéré alors comme une langue seconde obligatoire. En 2001, il y avait 80 000 élèves dans les écoles privées, contre 575 000 dans les écoles publiques, ce qui correspond à environ 13 % de l'effectif scolaire.

- Les établissements supérieurs

En général, les programmes universitaires se composent d'un premier cycle de trois ans, qui est sanctionné par un diplôme de Bachelor, suivi d'un deuxième cycle de deux ans menant au diplôme de Candidatus. En général, la langue utilisée dans l'enseignement est le danois, mais de plus en plus d'établissements universitaires offrent de nombreux cours en anglais, surtout dans les sciences, ou parfois dans une autre langue étrangère, généralement l'allemand. D'ailleurs, de bonnes connaissances du danois et de l'anglais, avec preuves à l'appui, sont devenues des conditions incontournables pour être admis dans une université du danemark. Les étudiants provenant d'un d'un «pays non nordique» doivent réussir un test en danois, qui correspond en général au «Test danois 2» (Danskprøve 2) ou un test équivalent comprenant une partie orale et une partie écrite. Dans de nombreux cas, il est possible que tous les cours dans une discipline donnée ne soient dispensés qu'en anglais. Cela étant dit, le danois demeure la langue de travail et la langue véhiculaire des universités du Danemark, mais les programmes de doctorat, par exemple, n'utilisent presque exclusivement que l'anglais. Théoriquement, un étudiant unilingue anglophone peut aisément obtenir un diplôme de doctorat dans la plupart des matières enseignées dans une université danoise, sans même connaître le danois. De plus, de nombreux établissements universitaires proposent des cours intensifs de danois au début de l'année universitaire, en cours de semestre ou dans le cadre d'un programme d'été. Ces cours ne sont généralement pas sanctionnés par un test ou un examen final.

5 La politique à l'égard de la minorité germanophone

La politique linguistique destiné aux germanophones du Danemark est plus ancienne, car elle est en vigueur depuis 1955.

5.1 Les textes juridiques

En vertu de l’article 2 de la Déclaration du gouvernement de Danemark sur la statut de la minorité allemande au Danemark (1955), l'appartenance à la communauté et à la culture allemandes peut être librement professée et ne doit pas faire l'objet de contestation ou de contrôle administratif.

Article 2  

En exécution de ces principes juridiques, il est arrêté ce qui suit:

1) L'appartenance à la communauté et à la culture allemandes peut être librement professée et ne doit pas faire l'objet de contestation ou de contrôle administratif.  

2) Les membres de la minorité allemande et leurs organisations ne doivent subir aucune entrave dans l'usage parlé ou écrit de la langue qui leur convient.  

L'usage de la langue allemande devant les tribunaux et les pouvoirs publics est déterminé par les dispositions juridiques en la matière.  

3) La minorité allemande peut, dans le cadre du principe de la liberté de l'enseignement en vigueur au Danemark, créer, conformément à la loi, des établissements d'enseignement général et des écoles supérieures (y compris des collèges techniques), ainsi que des jardins d'enfants.  

4) La représentation proportionnelle s'appliquant, aux termes de la législation sur les pouvoirs locaux, à la composition des commissions des collectivités locales, les représentants de la minorité allemande sont associés aux travaux des commissions en proportion de leur nombre.  

5) Le gouvernement danois recommande que la minorité allemande bénéficie des facilités appropriées dans le cadre des règlements en vigueur pour l'usage de la radiodiffusion.  

6) Les membres de la minorité allemande ne doivent pas être traités différemment des autres citoyens pour l'attribution des secours et autres prestations sur fonds publics distribués à la discrétion des autorités.  

7) Les journaux de la minorité allemande doivent dûment bénéficier de la publicité des annonces officielles.

8) L'intérêt particulier que possède la minorité allemande à entretenir des rapports religieux, culturels et professionnels avec l'Allemagne est reconnu.

Les membres de la minorité allemande et leurs organisations ne doivent subir aucune entrave dans l'usage parlé ou écrit de la langue qui leur convient. L'usage de la langue allemande devant les tribunaux et les pouvoirs publics est permis de même que l’enseignement dans les écoles de la minorité. Le gouvernement danois accepte aussi que la minorité allemande bénéficie de facilités appropriées pour l'usage de la radiodiffusion. Les journaux de la minorité allemande peuvent dûment bénéficier de la publicité des annonces officielles. Enfin, l’intérêt particulier que possède la minorité allemande à entretenir des rapports religieux, culturels et professionnels avec l'Allemagne est reconnu.

Précisons que le Danemark a été l’un des premiers pays de l’Europe à avoir signé, le 5 novembre 1992, la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, traité qui veut favoriser l'emploi des langues régionales ou minoritaires dans la vie publique, notamment l'enseignement, la justice, les autorités administratives et les services publics, les médias, les activités et équipements culturels, la vie économique et sociale et les échanges transfrontaliers. Cependant, il est trop tôt pour prévoir les résultats de ce traité, car celui-ci n’est pas encore entré en vigueur (ce qui est prévu pour le 1er janvier 2001). On peut au moins penser que ce traité améliorera le sort des minorités du Danemark. On peut consulter le texte intégral de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

5.2 Les droits réels des germanophones

Dans les faits, la minorité allemande du Danemark n’a pas beaucoup de visibilité dans le Schleswig du Nord. Les germanophones ne peuvent pas obtenir, du moins officiellement, de services administratifs ou judiciaires de la part de l’État en allemand. L’Administration publique danoise demeure unilingue; conformément au statut unilingue du Danemark, tous les documents officiels sont exclusivement en danois. Dans ses communications avec l'administration dans le Jütland méridional, aucune entité administrative ne s'oppose en principe à l'usage de la langue allemande. La plupart des administrations locales du Jütland méridional ont du personnel maîtrisant bien l'allemand et il demeure plutôt rare de prévoir l'interprétation ou la traduction lorsque des documents en allemand sont soumis à ces mêmes administrations. Il en est souvent ainsi dans les services municipaux, là où la minorité est suffisamment concentrée. Le Service de l'emploi du Jütland méridional, par exemple, traite tous les documents qui lui sont soumis en allemand avec l'aide de son seul personnel, et les demandes orales formulées en allemand reçoivent une réponse dans cette langue. L'administration nationale du Jütland méridional satisfait, dans la mesure du possible, les requêtes du personnel maîtrisant l'allemand d'être affecté dans des régions où cette langue est parlée. En 1983, un Secrétariat à la minorité germanophone a été créé à Copenhague et représente les intérêts de la minorité vis-à-vis du Parlement et du gouvernement danois.

Dans les tribunaux, d'après l'article 149.2 de la Loi sur l'administration de la justice no 905 de 1992: «Les actes publiés dans une langue étrangère doivent être accompagnés d'une traduction en danois, laquelle, si le tribunal ou la partie adverse l'exige, doit être certifiée par un traducteur assermenté.» Cependant, le droit à une traduction peut ne pas s'appliquer si les deux parties l'acceptent et si le tribunal considère qu'il a lui-même une connaissance suffisante de la langue étrangère en question. Dans le cas de la minorité allemande, il arrive qu’on ait recours à un interprète lorsqu’un témoin ou un accusé a une connaissance imparfaite du danois, mais il s’agit là de mesures tout à fait exceptionnels et rarissimes. Quoi qu'il en soit, les accusés ou les témoins qui utilisent leur droit de présenter des documents et des preuves ou des témoignages dans leur langue peuvent avoir à assumer les frais de traduction et d'interprétation. Par ailleurs, le Code pénal prévoit des amendes ou un emprisonnement pour quiconque fait une déclaration ou toute autre communication par laquelle un groupe de personnes est menacé, insulté ou dénigré pour des raisons de race, de couleur, d'origine nationale ou ethnique, de religion ou d'orientation sexuelle:

§ 266 b

Quiconque, publiquement et dans l'intention de se propager dans un cercle plus large, fait une déclaration ou toute autre communication par laquelle un groupe de personnes est menacé, insulté ou dénigré pour des raisons de race, de couleur, d'origine nationale ou ethnique, de religion ou d'orientation sexuelle, est passible d'une amende ou d'un emprisonnement pouvant aller jusqu'à deux ans.

La langue d’enseignement dans les écoles publiques (appelées «Folkeskolen») est le danois. Dans ces conditions, lors de la rentrée des classes, les enfants sont dans l'obligation par la Loi sur les Folkeskole de 1994 d'avoir acquis une connaissance du danois correspondant à leur âge. Dans le cas où un enfant n’a pas cette connaissance obligatoire du danois, il lui est nécessaire de suivre des cours de danois comme langue seconde. Dans le cas de la minorité allemande, il est possible d’enseigner, sur une base volontaire, l’allemand au primaire: on compte quelque 18 écoles de ce genre, sans compter les 24 écoles maternelles appelées «jardins d’enfants» (ou «préprimaire»).  De plus, il existe aujourd'hui au Danemark 15 écoles primaires indépendantes privées destinées germanophones et où la langue d'enseignement principale est l'allemand. Ces écoles primaires privées indépendantes, y compris celle de la minorité allemande, peuvent bénéficier de subventions de l'État danois.

Au secondaire, il n’existe qu’une seule véritable école allemande: la Deutsches Gymnasium située dans la municipalité d’Aabenraa. Dans les autres cas, quelques rares écoles peuvent enseigner, sur une base volontaire, l’allemand en tant que langue étrangère, comme on le ferait pour le français ou l’anglais. Dans toutes les «vraies» écoles allemandes, l’allemand reste obligatoirement la langue principale langue d’enseignement, bien que le danois soit enseigné comme langue seconde.

De plus, depuis le mois de janvier 2002, le gouvernement danois a publié un «guide» sur l’assistance particulière à accorder aux enfants et aux jeunes issus des minorités ethniques. C'est pourquoi les municipalités, qui ont la responsabilité en matière d'éducation, sont tenues de porter une attention spéciale aux caractéristiques culturelles, ethniques et religieuses des familles en rapport avec l’orientation des familles appartenant membres à des minorités ethniques.

Par ailleurs, le gouvernement du Danemark accorde une allocation annuelle supplémentaire aux écoles de langue allemande. Cette allocation est fixée a été fixée en 2002 à quatre millions de DKK par an, soit 645 000 $US ou 536 000 €. L'allocation veut compenser une partie des frais plus élevés introduits par un enseignement bilingue. Elle est répartie entre les écoles par la Deutscher Schul-und Sprachverein für Nordschleswig (DSSV), l'association pour la langue et les écoles de la minorité germanophone.

Dans les médias, la minorité allemande bénéficie d’un journal hebdomadaire de 4000 exemplaires, le Nordscheswiger, qui paraît presque exclusivement en allemand, mais elle ne dispose d’aucune station locale de radio ou de télévision. En raison de la proximité avec l’Allemagne, les germanophones du Danemark peuvent capter quotidiennement les émissions de radio et de télévision en provenance de leurs puissants voisins.

La loi danoise ne traite pas de la question de l'affichage, mais on pourrait supposer, à la lecture des rares textes juridiques, que l'affichage allemand est permis. Pourtant, dans ce domaine comme dans les autres, l'allemand n'a pas visibilité au Danemark et, selon certains informateurs, l'État danois «couvrirait d'or» la minorité de langue allemande, mais en retour ne lui permettrait pas d'apposer des affiches en allemand (de même pour le norvégien ou le suédois), et ce, sans interdiction juridique. L’incitation à l'interdiction semblerait très efficace, car il s’agit d’acheter en quelque sorte la «complicité» de la minorité. De toute façon, il semble qu'une inscription dans ces langues n'aurait pas une durée de vie de plus de 24 heures. Selon des fonctionnaires danois, la communauté allemande serait une «minorité économiquement aisée» qui pourrait compter «largement» (sic) sur l'État pour la construction d'écoles, de centres sportifs, etc., à la condition de ne rien exiger en ce qui concerne la visibilité allemande.

Évidemment, le danois est la langue de l’économie au Danemark, et tout ne se fait qu’en danois, jamais en allemand, même dans le Schleswig du Nord. Pourtant, l’anglais est présent au Danemark. En effet, l'utilisation de l'anglais comme langue commerciale, particulièrement à l'intention des touristes, pourrait laisser croire à l'existence d'une importante minorité anglaise au Danemark. À part cette exception, le paysage demeure massivement danois dans ce pays, que ce soit sur le plan officiel ou commercial.

6 La politique à l'égard des immigrants

L'arrivée de plus en plus importante des immigrants au Danemark a ravivé également la question linguistique. Dans le Mémorandum sur la politique de migration de 1983, l'importance de la connaissance du danois parmi les immigrants avait été soulignée de la façon suivante (traduction):

Une mauvaise langue danoise ou peut-être aucune connaissance du danois signifie que les immigrants s'isolent eux-mêmes et n'entrent pas en contact avec d'autres dans les situations les plus quotidiennes. Il est donc nécessaire d'offrir de façon continuelle une quantité considérable de leçons et d'enseignement en danois pour les immigrants adultes; et les immigrants doivent être vivement encouragés à y participer.

La première loi reconnaissant aux nouveaux arrivants le droit de bénéficier d'une formation linguistique leur permettant de prendre part au fonctionnement de la société danoise remonterait à 1986. Puis plusieurs textes se sont succédé depuis cette année-là, dont  la Loi consolidée sur l'enseignement du danois comme langue seconde aux adultes étrangers et autres, et sur les centres de formation linguistique, no 487, du 1er juillet 1998. L'une des plus récentes lois en vigueur sur cette question est la loi du 28 mai 2003 ou Loi sur l'enseignement du danois aux adultes étrangers, dont l'entrée en vigueur était prévue pour le 1er janvier 2004.

Cette loi oblige les municipalités à offrir aux nouveaux arrivants dûment enregistrés et qui résident sur leur territoire une formation linguistique d'une durée maximale de trois ans. En réalité, la loi n'utilise que le terme «étrangers» pour parler des immigrants. La loi fixe trois objectifs, qui font l'objet de son article premier : acquérir la connaissance nécessaire à la culture et de la société danoises, comprendre et utiliser le danois afin de trouver un emploi et d'être en mesure de subvenir à ses besoins, favoriser l'usage actif du danois pour s'intégrer dans la société:

Article 1er

1) L'objectif  des cours de danois comme langue seconde («cours de danois») est d'aider les adultes étrangers, sur la base de leur expérience personnelle et à des fins d'intégration, à acquérir la connaissance nécessaire du danois ainsi que de la culture et de la société danoises, afin de faire d'eux des citoyens participant et contribuant à un encrage égal avec les autres citoyens de la société.

2) Les cours de danois doivent aider les adultes étrangers à l'acquisition d'habiletés dans la compréhension et l'usage du danois et l'obtention de la connaissance du marché du travail danois aussitôt que possible après l'émission d'un permis de séjour pour le Danemark, ce qui leur permettra d'obtenir un emploi et de subvenir à leurs propres besoins.

3) Les cours de danois doivent par ailleurs promouvoir l'usage actif du danois chez les adultes étrangers et les aider à obtenir les qualifications et les connaissances habituelles appropriées dans un contexte d'emploi et de formation au même titre que tous les citoyens vivant dans une société démocratique.

L'un des aspects les plus pertinents de cette loi repose sur les centres de formation linguistique. Toute la Partie III de la loi 487, soit les articles 10 à 19, prévoit des modalités concernant les centres de formation linguistique.

L'article 1er de la Loi consolidée sur l'enseignement du danois comme langue seconde aux adultes étrangers et autres, et sur les centres de formation linguistique, no 487, du 1er juillet 1998, précisait également les objectifs de l'enseignement du danois langue seconde:

Article 1er

1) L'objectif de l'apprentissage du danois comme langue seconde pour les adultes étrangers consiste, conformément à l'article 2.2, à acquérir une connaissance et des habiletés quant à la compréhension et à l'usage du danois en fonction de leur propre langue et de leur antécédent culturel. Cet enseignement doit promouvoir et augmenter l'usage actif du danois parmi les participants et développer leur conscience de la culture danoise, contribuant de ce fait à les rendre fonctionnels au sein de la société danoise.

2) L'enseignement est dispensé aux participants avec des possibilités d'acquérir des préalables pour la formation continue et des habiletés communes ainsi qu'une connaissance appropriée en rapport avec le monde du travail afin de faciliter la participation active des étudiants au sein de la société danoise.

Dans le cadre des initiatives prises par les pouvoirs publics pour renforcer l'effort d'intégration des réfugiés et des immigrés, la loi no 487 portait exclusivement sur l'enseignement du danois langue seconde aux adultes étrangers et autres et sur les centres de formation linguistique. En vertu de cette loi, les responsabilités en matière d'enseignement de la langue danoise étaient transférées aux autorités locales (municipales). Ces dernières doivent collaborer entre elles pour le fonctionnement et le financement des centres de formation linguistique, lesquels doivent dispenser un enseignement de qualité, tout en demeurant, si possible, peu coûteux et adapté aux qualifications linguistiques et aux objectifs de tout adulte.

La législation danoise insiste sur le fait que la formation linguistique doit contribuer à l'intégration le plus rapidement possible des nouveaux arrivants au marché du travail. Ces derniers sont dans l'obligation de suivre des cours de danois pour obtenir un permis de séjour. D'ailleurs, l'article 11 de la Loi de consolidation, no 808, du 18 juillet 2004 est précise à ce sujet

Article 11

[...]

9) À moins que des raisons particulières ne paraissent inappropriées, il est obligatoire à un étranger pour obtenir un permis de séjour permanent : 

-(i) qu'il ait terminé un programme élémentaire offert conformément à la Loi sur l'intégration ou, si ce n'est guère le cas, ait terminé un autre cours comparable, conformément au paragraphe 11;
- (ii) qu'il ait passé un test en danois approuvé par le ministre des Réfugiés, de l'Immigration et des Affaires d'intégration, conformément au paragraphe 11; et
- (iii) qu'il n'ait aucune dette échue auprès des autorités publiques, conformément au paragraphe 11.

11) Le ministre des Réfugiés, de l'Immigration et des Affaires d'intégration fixe des règles plus détaillées sur l'application des alinéas (3) à (6) et (9) et sur l'avis du conseil local en vertu de l'article 52 de la Loi sur l'intégration.

La Partie III de la Loi sur l'enseignement du danois aux adultes étrangers, notamment l'article 3, décrit ainsi les cours de danois offerts aux adultes étrangers:

Partie II

Structure, contenus et planification des cours de danois

Article 3

1) Les cours de danois en vertu du paragraphe 2.1 de la présente loi comprennent un enseignement de la langue, de la culture et de la société danoises. Les cours peuvent comprendre des stages avec des entreprises nationales ou privées.

2) L'offre prévue au paragraphe 2.1 de la présente loi comprend l'un des trois cours de danois suivants : cours de Danois 1, cours de Danois 2 et cours de Danois 3.

3) Le cours de Danois 1 est destiné aux étudiants qui n'ont pas de connaissance de base ou ont une formation faible, et qui n'ont pas appris à lire et à écrire dans leur langue maternelle.

4) Le cours de Danois 2 est destiné aux étudiants qui ont bénéficié généralement d'une formation insuffisante dans leur pays d'origine et dont il est attendu qu'ils apprendront plutôt lentement le danois comme langue seconde.

5) Le cours de Danois 3 est destiné aux étudiants qui ont normalement bénéficié d'une formation de premier cycle ou de deuxième cycle d'enseignement secondaire ou d'une instruction plus élevée dans leur pays d'origine et dont il est attendu qu'ils apprendront plutôt rapidement le danois comme langue seconde.

6) Les cours de danois sont répartis dans des modules avec des objectifs spécifiques. L'inscription dans un module autre que le premier module présuppose que les objectifs du module précédent ont été atteints.

7) Les cours doivent être planifiés afin d'être flexibles en termes de temps, de lieu et de contenu, afin d'augmenter l'interaction avec l'emploi de l'étudiant, sa mise en service ou son entraînement.

8) Les cours de danois doivent être planifiés pour permettre aux étudiants de suivre leurs classes en dehors des heures de travail extérieures normales.

9) Le ministre des Réfugiés, de l'Immigration et des Affaires d'intégration déterminera la réglementation relative aux cours de danois, tel qu'il est mentionné au paragraphe 2 du présent article.

Les cours de formation en danois ne sont valables que durant une période de trois ans à partir du moment où les étrangers auraient pu commencer les cours (qu'ils l'aient fait ou non), sauf s'ils en ont été empêchés en raison d'une maladie ou d'une grossesse (Loi sur l'enseignement du danois aux adultes étrangers):

Article 2

5) Les étrangers qui ont été dans l'incapacité de bénéficier de l'offre prévue au paragraphe 1 du présent article pendant une période de trois ans en raison d'une maladie, d'un accouchement, etc., ou en raison d'un emploi à plein temps non subventionné, doivent se voir offrir un cours de danois par la collectivité locale pendant une période correspondant à celle au cours de laquelle il leur était impossible de bénéficier de l'offre.

Le délai de trois ans à partir du moment où les cours auraient dû commencer a été nécessaire pour dissuader les étrangers de refuser les offres de cours qui leur sont faites. Chacun des trois cours de danois correspond à un enseignement à plein temps d'une durée de 1,2 année.

En vertu de l'article 10 de la Loi sur l'enseignement du danois aux adultes étrangers, les cours de danois peuvent être dispensés par des centres linguistiques municipaux, des établissements publics d'enseignement ou des établissements d'enseignement approuvés par l'État, des centres linguistiques privés et d'autres prestataires possibles dont le cours est offert aux étrangers comme faisant partie de l'intégration ou de l'emploi dans une entreprise publique ou privée.

Les étudiants adultes étrangers qui suivent ces cours doivent réussir un examen final, qui a lieu deux fois par année. En ce cas, mais à la condition qu'ils aient été assidus en classe, ils peuvent obtenir une attestation. Cette attestation est très importante, car elle conditionne l'octroi d'un permis de séjour d'une durée illimitée et le certificat de citoyenneté (naturalisation). 

La formation linguistique en danois ne sont gratuits que pour les étrangers qui ont l'obligation de les suivre, mais les coûts sont pris en charge par les municipalités, auxquelles l'État accorde des subventions. Une subvention de 20 992 couronnes (soit environ 2800 € ou 3390 $US) est versée lorsqu'un étranger réussit son examen de danois avant l'expiration du délai de trois ans; une autre subvention de 31 487 couronnes (soit environ 4200 € ou 5000 $US), lorsque l'intéressé trouve un emploi. Mais les municipalités peuvent exiger des frais pour les étrangers qui n'ont pas l'obligation de suivre des cours de danois. Ces frais sont de 33 couronnes par heure de cours, soit (soit environ 4,40 € ou 5,25 $US). Chaque cours comprend normalement 240 leçons de 45 minutes. En 2003, chaque étranger avait suivi une moyenne 313 heures de cours, c'est-à-dire 6,8 heures par semaine.

D'après le ministère des Réfugiés, de l'Immigration et des Affaires d'intégration, le nombre d'étrangers qui suivent des cours de danois est constant depuis le début des années quatre-vingt : il tourne autour de 45 000 annuellement.

7 La Convention relative aux peuples indigènes et tribaux

On comprendra que, par souci de solidarité avec les peuples autochtones, le gouvernement du Danemark ait signé la Convention relative aux peuples indigènes et tribaux (1989) de l’Organisation internationale du travail (OIT); le Parlement danois l’a ratifiée le 22 février 1996. Ce document d’une grande importante implique 14 États, surtout en Amérique latine; le Danemark constitue, avec la Norvège et les Pays-Bas, les seuls États européens à avoir adhéré à la Convention no 169 de l'OIT.

La Convention reconnaît aux peuples indigènes le droit de jouir pleinement des libertés fondamentales, sans entrave ni discrimination (art. 3). Les dispositions de cette convention doivent être appliquées sans discrimination aux femmes et aux hommes de ces peuples. Les gouvernements des États signataires doivent mettre en place des moyens par lesquels les peuples autochtones pourront, à égalité avec le reste de citoyens de leur pays, participer librement et à tous les niveaux à la prise de décisions dans les institutions électives et les organismes administratifs et autres qui sont responsables des politiques et des programmes qui les concernent (art. 6). L’article 7 reconnaît aux populations concernées le droit de contrôler leur développement économique, social et culturel propre. Les États doivent aussi tenir compte des coutumes et du droit coutumier de ces populations (art. 8). L’article 20 de la Convention oblige les gouvernements à «prendre des mesures spéciales pour assurer aux travailleurs appartenant à ces peuples une protection efficace en ce qui concerne le recrutement et les conditions d'emploi». Les gouvernements doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter toute discrimination entre les travailleurs appartenant aux peuples intéressés.

La partie VI de la Convention est consacrée à l’éducation, donc indirectement à la langue. L’article 26 est très clair sur la possibilité des autochtones d’acquérir leur instruction à tous les niveaux:

Article 26

Des mesures doivent être prises pour assurer aux membres des peuples intéressés la possibilité d'acquérir une éducation à tous les niveaux au moins sur un pied d'égalité avec le reste de la communauté nationale.

Le paragraphe 3 de l’article 27 reconnaît «le droit de ces peuples de créer leurs propres institutions et moyens d'éducation» et que des ressources appropriées leur soient fournies à cette fin. C’est l’article 28 qui semble le plus important en cette matière:

Article 27

1) Lorsque cela est réalisable, un enseignement doit être donné aux enfants des peuples intéressés pour leur apprendre à lire et à écrire dans leur propre langue indigène ou dans la langue qui est le plus communément utilisée par le groupe auquel ils appartiennent. Lorsque cela n'est pas réalisable, les autorités compétentes doivent entreprendre des consultations avec ces peuples en vue de l'adoption de mesures permettant d'atteindre cet objectif.

2) Des mesures adéquates doivent être prises pour assurer que ces peuples aient la possibilité d'atteindre la maîtrise de la langue nationale ou de l'une des langues officielles du pays.

3) Des dispositions doivent être prises pour sauvegarder les langues indigènes des peuples intéressés et en promouvoir le développement et la pratique.

Les États appuieront l'élaboration de programmes scolaires correspondant à la réalité des peuples autochtones et mobiliseront les ressources techniques et financières nécessaires à leur bonne application. Quant à l’article 31, il précise que «mesures de caractère éducatif doivent être prises dans tous les secteurs de la communauté nationale, et particulièrement dans ceux qui sont le plus directement en contact avec les peuples intéressés, afin d'éliminer les préjugés qu'ils pourraient nourrir à l'égard de ces peuples». Dans ces perspectives, il est précisé que «des efforts doivent être faits pour assurer que les livres d'histoire et autres matériels pédagogiques fournissent une description équitable, exacte et documentée des sociétés et cultures des peuples intéressés».

Comme il se doit, les États signataires de la Convention reconnaîtront et établiront des mécanismes pour assurer l'exercice de tous les droits des peuples autochtones, en particulier en ce qui concerne l'éducation, la langue et la culture.

8 La Convention linguistique du Conseil nordique

La Convention linguistique du Conseil nordique (1987) est un traité concernant les droits linguistiques, qui est entré en vigueur le 1er mars 1987. En vertu de ce traité entre la Suède, le Danemark, la Finlande, l'Islande et la Norvège, les citoyens des pays nordiques ont la possibilité d'utiliser leur langue maternelle lors des communications avec les organismes officiels dans d'autres pays nordiques, sans être tenu d'assumer les frais d'interprétation ou de traduction. La Convention couvre les soins de santé, la sécurité sociale, la fiscalité, l'école, et les autorités de l'emploi, la police et les tribunaux. Les langues incluses sont suédois, danois, norvégien, finnois et islandais, ce qui exclut les langues minoritaires comme le féroïen aux îles Féroé, le groenlandais au Groenland ou le same (lapon) en Norvège ainsi que les langues issues de l'immigration.

Les Parties contractantes se sont engagés à offrir des services en plusieurs langues, mais les citoyens ne bénéficient pas de droits absolus à l'exception des questions pénales et judiciaires. La Convention n'exige pas automatiquement que les autorités doivent fournir des services dans une autre langue, mais tout ressortissant des pays nordiques peut exiger le recours à un interprète. Dans les faits, tout ressortissant d'un pays nordique parlant le suédois, le danois, l'islandais, le finnois ou le norvégien, a droit essentiellement aux services d'un interprète plutôt qu'un droit d'être compris dans sa langue.

Le Danemark a élaboré une politique linguistique relativement complexe et contradictoire. D'une part, l'État veut intégrer les immigrants à la société danoise en favorisant une formation linguistique destinée à leur faire apprendre la langue nationale. Il favorise aussi les initiatives qui ont pour résultat de promouvoir le danois. D'autre part, l'État laisse de vastes secteurs de l'économie, de la science et de l'enseignement, se faire envahir par l'anglais aux dépens de la langue nationale.

En même temps, le Danemark ne fait pas de cadeau à sa minorité germanophone, pas plus que l’Allemagne n’en fait à sa minorité danoise. En effet, l’entente de 1955 avec l’Allemagne est théoriquement en vigueur, mais dans la pratique elle ne le serait plus sous prétexte que la minorité est devenue trop petite (23 000 locuteurs) et que l’Allemagne n’y tiendrait plus. Évidemment, les deux gouvernements se renvoient la balle. Il n’en demeure pas moins que la petite minorité allemande du Danemark n’est pas dangereuse pour l’État qui ne courrait aucun risque à se montrer plus ouvert. Par ailleurs, le Danemark a signé la Convention relative aux peuples indigènes et tribaux (1989) de l'OIT, alors que le pays n'abrite pas de communauté autochtone, sauf une petite communauté de Groenlandais (10 000 personnes) pour lesquels aucune législation spécifique n'a été prévue. En réalité, le Danemark ignore les minorités nationales que sont les Tsiganes, les Groenlandais et les Féroïens.

En somme, le Danemark n'a pas une politique linguistique très cohérente. Il devrait agir de façon plus énergique à l'égard du danois face à l'intrusion de l'anglais et protéger de manière plus efficace sa petite minorité nationale de langue allemande. Autrement dit, il est temps que l'État danois mette fin à sa traditionnelle politique de non-intervention.
 

Dernière mise à jour: 11 déc. 2015
 

Bibliographie

BYRAM, Michael. «Bilingualism and Education in Two German Minorities» dans Journal of Mutilingual ad Multicultural Development, vol. 9, no 5, Avon (England), 1988, p. 387-397.  

GOUVERNEMENT DU DANEMARK. Rapport périodique initial présenté au Secrétaire général du Conseil de l'Europe
conformément à l'article 15 de la Charte européenne des langues minoritaires ou régionales
, Strasbourg, 23 janvier 2003, 24 p.

EUROMOSAÏC. L’allemand au Danemark, Barcelone, Research Centre of Multilingualism, sans date, [http://www.uoc.es/euromosaic/web/document/alemany/fr/i2/i2.html]

HÉRAUD, Guy. «Le Sleswig, région frontalière modèle» dans dans Contre les États, les régions d'Europe, Paris, Presses d'Europe, 1973, p. 163-174.  

LECLERC, Jacques. Les droits linguistiques dans 129 États du monde, tome I: "Description schématique par pays", Montréal, rapport déposé à l’Office de la langue française, 1992, 392 p.  

LECLERC, Jacques. Les droits linguistiques dans 129 États du monde, tome II: "Description thématique", Montréal, rapport déposé à l’Office de la langue française, 1992, 402 p.

 

 

Lois linguistiques

1) Déclaration du gouvernement du Danemark sur le statut de la minorité allemande (1955)

2) Loi consolidée sur l'enseignement du danois comme langue seconde aux adultes étrangers (1998)

3) Loi sur l'enseignement du danois aux adultes étrangers (2003)

4) Loi de consolidation, no 808 (2004)

5) Loi sur les Folkeskole (consolidée) (2005)

Territoires danois

Îles Féroé Groenland

   

 
L'Europe
 
 

Accueil: aménagement linguistique dans le monde