Pologne

(1) Données démolinguistiques

République de Pologne

 

Capitale: Varsovie  
Population: 38,6 millions (est. 2008)
Langue officielle: polonais (de facto)
Groupe majoritaire: polonais (97 %)
Groupes minoritaires: allemand, ukrainien, biélorusse, lituanien, tsigane, lemk (ruthène), yiddish, russe, slovaque, tchèque, arménien, tatar, grec, etc.
Système politique: république parlementaire
Articles constitutionnels (langue): art. 27, 35, 233 de la Constitution de 1997
Lois linguistiques: le Traité de bon voisinage et de coopération amicale entre l’Allemagne et la Pologne (1991), la Loi sur la langue polonaise du 7 octobre 1999; la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales du Conseil de l’Europe (2001); la Loi sur les minorités nationales et ethniques et sur la langue régionale (2005).

1 Situation géopolitique

La république de Pologne (en polonais: Rzeczpospolita Polska) est un pays d'Europe centrale, baigné au nord par la mer Baltique. D'une superficie de 312 685 km² (par comparaison, l'Italie est de 301 323 km²), le pays est limité à l'est par la Lituanie, la Biélorussie (Belarus) et l'Ukraine, au sud par la République tchèque et la Slovaquie, à l'ouest par l'Allemagne (voir la carte détaillée du pays). 

Avant le 1er janvier 1999, la Pologne était divisée au plan administratif en 49 «voïvodies» correspondant grosso modo à des «départements» français. Le nom de chacune de ces 49 voïvodies se référait directement à son chef- lieu (p. ex., Krakowskie / Cracovie = de Krakow; Gdanskie / Dantzig = de Gdansk; Warszawskie / Varsovie = de Warszawa, etc.).  Cependant, depuis le début de 1999, la Pologne comprend 16 voïvodies ayant des compétences des «régions» (województwa). Les voïvodies sont les suivantes (avec dénominations françaises en gras, polonaises entre parenthèses):

Source : Bureau central des statistiques (GUS)

Voïvodie Superficie en km²
Basse-Silésie (Dolnoslaskie) 19 948
Cujavie-Poméranie (Kujawsko-Pomorskie) 17 970
Lublin (Lubelskie) 25 114
Lubusz (Lubuskie) 13 984
Lodz (Lodzkie) 18 219
Petite-Pologne (Malopolskie) 15 144
Mazovie (Mazowieckie) 35 579
Opole (Opolskie) 9 412
Basses-Carpates (Podkarpackie) 17 926
Podlasie (Podlaskie) 20 180
Poméranie (Pomorskie) 18 293
Silésie (Slaskie) 12 294
Sainte-Croix (Swietokrzyskie) 11 691
Varmie-Mazurie (Warminsko-Mazurskie) 24 203
Grande-Pologne (Wielkopolskie) 29 826
Poméranie occidentale (Zachodniopomorskie) 22 902
POLOGNE 312 685

La division actuelle en 16 voïvodies est due à la fois à des compromis entre les parlementaires (le nombre des nouvelles voïvodies variait selon les divers projets présentés) et à des revendications de la part des populations concernées. Par exemple, la voïvodie d'Opole (le «Comité de défense de la voïvodie d'Opole»), initialement prévue comme partie intégrante de la Haute-Silésie, réclamait son autonomie en évoquant son particularisme linguistique et culturel: c'est une région transfrontalière avec la République tchèque ayant une forte concentration allemande à la suite des changements de population de 1945. Aujourd'hui, la voïvodie d'Opole est l'une des 16 régions polonaises, sans être toutefois une région à statut spécial «à l'italienne» (Val-d'Aoste, Trentin-Haut-Adige, Sicile, etc.).

La voïvodie constitue l’unité de base de l’administration de l'État polonais. Elle se compose, d'une part, des collectivités locales de voïvodie, qui possèdent une personnalité juridique, un budget propre et des pouvoirs étendus en matière de politique économique, d'autre part, d'une personne responsable  — d'un voïvode  —  nommée par l’État et chargée de mettre en œuvre et de faire appliquer les politiques nationales dans la voïévodie, puis de veiller à ce que les institutions de l’État agissant dans la région exercent leurs fonctions de manière appropriée. Le voïvode est responsable vis-à-vis de l’État, mais il doit aussi veiller à ce que les décisions prises par les collectivités locales de la voïvodie soient conformes aux lois de l’État. La Pologne compte également 373  départements (powiaty) et 2489  communes (gminy).

2 Données démographiques générales

D'après les estimations de 2008, la Pologne compterait 38,6 millions d’habitants. La population n'est pas également répartie sur le territoire. Les voïvodies de Mazovie (5 millions), de Silésie (4,8 millions), de Grande-Pologne (3,3 millions) et de Petite-Pologne (3,2 millions) sont les plus peuplées.

Voïvodie Population
Basse-Silésie (Dolnoslaskie) 2 972 667
Cujavie-Poméranie (Kujawsko-Pomorskie) 2 099 724
Lublin (Lubelskie) 2 232 054
Lubusz (Lubuskie) 1 023 988
Lodz (Lodzkie) 2 643 385
Petite-Pologne (Malopolskie) 3 233 799
Mazovie (Mazowieckie) 5 072 335
Opole (Opolskie) 1 084 665
Basses-Carpates (Podkarpackie) 2 218 605
Podlasie (Podlaskie) 1 221 128
Poméranie (Pomorskie) 2 198 322
Silésie (Slaskie) 4 847 600
Sainte-Croix (Swietokrzyskie) 1 322 879
Varmie-Mazurie (Warminsko-Mazurskie) 1 468 313
Grande-Pologne (Wielkopolskie) 3 360 899
Poméranie occidentale (Zachodniopomorskie) 1 733 848
POLOGNE 38 644 211

Source : Bureau central des statistiques (GUS)

La diaspora polonaise compterait plus de 20 millions de personnes réparties surtout en Europe et en Amérique du Nord.

3 La langue polonaise

La très grande majorité (97 %) des Polonais parlent le polonais, une langue slave appartenant à la famille indo-européenne. Parmi les autres langues slaves, le polonais semble particulièrement proche du biélorusse et du slovaque. De façon générale, la plupart des mots polonais sont relativement compréhensibles à la lecture pour tous les locuteurs d'une autre langue slave, dans la mesure où les règles d'écriture propres au polonais ont été assimilées.

La chute du régime communiste et l'ouverture des frontières ont provoqué une vague d'émigration suivie par la suite d’un mouvement d’immigration. Or, l'immigration est un phénomène nouveau en Pologne, qui risque dans les années à venir de changer quelque peu la composition démographique de ce pays, du moins en ce qui concerne l'origine ethnique. Bien que, de façon générale, les Polonais ne connaissent que faiblement les langues étrangères, l'anglais, le français, l’allemand et le russe restent les langues les plus apprises. Les Polonais sont, dans une proportion de 95 %, de religion catholique. Le catholicisme exerce une grande influence dans la société polonaise, car plus de 75 % des Polonais sont pratiquants. En 1978, le cardinal polonais Karol Wojtyla fut élu pape de l’Église catholique sous le nom de Jean-Paul II. Ceux qui ne sont pas catholiques sont des luthériens (Allemands), des orthodoxes (Ukrainiens, Russes, Biélorusses, Grecs, etc.), des juifs ou des musulmans (Tatars).

3.1 L'écriture et les phonèmes

La langue polonaise s'écrit avec l'alphabet latin. Rappelons que, dans les pays slaves, l’héritage catholique a favorisé l’alphabet latin (c'est le cas avec le polonais, le croate, le tchèque, le slovaque, le slovène et le sorabe). À l'opposé, l’héritage du monde orthodoxe a favorisé l’alphabet cyrillique (avec le russe, l'ukrainien, le serbe, le biélorusse, le bulgare et le macédonien). 

L'évolution phonétique du polonais à partir de l'indo-européen, notamment dans le cas des consonnes, paraît plus importante que celle des autres langues slaves. La langue polonaise contemporaine compte sept voyelles et 36 consonnes, qui sont transcrites à partir de l'alphabet latin modifié. Les phonèmes non représentés originellement par l'alphabet latin sont indiqués par des lettres doubles comme le [sz] et le [cz] (qui correspondent au français [ch] et [tch]) et par des signes diacritiques comme [ź] (le [j] français de jaloux) et [ś] (le [ch] palatal de chapeau), et qui proviennent du tchèque. La lettre ł (qui correspond au son [w] anglais dans week) est propre au polonais. Au cours de son évolution, le polonais a abandonné la distinction entre les voyelles longues et les voyelles brèves, et l'accent est venu se placer sur l'avant-dernière syllabe du mot; dans les autres langues slaves, l’accentuation est mobile.

Le polonais est la seule langue slave utilisant des voyelles nasales (ą et ę dont la prononciation correspond au [o] nasalisé de maison et au [è] nasalisé de train), qui sont dérivées des voyelles nasales du vieux slave. Les voyelles sont les suivantes: ą (correspondant à la nasale -on dans maison), e (è de mère), ę (la nasale -ain dans train), i (pipe), o (pot), ó (ou comme dans bonjour). Pour sa part, le système consonantique polonais peut paraître complexe pour un francophone. Il possède des consonnes dures et des consonnes mouillées. Le tableau qui suit (d'après Monika Nicinski et Olivier Gautreau) présente la liste complète des consonnes dures et de leur correspondance en consonnes mouillées.  

Consonnes dures

Consonnes mouillées

 Suivies uniquement d'une autre consonne ou en finale

Suivies uniquement d'une autre consonne ou en finale

Suivies d'une autre consonne ou d'une voyelle

       c                 cz

       d             dz et dż 

       n

       s                  sz

       z              ż  et  rz

         ć                                 ci

         dź                               dzi

         ń                                  ni

         ź                                  zi

         ś                                  si

c = [ts] dans tsigane ź = [g] dans gilet  ł = [w] dans week-end
ć  = [tch] dans tchèque ż = [g] dans gilet ś = [ch] dans chic
h = jota espagnole j = [y] dans yoga w = [v] dans vide

L'une des difficultés dans l'apprentissage du polonais pour les étrangers réside souvent dans l’orthographe des mots qui comportent les lettres ż et rz, u et ó, h et ch, car dans la prononciation ces lettres semblent correspondre aux mêmes sons ou presque. Une autre difficulté provient du fait qu'il existe en polonais deux façons d'écrire les consonnes: soit avec un accent au-dessus (ć, ń, ś, ź), soit avec un i derrière. Seules les consonnes c, n, s et z peuvent prendre un accent; les autres ne peuvent prendre qu'un i. Dans les textes écrits, les consonnes accentuées c, n, s et z sont notées ć, ń, ś et ź devant une consonne, et ci, ni, si, zi devant une voyelle. Attention, la correspondance des consonnes françaises [q], [v] et [x] (ou [ks]) n'existe pas en polonais, sauf éventuellement dans les mots étrangers. 

3.2 La grammaire

Du côté de la grammaire, le polonais est une langue à déclinaison hérité du vieux-slave. On y compte sept cas (nominatif, génitif, datif, accusatif, vocatif, instrumental et locatif), dont six pour les noms, les pronoms et les adjectifs, plus un septième, le vocatif, qui concerne les noms et les pronoms en situation d'adresse directe. De façon générale, seulement quatre cas suffisent à couvrir environ 90 % des textes courants. Grâce à la déclinaison, il est possible de former des phrases de structure très et parfois même complexe. 

La langue polonaise possède trois genres: le masculin (gruby, niebieski, ostatni), le féminin (gruba, niebieska, ostatnia) et le neutre (grube, niebieskie, ostatnie). De plus, le masculin compte deux sous-genres: au singulier, un sous-genre animé, qui est celui des personnes et des animaux, et un sous-genre inanimé qui est celui des choses; au pluriel, un sous-genre personnel et un sous-genre non personnel qui est celui des animaux et des choses. C'est pourquoi de nombreux spécialistes affirment que le polonais possède cinq genres: le masculin personnel, le masculin animé, le masculin inanimé, le féminin et le neutre. Le polonais différencie le singulier et le pluriel, mais, comme la plupart des langues slaves, il a perdu le duel qu'il possédait à l'origine. 

L'aspect flexionnel du polonais est très vivant dans les verbes. La flexion des verbes dépend du genre ainsi que de la personne et du nombre, mais les formes temporelles ont été simplifiées par l'élimination de trois temps anciens (l'aoriste, l'imparfait et le plus-que-parfait). Ce qu'on appelle le parfait slave est le seul temps passé utilisé dans la langue commune. Comme dans toutes les langues slaves, l'aspect divise le lexique verbal en deux catégories, celle des verbes perfectifs (exprimant l'action envisagée dans sa limite ou son résultat) et celles des verbes imperfectifs (ne présentant pas cette limitation et exprimant par exemple l'action habituelle ou l'action en cours de déroulement). L'ordre des mots reste très flexible.

De façon générale, la grammaire et la ponctuation polonaises sont régies par un nombre imposant de règles et de nombreuses d’exceptions. C’est peut-être pour ces raisons que la langue polonaise est réputée comme l’une des plus difficiles au monde. 

3.3 Le vocabulaire

En ce qui a trait au vocabulaire, beaucoup de mots proviennent du latin (matka < mare: mère, morze < mare: mer; dom < domus: maison; nowvy < novus: nouveau; lewy < laevus: gauche). Bien sûr, il faut y ajouter des mots d'origine slave (ukrainien, biélorusse, russe) et balte (lituanien), puis germanique (plus précisément allemande: rachunek < Rechnung: «addition»; ratusz < Rathaus: «hôtel de ville»; straijk < Streik: «grève»; gmina < Gemeinde: «commune») et enfin de nombreux mots français (frytki < frite; kolacja < collation; szofer < chauffeur; bagaze < bagage; autobus, chirurg < chirurgien; karta kredytowa < carte de crédit; krawat < cravate) et anglais (grejpfrut, hamburger, szorty < short, komputer, bank, motor, laptop, piksel), sans oublier une foule de mots scientifiques d'origine gréco-latine.

3.4 Les dialectes polonais

La langue polonaise est le résultat de son histoire, alors que chaque village ou chaque ville parlait sa propre variété dialectale. Aujourd'hui, il ne reste que trois grandes variétés: le petit-polonais (le dialecte de Cracovie ou Kraków, parlé au sud, dans la voïvodie de Petite-Pologne), le grand-polonais (le dialecte de Gniezno située dans le centre-ouest de la Pologne, dans la voïvodie de Grande-Pologne) et le mazovien (le dialecte de Varsovie ou Warszawa, dans la voïvodie de Mazovie). On peut mentionner également le silésien parlé dans les voïvodies du Sud-Ouest), une langue qui n'est pas considérée comme un dialecte distinct, mais comme une variété du petit-polonais influencée par l'allemand.  Actuellement, les Silésiens ne constituent pas une «minorité nationale», mais l'un des divers groupes ethniques qui composent la Pologne. Même si les Silésiens réclament leur propre nationalité, nombreux sont ceux qui se disent polonais. 

Enfin, le cachoube, parlé dans le Nord, n'est pas davantage reconnu comme un dialecte du polonais, mais comme une langue slave distincte à part entière. Le cachoube partage certaines particularités avec le mazovien. Les locuteurs du cachoube (les évaluations varient de 100 000 à plus de 200 000) vivent surtout dans et autour de la ville de Gdansk près de la mer Baltique, dans la voïvodie de Poméranie.  L'intercompréhension est relativement aisé entre les trois grands dialectes, même s'ils diffèrent quelque peu dans la prononciation, la grammaire, la syntaxe et le vocabulaire.

4 Les langues des minorités nationales

En Pologne, les statistiques tenues par le Bureau central de la statistique (entre 1950 et 2000) ne contiennent pas de données sur la langue maternelle de la population. Même le recensement national de 2000 (non publié) n’a pas inclus de question sur l’origine ethnique ou linguistique de la population. Le Parlement polonais a adopté, le 2 décembre 1999, la Loi sur le recensement général de la population et des logements (Journal des lois 2000, no 1, point 1 modifié) prévoyant l’organisation du référendum en mai 2002. Le questionnaire utilisé contient notamment deux questions relatives à la nationalité: «À quelle nationalité appartenez-vous?» et «Quelle(s) langue(s) parlez-vous le plus souvent à la maison?». Les résultats du recensement devaient être disponibles vers le milieu de 2003. Pour la première fois depuis l’entre-deux-guerres, le dernier recensement de 2002 contenait des questions sur la nationalité. D’après ce recensement, plus de 470 000 habitants de la Pologne appartiendraient à une minorité nationale.

Il existe aussi un système de collecte de données sur les minorités nationales; celui-ci est fondé sur les déclarations individuelles faites par les membres appartenant à des groupes minoritaires. Cependant, à partir de ces seules sources, il est pratiquement impossible de déterminer l'importance exacte d'une minorité ethnique ou nationale en Pologne. Nous devons donc recourir à des évaluations approximatives et présenter les limites minimales et maximales de la population concernée. 

Rappelons que, de 1385 à 1795, les territoires de ce qui constitue aujourd’hui la Lituanie, la Biélorussie, ainsi que la plus grande partie de l’Ukraine et de la Pologne, formaient une seule et même entité étatique basée non pas sur la conquête mais sur une union volontaire (république multinationale). La tolérance religieuse manifestée au cours ce cette période par la Pologne encouragea l’afflux d’adeptes d’autres religions, qui contribuèrent à la présence sur le territoire national de Tchèques (descendants des Hussites), de Russes (membres de l’Église orthodoxe grecque), de juifs et de protestants allemands. Avant la Seconde Guerre mondiale, les minorités nationales de Pologne représentaient environ 30 % de la population totale. Cette répartition démographique fut bouleversée par l’Holocauste (déplacement ou relogement des populations, modifications de frontières postérieures à 1945, etc.), de telle sorte qu’aujourd’hui ces minorités ne représentent plus que 3 % de la population du pays. C’est dans les voïvodies de Varmie-Mazurie, Podlasie et Opole que l’on rencontre la plus forte concentration de minorités nationales. 

4.1 Les minorités reconnues

La Loi sur les minorités nationales et ethniques et sur la langue régionale distingue trois catégories de minorités: les minorités nationales (mniejszości narodowe), les minorités ethniques (mniejszości etniczne) et une minorité régionale (społeczność posługująca się językiem regionalnym) ou plus précisément une «communauté utilisant une langue régionale». Il s'agit donc ici de minorités juridiquement reconnues:

Minorités nationales 1) les Biélorusses
2) les Tchèques
3) les Lituaniens
4) les Allemands
5) les Arméniens
6) les Russes
7) les Slovaques
8) les Ukrainiens
9) les Juifs
Minorités ethniques 1) les Caraïtes
2) les Lemks
3) les Roms
4) les Tatars
Minorité régionale les Cachoubes

Selon l'article 2 de la Loi sur les minorités nationales et ethniques et sur la langue régionale, chacune de ces minorités répondent aux conditions suivantes:

1) elle est numériquement moindre que le reste de la population de la République de Pologne;
2) elle se distingue essentiellement des autres citoyens par sa langue, sa culture et ses traditions;
3) elle fait tous les efforts possibles pour le maintien de sa langue, sa culture et ses traditions;
4) elle a la conscience de sa propre histoire de l'appartenance nationale commune et elle est guidée vers son expression et sa protection;  
5) ses ancêtres ont occupé le présent territoire de la République de Pologne depuis au moins cent ans;
6) elle s'identifie comme une nation organisée dans son propre pays.
 

Langue

Limites min./max.

Estimation
(organisations minoritaires)

Localisation

Allemand

300 000 - 350 000

500 000

Voïvodies d’Opole, de Silésie, de Varmie-Mazurie et de Cujavie-Poméranie

Ukrainien

200 000 - 300 000

300 000

Voïvodies de Basse- Silésie, de Lublin, de Petite-Pologne, des Basses-Carpates et de Varmie-Mazurie, ainsi que région de Zachodniopomorskie (Poméranie occidentale)

Biélorusse

200 000 

200 000

Voïvodie de Podlasie

Caraïte

50 000 - 60 000

80 000

Dispersés
Cachoube

100 000

100 000 - 350 000

Voïvodie de Poméranie et Cujavie-Poméranie
Lemk Ruthène

60 000 - 7000

60 000 - 7000

Voïvodies de Petite-Pologne (Basse et Haute-Silésie), des Basses-Carpates, de Basse-Silésie, de Varmie-Mazurie et de Lubusz

Tsigane

50 000 - 63 000

30 000

Voïvodies de Petite-Pologne, mais généralement dispersés

Slovaque

20 000 - 23 000

25 000

Voïvodie de Petite-Pologne (Szpisz et Orawa)

Lituanien

20 000 - 25 000

30 000

Voïvodie de Podlasie

Russe

13 000 - 15 000

15 000

Voïvodies de Podlasie et Varmie-Mazurie

Yiddish

8000 - 10 000

15 000

Dispersés

Arménien

7000 - 8000

15 000

Voïvodies de Basse Silésie et de Petite-Pologne

Grec/macédonien

4000 - 5000

5000

Tatar

4000 - 5000

5000

Voïvodie de Podlasie

Tchèque

2000 - 3000

2500

Voïvodies de Basse- Silésie, Lublin et Lodz

Total

922 000 - 1,1 million

1,2 million

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Comme on le constate, les résultats officiels de 2002 diffèrent sensiblement de ceux, par exemple, de la Fondation d'Helsinki des droits de l'homme de 1999 et de ceux de l'Association pour les médias civiques de 2003. C'est que ces derniers résultats tiennent compte de certaines minorités non reconnues comme les Grecs.

Selon les données mentionnées ci-dessus, la population des minorités nationales de Pologne s’élèverait entre 1,1 million et 1,2 million de personnes, ce qui signifie que les représentants des minorités ne constitueraient qu’entre 2,8 % et 3,1 % de l’ensemble des citoyens polonais.

Du point de vue de leur affiliation linguistique, les minorités de Pologne parlent des langues germaniques (allemand au sud-ouest de la Pologne), des langues slaves (ukrainien et ruthène au nord-est, nord-ouest et sud-ouest, biélorusse, slovaque, tchèque, macédonien), baltes (lituanien), indo-iraniennes (tsigane), altaïques (tatar), sans oublier l’arménien et le grec. La plupart des citoyens polonais appartenant à des minorités nationales sont des «autochtones». 

Certaines minorités exigent plus de précision. C'est le cas des Caraïtes, des Cachoubes, des Lemks et des Juifs:

Les Caraïtes forment une minorité ethnique d'origine turque d'environ 200 000 individus dispersés dans diverses voïvodies; ayant perdu l'usage de leur langue maternelle (turc), les membres de cette communauté se distinguent essentiellement désormais par leur religion qui est dérivée à la fois du judaïsme et de l'islam.

Les Cachoubes (ou Kaszub < polonais Kaszuba; anglais: Kashubian) ) sont une communauté slave d'environ 100 000 locuteurs. Les Cachoubes parlent le cachoube, une variété très locale du polonais et influencée par l'allemand. Ils habitent généralement le nord du pays, plus précisément la voïvodie de Poméranie, dans la région de Gdansk. Outre la langue, les Cachoubes se distinguent des Polonais par des traditions régionales particulières. Au total, il existerait une cinquantaine de variétés dialectales du cachoube.

Les Lemks ou Ruthènes forment une minorité ethnique d'environ 60 000 à 70 000 individus. D'origine ukrainienne, ils habitaient jadis ce qu'il est convenu d'appeler la Łemszczyzna (le «pays des Lemks»), à savoir la partie inférieure des monts Beskid et une partie des monts Sądecki. Dans le cadre de l'action «Wisła» de 1947 (condamnée par la Chambre haute du Parlement polonais en 1990), les Lemks furent déplacés et la plupart d'entre eux vivent aujourd'hui hors de leur région natale dans les voïvodies de Varmie-Mazurie, de Lubusz, de la Poméranie occidentale et de la Basse-Silésie. Beaucoup de Lemks sont retournés dans leur région natale, de telle sorte qu'une partie de la communauté est concentrée dans les voïvodies des Basses-Carpates et de la Petite-Pologne. Certains Lemks revendiquent leur appartenance à la nation ukrainienne, alors que d'autres déclarent former une minorité nationale distincte.

Les Juifs forment une minorité nationale d’environ 8000 à 10 000 individus dispersés dans toute la Pologne et vivant principalement dans les grandes villes. Les Juifs sont des adeptes du judaïsme, mais parlent généralement le polonais.

4.2 Les minorités non reconnues

Le pays compte aussi des minorités non reconnues par la loi. Il s'agit surtout des Grecs (115 000) et des Macédoniens (7700). Ces deux groupes étaient des minorités nationales reconnues sous le régime communiste, mais ils perdu cette reconnaissance dans l'actuelle Pologne qui les considère comme des immigrants des réfugiés de la guerre civile en Grèce de 1946-1949.

En Pologne, on copte actuellement plus de 400 000 ressortissants étrangers. La majorité d'entre eux proviennent de divers pays d'Europe orientale (Russie, Biélorussie, Ukraine, etc.), mais également de l'Asie (Chine et Vietnam). Par exemple, la seule communauté vietnamienne compterait environ 60 000 membres.

Comme les locuteurs polonais comptent pour plus de 97 % de la population du pays, on peut affirmer que la Pologne est, au plan linguistique, remarquablement homogène. 

   

Dernière mise à jour: 13 déc. 2015


1) Données démolinguistiques
 

Pologne


2) Données historiques

 


3) Politique linguistique
à l'égard du polonais

 


4 Politique linguistique
à l'égard des minorités nationales

 


5) Bibliographie