Cap-Occidental

(Western Cape Province)

(Afrique du Sud)

Capitale: Le Cap (Cape Town)
Population:
2,8 millions (2007)
Langues officielles:
afrikaans, anglais et xhosa
Groupe majoritaire:
afrikaans (55,3 %)
Groupes minoritaires:
xhosa (23,7 %), anglais (19,3 %), ndébélé, zoulou, sotho du Nord, sotho de l'Est, tswana, swati, venda, tsonga, etc.
Langues coloniales:
anglais et afrikaans
Système politique:
province de l'Afrique du Sud
Articles constitutionnels (langue):
art. 6, 29, 30, 31 et 35 de la Constitution nationale du 4 décembre 1996; art. 5 de la Constitution provinciale de 1998
Lois linguistiques nationales:
Livre blanc sur l’éducation de 1994; proclamation no R-102 du 3 juin 1994; proclamation no R-151 du 31 octobre 1994; Educators Employment Act de 199
4;
Loi sur la politique nationale en éducation (1996); Loi sur les écoles sud-africaines (1996); Loi sur le Grand Conseil sud-africain des langues (1995); Language in Education Policy of 14 July 1997.
Lois linguistiques provinciales:
Loi provinciale sur les langues du Cap-Occidental (1998); Politique linguistique du Cap-Occidental (2001).

1 Situation générale

La province du Cap-Occidental (en anglais: Western Cape Province) est un État fédéré faisant partie de l'Afrique du Sud. Ce pays compte neuf provinces, dont celle du Cap-Occidental située dans le sud-ouest du pays et donnant sur l’océan Atlantique:

Anglais Afrikaans Français
Western Cape Wes-Kaap Cap-Occidental
Kwazulu-Natal Kwazulu-Natal Kwazulu-Natal
Eastern Cape Oost-Kaap Cap-Oriental
Northern Cape   Noord-Kaap Cap-Nord
Free State (Orange) Oranje Vrystaat État libre (d'Orange)
Northwest Province Noordwes Transvaal Province du Nord-Ouest
Gauteng   Gauteng Gauteng
Mpumalanga Mpumalanga  Mpumalanga 
Limpopo Limpopo Limpop

La superficie du Cap-Occidental est de 129 370 km², soit l'équivalent de la Grèce (131 940 km²) ou du Nicaragua (129 494 km²). La capitale du Cap-Occidental est Cape Town (Le Cap). Depuis 2000, la province du Cap-Occidental est divisée en 29 municipalités, dont cinq districts et 24 municipalités locales.

2 Données démolinguistiques

La population de cette province sud-africaine est de 2,8 millions d'habitants, ce qui représente 10,8 % de celle du pays. Les habitants forment une population composite avec 53,9 % de Métis (appelés «Coloured»), 26,7 % de Noirs («Black»), 18,4 % de Blancs («White») et 1 % d'Indiens («Asian»).

Les langues principales de la province sont l'afrikaans (55,3 %), le xhosa (23,7 %) et l'anglais (19,3 %). Il reste quelques petites communautés parlant des langues khöisanes (khomani, seroa, kamka!e, batwa) et des langues bantoues (ndébélé, zoulou, sotho du Nord, sotho de l'Est, tswana, swati, venda et tsonga). Au total, moins de 2 % de la population parle une langue non officielle à la maison. Dans toute l'Afrique du Sud, c'est la province du Cap-Occidental qui compte le plus de locuteurs de l'afrikaans. Ces locuteurs parlent une variété particulière de l'afrikaans appelée «afrikaans du Cap» (Cape Afrikaans ou Kaapse Afrikaans). En général, ceux qui parlent l'afrikaans comme langue maternelle parlent également l'anglais langue seconde dans une proportion de 95 %. Il est extrêmement rare (2 %) qu'un Blanc puisse parler le xhosa.

C'est dans l'agglomération de Cape Town (Le Cap) où les langues sont les plus concurrentielles: 41,4 % des résidants du Cap parlent l'afrikaans à la maison, contre 28,7 % pour le xhosa, 27,9 % pour l'anglais, 0,7 % pour le sotho, 0,3 % pour le zoulou, 0,1 % pour le tswana.  Dans les centres urbains, une tendance semble se dessiner: beaucoup de locuteurs d'une langue bantoue changent de langue pour passer à l'anglais.

Quant à la religion, 81,8 % des citoyens sont des chrétiens; 9 % n'ont aucune religion, 6,5 % sont musulmans; 0,4 %, juifs, 0,2 % hindous 2,1 % ont d'autres croyances.

3 Données historiques

La ville du Cap fut fondée en 1652 par Jan van Riebeeck, qui y établit une base d’approvisionnement pour les navires de la Compagnie hollandaise des Indes orientales. Des fermiers hollandais appelés Boers (signifiant «paysans» en néerlandais et se prononçant alors [bour]) rejoignirent les employés de la Compagnie hollandaise des Indes orientales. À cette époque, le territoire devait être peu peuplé: on y trouvait des peuples khoïsans (Hottentots et Bochimans), des nomades qui ne cultivaient pas le sol. La colonie hollandaise se développa rapidement, car les Boers cultivèrent les terres de la région avec succès. Dès la fin du XVIIe siècle, la colonie hollandaise du Cap fit appel à des esclaves venus du golfe de Guinée, de Madagascar, d’Angola et de Java. Le métissage semble avoir été une pratique courante entre Blancs et Africains, tandis que la ségrégation raciale n'était pas encore répandue.

Après la révocation de l’édit de Nantes de 1685 en France, quelque 277 huguenots français s’installèrent dans la colonie hollandaise à côté des Boers. Le gouverneur van der Stel leur avait réservé des terres dans la vallée d'Olifantshoek, rapidement rebaptisée Franschhoek (en afrikaans: «le coin des Français») afin que les Français puissent y développer la culture de la vigne. Depuis lors, le Cap-Occidental est devenu un centre important de la viticulture, en particulier à Paarl et Stellenbosch. Quelques années après leur arrivée, les huguenots tentèrent en vain de préserver l'usage de leur langue, le français, et demandèrent sans succès que le culte religieux puisse être exercé en français. Le gouverneur instaura une politque d'assimilation qui obligea les huguenots à prier, à parler et à communiquer en néerlandais avec les autorités coloniales. Une génération plus tard, l'assimilation était réussie; plus aucun francophone ne subsistait dans la colonie et tout le monde était passé au néerlandais. Cela étant dit, de nombreux noms de famille français subsistent dans la région (du Toit, Marais, du Plessis, Malan, Malherbe, Joubert, etc.) ainsi que les noms de domaines viticoles (Chamonix, l'Ormarins, l'Abri, Rochelle, etc.).

3.1 La colonie britannique

À partir de la fin du XVIIIe siècle, des missionnaires britanniques, la Société missionnaire de Londres (London Misionary Society), s'étaient installés au Cap et travaillaient à l'évangélisation des peuples khoïsans et bantous. Mais les Boers se méfiaient des Britanniques. Quelques années plus tard, lors du traité de Paris de 1814, la Grande-Bretagne acquit officiellement la colonie du Cap, qui devint britannique. La ville du Cap devint la capitlae de la colonie. Par la suite, surtout après 1820, des milliers de colons anglais débarquèrent dans la colonie du Cap.

En 1822, l’anglais devint la langue officielle de la colonie, ce qui suscita la colère des Boers qui se réfugièrent dans leur particularisme linguistique avec l'afrikaans. Ils voulurent également préserver leurs coutumes et leur religion calviniste. Les différences culturelles et linguistiques en virent à opposer les Boers (afrikaans) et les Anglais (anglais), sans oublier la concurrence pour les terres. La Grande-Bretagne abolit l’esclavage en 1833, ce qui provoqua encore la colère des Boers qui possédaient eux-mêmes des esclaves. Les Boers se sentirent menacés également dans leur identité parce qu'ils craignaient aussi pour leur langue, c'est-à-dire l'afrikaans à l'oral et le néerlandais à l'écrit.

Afin d'échapper aux Britanniques, les Boers se déplacèrent vers le nord, au-delà du fleuve Orange. Cette longue migration, appelée le «Grand Trek», se déroula entre 1835 à 1837 et forgea l'identité des Boers (plus tard les Afrikaners).  Les Boers fondèrent alors la république du Natal en 1840, la république du Transvaal en 1852 et l'État libre d'Orange en 1854. À partir de la formation des républiques boers, l'afrikaans devint progressivement une langue écrite au même titre que le néerlandais. Mais il restait encore des Boers dans la colonie du Cap. Les conflits s'envenimèrent entre les Anglais et les Boers à partir de 1886, ce fut la guerre. Progressivement, les Britanniques en vinrent à contrôler toutes les colonies boers: Le Cap, mais aussi le Natal, le Transvaal, l'État libre d'Orange, le Griqualand, la Nouvelle République («The New Republic»), le Stellaland et le Zoulouland, sans oublier le Bechuanaland plus au nord.   

3.2 L'Union sud-africaine

En 1910, la Grande-Bretagne créa l'Union sud-africaine qui rassemblait toutes les anciennes colonies britanniques et les anciens États boers. Pendant que les Britanniques contrôlaient une grande partie de l'Afrique allant du Caire au Cap, l'Angola et le Mozambique demeuraient sous le contrôle des Portugais. Pour sa part, le Congo restait le domaine des Belges. C'est à partir de cette époque que les Boers furent dorénavant appelés Afrikaners et constituèrent un groupe majoritaire parmi les Blancs d’Afrique du Sud.

Dès les premières élections, l’ancien commandant de l’armée boer, Louis Botha, devint premier ministre et chef du Parti sud-africain. À la fondation de l’Union (en 1910), les Noirs et les Métis, bien qu'ils représentaient plus des deux tiers de la population, furent systématiquement écartés de la vie politique. La ville du Cap devint la capitale de l'Union sud-africaine jusqu'en 1961. Les Britanniques instituèrent et renforcèrent la ségrégation raciale: instauration d'un passeport restreignant la liberté de circulation des Noirs, interdiction des Noirs de résider dans les zones habitées par les Blancs et d'avoir des rapports sexuels hors mariage entre «races» différentes, etc. En 1931, le statut de Westminster accorda à l’Union sud-africaine la pleine souveraineté au sein du Commonwealth.

C'est en 1950 qu'une classification raciale fut instaurée. Elle séparait les Sud-Africains en trois catégories: les Blancs, les Métis et les Noirs. Par la suite, une quatrième catégorie, celle des Indiens (Asiatiques), s’y ajouta. Les mariages interraciaux furent interdits et, la même année, la Group Area Act définit des lieux de résidences obligatoires pour chacun des groupes en fonction de la couleur de leur peau. En 1953, la Separate Amenities Act implante la séparation des lieux publics (plages, écoles, cliniques sanitaires, transports publics, toilettes, etc.). Les Noirs furent dans l'obligation de porter sur eux le laissez-passer (la fameuse pass), un document attestant leur identité et leur lieu de résidence.

Le 31 mai 1961, l’Union sud-africaine devint officiellement la République sud-africaine. En juin 1964, le Conseil de sécurité de l’ONU condamnait l’apartheid et ordonnait l’étude de sanctions contre la République.

3.3 La République sud-africaine

En 1961, Nelson Mandela de l'ANC créait l’Umkhonto We Siswe («la lance de la Nation»), une sorte de «bras armé» du Congrès national africain. Mandela fut arrêté en août 1963 et condamné à la prison à vie en 1964.  Les dirigeants des principaux mouvements anti-apartheid quittèrent massivement le pays. En 1975, l’Angola et le Mozambique accédèrent à l’indépendance et les deux États, soutenus par l’Union soviétique, épaulèrent les organisations opposées au régime sud-africain. Ils permirent l'organisation sur leur territoire de camps d’entraînement à la lutte armée.

Dans les écoles sud-africaines, les jeunes Noirs recevaient une instruction dans leur langue maternelle, mais l'enseignement demeurait limité à la langue maternelle et à l'agriculture pour les garçons, à la couture et au tricot pour les filles. On voulait faire des enfants de futurs fermiers sans aucune connaissance des mathématiques ou des sciences, et sachant à peine lire. L’enseignement destiné aux Noirs était différent de celui des Blancs et de moindre qualité, c'est-à-dire «à rabais».  En 1956, la ségrégation scolaire s’appliquait aux universités qui furent déclarées «tribales».   

Évidemment, des organisations politiques noires réagirent avec la colère à la nouvelle loi. Des milliers de parents ont préféré voir leurs enfants errer dans la rue plutôt qu'être soumis à l'éducation bantoue. Les salaires des enseignants noirs étaient extrêmement bas à tel point que la profession accusait une grave pénurie après quelques années. L'ANC et d'autres partis politiques ont alors suggéré que soient fondées des écoles privées, mais les autorités restèrent muettes et obligèrent toutes les écoles à respecter la Loi sur l'éducation bantoue. Dès 1956, tous les jeunes Noirs durent fréquenter les écoles bantoues.

Dans les écoles blanches, la politique en éducation mise en place par les nationalistes consistait à «afrikanériser» l’Afrique du Sud, c’est-à-dire à remplacer la dominance de l'anglais par celle de la langue et de la culture afrikaans. Cette politique allait échouer lamentablement, car les locuteurs de l'anglais ne se sont pas laissé faire.

C'est Neville Alexander (Politique linguistique éducative et identités nationales et infranationales en Afrique du Sud) qui résume le mieux les résultats de la politique linguistique mise en oeuvre au cours des quatre-vingt-dix ans de domination blanche:

Autrement dit, l’orientation anglophile des leaders noirs a empêché le développement d’une culture de la lecture et, par voie de conséquence, d’une littérature de fiction et de publications de chercheurs dans les langues africaines. Les dirigeants politiques de la minorité blanche qui a gouverné le pays pendant 90 ans (de 1905 à 1994) ont adopté une politique de bilinguisme colonial aux termes de laquelle tous les citoyens blancs devaient savoir parler l’anglais et l’afrikaans, indépendamment de leur bagage linguistique ou culturel originel. En même temps, la classe dirigeante blanche était disposée à tolérer les enfants de l’«élite des missions» dans les cercles de la «société blanche» s’ils parlaient l’anglais ou l’afrikaans, ou les deux. Quant aux langues africaines, c’est une attitude de laisser-faire qui prévalait à leur égard, entraînant ainsi leur marginalisation totale dans la vie politique, économique et même culturelle de l’Afrique du Sud.

Évidemment, au cours de cette longue période, les pratiques en matière d’enseignement des langues ont été négatives à l'égard des langues indigènes. Ces langues étaient utilisées seulement dans la phase initiale de l’alphabétisation afin d'accélérer et de faciliter la transition vers l’anglais, voire de l’afrikaans. Ainsi, aucun effort n’a jamais été entrepris pour maintenir ou développer la connaissance des langues sud-africaines.

3.4 La province du Cap-Occidental

La nouvelle Constitution de 1996 créait neuf provinces en Afrique du Sud, dont le province du Cap-Occidental (voir la carte).  Les frontières originelles de la colonie du Cap du XVIIIe siècle correspondent d’une façon générale à celles de l’actuelle province du Cap-Occidental. C’est en 1998 que la province a adopté sa constitution qui énonçait les trois langues officielles étaient l'afrikaans, l'anglais et le xhosa.

Cette constitution est écrite dans les trois langues officielles de la province. La même année, le Parlement local adoptait Loi provinciale sur les langues du Cap-Occidental (Western Cape Provincial Languages Act). C'est encore la seule loi linguistique adoptée par un parlement provincial en Afrique du Sud. La loi prévoit la création d'un Comité linguistique, réglemente et vérifie l'usage des trois langues officielles, l'afrikaans, l'anglais et le xhosa, accorde l'égalité de statut à ces langues et veut faire progresser l'emploi des langues autochtones auprès des citoyens du Cap-Occidental, dont le statut et l'usage ont été historiquement diminués.

4 La politique linguistique

La Constitution de 1998 proclame que l'afrikaans, l'anglais et le xhosa sont les trois langues officielles de la province et qu'elles jouissent d'un statut égal:

Provincial Constitution, 1998

Section 5

Languages

(1) For the purposes of provincial government —

(a) the official languages Afrikaans, English and isiXhosa are to be used; and

(b) these languages enjoy equal status.

(2) The Western Cape government must through legislative and other measures, regulate and monitor its use of Afrikaans, English and isiXhosa

(3) The Western Cape government must take practical and positive measures to elevate the status and advance the use of those indigenous languages of the people of theWestern Cape whose status and use have been historically diminished.

Constitution provinciale de 1998

Article 5

Langues

1) Pour les fins du gouvernement provincial:

(a) les langues officielles, l'afrikaans, l'anglais et le xhosa doivent être utilisées;

(b) ces langues jouissent d'un statut égal.

(2) Le gouvernement du Cap-Occidental doit par des mesures législatives et autres, réglementer et surveiller l'usage de l'afrikaans, de l'anglais et du xhosa.

(3) Le gouvernement du Cap-Occidental doit recourir à des mesures et des pratiques positives pour élever le statut et faire progresser l'usage des langues autochtones de la population du Cap-Occidental, dont le statut et l'usage ont été historiquement diminués.

4.1 Les langues de la législature

Les trois langues officielles, l'afrikaans, l'anglais et le xhosa, sont admises au Parlement provincial. Selon l'article 2 de la Loi provinciale sur les langues du Cap-Occidental, tout membre de l'Assemblée peut utiliser la langue de son choix et des services de traduction sont prévus:

Western Cape Provincial Languages Act

Section 2

Use of official languages by Provincial Parliament

(1) The three official languages Afrikaans, English and isiXhosa may be used in any debates and other proceedings of the Western Cape Provincial Parliament and its committees, but reasonable provision must be made for the furnishing of interpreting services during sittings of the Provincial Parliament and any of its committees.

(2) All official records of debates of the Provincial Parliament must be kept in the official language in which the debate took place, and a translation thereof in either of the other two official languages must be made available, on request, by the Secretary to the Provincial Parliament.

Loi provinciale sur les langues du Cap-Occidental

Article 2

Emploi des langues officielles par le Parlement provincial

(1) Les trois langues officielles, l'afrikaans, l'anglais et le xhosa, peuvent être employées dans tous les débats et travaux du Parlement provincial du Cap-Occidental et ses comités, mais des mesures raisonnables doivent être prises pour l'équipement des services d'interprétation pendant les séances du Parlement provincial et chacun de ses comités.

(2) Tous les comptes rendus officiels des débats du Parlement provincial doivent être enregistrés dans la langue officielle dans laquelle le débat a eu lieu et une traduction de cette langue dans chacune des deux autres langues officielles doit être rendue disponible, sur demande, par le secrétaire du Parlement provincial.

Cela signifie que toutes les lois, tous les comptes rendus et toutes les résolutions de la législature provinciale et de ses comités doivent être disponibles dans les trois langues officielles. Cependant, le Parlement peut prévoir des accommodements pratiques pour adopter une législation, des comptes rendus et des résolutions élaborés dans une seule langue officielle pour être ensuite disponibles, dans un délai raisonnable, dans les deux autres langues officielles.

Dans les faits, un projet de loi présenté au Parlement doit être disponible dans au moins deux langues officielles. Un système doit être mis en oeuvre pour prévoir le choix de deux langues de façon équitable sur les trois langues officielles de la province. Le secrétaire du Parlement doivent conserver un registre centralisé afin de réglementer une rotation dans la langue des projets de loi devant être présentés au Parlement provincial. Bref, une motion annoncée à l'avance ou proposée au Parlement provincial doit être disponible dans les trois langues officielles, mais le Parlement peut prévoir des accommodements pour adopter des motions élaborées dans une seule langue officielle, pour être ensuite disponibles, dans un délai raisonnable, dans les deux autres langues officielles. Les faits démontrent que les lois sont toujours présentées en afrikaans et en anglais, quitte à ce que la version en xhosa soit disponible par la suite.

4.2 La justice

En matière de justice, l’article 35 de la Constitution nationale reconnaît que chaque accusé a un droit à un procès juste, ce qui inclut le droit à un accusé de comparaître devant un juge dans une langue (officielle) qu’il comprend ou, si cela s’avère impossible, le droit de recourir aux services d’un interprète.

South Africa Constitution

Section 35

Arrested, detained and accused persons

(3) Every accused person has a right to a fair trial, which includes the right-

(k) to be tried in a language that the accused person understands or, if that is not practicable, to have the proceedings interpreted in that language;

(4) Whenever this section requires information to be given to a person, that information must be given in a language that the person understands.

Constitution de l'Afrique du Sud

Article 35

Personnes arrêtées, détenues et accusées

(3) Tout accusé a droit à un procès équitable, ce qui inclut le droit:

(k) d’être jugé dans une langue qu’il comprend ou, si cela n’est pas
possible, de disposer d’une traduction des procédures dans cette langue.

(4) Les informations que le présent article prévoit de donner à une personne doivent l’être dans une langue que celle-ci comprend.

En ce qui a trait aux tribunaux, ce sont les administrations locales qui doivent déterminer l'emploi des langues et les préférences de leurs communautés respectives dans le cadre de la politique linguistique provinciale autorisée. En fonction du choix de la langue utilisée et des préférences des résidants, les administrations locales, de concert avec leurs communautés, doivent développer, rendre public et mettre en oeuvre la politique linguistique du multilinguisme. 

4.3 L'Administration provinciale

Pour ce qui est de l'Administration gouvernementale, la législation nationale exige en principe que les onze langues officielles soient placées sur un pied d’égalité. Dans la province du Cap-Occidental, la Loi provinciale sur les langues du Cap-Occidental de 1998 précise que toute institution du gouvernement provincial doit dans ses communications avec le public s'assurer que celles-ci soient effectuées dans les trois langues officielles les plus appropriées du Cap-Occidental, du moins en fonction de besoins des membres du public concerné. L'article 4 de cette loi ajoute une restriction, car il faut qu'«il existe un besoin important de communications et de services» dans une langue donnée:

Western Cape Provincial Languages Act

Section 4

Communication with and services to public

(1) Every institution of the Provincial Government must, in its communication with and rendering of services to members of the public, ensure that these are carried out in the most appropriate manner in any of the three official languages of theWestern Cape, depending on the needs of the member or members of the public concerned.

(2) Any member of the public in the Western Cape may:

(a) use any one of the three official languages in his or her communication with any institution of the Provincial Government; and

(b) be served in any of the three official languages at or by any institution of the Provincial Government, where there is a substantial need for communication and services in that language and it can reasonably be expected of the institution concerned to communicate and render services in that language.

Loi provinciale sur les langues du Cap-Occidental

Article 4

Communication et avec les services publics

(1) Chaque institution du gouvernement provincial doit, dans ses communications avec des services au public, s'assurer que celles-ci sont effectuées dans les trois langues officielles les plus appropriées du Cap-Occidental, selon les besoins des membres du public concerné.

(2) Tout citoyen du Cap-Occidental peut :

(a) employer l'une des trois langues officielles dans ses rapports avec toute institution du gouvernement provincial; et

(b) être servi dans l'une des trois langues officielles par toute institution du gouvernement provincial, là où il existe un besoin important de communications et de services dans cette langue, et il peut raisonnablement attendre de cette l'institution de communiquer et de recevoir des services dans cette langue.

- Les pratiques réelles

Dans les faits, si la majorité des administrations provinciales met en oeuvre la politique linguistique du Cap-Occidental, plus du tiers des municipalités l'ignore totalement. La politique provinciale, qui a été adoptée en 2001, exige tous les ministères provinciaux et les municipalités fassent en sorte de promouvoir l'emploi des trois langues officielles, l'anglais, l'afrikaans et le xhosa. Cependant, selon une enquête menée par le Comité linguistique du Cap-Occidental, plus du tiers des municipalités ignorent cette politique. D'après le président du Comité linguistique du Cap-Occidental, Michel Le Cordeur: «Dans les commissariats de police, les citoyens ne peuvent pas fournir des déclarations dans leur propre langue. L'enquête nous révèle que beaucoup d'administrations gouvernementales réussissent bien à appliquer la politique, mais il y a toujours quelques administrations et municipalités qui ne respectent pas la politique linguistique.» Seulement 66 % des municipalités de la province adhèrent à certains aspects de la politique linguistique. Cette même enquête a révélé qu'aucune municipalité à l'exception de la Ville de Cap Town n'avait désigné de personnel pour mettre en oeuvre la politique linguistique.

M. Le Cordeur a aussi constaté que seulement 50 % des districts municipaux avaient pris des dispositions pour mettre en application la politique dans leur planification budgétaire pour l'exercice financier 2006-2007. La signalisation dans tous les districts municipaux est toujours seulement en anglais ou en afrikaans et aucune des affiches intérieures ou extérieures n'est disponible dans les trois langues officielles. Le matériel de marketing de la plupart des municipalités n'est pas davantage disponible dans les trois langues officielles.

Le président du Comité linguistique du Cap-Occidental affirme aussi que les administrations provinciales locales procédaient à des niveaux différents, mais que la plupart faisaient des efforts pour promouvoir le trilinguisme. Plus de 60 % de ces administrations gouvernementales ont désigné du personnel pour mettre en oeuvre la politique linguistique, 12,5 % ont rédigé un code de conduite linguistique pour les communications internes et 25 % ont utilisé des interprètes pendant des réunions. De plus, 37,5 % avaient tous leurs documents disponibles dans les trois langues officielles. Toutefois, M. Le Cordeur affirme que le ministère de la Santé et la police traînaient derrière les autres administrations: «Nous avons besoin de la police et du ministère de la Santé pour faire un peu mieux pour assurer que leurs services soient disponibles dans les trois langues.» Il ajoute aussi: «Dans les commissariats de police, les citoyens ne peuvent pas fournir des déclarations dans leur propre langue, alors que les patients dans les hôpitaux ne peuvent pas communiquer dans leur propre langue.» Il est vrai que la politique linguistique du Cap-Occidental doit être introduite progressivement et qu'elle ne peut pas être réalisée rapidement. En réalité, la politique doit être introduite progressivement jusqu'en 2010, mais des contraintes budgétaires ainsi qu'un manque de professionnels de la langue entraînent des retards. En général, des efforts doivent être consentis pour promouvoir le xhosa, car l'anglais continue d'assurer sa  dominance, alors que l'afrikaans perd du terrain. Le xhosa, pour sa part, est loin derrière. Dans la plupart des organismes et ministères du gouvernement local, tous les document sont publiés en afrikaans et en anglais, rarement en xhosa. Cependant, les municipalités n'hésitent pas à recourir au xhosa. Dans les communications orales, le xhosa reprend ses droits, du moins entre Noirs et Métis. Entre Blancs, c'est l'anglais.

- La Ville du Cap

La Ville du Cap mérite une attention particulière. C'est l'une des rares municipalités à avoir élaboré une politique linguistique globale (voir le texte complet). Les objectifs de la politique linguistique de Cape Town sont de privilégier des services impartiaux en assurant la promotion à un accès égal aux services et programmes municipaux et en supprimant les barrières des langues dans la communication, de promouvoir le trilinguisme au sein du personnel de la municipalité et des communautés sous la juridiction de la Ville, de promouvoir l'emploi des trois langues officielles de la province, c'est-à-dire l'afrikaans, le xhosa et l'anglais dans les affaires de la municipalité.

Chacune des langues officielles de la province peut être employée dans les débats et autres procédures du Conseil municipal et de ses comités. La Ville doit prendre des dispositions pour la traduction des services pour ses employés dans les trois langues officielles durant les séances du Conseil et des comités. L'interprétation dans la langue des signes doit être prévue lorsque c'est considéré comme nécessaire. Les avis de motion au Conseil ou à ses comités doivent être disponibles dans les trois langues officielles. La Ville peut prévoir des accommodements pratiques pour susciter des motions rédigées dans une langue officielle qui seront rendues disponibles, dans un délai raisonnable, dans les deux autres langues officielles. Mais les avis pour toutes les réunions et l'index des ordres du jour doivent être rédigées dans les trois langues officielles. La publicité de la Ville destinée au grand public doivent être émis dans les trois langues officielles.

Chacune des trois langues officielles peut être employée à des fins de communication au sein de l'administration municipale. Lorsque le citoyen ne comprend pas la langue employée avec laquelle la Ville communique avec lui, il peut demander que la communication se fasse dans une langue qu'il comprend. La Ville est dans l'obligation de répondre à un citoyen dans la langue officielle de celui-ci. Au besoin, la Ville doit recourir aux services d'un interprète et d'un traducteur et/ou d'autres moyens techniques.

Les panneaux d'identification et les signalisations des bureaux municipaux ou des équipements doivent être rédigés dans les trois langues officielles. Dans tous les édifices administratifs et dans tous les services, directions, agences et départements, la réception téléphonique doit souhaiter la bienvenue aux citoyens dans les trois langues officielles.

Quant aux fonctionnaires et conseillers, ils doivent être encouragés à apprendre les trois langues officielles, tandis que des programmes de formation sont prévus pour leur venir en aide dans le développement de leurs connaissances linguistiques. De plus, la Ville doit effectuer des contrôles réguliers sur les connaissances linguistiques de son personnel dans les services, directions, agences et départements dans le but de déterminer les besoins linguistiques ainsi que les habiletés linguistiques des fonctionnaires et de découvrir d'autres méthodes pour améliorer ces connaissances linguistiques au sein de la Ville. Lorsqu'ils comblent les postes vacants, les services, directions, agences et départements doivent prendre connaissance de la politique linguistique de la Ville en faisant de la publicité, en recrutant et choisissant le personnel en conséquence. Enfin, la Ville a prévu la création d'un Comité linguistique pour la ville de Cape Town.

Ce genre de politique apparaît exemplaire, tant les objectifs et moyens mis en oeuvre sont exceptionnels. Comme toujours, il reste à vérifier les diverses pratiques.  

4.4 L'éducation

La province du Cap-Occidental semble posséder l'un des meilleurs systèmes d'éducation de toute l'Afrique du Sud. D'ailleurs, près de 80 % des jeunes terminent leur secondaire, ce qui est nettement plus élevé que dans toute autre province d'Afrique du Sud. De plus, la province s'ennorgueillit de posséder deux universités reconnues internationalement: l'Université de Stellenbosch et l'Université de Cape Town.

La Loi sur l'éducation scolaire de 1997 ne précise pas quelles doivent être les langues d'enseignement dans les écoles, car ce sont les directions d'école qui déterminent leur politique linguistique:

Western Cape Provincial School Education Act, 1997

Section 44

Language policy and religious observances at public schools


Subject to the provisions of sections 6 and 7 of the South African Schools Act, 1996 (Act 84 of 1996), the language policy and the religious observances at a public school shall be determined by its governing body: Provided that in the case of a public school for learners with special education needs, the governing body shall determine the
language policy in consultation with the Head of Department.
 

Loi sur l'éducation scolaire de la province du Cap-Occidental, 1997

Article 44

Politique linguistique et pratiques religieuses dans les écoles publiques


Sous réserve des dispositions des articles 6 et 7 de la Loi sur les écoles sud-africaines de 1996 (loi 84 de 1996), la politique linguistique et les pratiques religieuses dans une école publique sont déterminées par la direction : à la condition que, dans le cas d'une école publique destinées aux élèves ayant des besoins particuliers en éducation, la direction détermine la politique linguistique en consultation avec le responsable du Département.

La province est tenue de respecter l'article 29 de la Constitution sud-africaine, en dispensant un enseignement dans toutes les langues, en l'occurrence l'afrikaans, l'anglais et le xhosa: 

South Africa Constitution

Article 29

(1) Everyone has the right -

(a) to a basic education, including adult basic education; and

(b) to further education, which the state must take reasonable measures to make progressively available and accessible.

(2) Everyone has the right to receive education in the official language or languages of their choice in public educational institutions where that education is reasonably practicable. In order to ensure the effective access to, and implementation of, this right, the state must consider all reasonable educational alternatives, including single medium institutions, taking into account -

(a) equity;
(b) practicability; and
(c) the need to redress the results of past racially discriminatory law and practice.

(3) Everyone has the right to establish and maintain, at their own expense, independent educational institutions that -

(a) do not discriminate on the basis of race;
(b) are registered with the state; and
(c) maintain standards that are not inferior to standards at comparable public educational institutions.

(4) Subsection (3) does not preclude state subsidies for independent educational institutions.

Constitution de l'Afrique du Sud

Article 29

(1) Chacun a droit :

(a) à une éducation de base, incluant l'éducation adulte de base; et

(b) à une formation continue, pour laquelle l'État doit prendre des mesures raisonnables afin de la rendre progressivement disponible et accessible.

(2)
Chacun a droit à l’enseignement dans la ou les langues officielles de son choix, dans les établissements d’enseignement publics où cet enseignement peut être raisonnablement pratiqué. Afin de permettre l’accès à ce droit, ainsi que sa mise en oeuvre, l’État doit examiner toutes les solutions alternatives raisonnables, dont les établissements à langue d’enseignement unique, en prenant en compte:

a. l’équité;
b. les possibilités de mise en oeuvre et;
c. la nécessité de compenser les effets négatifs des lois et pratiques du passé, marquées par la discrimination raciale.

(3) Chacun a le droit de fonder et d'entretenir, à ses frais, des établissements d'enseignement indépendants qui :

(a) ne pratiquent pas de discrimination sur une base raciale;
(b) sont enregistrés par l'État; et
(c) maintiennent des standards qui ne sont pas inférieurs à ceux des établissements comparables dans le système public.

(4) Le paragraphe 3 n'exclut pas les subventions de l'État pour les établissements d'enseignement indépendants.

De fait, les parents ont le droit de choisir la langue d'enseignement pour leurs enfants. Il existe donc des écoles où la langue d'enseignement est l'afrikaans, l'anglais ou le xhosa.

Cela étant dit, la province du Cap-Occidental a élaboré une nouvelle politique destinée à mettre en oeuvre un programme scolaire visant à instaurer un enseignement dans la langue maternelle durant les sept premières années, ainsi que l’apprentissage des deux autres langues officielles. Dans cette province, tous les élèves des écoles primaires doivent en principe apprendre les trois langues officielles: l’afrikaans, l’anglais et le xhosa. De fait, la Déclaration du programme national révisé des études (''Revised National Curriculum Statement'') qui énonce que tous les élèves doivent apprendre une langue africaine pour une durée d'au moins trois ans après la 9e année.

Cependant, il peut y avoir loin de la coupe aux lèvres. D'abord, plusieurs enseignants des écoles primaires emploient le xhosa pour expliquer des concepts aux enfants, mais ils passent ensuite à l'anglais comme langue d'enseignement. Pourtant, lorsque le gouvernement provincial a voulu accorder un statu égal au xhosa ainsi qu'à l'anglais et à l'afrikaans en éducation, la population a accueilli favorablement cette politique. Le problème, c'est la pénurie d'enseignants qualifiés pouvant utiliser le xhosa comme langue d'enseignement. En quelques années, très peu d'enseignants ont terminé leurs études à l'Université de Cape Town pour se qualifier comme enseignant du xhosa. Parmi les étudiants ayant terminé leurs études à la Cape Peninsula University of Technology, une université spécialisée dans l'enseignement des langues, aucun n'est anglophone. À cela s'ajoute le manque de manuels en xhosa. Or, la meilleure façon de soutenir ces enseignants serait de leur fournir des manuels et de soutenir la production de documents pédagogiques en xhosa et de les initier aux nouvelles méthodologies d'enseignement. Dans les zones rurales, la situation est pire que dans les villes. Le xhosa, une langue que tout le monde parle, n'est que très rarement enseigné. 

4.5 Les médias

La province du Cap-Occidental disposent de nombreux journaux. La ville du Cap (Cape Town) est le principal centre des grands médias écrits. La plupart des journaux de la province publient en anglais: Cape Angus, Cape News, Atlantic Sun, City Vision, False Bay Echo, Plainsman, Sentinel News, Southern Mail, Southern Suburbs Tatler, etc. D'autres sont en afrikaans: Die Burger, Landbou-Burger, Tygerburger, Beeld, Die Volksblad, Rapport, etc., mais le Burger publie également une édition en anglais. Le magasine familial afrikaans Huisgenoot demeure l'un des journaux les plus lus dans la province. Un seul quotidien est en xhosa: le Vukani est publié en xhosa.

Cape Town est un centre important de la radiodiffusion en Afrique du Sud. Les stations radiophoniques émettent en anglais, en afrikaans et en xhosa. À la télévision, le Channel 2 diffuse dans les trois langues officielles: anglais, afrikaans et xhosa. Le canal payant Kyknet diffuse en afrikaans.

La province du Cap-Occidental est l'une des rares province du pays à avoir élaboré une véritable politique linguistique de multilinguisme. Bien qu'elle soit basée sur celle du gouvernement national, cette politique a le mérite d'avoir été adoptée par un gouvernement provincial, ce qui est déjà beaucoup dans la mesure où la plupart des gouvernements du continent africain n'en ont jamais fait autant. De plus, le gouvernement de la province du Cap-Occidental a publié sa politique (voir le texte ICI) en 2001. Même si les résultats ne sont pas tous atteints, le Cap-Oriental est sur la bonne voie. Il faut souligner que cette province est, avec la province du Gauteng, considérée comme «riche», par rapport aux autres. Le Cap-Occidental peut donc se permettre de réserver un poste budgétaire pour les langues.

En réalité, le problème réside dans la valorisation du xhosa, la «troisième» langue officielle, celle qui doit tenir tête aux deux autres (l'afrikaans et l'anglais), dont les rapports de force sont sans commune mesure avec le xhosa. À long terme, il est probable que ce soit l'anglais qui va sortir gagnant de l'épreuve. Lentement, des locuteurs du xhosa changent de langue pour adopter l'anglais, alors que l'afrikaans perd lentement du terrain, encore au profit de l'anglais. Autrement dit, la politique linguistique pourra freiner la régression graduelle du xhosa, mais ne pourra l'empêcher. Au final, c'est l'anglais qui va prendre de l'expansion, car il est aidé par les pratiques du gouvernement national qui, malgré les prescriptions constitutionnelles prônant la parité entre les onze langues officielles, privilégie l'anglais pour des raisons pragmatiques. Mais c'est aussi une question de gros sous!

Malgré ses ratés, il n'en demeure pas moins que la politique linguistique de la province du Cap-Occidental demeure exceptionnelle en Afrique du Sud, à l'instar de celle du gouvernement national. En tant que province «riche», il est plus difficile de distinguer la politique du Cap-Occidental de celle du national. La situation est très différente dans les provinces les plus déshéritées, les anciens bantoustans peuplés d’une population noire et pauvre, qui sont généralement dans l’incapacité de mettre en œuvre la nouvelle politique linguistique nationale.  

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2) Données historiques (Afrique du Sud)

3) Dispositions constitutionnelles nationales (1996)

 

4) Politique linguistique
(Afrique du Sud)
 

5) Bibliographie
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