République de Corée

Corée du Sud

Taehanminguk

Capitale: Séoul
Population: 50,7 millions (2017)
Langue officielle: coréen (de facto)
Groupe majoritaire: coréen (96 %)
Groupes minoritaires: japonais (2%), chinois (0,38%), anglais, mongol, filipino, jéju, etc.
Système politique: république unitaire
Articles constitutionnels (langue): aucune disposition linguistique dans la Constitution du
29 octobre 1987
Lois linguistiques: Loi sur la radiodiffusion (2000); Décret d'application de la Loi sur la radiodiffusion (2000); Loi sur la procédure civile (2002); Loi-cadre sur la langue coréenne (2005); Décret d'application de la Loi sur l'enseignement primaire et secondaire (2009); Loi sur les brevets (2011);
Loi sur la Cour constitutionnelle (2011); Loi sur l'organisation judiciaire (2014); Loi sur l'immigration (2016); Loi sur la promotion de l'éducation des langues étrangères stratégiques (2016).

1 Situation géographique

La Corée du Sud (en coréen: Hankuk, «le pays des Han»), officiellement appelée république de Corée (Taehanminkuk), est un pays d’Asie (Extrême-Orient) occupant la partie méridionale de la péninsule coréenne. La Corée du Sud est limitée au nord par la Corée du Nord, à l’est par la mer du Japon, au sud et au sud-est par le détroit de Corée, qui sépare le pays du Japon, et à l’ouest par la mer Jaune. De nombreuses îles, au sud et à l’ouest, lui sont rattachées, dont Chejudo ou île Cheju (1845 km²), au sud-ouest. La superficie totale de la Corée du Sud est de 99 268 km², soit trois fois la Belgique, deux fois le Danemark et trois fois plus petit que l'Italie. La superficie de la Corée du Nord, pour sa part, est de 120 538 km². Séoul, la capitale de la Corée du Sud, est la ville la plus importante du pays.

La Corée du Sud est divisée en neuf provinces (appelées do) : Kyongki, Kangwon, Tchungtcheong-Nord, Tchungtcheong-Sud, Cholla-Nord, Cholla-Sud, Kyongsang-Sud, Kyongsang-Nord et Cheju. Six villes (sept avec Séoul) ont le statut de «villes métropolitaines» (kwangyoksi): Pusan, Taegu, Taejon, Kwangju, Inchon et Ulsan (voir la carte administrative). La Ville de Séoul , qui a le statut particulier de «capitale métropolitaine» (thukpyolsi), est directement administrée par le gouvernement sud-coréen. Les provinces sont elles-mêmes divisées en villes (si), en arrondissements (gun), en bourgs (up) et en communes (myon).

- La province autonome de Jéju

De plus, depuis 2006, l'ile de Jéju situé à 85 km au sud de la péninsule forme une province autonome (voir la page spéciale sur la province autonome de Jéju). Le gouvernement coréen a approuvé un projet de loi destiné à transmettre tous les droits administratifs à cette île, sauf en ce qui concerne la défense nationale, la justice et les affaires extérieures. Le gouvernement local peut ainsi avoir son propre système de taxation, sa force de police et adopter ses propres lois intérieures. Il peut embaucher des fonctionnaires étrangers et réglementer son système d'éducation.

2 Données démolinguistiques

En 2017, la Corée du Sud comptait 50,7 millions d'habitants. Les provinces de Séoul, Kyeongki, Pusan et Kyeongsangnam sont les plus populeuses. Le tableau qui suit montre la proportion des locuteurs entre eux:

Ethnie Population Pourcentage Langue maternelle Affiliation linguistique Religion
Coréen 49 151 000 96,9 % coréen

famille coréenne

christianisme/bouddhisme/sans religion
Japonais 1 020 000 2,0 % japonais famille japonique bouddhisme
Chinois 194 000 0,38 % chinois mandarin famille sino-tibétaine bouddhisme/sans religion
Américain 121 000 0,23 % anglais langue germanique christianisme
Mongol 32 000 0,06% khalkha famille altaïque (mongole) bouddhisme
Philippin 29 000 0,05% filipino famille austronésienne christianisme
Asiatique anglicisé 13 000 0,02% anglais langue germanique christianisme
Britannique 3 600 0,00% anglais langue germanique christianisme
Jéju 8 000 0,00% jéjuéo famille coréenne bouddhisme
Français 5 100 0,00% français langue romane christianisme
Russe 2 600 0,00% russe langue slave Chrétienne
Turc 1 700 0,00% turc famille altaïque (turcique) islam
Autres 124 000 0,24% - - -
Total 2017 50 705 000 100,0% - - -

Nous pouvons constater que la Corée du Sud, comme la Corée du Nord, est un pays remarquablement homogène au plan ethnique et linguistique, car 96,9 % des Coréens parlent le coréen comme langue maternelle. C'est un pays pratiquement sans minorité nationale, sauf avec les Jéjuéo. Les autres minorités linguistiques sont toutes des minorités immigrantes: elles parlent le japonais, le chinois, le mongol, le filipino, le turc, etc. De plus, outre la Corée du Nord (20 millions de locuteurs du coréen), la langue coréenne est parlée par environ deux millions de locuteurs en Chine, principalement dans les provinces bordant la Corée du Nord. On compte un demi-million de locuteurs du coréen au Japon et en Russie, et au moins 600 000 aux États-Unis. D'autres communautés vivent à Singapour, en Thaïlande, à l'île de Guam et au Paraguay. Le nombre total des locuteurs de cette langue serait de 78 millions de locuteurs.

Soulignons que la Corée du Sud abrite plus de 100 000 militaires américains, qui constituent un État dans l'État, avec leur propre administration et leurs propres médias, en anglais.

La moitié de la population (49 %) est de religion chrétienne (protestants et catholiques), 47 % bouddhiste, 3 % confucianiste (officiellement, mais pour les Coréens: un tiers de la population pour chacune des trois religions). Officiellement, il n'existe pas de minorités linguistique en Corée du Sud, seulement des minorités religieuses.

2.1 La langue coréenne

La langue coréenne est un isolat linguistique; elle constitue une famille à elle seule, la famille coréenne. Il existe plusieurs variétés dialectales du coréen, tant au nord qu'au sud. Les dialectes du Nord sont le hamgyŏng (N.-E.), le pyŏngan (N.-O.) qui constitue la norme officielle, le hwanghae (S.-O.) et le gangwon (S.-O.). Ceux du Sud sont le gangwon (N.-E.), le
pyojun-eo ou dialecte de Séoul (N.-O.), la norme officielle, le chungcheong (centre-ouest), le jeolla (S.-O.) et le gyeongsang (S.-O.). Quant au jeju, il est parfois classé comme une langue distincte par certaines autorités. Les différences entre ces variétés sont relativement minimes, mais néanmoins importants entre les variétés du Nord et celles du Sud.

- Les variétés dialectales

Dialectes nord-coréens:

- hamgyŏng (N.-E.)
- pyŏngan (N.-O.) = norme officielle
- hwanghae (S.-O.)
- gangwon (S.-O.)

Dialectes sud-coréens:

- gangwon (N.-E.) ou gyeong-gi ou dialecte de Séoul (N.-O.) = norme officielle
- chungcheong (centre-ouest)
- jeolla (S.-O.)
- gyeongsang (S.-O.)

Remarque: le jéju est classé comme une langue distincte du coréen standard et des autres variétés dialectales.

Bien qu'il n'y ait que quelques variétés dialectales formelles, les linguistes soulignent que les variantes régionales sont encore plus nombreuses, puisque celles-ci entrainent des modifications selon la ville ou le village, l'âge, l'instruction, etc. De plus, les variétés dialectales, sauf évidemment le gangwon (et le jéju), demeurent des langues parlées. Le tableau ci-dessous présente un corpus en coréen standard et en gyeongsang:

Coréen standard  (gangwon)

Variété gyeongsang Traduction
밥 먹자! 우리 아이는 어때요? 자러 가자!
"bab meok-ja! u-ri a-i-neun eo-ttae-yo? ja-reo-ga-ja?"
밥도! 아는? 자자!
"bab-do! a-neun? ja-ja!"
Bon appétit ! Que diriez-vous de mon enfant?
Allons au lit!
의사 = "eui-sa"
사과 = "sa-gwa"
이사 = "i-sa"
사가 = "sa-ga"
docteur
pomme

- Le coréen du Nord et le coréen du Sud

En raison de la division politique depuis 1948 entre le Nord et le Sud, la langue nationale des deux Corées est appelée à se différencier. Dans le Sud, le vocabulaire emprunté et l'usage de mots chinois n'a subi que de faibles restrictions, mais dans le Nord, la politique linguistique, plus volontariste, a eu pour effet d'«épurer» la langue et d'imposer une norme dite de «langue cultivée», qui privilégie les mots d'origine coréenne indigène, parfois russe, plutôt que les mots sino-coréens ou anglais. Il existe donc un certain nombre de différences de vocabulaire entre le Nord et le Sud, car le lexique est influencé par la politique et les contacts extérieurs différents (p. ex., le russe au nord, l'anglais au sud). Comme les Coréens n'ont pratiquement pas de contact entre le Nord et le Sud, il peut arriver qu'ils éprouvent certaines difficultés mineures à se comprendre lorsqu'ils ont à communiquer entre eux. Dans les deux États, la langue coréenne constitue une puissant instrument d'identité nationale.

2.2 La langue jéjuéo

Bien que la Corée du Sud, comme la Corée du Nord, soit linguistiquement homogène, il existe des minorités nationales dans le pays, dont les Jéjuéo de l'île du même nom (Jéjuéo, Jéju ou Cheju-do).

La population de l'île dépasse les 650 000 habitants (2017), mais la plupart d'entre deux parlent le coréen comme langue maternelle. Le nombre des locuteurs du jéju (ou jéjuéo) varie entre 5000 et 10 000. Cette langue autochtone fait partie de la famille coréenne et ne constitue pas un dialecte du coréen, comme on l'a longtemps cru. L'UNESCO considère le jéjuéo (jéju) comme une langue à part entière, mais cette langue est en danger d'extinction en raison de nombreux facteurs historiques, notamment la discrimination linguistique dont la population a fait l'objet dans le passé. De plus, la langue japonaise demeure importante chez tous les insulaires, car au moins 50 % au moins de la population peut s'exprimer ou comprendre cette langue. Contrairement au coréen, le jéjuéo compte beaucoup d'emprunts au japonais. De nombreux insulaires peuvent aussi parler le chinois. Avec l'arrivée du tourisme, l'anglais a commencé à prendre de l'importance, surtout chez les jeunes, bien que la plupart des touristes soient très majoritairement des Sud-Coréens, des Japonais et des Chinois.

2.3 L'alphabet coréen

La langue coréenne s'écrit avec l'alphabet coréen, appelé Hangul (-gul signifiant «alphabet»). Il fut créé au XVe siècle par un groupe de savants sous le règne du roi Sejong le Grand (de 1418 à1450), le quatrième monarque de la dynastie Chosun (1392-1910). Auparavant, le coréen s'écrivait au moyen de caractères chinois. L'alphabet coréen utilisé aujourd'hui est considéré comme l'un des systèmes d'écriture les plus rationnels utilisés dans le monde. Il est basé sur une observation et une analyse minutieuse de la langue coréenne. Il compte 19 consonnes et 21 voyelles.

Alphabet hangul (voyelles)

Korean vowels

Alphabet hangul (consonnes)

Korean consonants

Le coréen possède un alphabet assez complexe. Il connaît des consonnes simples (k, t, p, ch, s, n, m, l, h, -ng), aspirées (kh, th, ph, tch) et redoublées (pp, kk, ch-ch, ss) et un grand nombre de voyelles, dont 10 simples et 11 combinées (deux semi-voyelles [w ] et [j]). En coréen, l'opposition des consonnes sourdes/sonores n'est pas pertinente. Voici un exemple d'écriture coréenne (à l'horizontale de gauche à droite). Il s'agit de l'article 1 de la Déclaration universelle des droits de l'homme:

Sample of written Korean

Traduction:

1) Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.

2) Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

En principe, la langue écrite entre le Nord et le Sud est identique. Mais en Corée du Nord on n'utilise plus que l'alphabet Hangul, alors qu'en Corée du Sud les gens instruits et certains journaux ont encore recours simultanément aux idéogrammes chinois. L'écriture coréenne est appelée Hangul en Corée du Sud, mais Chosonkul (en référence à la dynastie Choson) en Corée du Nord.

N'oublions pas que les Sud-Coréens utilisent encore les idéogrammes chinois en plus de leur alphabet. Ils estiment que l'usage d'environ 1500 idéogrammes chinois est nécessaire, par exemple, pour la lecture des journaux (contre au moins 3000 pour les Japonais). En Corée du Nord, l'emploi des idéogrammes a totalement disparu en raison du rejet par le gouvernement de toute référence au passé.  Les idéogrammes chinois sont toujours enseignés dans les écoles de la Corée du Sud, mais demeurent très peu employées dans la vie quotidienne, sauf dans les journaux. Un projet de réintroduire en 1999 les idéogrammes dans les documents officiels et les panneaux de signalisations a déjà provoqué des manifestations populaires anti-gouvernementales.

Entre le Nord et le Sud, la façon de prononcer les mots d'origine chinoise est devenue relativement importante (rapportés par Kin Ha-Su):

Signification française

Coréen du Nord

Coréen du Sud

«repentir» kaejun kaejôn
«balivernes» kaktam kaektam
«déformation» oegok waegok
«erreur» oyu oryu
«instigation» sach'ok saju

Il faut souligner aussi que la division idéologique entre les régimes politiques a entraîné des termes différents et des politiques linguistiques différentes, tant au nord qu'au sud. C'est d'ailleurs surtout dans le vocabulaire que résident les plus grandes différences entre le nord-coréen et le sud-coréen. La «purification» linguistique ne s'est pas faite à partir des mêmes sources: les mots sont plus souvent d'origine dialectale dans le Sud que dans le Nord.  En voici quelques exemples (rapportés par Kin Ha-Su):

Signification française

Coréen du Nord

Coréen du Sud

«toilettes» wisaegshil hwajangshil
«observatoire» kisangsumunguk kwansangdae
«monologue» honjamal tokpaek
«rechercher» (informatique) chajabogi saegin
«impartialité» kkyôullim kongmyôn

Il existe aussi des injures propres à la société sud-coréenne telles que «rouge», «sale Jap», «Chinetoque communiste», etc. Dans le Nord, on préfère «salauds d'impérialistes japonais», «chacals d'impérialistes américains», etc.

3 Données historiques de la Corée du Sud (à partir de 1948)

La plus grande partie de l'histoire de la Corée du Sud est la même que celle de la Corée du Nord. En raison de cette histoire commune jusqu'à la partition des deux Corées en 1948, il a semblé préférable d'en faire une seule page: il suffit de cliquer ICI pour prendre connaissance de l'Histoire de la Corée, des origines jusqu'en 1948.

La république de Corée (Corée du Sud), proclamée le 15 août 1948, se donna comme premier président Li Sungman  (1948-1960). Puis, très tôt, la guerre oppose les deux États coréens, de juin 1950 à juillet 1953. Après le conflit, le despote Li Sungman, qui avait été réélu en 1952, se révéla incapable d’assurer une véritable croissance du pays malgré les nombreuses aides financières des États-Unis. Après avoir remporté les élections de 1956, il fut conduit à démissionner.

3.1 La purification linguistique

Dans le domaine de la langue, l'utilisation des caractères chinois fut en principe supprimée dès 1948, mais resta tolérée pendant une période transitoire. Celle-ci s'est avérée assez longue en Corée du Sud, puisqu'on trouve encore aujourd'hui des caractères chinois dans plusieurs journaux. Néanmoins presque tous les ouvrages de littérature, les manuels scolaires et les documents administratifs du gouvernement furent progressivement publiés en Hangul. Au plan du vocabulaire, la «purification linguistique» (guerre aux japonismes) commença, car beaucoup de mots avaient été empruntés au japonais durant l'occupation nippone. La langue — appelée «langue standard», mais «langue cultivée au Nord» — devint une affaire d'État, car elle correspondait à une affirmation d'identité collective face au Japon. Au cours des années qui suivirent, de nombreux mots japonais disparurent de l'usage et furent remplacés par des vocables «purs coréens». En fait, certains mots régionaux se sont imposés dans le coréen du Sud.

C'est ainsi que la «mer du Japon» fut changée par «mer de l'Est». Pourtant, la dénomination mer du Japon existe depuis 1602; dans certaines cartes rarissimes datées de 1720, on trouve parfois «mer orientale» et en 1749 «mer de Corée», mais pour 97 % des cartes du monde il s'agit bel et bien de la «mer du Japon», sauf en Corée du Nord et en Corée du Sud qui, pour des raisons politiques, préfèrent encore «mer de l'Est». Néanmoins, c'est la dénomination mer du Japon qui est internationalement acceptée.

Le coréen est devenu la langue officielle de la République, mais il s'agit de la variété parlée à Séoul, le phyojunmal, alors que la Corée du Nord privilégia celle parlée  à Pyongyang, le munhwaeo. Les programmes d'études conservèrent l'apprentissage des idéogrammes chinois à partir du premier cycle de l'enseignement secondaire. Jusque dans les années 1970, les écoliers durent aussi les apprendre. Dès 1945, la réorganisation du système éducatif par le commandement militaire américain rétablit la suprématie de l'anglais dans les écoles et accorda aux autres langues occidentales le statut de «secondes langues étrangères». La langue japonaise fut supprimée dans les écoles et n'a recommencé à être enseignée dans les lycées qu'à partir de 1973, mais il fut toujours interdit de diffuser des variétés japonaises à la radio coréenne et de passer des films japonais dans les salles ou sur les écrans de télévision; il en fut de même pour les spectacles sur scène (tours de chant, théâtre, danse, etc.). Déjà, à cette époque, les politiques adoptées en Corée du Sud eurent pour effet de rendre beaucoup de mots différents par rapport au coréen utilisé en Corée du Nord.

3.2 D'une dictature à l'autre

Parvenu au pouvoir à la suite d'un coup d'État en 1961, le général Pak Chunghui [Park Chung-hee] (1962-1979) gouverna par décrets jusqu’en octobre 1963, date à laquelle il fut élu (de justesse) président. Il mit en œuvre d’importantes réformes économiques, en particulier le premier plan quinquennal, qui marqua le début du décollage économique du pays. Il normalisa les relations avec le Japon en juin 1965. L’industrialisation et les exportations du pays connurent un bond spectaculaire, le produit intérieur brut (PIB) augmentant de 10 %. Mais, en même temps, le général Pak Chunghui instaura, jusqu'en 1979, un régime dictatorial. Multipliant les arrestations d'opposants, il interdit le multipartisme en 1972 et proclama une loi martiale qui conférait à l'armée tous les pouvoirs. Suivirent 15 années d'oscillation entre des régimes autoritaires et de timides tentatives de démocratisation. Dans le domaine de la langue, le ministère de l'Éducation nationale réduisit en 1972 le nombre des caractères de base chinois à 1800, car leur emploi s'est poursuivi dans les journaux et autres publications. Par la suite, ce nombre fut augmenté jusqu'à 3600 dans les lycées.

En 1979, des manifestations organisées dans les villes de Pusan et de Masan furent violemment réprimées. Profitant de ce climat tendu, Kim Chaekyu, directeur du service central de renseignements, assassina le général Pak Chunghui (26 octobre 1979), ce qui mit fin à un autre régime autoritaire. Le premier ministre Tchoe Kyuha succéda au général Chunghui au poste de président.

Toutefois, un autre général, Chon Tuhwan (1980-1988), s’imposa à la tête du pays.  À Kwangju, capitale de la province de Cholla, dont était originaire le principal leader de l’opposition (Kim Taechung), les rassemblements populaires se transformèrent en insurrection. Les commandos de parachutistes intervinrent. Après quelques jours de sanglants combats de rue, l’armée reprit le contrôle de la ville. Puis des manifestations étudiantes d’une grande ampleur ajoutèrent aux conflits. En 1981, après l’adoption d’une nouvelle constitution, le général Chon Tuhwan devint président de la Corée du Sud et gouverna, lui aussi, de façon autoritaire.

En 1987, la Corée du Sud connut une nouvelle crise sociale, déclenchée par la mort d’un étudiant au cours d’un interrogatoire de police. Pour répondre aux protestations de masse, le président
No Thaewu [Roh Tae-woo] (1988-1993) promit des réformes. La nouvelle Constitution, approuvée à 93 % des voix lors d’un référendum national organisé en 1987, entra en vigueur en février 1988. Elle marqua le début de la VIe République et entraîna un réel processus de démocratisation. Le président tint ses promesses et libéralisa le régime. À la fin des années 1980, le gouvernement continua d'interdire la distribution de films japonais, ainsi que la musique populaire, afin d'empêcher les «influences indésirables» du Japon de traverser en Corée.

3.3 Un début de démocratie

Les élections nationales de décembre 1992 permirent aux Sud-Coréens d’élire leur premier président civil,
Kim Yongsam (1993-1997). Celui-ci prit officiellement ses fonctions le 25 février 1993. Il lança une vague de mesures contre la corruption et mit en place de vastes réformes économiques visant à assouplir les réglementations nationales, à favoriser les investissements étrangers et à promouvoir la concurrence.  Kim Yongsam sut imposer une remise en ordre de l’armée et de la classe politique après trente années de régime militaire, mais il ne put éviter la défaite de son parti (le Parti démocratique libéral) aux élections locales de 1995. En décembre 1995, l’ancien président No Thaewu et son prédécesseur, le général Chon Tuhwan, furent inculpés et emprisonnés pour corruption. Ils durent également répondre du massacre de Kwangchu. En août 1996, ils furent condamnés respectivement à une peine de prison de vingt-deux ans et demi et à la peine de mort, peines réduites et commuées en décembre 1996 à cinq ans et demi de prison et à la prison à vie. Tous deux furent libérés en décembre 1997, après l’élection de Kim Taejung (1997-2002). Le gouvernement et les syndicats conclurent, en février 1998, un pacte de réforme du système social, qui visait à une plus grande flexibilité du marché de l’emploi par une série de dispositions facilitant le licenciement, en échange d’une reconnaissance complète des droits syndicaux et de la création d’un système d’assurance chômage.

Les relations avec la Corée du Nord connurent un début d’amélioration au printemps 1998, mais la situation bloqua à nouveau en juillet, lorsque la Corée du Nord mena des opérations d’infiltration vers la Corée du Sud. En juin 1999, cette situation s’aggrava encore avec une «bataille navale» dans la mer Jaune, au cours de laquelle un bateau nord-coréen fut coulé par la marine sud-coréenne.

En 2000, la victoire de l’opposition (Grand Parti national ou Hannara Dang) aux élections législatives contraignit le président Kim Taejung à trouver des alliances pour poursuivre sa politique de réformes économiques et de dialogue avec la Corée du Nord.  En juin de la même année, Kim Taejung rencontra, à Pyangyang en Corée du Nord, Kim Jongil, secrétaire général du Parti de la Corée du Nord, afin de chercher à améliorer les relations entre les deux partis, notamment en ce qui a trait à la réunion des familles séparées et l’assistance de la Corée du Sud à celle du Nord. L’action de Kim Taejung fut récompensée en octobre 2000 avec le prix Nobel de la paix qu’il reçut «pour son travail pour la démocratie et les droits de l'homme en Corée du Sud et en Asie du Sud-Est, en général, et pour la paix et la réconciliation avec la Corée du Nord en particulier». Sur le plan intérieur, la Corée du Sud s'est trouvée confrontée à la grave crise financière asiatique, ce qui défavorisa l'économie sud-coréenne et remit en cause sa situation de puissance moderne.

En juin 2002, un accord était signé entre Pékin et Séoul pour autoriser les réfugiés nord-coréens de Chine à se rendre en Corée du Sud. Le 15 septembre 2002 était également signé un accord intercoréen sur le rétablissement des voies de communication entre les deux Corées, qui étaient totalement coupées depuis la Seconde Guerre mondiale. En décembre de la même année, Roh Moo-hyun, centriste de gauche, candidat du parti au pouvoir, remporta les élections présidentielles. Après avoir été suspendu par le Parlement en 2004, il fut rétabli par la Cour constitutionnelle et resta en fonction jusqu'en 2008. Lee Myung-bak lui succéda jusqu'en 2013. Madame Park Geun-hye prit la relève, mais elle fut destituée par le Parlement et par la Cour constitutionnelle après avoir été formellement inculpée pour corruption. Moon Jae-in est président de la Corée du Sud depuis 2017.

Pays encore en voie de développement dans les années 1950, la Corée du Sud se classe maintenant au onzième rang des puissances économiques dans le monde. Enfin, rappelons que, au plan linguistique, la partition politique de la péninsule coréenne entre le Nord et le Sud a favorisé la différenciation progressive des langues nationales des deux Corées.

4 La politique linguistique

La Constitution sud-coréenne a d'abord été promulguée le 17 juillet 1948, puis fut modifiée neuf fois: en 1952, 1954, 1960 (juin et novembre), 1962, 1969, 1972, 1980 et 1987. Les modifications de 1987 prévoient l'élection directe du président pour la première fois en Corée, supprime des pouvoirs extraordinaires présidentiels tout en accordant l'autorité pour dissoudre l'Assemblée nationale et étend des droits fondamentaux en matière de droits de l'homme. La Constitution actuelle compte un préambule, 130 articles et six annexes.

Cependant, la Constitution du 29 octobre 1987 ne contient aucune disposition linguistique. Comme 99 % de la population parle le coréen, il a semblé inutile de légiférer pour imposer une langue nationale que tout le monde parle. En réalité, la politique linguistique de la Corée du Sud porte davantage sur le code lui-même que sur le statut de la langue nationale, qui ne saurait être contesté. L'Académie nationale de la langue coréenne (Kuknip Kugo Yonkuwon) a été fondée pour élaborer la politique linguistique sud-coréenne et promouvoir l'usage correct de la langue coréenne par le grand public. Placée sous la juridiction du ministère de la Culture, cet organisme a été fondé en 1984 avec les objectifs officiels suivants: élaborer une politique linguistique, éditer un dictionnaire du coréen, réglementer l'usage du coréen (le coréen standard, la romanisation, etc.), promouvoir le coréen à l'étranger, etc.
 
Officiellement, le gouvernement sud-coréen ne soutient pas les politiques de purification linguistique, mais il ne fait rien pour s'y opposer. Il n'en demeure pas moins que le coréen a en grande partie été purgé des mots japonais, bien que graduellement il vaut l'avouer. Les linguistes sud-coréens continuent de considérer l'afflux de mots japonais dans le coréen comme «une menace sérieuse à la pureté et l'intégrité de la langue coréenne». Toutefois, il n'a pas été possible de tous les supprimer, surtout les mots chinois perçus comme sino-coréens, car ils subsistent dans le vocabulaire technique et les jurons. Par exemple, le Dictionnaire complet du coréen (imprimé en Corée du Sud) révèle que 52,1 % du total des 163 125 entrées sont d'origine sino-coréenne; ainsi, près de 49 % du vocabulaire est emprunté à d'autres langues (japonais, anglais, etc.). En fait, le résultat de ces efforts de purification a favorisé la coexistence de deux ou plusieurs formes d'un même mot, puisque les Coréens emploient généralement à la fois les formes épurées et les formes anciennes. Ces faits révèlent le niveau des difficultés impliquées dans la suppression des mots sino-coréens. Aujourd'hui, près de 90 % de tous les emprunts en sud-coréen proviennent de l'anglais, ce qui devrait correspondre à environ 5 % du vocabulaire total.

En 2000, le gouvernement a décidé de présenter un nouveau système d'écriture romanisée, mais il n'est pas encore répandu. Le nouveau système est basé sur le principe une lettre/un son et donne une transcription assez distante: par exemple, Kimpo plus exactement Kimpho – est devenu Gimpo; bballi pour [ppalli]; ddal pour [ttal], etc. Par ailleurs, certains politiciens songeaient à demander une modification constitutionnelle afin de désigner l'anglais comme «seconde langue officielle». En 2005, le Parlement a adopté une Loi-cadre sur la langue coréenne.

4.1 La loi sur la langue

Il subsiste des problèmes linguistiques en Corée du Sud que l'on peut définir en termes de «pollution de la langue». Le coréen d'aujourd'hui subit grandement l'influence de la langue anglaise, ce qui pose un grave problème qui se manifeste surtout dans les domaines du lexique, de l'orthographe, de la grammaire et des structures de phrase. Autrement dit, les problèmes linguistiques en Corée concernent le code lui-même, non le statut de la langue.

Les spécialistes coréens de la question linguistique remettent en cause l'emploi d'un trop grand nombre de mots étrangers, ce qui entraverait le développement normal de la culture et du vocabulaire coréens. On assiste à un mélange de vocabulaires étranger et coréen provoquant ainsi le formation de mots coréens étranges au mépris des règles normales de la formation des mots. En Corée du Sud, les mots étrangers semblent dominer la langue des affaires, de l'industrie mécanique et de la médecine. Ces mots représenteraient aujourd'hui environ 60% du vocabulaire de certaines professions. La plupart des termes introduits récemment comptent des mots d'origines chinoise, japonaise et anglaise. Selon Jai-ho Jeon de l'Université nationale Kyungpook (Daegu): «L'adoption indirecte de mots étrangers rend notre système lexical beaucoup plus complexe et disgracieux.» Il ajoute aussi: «Cela entraîne un chaos grave dans le système linguistique coréen et dans l'enseignement de la langue.» On craint ainsi que la préférence marquée pour le vocabulaire étranger tende à diminuer l'intérêt du peuple coréen pour sa langue maternelle.

La Loi-cadre sur la langue coréenne de 2005 a pour objectif d'améliorer la qualité de vie culturelle de la population et de contribuer au développement de la culture ethnique coréenne en favorisant la créativité des locuteurs, en encourageant l'usage de la langue coréenne et en jetant les bases du développement et de la préservation du coréen. En réalité, la loi ne porte que de façon indirecte sur le statut, mais plutôt sur le code, donc la langue elle-même. L'article 4 de la loi énonce les responsabilités de l'État et des collectivités locales à ce sujet, responsabilités qui consiste à préserver la langue coréenne en améliorant la maîtrise de la population coréenne quant à la langue et en préservant les dialectes locaux.

Article 4

Responsabilités de l'État et des collectivités locales

1)
L'État et les collectivités locales doivent réagir activement au changement de l'environnement dans l'usage des langues et s'efforcer de développer et de préserver la langue coréenne en améliorant, par exemple, la maîtrise de la population coréenne quant à la langue et en préservant les dialectes locaux.

2) L'État et les collectivités locales doivent établir et mettre en œuvre les politiques nécessaires pour s'assurer que les individus ayant une déficience linguistique en raison d'un handicap mental ou physique puissent utiliser la langue coréenne sans inconvénient.

L'article 6 de la Loi-cadre sur la langue coréenne énonce les plans directeurs pour le développement du coréen:
 

Article 6

Formulation de plans directeurs pour le développement de la langue coréenne

1) Le ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme doit prévoir et mettre en œuvre des plans directeurs pour le développement de la langue coréenne (ci-après dénommé «plan directeur») tous les cinq ans pour le développement et la préservation de la langue coréenne.

2) Lorsque le ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme a l'intention d'établir un plan directeur, il le soumet à la discussion au Conseil de réflexion de la langue coréenne, conformément à l'article 13.

3) Un projet de base doit inclure les éléments suivants:

1. Les questions concernant l'orientation de base et les objectifs des politiques relatives à la langue coréenne;
2. Les questions concernant la promulgation et la révision des normes linguistiques;
3. Les questions concernant l'amélioration de l'aptitude du peuple coréen à apprendre la langue et l'amélioration de son environnement pour l'usage de la langue coréenne;
4. Les questions concernant la mise en relation des politiques de la langue coréenne et de l'enseignement en langue coréenne;
5. Les questions concernant la transmission de la valeur du coréen et la préservation du patrimoine culturel de cette langue;
6. Les questions concernant la diffusion à l'étranger de la langue coréenne;
7. Les questions concernant l'informatisation de la langue coréenne;
8. Les questions concernant les mesures visant à unifier les langues de la Corée du Nord et de la Corée du Sud;
9. Les questions concernant les méthodes permettant d'alléger les Coréens qui ont des problèmes d'ordre linguistique en raison d'un handicap mental ou physique ou les étrangers vivant en Corée en raison des inconvénients liés à l'usage de la langue coréenne;
10. Les questions concernant la promotion des activités du secteur privé pour le développement de la langue coréenne;
11. Toute autre question concernant l'usage, le développement et la préservation de la langue coréenne.

- Le Conseil de la langue coréenne

Selon l'article 13 de la Loi-cadre sur la langue coréenne, le Conseil de la langue coréenne étudie les questions relatives à l'établissement d'un «programme de base» pour la promotion du coréen, les questions concernant la promulgation et la révision des normes linguistiques et toute autre question concernant le développement et la préservation de la langue coréenne:
 

Article 13

Conseil de délibération de la langue coréenne

1) Le Conseil de délibération de la langue coréenne (ci-après dénommé «Conseil de la langue coréenne») doit être créé par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme pour discuter sur des questions importantes pour le développement et la préservation de la langue coréenne.

2) Le Conseil de délibération de la langue coréenne délibère sur les questions suivantes:

1. Les questions relatives à l'établissement d'un programme de base;
2. Les questions concernant la promulgation et la révision des normes linguistiques;
3. Toute autre question concernant le développement et la préservation de la langue coréenne à laquelle le ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme réfère à une réunion.

3) Le Conseil de la langue coréenne comprendra au plus 60 membres, dont un président et un vice-président.

4) Le président et le vice-président sont élus parmi les membres, et ces derniers sont nommés par le ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme, parmi des personnes ayant des connaissances approfondies en linguistique coréenne, en linguistique ou dans d'autres domaines connexes.

5) Le Conseil de délibération de la langue coréenne peut créer des sous-comités pour réfléchir sur les questions visées au paragraphe 2.

6) Les questions nécessaires pour l'organisation, le fonctionnement, etc., du Conseil de la langue coréenne en vertu du paragraphe 1 sont prescrites par décret présidentiel.

- Les normes linguistiques

L'article 14 de la Loi-cadre sur la langue coréenne incite les institutions publiques et autres doivent préparer les documents officiels en langue coréenne conformément aux normes linguistiques, sous réserve que les caractères chinois ou d'autres lettres étrangères puissent être indiqués entre parenthèses:

Article 14

Préparation de documents officiels

1) Les institutions publiques et autres doivent préparer les documents officiels en langue coréenne conformément aux normes linguistiques, sous réserve que les caractères chinois ou d'autres lettres étrangères puissent être indiqués entre parenthèses, dans les cas prévus par décret présidentiel.

2) Les autres questions nécessaires concernant l'usage de la langue coréenne dans les documents officiels préparés par les institutions publiques, etc., doivent être prescrites par décret présidentiel.

Quant à l'article 17, il impose à l'État de diffuser les termes techniques en normalisant et en systématisant les termes techniques dans chaque domaine, afin que les citoyens puissent utiliser ces termes de façon simple et pratique:

Article 17

Standardisation des termes techniques

L'État doit diffuser les termes techniques en normalisant et en systématisant les termes techniques dans chaque domaine, afin que les citoyens puissent utiliser ces termes de façon simple et pratique.

Article 18

Respect des normes linguistiques dans les manuels de cours

Le ministre de l'Éducation doit se conformer aux normes linguistiques lorsqu'il comptabilise, autorise ou reconnaît les manuels scolaires en vertu de l'article 29 de la Loi sur l'enseignement primaire et secondaire et, le cas échéant, il doit consulter le ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme. [Modifié par la loi n° 11690 du 23 mars 2013].

- Les centres de langue et de culture coréennes

Les Centres de langue et de culture coréennes (Korean Language and Culture Center : KLCC) ont pour mission d'enseigner la langue et la culture coréennes aux non-Coréens, notamment à l'Université de Corée à Séoul. Ces centres ont été créés en mars 1986 et a formé plus de 8000 non-Coréens jusqu'à aujourd'hui, avec un taux d'inscription annuel approchant les 1000 étudiants. De tels centres existent maintenant dans plusieurs pays.

L'article 24 de la Loi-cadre sur la langue coréenne étend cette institution des centres de langue et de culture coréennes aux institutions ou aux organismes spécialisés liés à la langue ou aux institutions coréennes rattachées aux écoles:

Article 24

Désignation des centres de langue et de culture coréennes

1) Le ministre de la Culture, du Sport et du Tourisme peut désigner, en tant que centres pour la langue et la culture coréennes, les institutions ou organismes spécialisés liés à la langue ou aux institutions coréennes rattachées aux écoles en vertu de l'article 2 de la Loi sur l'enseignement supérieur par décret présidentiel, afin de renforcer la maîtrise de la langue coréenne dans la population et de fournir des consultations liées à la langue coréenne.


2) L'État peut partiellement subventionner les dépenses encourues pour l'exploitation des centres de langue et de culture coréennes désignés en vertu du paragraphe 1, dans les limites budgétaires.

3) Lorsque le ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme reconnaît qu'un centre désigné pour la langue et la culture coréenne a du mal à fonctionner en tant que centre pour la langue et la culture coréennes, il peut annuler la désignation de celui-ci.

En Corée, les minorités nationales sont inexistantes. C'est pourquoi les autorités doivent miser uniquement dans leur politique sur le code linguistique.

4.2 La langue de l'État

Le coréen est la langue de l'État, tant dans les débats parlementaires, la rédaction et la promulgation des lois que dans les cours de justice et les services administratifs. Cependant, l'anglais est admis dans certaines cours de justice pour les étrangers (avec un traducteur) et certains documents administratifs sont publiés en anglais.

C'est en matière judiciaire que la Corée compte le plus de textes concernant l'emploi des langues. Le Code de procédure pénale (1954) contient trois articles sur l'emploi du coréen ou des services d'un traducteur:

Article 180

Interprétation

Dans le cas où un justiciable qui ne maîtrise pas la langue coréenne est tenu de faire une déclaration, un interprète doit être prévu pour en faire la traduction.

Article 181

Interprétariat pour sourd ou muet

Dans le cas où un justiciable sourd ou muet se présente pour faire une déclaration, un interprète doit être prévu pour en faire la traduction.

Article 182

Traduction

Les lettres, les signes ou les marques qui ne sont pas en coréen doivent être traduits.

Selon les articles 143 et 277 de la Loi sur la procédure civile (2002), il est bien clair que les tribunaux exigent l'emploi du coréen ou d'un traducteur: 

Article 143

Interprétation

1) Dans le cas où un justiciable qui prend part aux plaidoiries ne parle pas le coréen ou a un handicap pour entendre ou pour parler, le tribunal demande à un interprète d'assurer le traduction: sous réserve que le tribunal rende le justiciable affligé de ce handicap apte à poser des questions ou à faire des déclarations par écrit.

2) Les dispositions de la présente loi concernant les témoins experts s'appliquent mutatis mutandis aux interprètes.

Article 277

Traduction jointe

Une traduction doit être jointe au document rédigé dans une langue étrangère

Loi sur l'organisation judiciaire (2014)

Article 62

Langue de la cour

1)
Dans le cour, le coréen doit être utilisé.

2) Lorsqu'un justiciable impliquée dans la procédure ne comprend pas le coréen, un interprète doit être requis.

D'après l'article 35 de la Loi sur la Cour constitutionnelle (2011), seul le coréen (sans le nommer) est autorisé sans traduction:

Article 35

Direction de l'arbitrage et pouvoir de la police à la cour

1) Le juge qui préside une audience doit maintenir l'ordre dans la salle, présider les plaidoiries et organiser les délibérations.

2) Les dispositions des articles 58 à 63 de la Loi sur l'organisation judiciaire s'appliquent mutatis mutandis au maintien de l'ordre et à l'emploi de la langue dans la salle d'audience de la Cour constitutionnelle.

Au point de vue administratif, la Loi sur l'immigration (2016) impose la maîtrise du coréen ou les services d'un traducteur pour faire une demande de citoyenneté:  
 

Article 48

Demandes de comparution et d'interrogatoire des suspects

6)
Toute déclaration faite par une personne dans l'incapacité de se faire comprendre
dans la langue coréenne ou quiconque ayant une déficience auditive ou un trouble du langage doit être traduit par un interprète: sous réserve qu'une personne ayant une déficience auditive ou un trouble du langage puisse être interrogée ou faire une déclaration par écrit.

7) Tout texte ou signe figurant dans la déclaration faite par un suspect et qui n'est pas
en coréen doit être traduit en coréen.

Dans la Loi sur les brevets (2011), l'article 201 exige une traduction en coréen pour les demandes soumises dans une langue étrangère:

Article 201

Traduction de la demande de brevet international

1) Le requérant qui a déposé une demande internationale de brevet dans une langue étrangère doit soumettre au commissaire de l'Office coréen de la propriété intellectuelle une traduction en coréen du mémoire descriptif, de la portée des réclamations, des dessins (seul le texte y figurant) et des abrégés déposés sur le dépôt international dans un délai de deux ans et sept mois à compter de la date de priorité (ci-après dénommée «date de priorité») au sens de l'article 2 du Traité de coopération en matière de brevets (ci-après dénommée «période de dépôt des documents») : sous réserve que dans les cas où ledit déposant a modifié les réclamations en vertu de l'article 19.1 du Traité de coopération en matière de brevets, il peut substituer une traduction coréenne des revendications modifiées pour la traduction coréenne des réclamations déposées à la date du dépôt international.

Compte tenu de ces considérations, on peut conclure que le coréen est exigé partout et, au besoin, les services d'un interprète sont nécessaires.

4.3 L'enseignement du coréen

Le système éducatif coréen se compose de six années d'enseignement primaire, de trois années d'enseignement secondaire du premier cycle (le collège), de trois années d'enseignement secondaire du second cycle (le lycée), de quatre années d'enseignement supérieur, ainsi que d'un troisième cycle débouchant sur un doctorat d'État. Il existe également des collèges universitaires professionnels en deux ans, ainsi que des écoles professionnelles. Conformément à la Loi sur l'éducation et aux décrets qui y sont liés, tous les établissements d'enseignement supérieur, qu'ils soient publics ou privés, sont placés sous l'autorité du ministère de l'Éducation. Le système d'éducation coréen semble assez performant puisque le taux d’alphabétisation atteint presque les 100 %.

Le système d'éducation coréen emploie exclusivement la langue nationale, le coréen, comme langue d'enseignement. À tous les échelons, le coréen sert de langue d'enseignement. D'ailleurs, le Décret d'application de la Loi sur l'enseignement primaire et secondaire (2009) est très clair à ce sujet, le coréen étant mentionné à tous les niveaux, sauf apparemment dans les universités:  

Article 43

Sujets

Les matières scolaires, conformément au paragraphe 3 de l'article 23 de la loi, doivent être offertes selon l'un des éléments suivants.

1. Écoles primaires et écoles de formation citoyenne: le coréen, l'éthique, les sciences sociales, les mathématiques, les sciences, les cours pratiques, l'éducation physique, la musique, les arts, une langue étrangère (l'anglais) et autres sujets jugés nécessaires par le ministre de l'Éducation, des Sciences et de la Technologie;

2. Écoles secondaires et de formation citoyenne: le coréen, l'éthique, les sciences sociales, les mathématiques, les sciences, la technologie, l'économie domestique, l'éducation physique, la musique, les arts, une langue étrangère et autres sujets jugés nécessaires par le ministre de l'Éducation, des Sciences et de la Technologie;

3. Écoles secondaires: le coréen, l'éthique, les sciences sociales, les mathématiques, les sciences, la technologie, l'économie domestique, l'éducation physique, la musique, les arts, une langue étrangère et d'autres sujets jugés nécessaires par le ministre de l'Éducation, de la Science et de la Technologie; et

4. Écoles spéciales et lycées techniques: sujets déterminés par le ministre de l'Éducation, des Sciences et de la Technologie.

4.4 Les langues étrangères

Comme les échanges économiques occupent un rôle très important en Corée du Sud, le gouvernement encourage activement l'étude de la langue anglaise, voire de plusieurs langues étrangères. La connaissance de langues est considérée en Corée du Sud comme un enrichissement personnel sur le plan culturel et intellectuel et elle constitue aujourd'hui l'un des objectifs essentiels des études.

Ainsi, l'anglais est enseigné comme langue seconde à tous les niveaux, du primaire à l'université. À partir du secondaire (lycée), les élèves peuvent apprendre, en plus de l'anglais, le chinois, le japonais, le français, l'allemand ou l'espagnol. Dans l'enseignement secondaire, le japonais vient en seconde position après l'allemand, mais devant le français. Dans les universités, le japonais arrive seulement en cinquième position après l'anglais, l'allemand, le français et le chinois.

Cela dit, l'anglais est enseigné à tous les Coréens dès l'âge de 12 ans à raison de six à sept heures par semaine. En Corée du Sud, l'anglais constitue une matière fondamentale, presque au même titre que la langue nationale et les mathématiques. Les autres langues étrangères, considérées comme des «matières mineures», sont abordées seulement en deuxième partie du second cycle du secondaire, à raison d'une à trois heures hebdomadaires.

 

1993

Allemand

505 000

43,2 %

Japonais

325 000

27,8 %

Français

288 000

24,6 %

Chinois

42 000

 3,6 %

Espagnol

9 000

 0,8 %

TOTAL

1 169 000

100 %

En principe, les élèves du secondaire (lycée) peuvent choisir deux langues parmi les six suivantes: anglais, allemand, français, chinois, japonais et espagnol. Dans les faits, la plupart des établissements d'enseignement secondaire n'offrent que deux langues: l'anglais et l'allemand dans les écoles de garçons, le français dans les écoles de filles, puis le japonais dans les établissements techniques. Pour le moment, le chinois et l'espagnol sont peu enseignés.  Par ailleurs, une réforme de l'éducation datant du mois de mars 1995 prévoyait intégrer l'anglais à partir de 1997 parmi les matières régulières et obligatoires des quatre dernières années de l'école primaire et d'ajouter en 2001 le russe et l'arabe dans l'enseignement des langues secondes dans les écoles secondaires.

Il existe beaucoup d'écoles privées (les hakwon) d'enseignement des langues, et ce, partout en Corée, bien que la plupart soient établies à Séoul. Certaines d'entre elles sont très réputées et possèdent de nombreuses succursales, alors que d'autres sont de petites entreprises dont l'existence est éphémère. En Corée du Sud, l'enseignement de l'anglais langue seconde (ASL) constitue un marché où les sociétés se livrent une concurrence acharnée et où les faillites sont fréquentes. La plupart des hakwon emploient du personnel étranger, des Américains, mais aussi des Canadiens, des Britanniques et des Australiens), qui donnent des cours de conversation. Certains des meilleurs hakwon leur fournissent le logement. La plupart des classes de langues comptent de 10 à 15 étudiants, en général des universitaires ou des gens d'affaires qui se préparent pour aller à l'étranger ou simplement qui désirent améliorer leur pratique de l'anglais. De nombreux hakwon donnent aussi des cours aux enfants de cinq ans et plus après l'école. Dans les écoles privées, le japonais a autant de poids que l'anglais, car la puissance économique du Japon crée le besoin de négocier les affaires dans cette langue. Dans le futur, de nombreux experts prévoient que la Chine sera la grande puissance des prochaines décennies en Asie. La Corée serait alors bien placée pour renouer des relations privilégiées avec son partenaire de toujours et le rôle de la langue chinoise ne pourrait que se renforcer.

En 2016, la Corée a adopté la Loi sur la promotion de l'éducation des langues étrangères stratégiques.  En vertu de cette loi, le gouvernement et les entreprises sud-coréens doivent renforcer leur appui ux étudiants pour apprendre les langues étrangères stratégiques ou très importantes, dans le cadre d'une stratégie nationale de développement à long terme. L'article 3 de la loi désigne ainsi les obligations de l'État:

Article 3

Obligations de l'État

1) L'État doit prévoir et mettre en œuvre diverses politiques nécessaires pour promouvoir l'enseignement des langues étrangères stratégiques.

2) L'État doit s'efforcer de fournir aux personnes des possibilités pédagogiques suffisantes pour apprendre les langues étrangères stratégiques.

3) L'État doit s'efforcer de former systématiquement des experts compétents dans les langues étrangères stratégiques.

4) Pour atteindre efficacement les objectifs de la présente loi, l'État doit s'efforcer de mettre en place des systèmes de coopération avec les gouvernements étrangers et les organisations internationales liées à l'éducation, ainsi qu'avec les établissements d'enseignement et de formation dans les langues étrangères stratégiques et les institutions privées.

À cet effet, le ministère de l'Éducation et l'Institut national pour l'éducation internationale ont dévoilé un programme d'action quinquennal prévoyant l'ouverture de nouveaux cours sur les langues étrangères stratégiques dans les universités et collèges nationaux:

Article 5

Plans directeurs pour la promotion de l'enseignement des langues étrangères stratégiques

1) Afin de promouvoir l'enseignement
des langues étrangères stratégiques
, le ministre de l'Éducation doit prévoir et mettre en œuvre un plan directeur pour promouvoir l'enseignement des langues étrangères stratégiques tous les cinq ans, en consultation avec les chefs des administrations centrales concernées.

2) Un plan directeur doit comprendre ce qui suit:

1. l'orientation des politiques à moyen et à long terme relativement à la promotion de l'enseignement des langues étrangères stratégiques et des questions relatives à l'établissement et à la coordination des grandes politiques;

2. La collecte et la gestion de ressources financières pour promouvoir l'enseignement des langues étrangères stratégiques;

3. La préparation des fondations et l'amélioration des systèmes de promotion de l'enseignement des langues étrangères stratégiques;

4. La formation et le soutien aux experts dans les langues étrangères stratégiques;

5. Le développement et la diffusion d'instruments pour l'enseignement des langues étrangères stratégiques;

6. Des programmes pour soutenir l'enseignement des langues étrangères stratégiques, qui sont fournis par les collectivités locales et le secteur privé;

7. Autres questions nécessaires pour promouvoir l'enseignement des langues étrangères stratégiques.

3) Toute autre question nécessaire pour établir, mettre en œuvre, etc., un plan directeur qui doit être prescrit par décret présidentiel.

Les principales langues étrangères sont au nombre de 53, parmi lesquelles on compte l'anglais, le français et le chinois, mais également l'arabe, l'hindi, le russe, le suédois, le polonais, le thaï, le lao, etc. À l'heure actuelle, 8 universités et 14 écoles supérieures de la Corée du Sud comptent au total 33 départements de langues étrangères, tandis que les experts demandent depuis longtemps un soutien plus systématique de l'État pour encourager les spécialistes dans les domaines. Selon les responsables du ministère, le gouvernement doit encourager les universités et les écoles supérieures à créer plus de départements concernant les langues stratégiques, à augmenter l'embauche de personnel enseignant pertinent et à élargir les programmes de formation à l'étranger pour leurs étudiants et professeurs.

4.5 Les médias

À l'aube des années 2000, la Corée du Sud comptait 107 quotidiens et 4200 publications hebdomadaires et mensuelles. En y ajoutant les bimensuels et les trimestriels, ainsi que plus de 1465 publications non commerciales, le nombre total des journaux et périodiques s'élève à plus de 7400.

Parmi les nombreux quotidiens sud-coréens, trois tirent à plus de deux millions d'exemplaires: Chosun Ilbo et Tonga Ilbo. On peut affirmer que la presse coréenne est dynamique et influente. La plupart des journaux (Chosun Ilbo, Chungang Ilbo, Toŋa Ilbo, Hankuk Ilbo, Hankyoreh Sinmun, Ilgan Muyeok, Kyunghyang Sinmun, Maeil Sinmun, Munhwa Ilbo, Seoul Sinmun, Taejon Ilbo, etc.) sont en langue coréenne, mais quelques-uns sont en anglais: Chungang Daily News, Korea Economic Daily, Korea Herald, etc. La presse américaine est également très répandue (Life, Washington Post, New-York Times, etc.), y compris des revues féminines comme Cosmopolitan, Glamour, etc.

La radio coréenne a débuté en 1927, alors que les Japonais avaient installé une station à Séoul; jusqu'à la libération en 1945, cette station ne fut que le porte-parole de la politique coloniale japonaise. Le gouvernement militaire américain en prit le relais en septembre 1945 et créa la station KBS (Korean Broadcasting System). Ce fut la seule station de radio du pays jusqu'en 1954, lorsqu'un réseau privé, la station CBS (Christian Broadcasting System), commença à diffuser des émissions éducatives et religieuses, ainsi que des informations et des programmes de divertissement.

En décembre 2000, on comptait 145 stations de radio en Corée, dont 86 stations en modulation de fréquence et 59 station de radio à ondes courtes. Le réseau public KBS (Korean Broadcasting System) qui était déjà le plus étendu avec ses 25 stations locales, a absorbé deux des quatre principales sociétés privées de radiodiffusion de Séoul — la Tonga Broadcasting System et la Tongyang Broadcasting Company — ainsi que trois autres stations de radio privées de province. L'AFKN (American Forces Korean Network), renommé AFN (American Forces Network) depuis 1997, propose un réseau de radiodiffusion ainsi qu'une chaîne de télévision au personnel militaire américain et à leur famille résidant en Corée; l'AFN diffuse 24 heures sur 24, en anglais exclusivement, et propose un bulletin d'informations toutes les heures. La Corée du Sud dispose aussi de 46 chaînes de télévision qui émettent toutes en coréen. Signalons aussi l'AFN-TV, une télévision gérée par l'armée américaine (en anglais) et destinée à son personnel ainsi qu'aux familles de celui-ci. Tous les Coréens peuvent capter la station de radio et de télévision américaine (AFN).

La Loi sur la radiodiffusion (2000) oblige les radiodiffuseurs à contribuer à la propagation de la langue standard et s'efforcer de raffiner et de purifier la langue :

Article 6

Impartialité et caractère d’intérêt public de la radiodiffusion

8) Une émission doit contribuer à la propagation de la langue standard et s'efforcer de raffiner et de purifier la langue.

Article 33

Règles de délibération

2) Les règles de délibération visées au paragraphe 1 contiennent les éléments des paragraphes suivants:

10. Les questions concernant la purification de la langue;

De plus, le Décret d'application de la Loi sur la radiodiffusion (2000) énonce que les émissions diffusant en langue étrangère, y compris l'anglais, sont limitées à celles liées à la culture et aux divertissements:

Article 50

Programmation des émissions de radiodiffusion

5) Les émissions qui peuvent être diffusées incidemment par un exploitant de radiodiffusion spécialisé dans la programmation spécialisée en vertu de l'article 69.5 de la loi sont limitées à celles qui sont reliées à la culture ou aux divertissements visés au paragraphe 2: sous réserve qu'elles ne doivent pas s'appliquer aux chaînes publiques visées à l'article 54 et aux chaînes annoncées publiquement par la Commission de la radiodiffusion et des communications, telles que les chaînes fournissant des informations sur la république de Corée aux étrangers en Corée, principalement dans des langues étrangères, y compris en anglais.

On constatera que la politique linguistique de la Corée du Sud est toute orientée sur le code, non sur le statut de la langue. Il est vrai que les minorités linguistiques ne constituent qu'une infime partie de la population (entre 1 % à 9 %). La Corée du Sud, rappelons-le, est certainement l'un des pays les plus homogènes qui soient au plan linguistique.  C'est pourquoi elle oriente ses interventions presque uniquement sur la langue coréenne par le moyen des organismes linguistiques et des prescriptions sur la qualité de la langue. Compte tenu de l'homogénéité linguistique de la population, on ne peut pas s'étonner d'une telle orientation, surtout lorsqu'on connaît quelque peu l'histoire de ce pays, notamment l'histoire de sa langue nationale. Au point de vue du statut, on peut dire que la politique est axée sur la promotion et la valorisation de la langue officielle, bien que cette reconnaissance ne soit pas inscrite ni dans la Constitution ni dans aucune loi, seules les pratiques faisant foi de son officialisation. 

Dernière mise à jour: 12 févr. 2018

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