État d'Israël
1) Données factuelles
 
Capitale: Jérusalem (en principe)
Population: 6,7 millions (2003)
Langues officielles:
hébreu et arabe 
Groupe majoritaire: hébreu (63 %)
Groupes minoritaires: arabe et ses variétés (20 %), anglais, français, yiddish, russe, judéo-espagnol, roumain, hongrois, polonais, espagnol, persan, amharique, tigrinia, etc.
Système politique:  république parlementaire juive
Articles constitutionnels (langue): sans objet
Lois linguistiques: art. 82 du décret-loi de 1922; art. 3 de la Loi fondamentale n° 9 de 1988.

1 Situation géographique

L'État d'Israël est baigné par la Méditerranée à l'ouest, bordé par le Liban au nord, par la Syrie et la Jordanie à l'est, le golfe d'Aqaba et l'Égypte au sud (voir la carte). Les frontières actuelles, issues du partage de la Palestine, ne correspondent pas à celles qui ont été fixées, le 14 mai 1948, lors de la proclamation de l’État d’Israël par l’Organisation des Nations unies.

Au lendemain des accords d’armistice de 1949, Israël s’est retrouvé avec des frontières élargies (de 14 100 km² à 20 770 km²); celles-ci prirent à nouveau de l’expansion après la guerre des Six Jours (juin 1967) avec l’acquisition unilatérale du Sinaï, de la bande de Gaza, de la Cisjordanie, de la partie arabe de Jérusalem et des hauteurs du Golan.

Ces territoires annexés par Israël n’ont jamais été reconnus par la communauté internationale. En 1993, les accords d’Oslo prévoyaient l’autonomie de la bande de Gaza et de la ville de Jéricho en Cisjordanie. Depuis, ce processus devant mener à la naissance d’un État palestinien a été élargi à d’autres villes de Cisjordanie. En août 2005, Israël a décidé d'évacuer la bande de Gaza, tout en conservant le contrôle des frontières: à l'heure actuelle, tous les territoires palestiniens sont soit occupés soit contrôlés par l'armée israélienne. En Cisjordanie, le territoire palestinien est truffée de colonies juives.

1.1 La controversée capitale

Par ailleurs, il existe une controverse sur la capitale d'Israël: est-ce Jérusalem (de jure) ou Tel Aviv (de facto)? De fait, la ville de Jérusalem fut proclamée comme capitale en 1948 par le président de l'époque, David Ben Gourion. Le Parlement (la Knesset) a même adopté une loi fondamentale à cet effet en 1980 afin de rendre irréversible l’annexion de la partie orientale de Jérusalem. La Knesset a alors proclamé que «Jérusalem, entière et unifiée, est la capitale d’Israël »:

Texte de la Loi fondamentale sur Jérusalem, 1980

Art. 1er

Jérusalem, entière et unifiée, est la capitale d’Israël.

Art. 2

Jérusalem est le siège du président de l’État, de la Knesset, du gouvernement et de la Cour suprême.

Art. 3

Les Lieux saints seront protégés contre la profanation et contre toute atteinte, ainsi que contre tout ce qui peut prévenir la liberté d’accès des croyants des différentes religions à leurs lieux sacrés, et tout ce qui peut heurter leurs sentiments à l’égard de ces lieux.

Art. 4

1) Le gouvernement veillera au développement, à la prospérité de Jérusalem et au bien-être de ses habitants en allouant des fonds spéciaux, notamment une subvention annuelle spéciale à la municipalité de Jérusalem (subvention de la capitale) avec l’approbation de la Commission des finances de la Knesset.

2) L’État accordera la priorité à Jérusalem pour ce qui concerne son développement dans les domaines économiques et autres.

3) Le gouvernement mettra en place un ou plusieurs organismes pour la mise en œuvre de ces dispositions.

Art. 5

Le territoire de Jérusalem comprend, pour cette loi fondamentale, entre autres, toutes les parties de la ville intégrées dans la municipalité de Jérusalem depuis le 28 juin 1968.

Art. 6

La souveraineté sur Jérusalem ne passera pas aux mains d’une entité étrangère, étatique ou souveraine, ou une entité étrangère autre aussi bien provisoirement que définitivement. Toute autorité touchant au territoire de Jérusalem est conférée selon le droit d’Israël ou la municipalité de Jérusalem.

Art. 7

On ne peut changer les ordonnances des paragraphes 6 et 7 que par une nouvelle loi fondamentale avec une majorité spéciale des députés.

Itzhak Navon, président de l’État,

Menahem Begin, premier ministre.
 

En réaction à la Loi fondamentale sur Jérusalem, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté le 20 août de la même année (1980) la résolution 478 affirmant que cette loi «constitue une violation du droit international». Le Conseil a ajouté que «toutes les mesures et dispositions législatives et administratives prises par Israël, puissance occupante, qui ont modifié ou visent à modifier le caractère et le statut de la Ville sainte de Jérusalem, et en particulier, la récente ‘loi fondamentale’, sont nulles et non avenues». La Cour internationale de Justice de La Haye a également confirmé en 2004 que les territoires à l'intérieur de la «ligne verte» de 1967 demeuraient des territoires «occupés».  Bref, l'État d’Israël a fixé sa capitale à Jérusalem en dépit de l'absence d'accord international sur le statut de cette ville.

C'est pourquoi tous les États, sauf deux (Salvador et Costa Rica), ont établi leur représentation diplomatique à Tel Aviv. Enfin, la dénomination officielle est Tel Aviv-Jaffa, car les deux villes ont été fusionnées en 1950. L’agglomération de Tel-Aviv-Jaffa totalise plus de 1,6 million d'habitants. Pour maints observateurs, le choix de Jérusalem comme capitale, une ville totalement excentrée, relève de motifs surtout historiques et idéologiques, notamment le désir d'annexer la Palestine.

1.2 La «ligne verte»

En juillet 2013, l'Union européenne a publié une directive contraignante pour les États-membres, car elle interdit le financement, la coopération ou l'attribution de bourses, le financement de recherches ou de prix à quiconque réside dans les colonies juives en Cisjordanie et à Jérusalem Est. La «clause territoriale» implique que les accords ne seront valides que dans les frontières d’Israël telles que reconnues par l’UE, soit les frontières avant la guerre de 1967.

La nouvelle directive interdit toute coopération entre des membres de l’UE et des organes israéliens privés ou publics, situés au-delà de la «ligne verte». On parle de ligne «verte», parce que le crayon utilisé au moment du tracé de la carte de la ligne d’armistice en 1949 était de couleur verte. Puis les gouvernements israélien et américain ont immédiatement mis la pression sur l'Union européenne qu'elle adoucisse ses directives et les rendent inopérantes.

Ajoutons aussi que la «ligne verte», la barrière de séparation qui marque théoriquement la frontière entre l'actuel État d'Israël et la Cisjordanie, n'existe pas aux yeux des Israéliens. Dans les faits, cette «ligne» correspondrait aux frontières nord, sud et ouest du territoire de Judée-Samarie où vivent majoritairement des résidents palestiniens.

2 Données démolinguistiques

La population juive a considérablement augmenté depuis l'établissement d'un État national juif en Palestine. En 1918, cette population ne comptait que 56 000 personnes. Au moment où a été créé l'État d'Israël en 1948, la population israélienne juive atteignait déjà 558 000 (58 %), et les Israéliens arabes, au nombre de 405 000, étaient minoritaires (42 %). Il n'empêche qu'en 1948, la population juive en Palestine n'atteignait que 640 000 personnes (31,6 %), tandis que les Arabes palestiniens, au nombre de 1,4 million, demeuraient largement majoritaires (68,4 %). Toutefois, en 1993, alors que la population israélienne s'élevait à cinq millions, il ne restait plus que 16,2 % d'Arabes israéliens (même si leur population avait augmenté à 700 000), car entre-temps le nombre de Juifs immigrant en Israël avait garanti la grande majorité aux Israéliens juifs. Aujourd'hui, en raison des vagues d'immigration juive successives et aussi en raison du taux de croissance naturelle des Arabes (considéré parmi les plus élevés dans le monde), la population israélienne totale atteint plus de six millions (dont environ 20 % d'Arabes). Les 800 000 Arabes d'Israël (2000) sont les descendants des 156 000 Palestiniens restés dans le pays après l'exode de 1948. En 2003, la population était de 6,7 millions.

Jusqu'à la création de l'État d'Israël, les immigrants venaient principalement d'Europe centrale et d'Europe de l'Est. Ces juifs ashkénazes, fuyant les pogroms et l'antisémitisme, puis l'Allemagne nazie, se considèrent comme les bâtisseurs d'Israël. Ils accueillirent avec réticence, sinon avec hostilité, les juifs séfarades originaires des pays méditerranéens. Ces derniers immigrèrent en plus grand nombre après la création d'Israël et jusqu'à la guerre des Six Jours, à la suite des indépendances en Afrique du Nord (surtout le Maroc et la Tunisie), et alors que les pays arabes étaient en guerre avec l'État hébreu. En Israël, ashkénazes et séfarades disposent de leur propre organisation religieuse avec leurs propres rabbins.

Dans les années soixante-dix, notamment après l'effondrement du communisme, quelque 600 000 juifs soviétiques s'établirent en Israël; ils sont aujourd’hui plus de 750 000, mais plusieurs dizaines de milliers sont retournés en Russie.  Le pays a également accueilli 50 000 juifs d'Éthiopie (Falashas). Aujourd'hui, plus de la moitié des juifs israéliens sont nés dans le pays de parents originaires de plus d’une centaine de pays différents; on les appelle les Sabras. On estime maintenant que la période d'immigration massive vers Israël est pratiquement close. Les citoyens bénéficiant de la citoyenneté israélienne sont des Juifs dans une proportion de 83 % et des Arabes dans une proportion de 17 %.

Les colonies juives semblent particulièrement en expansion dans Jérusalem-Est. La population totale des colons juifs est désormais de 436 000, dont 190 000 à Jérusalem et 246 000 en Cisjordanie (voir la carte) où les Forces armées israéliennes se sont réservé des zones et des couloirs pour «protéger» les colonies de peuplement juives. Il devient alors difficile pour l'Autorité palestinienne d'exercer une contrôle efficace sur ses ressortissants. Depuis septembre 1993, l’État d'Israël a intensifié ses travaux d’infrastructure afin de consolider sa mainmise en Cisjordanie, devenue truffée de routes de contournement qui permettent, sans traverser les principales enclaves palestiniennes, de relier entre elles la plupart des colonies juives.

2.1 Les groupes ethniques

Au point de vue ethnique, les Juifs forment la majorité de la population avec 5,6 millions, soit 80,5 %. Les Arabes comptent pour 17,8 %, et les «autres», 1,5 %

Population par groupe
 
 

Recensement de 1995

Pourcentage

Estimation 2005

Pourcentage

Total 5 612 300 100 % 6 998 700 100 %
Juifs israéliens 4 522 300 80,5 % 5 357 900 76,5 %
Arabes israéliens 1 004 500 17,8 % 1 362 500 19,4 %
  Arabes musulans 811 200 14,4 % 1 128 700 16,1 %
  Arabes chrétiens 101 000 1,7 % 116 900 1,6 %
  Druzes 92 300 1,6 % 116 900 1,6 %
Autres 85 600 1,5 % 278 300 3,9 %
  Chrétiens non arabes 19 600 0,3 % 27 400 0,3 %
  Non classés 66 000 1,1 % 250 900 3,5 %

La plupart des Arabes sont de confession musulmane, mais il existe aussi des Arabes juifs, des Arabes chrétiens et des druzes (groupe hétérodoxe de l'islam avec 1,5 %).   

À l'intérieur des deux grands groupes ethniques, l'État d'Israël abrite un grand nombre de sous-groupes divers. En consultant le tableau ci-dessous, on constate que les Juifs sont constitués de Juifs israéliens (parlant l'hébreu), mais aussi de Juifs russes (parlant le russe), de Juifs arabes leventin, de Juifs maghrébins, de Juifs marocains, de Juifs roumains, de Juifs yiddish, de Juifs allemands, de Juifs anglophones, de Judezmo (ou Ladino), de Juifs polonais, de Juifs irakiens (Yahudiques), Juifs tat, de Juifs hongrois, de Juifs persans, de Juifs espagnols, de Juifs géorgiens, de Juifs tadjiks, de Juifs tunisiens, de Juifs francophones, de Juifs appelés Lishana Deni, de Juifs italiens et de Juifs portugais. 

Ethnie Langue maternelle Affiliation linguistique Population % Pourcentage
Juifs israéliens hébreu famille chamito-sémitique 1 835 000 28,3 % judaïsme
Arabes palestiniens arabe leventin du Sud famille chamito-sémitique 910 000 14,0 % islam
Juifs russes russe langue slave 750 000 11,5 % judaïsme
Juifs arabes leventin arabe leventin du Sud famille chamito-sémitique 304 000 4,6 % islam
Juifs maghrébins hébreu famille chamito-sémitique 255 000 3,9 % judaïsme
Juifs marocains arabe judéo-marocain famille chamito-sémitique 250 000 3,8 % judaïsme
Juifs roumains hébreu famille chamito-sémitique 250 000 3,8 % judaïsme
Juifs yiddish yiddish de l'Est langue germanique 215 000 3,3 % judaïsme
Juifs allemands allemand langue germanique 200 000 3,0 % judaïsme
Arabes syriens arabe leventin du Nord famille chamito-sémitique 163 000 2,5 % islam
Juifs anglophones anglais langue germanique 102 000 1,5 % judaïsme
Druzes (Arabes) arabe leventin du Nord famille chamito-sémitique 100 000 1,5 % Islam
Judezmo (ou Ladino) ladino (judéo-espagnol) langue romane 100 000 1,5 % judaïsme
Juifs polonais polonais langue slave 100 000 1,5 % judaïsme
Juifs irakiens (Yahudiques) arabe judéo-irakien

famille chamito-sémitique

100 000 1,5 % judaïsme
Juifs tat judéo-tat langue indo-iranienne 70 000 1,0 % judaïsme
Juifs hongrois hongrois famille ouralienne 70 000 1,0 % judaïsme
Falasha (Noirs israéliens) awngi famille chamito-sémitique 68 000 1,0 % judaïsme
Juifs persans judéo-persan (dzhidi) langue indo-iranienne 60 000 0,9 % judaïsme
Juifs espagnols espagnol langue romane 60 000 0,9 % judaïsme
Juifs géorgiens judéo-géorgien famille caucasienne 59 800 0,9 % judaïsme
Juifs tadjiks judéo-tadjik (bukharique)

langue indo-iranienne

50 000 0,7 % judaïsme
Arabes yéménites arabe judéo-yéménite famille chamito-sémitique 50 000 0,7 % judaïsme
Bédouins du Negev  arabe bedawi famille chamito-sémitique 50 000 0,7 % islam
Juifs tunisiens arabe judéo-tunisien

famille chamito-sémitique

45 000 0,6 % judaïsme
Amharas amharique

famille chamito-sémitique

40 000 0,6 % religion traditionnelle
Juifs francophones français langue romane 40 000 0,6 % judaïsme
Arabes tripolitaniens arabe judéo-tripolitanien famille chamito-sémitique 30 000 0,4 % judaïsme
Turcs turc

famille altaïque

30 000 0,4 % islam
Arabes égyptiens arabe égyptien

famille chamito-sémitique

25 000 0,3 % islam
Arabes libanais arabe leventin du Nord

famille chamito-sémitique

16 000 0,2 % islam
Hula Hula judéo-araméen (hulaulá) famille chamito-sémitique 10 000 0,1 % islam
Tigrinia tigrinia famille chamito-sémitique 10 000 0,1 % judaïsme
Malayalams malayalam famille dravidienne 8 000 0,1 % islam
Lishana Deni judéo-araméen famille chamito-sémitique 8 000 0,1 % judaïsme
Marathes marathi langue indo-iranienne 8 000 0,1 % islam
Tsiganes musulmans domari langue indo-iranienne 7 400 0,1 % islam
Juifs italiens italien langue romane 7 250 0,1 % judaïsme
Nash Didan Lishán Didán
(judéo-araméen)
famille chamito-sémitique 4 228 0,0 % islam
Grecs grec

famille indo-européenne

3 300 0,0 % christianisme
Adyghéens (Circassiens) adyghéen

famille caucasienne

3 000 0,0 % islam sunnite
Arméniens arménien famille indo-européenne 3 000 0,0 %  christianisme apostolique
Lishanid Noshan lishana didán famille chamito-sémitique 2 000 0,0 % judaïsme
Tifnut judéo-berbère famille chamito-sémitique 2 000 0,0 % judaïsme
Alawites arabe leventin du Nord

famille chamito-sémitique

1 500 0,0 % islam
Juifs portugais portugais langue romane 1 500 0,0 % judaïsme
Assyriens assyrien néo-araméen famille chamito-sémitique 500 0,0 % christianisme
 TOTAL 2005    
6 477 478
  Source: Joshua Project

Il en est ainsi des Arabes, car on distingue les Arabes palestiniens des Arabes syriens, des Druzes, des Arabes yéménites, des Bédouins du Negev, des Arabes tripolitaniens, des Arabes égyptiens, des Arabes libanais et des Alawites.

Les non-Juifs et les non-Arabes sont constitués des Amharas (Éthiopie), des Turcs, des Tigrinia (Érythrée), des Malayalams (Inde), des Marathes (Inde), des Grecs, des Adyghéens (Circassiens), des Arméniens et des Assyriens.

2.2 Les langues maternelles des Juifs

L’État d’Israël n’est pas une société unilingue ni dans les faits ni au point de vue historique. C’est avant tout une société multilingue. Bien qu’il n’y ait eu aucun recensement linguistique récent dans le pays, il est néanmoins possible de dresser un portrait approximatif de la situation.

La langue nationale des Juifs est l’hébreu moderne, une langue de la famille chamito-sémitique, mais comme seulement 60 % de la population juive est née en Israël cette langue n’est la langue maternelle que pour 28 % de la population, mais il est compris par 74 % des Israéliens. Outre l’hébreu, les Juifs ont comme langue maternelle le russe (env. 11,5 %), l’arabe ou l’une de ses variétés (8 %), l'allemand (3 %), l'anglais (1,5 %), le polonais (1,5 %), le hongrois (1 %), l'espagnol (0,9 %), le français (0,6 %), l'italien (0,1 %), le portugais (0,0 %), etc.

L'anglais est devenu davantage que la langue maternelle d'environ 600 000 immigrants d'Amérique du Nord, de l’Afrique du Sud, de la Grande-Bretagne, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Il est maintenant perçu en Israël comme la première langue étrangère pour les deux grandes communautés, les Juifs comme les Arabes. Il est non seulement la langue principale des communications internationales, notamment auprès des la diaspora juive à travers le monde, mais aussi la langue maternelle d’un groupe significatif d'immigrants (102 000 locuteurs) et une langue nécessaire pour toutes les écoles arabes et juives, ainsi que pour les universités (y incluant celles qui enseignent en hébreu). Le fait que la moitié des juifs immigrants proviennent des États-Unis expliquent en partie la popularité de l’anglais dans ce pays.

Le français a pris une place particulière dans la vie israélienne du fait qu’il est la langue véhiculaire d'un grand nombre d’immigrants (environ 500 000) originaires du nord de l’Afrique (Maghreb). Il est aussi considéré en Israël comme la seconde langue internationale après l’anglais. Il existe même une longue tradition de l’enseignement de cette langue dans les écoles du pays. D’ailleurs, la France et Israël ont signé des accords de coopération, tandis que le gouvernement français soutient financièrement cette langue dans les écoles et les universités israéliennes. Selon un sondage réalisé en 1994, près de 25 % des Israéliens connaissent le français, soit en tant que langue maternelle (40 000 locuteurs) soit en tant que langue seconde (1,6 million).

Le russe (une langue slave) est aujourd’hui devenu la troisième langue étrangère d’importance en Israël. C’est une langue parlée par plus d'un million de locuteurs originaires de l’ex-Union soviétique et de l'Ukraine. Ils représentent 18 % de la population du pays. Malgré cela, l’enseignement du russe est limité à un petit nombre d'élèves des écoles (près 2000). On estime que près de 80 % des immigrants d’origine russe sont profondément laïcs et ne pratiquent que fort peu le judaïsme, mais ils demeurent très influents au plan politique.

Le yiddish, une langue d’origine germanique, constitue une autre langue relativement importante en Israël. Parlé par environ 215 000 locuteurs, le yiddish de l'Est est demeuré la langue des immigrants nés généralement en Europe de l'Est et en Europe centrale, ainsi que par beaucoup de juifs ultra-orthodoxes.

Il existe aussi un grand nombre de langues influencées par l'hébreu et surtout le yiddish, appelée «langues juives»: l'arabe judéo-irakien, l'arabe judéo-marocain, l'arabe judéo-tripolitanien, l'arabe judéo-tunisienan, l'arabe judéo-yemenite, le bukharique, le dzhidi, le hulaula, le judéo-berbère, le judéo-géorgien, le judéo-italien, le judéo-tat, le ladino (ou judéo-espagnol),  le lishan didan, le lishana deni, le lishanid noshan, le yevanique. , yiddish de l'Est.

Les autres langues sont l'awngi parlé par les Falasha (des Noirs israéliens), l'amharique, le turc, le tigrinia, le malayalam, le marathi, le domari, l'italien, le grec, l'adyghéen, l'arménien et l'assyrien néo-araméen.

2.3 La langue des Arabes

Le nombre des Arabes en Israël aujourd'hui dépasse largement le million de locuteurs. Ils forment près 20 % de la population totale d’Israël. Ils sont partagés en trois communautés religieuses: les musulmans (13 %), les chrétiens (3 %) et les druzes (2 %). Le nombre d'Arabes de religion musulmane en Israël est plus de 600 000; la plupart sont de rite sunnite (près de 76 %). Les Arabes chrétiens comptent pour 17 % (dont 42 % de catholiques grecs, 32 % d’orthodoxes grecs, 16 % de catholiques romains et 10 % de protestants), alors qu’on dénombre 10 % de druzes. Les Arabes d'Israël constituent donc un groupe culturellement et linguistiquement hétérogène. Des conflits existent entre surtout entre les Arabes chrétiens, vivant essentiellement dans des centres urbains, et les Arabes musulmans dont beaucoup habitent dans des zones rurales. Bien que langue minoritaire en Israël, l’arabe constitue une langue de grande diffusion au Proche-Orient, mais il est également perçu comme la langue d’un groupe hostile à l’existence d’Israël.

Les deux tiers du million d'Arabes vivent en Galilée, dans le nord du pays, mais aussi dans les territoires occupés de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et du plateau du Golan; la plupart de ceux qui y vivent habitent dans des villes-prisons d’où ils ne peuvent sortir. Quelque 30 000 Bédouins vivent dans le désert du Néguev et environ 85 000 druzes habitent le mont Carmel et le Golan (voir la carte). Ces chiffres ne tiennent pas compte des Arabes habitant Jérusalem-Est, qui ont refusé la citoyenneté israélienne et n'ont jamais accepté l'annexion de cette partie de la ville. La répartition des Palestiniens dans Israël est la suivante:

- 18,5 % (195 700) vivent dans sept villes arabes: Nazareth, Um El-Fahm, Shefa 'Amr, Taibe, Tira, Sakhnin et Rahat;

- 50 % (environ 530 000) résident dans 114 villages arabes;

- 6 % (environ 60 000, dont 56 000 sont situés dans le désert du Néguev) vivent dans des communautés qui ne sont pas légalement «reconnues»;

- 8 % (83 600) vivent dans six villes mixte juives-arabes: Jaffa/Tel Aviv, Haifa, Acre, Nazaret Ilit, Lod et Ramle (les Palestiniens constituent une minorité dans chacune de ces villes).

La majorité des Arabes d’Israël parlent l’arabe palestinien (famille chamito-sémitique), mais beaucoup d’arabophones immigrants emploient des variétés d’arabe maghrébin, égyptien, libanais ou syrien, irakien, d’arabe du Yémen ou encore toute autre variété d’arabe. La connaissance que les arabophones ont de l’arabe officiel (arabe coranique ou arabe classique) dépend en général de leur degré d’instruction dans les écoles arabophones d’Israël. Pour les Arabes palestiniens qui fréquentent les écoles israéliennes, l’arabe officiel (et non pas l'arabe palestinien) constitue une langue seconde, suivi de l’hébreu et de l’anglais.

Dernière mise à jour: 29 déc. 2016
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