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| République du
Mali |
|
Mali
|
Capitale:
Bamako
Population: 16,2 millions (est. 2013)
Langue officielle: français
Groupe majoritaire: aucun
Groupes minoritaires: bambara (25,1 %), sénoufo (12,2 %), songaï (8,0
%), peul (8,5 %), maninka (7,9 %), soninké7,9 %), dogon (5,5 %), arabe
hasanya (5 %), bozo (4,6 %), tamasheq (2,8 %), tamajaq (2,1 %), poular (2%),
bomu (1,5%), khasonké (1,3 %), tadaksahak (0,8 %), duungooma (0,7 %), dioula
(0,5 %), wolof (0,3 %), marka (0,2 %), mossi (0,2 %), kagoro (0,2 %), siamou
(0,1 %), etc. Système politique: république unitaire Articles constitutionnels (langue): articles 2 et 25 de la
Constitution
de 1992
Lois linguistiques: décret 159 PG-RM du 19 juillet 1982;
loi 84-26 AN RM sur le régime de la propriété
littéraire et artistique (1984) ; loi no 86
AN-RAM portant création de la Direction nationale de l'alphabétisation
fonctionnelle et de la linguistique appliquée (DNAFLA) du 24 juillet 1986;
décret 93-107/P-RM du 16 avril 1993;
loi 98-012 AN RM sur les relations entre
l’administration et les usagers des services publics
;
loi 99-046 AN RM portant loi
d'orientation sur l’éducation (1999).
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1 Situation générale
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La république du Mali est limitée au nord par lAlgérie,
le Niger et le Burkina à lest, la Côte dIvoire et la Guinée au
sud, le Sénégal et la Mauritanie à louest (voir
la carte). Le Mali est un pays
relativement grand, puisque sa superficie (1,2
million km²) correspond à peu près à 30 fois la Suisse,
soit la superficie réunie de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, de la
Belgique et des Pays-Bas. La distance entre le nord et le sud du Mali est de 1600 kilomètres.
Le pays est divisé en huit régions administratives (voir
la carte détaillée): Tombouctou, Kidal, Gao, Mopti, Kayes, Koulikoro, Sikasso
et
Ségou, auxquelles s’ajoute le district de la capitale, Bamako. Le Mali est un État enclavé dont 65 % du territoire est
occupé par le désert et demeure l'un des pays les plus pauvres du monde.
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2 Données
démolinguistiques
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Région
|
Capitale |
Surface/km2 |
Population
est. 2011 |
|
Gao
(nord) |
Gao |
170 572 |
472 563 |
|
Kayes
(sud) |
Kayes |
119 743 |
2 511 487 |
|
Kidal
(nord) |
Kidal |
151 430 |
43 667 |
|
Koulikoro
(sud) |
Koulikoro |
95 848 |
2 397 367 |
|
Mopti
(sud) |
Mopti |
79 017 |
1 803 155 |
|
Ségou
(sud) |
Ségou |
64 821 |
2 432 641 |
|
Sikasso
(sud) |
Sikasso |
70 280 |
2 259 769 |
|
Tombouctou
(nord) |
Tombouctou
|
496 611 |
527 775 |
|
District
|
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Bamako
(sud)
|
Bamako |
252 |
1 288 700 |
|
TOTAL
2011
|
Bamako |
1 248 574 |
13 737 124 |
|
En 2012, la population malienne était estimée à 13,7 millions d'habitants. Les neuf dixièmes des Maliens habitent les régions
administratives du Sud (Kayes,
Koulikoro, Mopti, Ségou, Sikasso et Bamako).
Seule la ville de
Bamako (1 926 748), la capitale du pays, dépasse le million d'habitants. Les autres
villes importantes sont Kayes (148 000), Mopti (105 600), Nioro (100 230), Ségou
(104 992) et Sikasso (213 977). En
outre, le Mali a perdu beaucoup de ses citoyens au profit de la Côte d'Ivoire, du
Sénégal, de l'Afrique centrale et de la France. |
2.1 Les ethnies
 |
Le Mali compte deux grands groupes
ethniques très différents: les Arabo-Berbères au nord et
les Subsahariens au sud.
Les Arabo-Berbères sont associés aux
Maghrébins. Parmi ceux-ci, il convient de distinguer
deux groupes: les Arabes ou Maures parlant l’arabe hasanya et les
Touaregs appartenant à l'ethnie
amazigh (Berbères) et parlant le tamasheq ou le tamajaq.
La population touareg est estimée à 1,5 million de
personnes. Ces peuples minoritaires à l'échelle du pays
habitent le nord du Mali et se sentent opprimés par les
Subsahariens.
Les Subsahariens du Sud sont de race
noire; ils sont en général soutenus par l’Union
africaine majoritairement composée des États de
l'Afrique noire. Ce sont des Peuls, des Sénoufos, des
Soninkés, des Dogons, des Songaïs, des Malinkés, des Dioulas,
etc. Depuis longtemps, il existe des
rivalités profondes entre les Arabo-Berbères du Nord,
appelés les «peaux pâles», et
les Subsahariens du Sud, les Noirs.
|
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On compte une soixantaine d'ethnies au Mali. Près de 40 % des habitants du pays
(38,7 %) appartiennent à la grande
ethnie mandingue; ce
sont majoritairement des Bambara (23,9 %) vivant principalement dans le district
de Bamako. Ils sont suivis par les Sénoufos (12,2 %), les
Songaï (8,9 %), les Soninkés (8,8 %), les Bozos (4,6 %), les Khasonkés (1,3 %),
les Ganadougous (0,8 %), les Duungoma (0,7 %), les Jula (0,5 %),
etc.
Les autre peuples importants sont les Sénoufos
(12,2 %), les Songaï (8,9 %), les Fulani du Maasina (8 %), les Peuls
(8%), les Maninka (7,9 %), les Dogons (5,5 %), les Touaregs
tamasheq (2,8 %), les Maures blancs (2,8 %), les Touaregs tamajaq
(2,1 %), les Bobo ou Bomu (1,5 %), les Toucouleurs (1,4 %), les
Arabes sahariens (1,3 %), etc.
Les Peul habitent la sous-région de Macina (Kayes), les Sénoufos vivent autour de
Sikasso dans la zone frontalière avec le Burkina et la Côte d’Ivoire, les Soninké dans l’Ouest (Kayes),
les Dogons au nord-ouest sur le plateau de Bandiagara,
les Songhaï sont établis dans l’Est, tandis
que le Sahara (région de Tombouctou) est
le domaine des Arabes Bédouins et maures), mais surtout des Touaregs
nomades.
|
Ces découpages ethniques se
retrouvent dans la répartition du travail. Les Bambara, les Dogons et les
Sénoufos sont généralement des paysans; les Bozos, des pêcheurs; les Marka et les
Malinkés,
traditionnellement des commerçants, constituent l'essentiel de la population
urbaine; les Touaregs, les Peuls (Fulani) et les Maures (Berbères), nomades, sont en
majorité des éleveurs.
L’islam, teinté d’animisme, est la religion de 90 % des Maliens. Quelque 9
% d'entre eux ont conservé des croyances animistes. Le christianisme ne touche que 1 % de la population.
2.2 Les langues locales
 |
Le pays compte plus de 35 langues, regroupant des langues de la famille
nigéro-congolaise, de la famille
nilo-saharienne et de la famille afro-asiatique.
Parmi les langues nigéro-congolaises comptant plus de
100 000 locuteurs, mentionnons les suivantes qui appartiennent à différents
groupes:
- Groupe mandingue : bambara,
soninké, khasongué, duungooma, dioula, kagoro, etc. - Groupe gur :
sénoufo, bommossi, siamou, etc.
- Groupe ouest-atlantique: peul, fulfudé,
poular, wolof, etc.
- Isolat : dogon
Les langues de la famille afro-asiatique
sont peu nombreuses: l'arabe hasanya parlé par les Maures, le tamajaq et le tamasheq
parlÉs par les Touaregs.
Le songaï, le
tadaksahak et le zarmaci sont des langues appartenant à la
famille
nilo-saharienne.
Toutes les autres langues font partie de la famille
nigéro-congolaise. Il existe aussi une langue nigéro-congolaise non classée: le dogon.
Certains linguistes classent cette langue parmi la grande famille famille
nigéro-congolaise, mais sa place au sein de ce groupe demeure incertaine. |
Le tableau qui suit présente les ethnies
et leurs langues du Mali ayant une population de plus de 15 000 individus.
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Ethnie (2013) |
Population |
Langue
maternelle |
Pourcentage |
Affiliation linguistique |
|
Bambara |
3 901 000 |
bambara (bamanankan) |
23,9 % |
groupe mandingue |
|
Sénoufos |
1 996 000 |
sénoufo |
12,2 % |
groupe gour |
|
Songaï |
1 459 000 |
songaï |
8,9 % |
famille nilo-saharienne |
|
Fulani du Maasina |
1 315 000 |
peul du Maasina (fulfuldé) |
8,0 % |
groupe ouest-atlantique |
|
Maninka |
1 294 000 |
maninka (maninkakan) |
7,9 % |
groupe mandingue |
|
Soninkés |
1 252 000 |
soninké |
7,6 % |
groupe mandingue |
|
Dogons |
907 100 |
dogon |
5,5 % |
isolat nigéro-congolais |
|
Bozo |
762 900 |
bozo |
4,6 % |
groupe mandingue |
|
Touaregs tamasheq |
462 000 |
tamasheq |
2,8 % |
famille afro-asiatique
(berbère) |
|
Maures blancs |
460 000 |
arabe hasanya |
2,8 % |
famille afro-asiatique
(sémitique) |
|
Touaregs tamajaq |
351 000 |
tamajaq |
2,1 % |
famille afro-asiatique
(berbère) |
|
Bobo (Bomu) |
248 000 |
bomu |
1,5 % |
groupe gour |
|
Toucouleurs (Poulars) |
231 000 |
poular |
1,4 % |
groupe ouest-atlantique |
|
Arabes sahariens |
222 000 |
arabe hasanya |
1,3 % |
famille
afro-asiatique (sémitique) |
|
Khasonkés |
222 000 |
xaasongaxango (khasonké) |
1,3 % |
groupe mandingue |
|
Bédouin du Bérabiche |
158 000 |
arabe hasanya |
0,9 % |
famille
afro-asiatique (sémitique) |
|
Ganadougous |
139 000 |
bambara (bamanankan) |
0,8 % |
groupe mandingue |
|
Idaksahaks |
132 000 |
tadaksahak |
0,8 % |
famille nilo-saharienne |
|
Duungoma |
125 000 |
duungooma |
0,7 % |
groupe mandingue |
|
Jula |
92 000 |
dioula (jula) |
0,5 % |
groupe mandingue |
|
Fula |
92 000 |
peul (poular) |
0,5 % |
groupe ouest-atlantique |
|
Fulbé |
68 000 |
poular |
0,4 % |
groupe ouest-atlantique |
|
Wassulu |
66 000 |
bambara (bamanankan) |
0,4 % |
groupe mandingue |
|
Wolofs |
62 000 |
wolof |
0,3 % |
groupe ouest-atlantique |
|
Marka |
46 000 |
marka |
0,2 % |
groupe mandingue |
|
Mossi |
39 000 |
mossi |
0,2 % |
groupe gour |
|
Kagoro |
39 000 |
kagoro |
0,2 % |
groupe mandingue |
|
Siamou |
29 000 |
siamou |
0,1 % |
groupe gour |
|
Français |
15 000 |
français |
0,0 % |
langue romane |
|
Autres |
45 000 |
- |
0,2 % |
- |
|
Total |
16 230 000 |
- |
100 % |
- |
Une vingtaine de langues maliennes sont parlées
par plus de 100 000 personnes. Elles sont en général dotées dune
écriture alphabétique depuis 1967. De toutes les langues nationales, le bambara
(près de quatre millions de locuteurs comme langue maternelle) demeure manifestement la langue la plus importante
d'autant plus qu'elle est comprise par au moins cinq millions de personnes: elle
sert de langue véhiculaire aux Maliens à Bamako et sur la quasi-totalité du
territoire, à l'exception du Nord.
Les autres noms possibles pour désigner la langue sont le suivants: julakan,
bamanankan, bamanakan. Les principaux dialectes du bambara sont le somono, le
ségou, le san, le beledougou, le ganadouguu, le wasouluu et le sikasso. Le
bambara est également parlé dans d'autres pays
d'Afrique de l'Ouest, notamment dans les pays voisins, soit au Burkina Faso, en
Côte d'Ivoire et en Guinée. Le bambara, le malinké et le dioula sont
incompréhensibles entre eux.
Le sénoufo est une autre langue importante au Mali,
car il est parlé par près de deux millions de locuteurs au sud-est du Mali,
ainsi que par les autres Sénoufos de la Côte d'Ivoire (le sénari), du Burkina
Faso (le karaboro) et du Ghana (le nafaanra). Le sénoufo est fragmenté en de
nombreuses variétés dont le sénoufo de Mamara (minyanka et mianka), le sénoufo
de Supyire (suppire), le sénoufo de Nanerige (nanergé), le sénoufo de Sucite (sicite
et sìcìté), le sénoufo de Shempire (syempire), le Sénoufo central (lui-même
extrêmement diversifié), etc.
La troisième langue nationale importante est le songaï
(songhaï) de la
famille
nilo-saharienne. On distingue le songaï méridional (plusieurs
dialectes) et le songaï septentrional (plusieurs dialectes). Près de un million
et demi de locuteurs parlent l'une des variétés du songaï.
Vient ensuite le peul, parlé au Mali par 1,5 million
de locuteurs. Comme le peul est une langue parlée dans une vingtaine d’États
d'Afrique occidentale et d'Afrique centrale — Mauritanie, Sénégal, Mali, Guinée,
Burkina Faso, Niger, Nigeria, Gambie, Tchad, Sierra Leone, Bénin, Guinée-Bissau,
Soudan, Centrafrique, Côte d'Ivoire, Ghana, Togo, Cameroun —, il porte
différents noms: peulh, peul, pulaar, pular, pulli, pullo, fulfuldé, fulani,
foula, fulah, fulanké, bulbé, etc. Alors que les Français emploient le terme
«peul» ou «poular», les Anglais utilisent «fula», «fulfulde» ou «fulfudé». Les
Peuls du Mali habitent principalement dans la
région de Mopti,
région frontalière entre le Nord et le Sud. La plupart des Peuls en milieu rural
sont des éleveurs de bovins. La langue peule est apparentée aux langues des
Wolofs et des Toucouleurs.
La cinquième langue du Mali est le maninka ou le
maninkanan, une langue
nilo-saharienne, utilisé par 1,2 million de locuteurs. Il est parlé au Mali
par les Maninka (appelés par les Français «Malinkés»), mais aussi au Sénégal et
en Guinée. Le pays Maninkala, la zone de peuplement des Maninka, est situé à
l'extrémité ouest du Mali. Les Maninka sont des éleveurs, des chasseurs et des
artisans.
Les locuteurs du soninké (groupe mandingue) compte
pour 7,6 % de la population malienne; les Soninkés sont établis au Mali
principalement le long de la frontière mauritanienne entre Nara et Nioro du
Sahel, ainsi qu'au Sénégal et en Mauritanie, mais aussi au nord de Bamako, la
capitale. Le soninké compte quelques dialectes: l'azer, le kinbakka et le
xenqenna.
Le dogon, appelé dogosso en langue dogon
constitue une autre langue numérique importante avec plus de 900 000 locuteurs.
Bien qu'un effort de normalisation soit en cours, le dogon une langue fragmentée
en une quinzaine de dialectes souvent non aisément compréhensibles entre eux,
avec en plus de nombreuses variantes dialectales selon les villages. Les Dogons
occupent une région nommée «le Pays dogon», la première région touristique du
Mali, située le long de la frontière avec le Burkina Faso. Les Dogons sont avant
tout des cultivateurs, des forgerons et de petits éleveurs. Les Dogons utilisent
aussi une langue rituelle secrète, le sigi so, qui est réservée aux hommes
dogons initiés et utilisée lors des cérémonies religieuses associées aux
masques.
Le bozo est une autre langue mandingue parlée par plus
de 700 000 locuteurs. Le bozo est une langue proche du soninké. Il existe
plusieurs variantes du bozo: le bozo-hainyaxo, le bozo-sorogama (ou jenaama), le
bozo-tiema ciewe et le bozo-tigemaxo (ou bozo-tiéyaxo). La variante, le bozo-tiéyaxo,
a acquis le statut de langue nationale au Mali.
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Le tamasheq et le tamajaq sont des
langues berbères afro-asiatiques parlées par
les Touaregs du Nord, qui font partie des «peaux pâles», par opposition aux
Noirs du Sud. Au Mali, le tamasheq est utilisé par 460 000 locuteurs (2,8 % de la
population malienne), alors que le tamajaq est employé par 350 00 locuteurs (2,1
%). Bien que les Touaregs représentent une faible proportion de la population,
ils occupent une grande partie du territoire malien. En réalité, la zone
de peuplement traditionnelle des Touaregs s'étend sur près de 2,5 millions de
km², l'équivalent de toute l'Europe occidentale. Ils se répartissent de façon inégale
entre plusieurs États: plus de 500 000 au
Mali, 700 000 au Niger, quelque 20 000 au nord du Burkina Faso,
30 000 en Libye, plus de 50 000 en Algérie et quelques milliers en Tunisie.
Plus de 80 % des populations touarègues sont concentrées dans
la partie septentrionale du Mali et du Niger. En plus du Burkina Faso, les autres habitent surtout dans
le massif montagneux du Tassili n'Ajjer situé au sud-est de l'Algérie et dans le
Hoggar, un autre un massif montagneux de l'ouest du Sahara, également situé dans
le sud de l'Algérie mais plus à l'ouest.
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Bien que traditionnellement nomades, beaucoup de Touaregs
ont abandonné le nomadisme du désert pour se fixer dans les grandes villes en bordure du
Sahara, comme Tamanrasset en Algérie ou Agadez au Niger, ou dans les les
capitales de Bamako au Mali et de Niamey au Niger. Tout en étant répartis sur
d'immenses territoires, les Touaregs n'en ont pas moins conservé un fort
sentiment identitaire reposant à la fois sur la langue, le tamasheq ou le tamajq,
transcrite normalement en alphabet tifinagh, et sur la religion, l'islam qu'ils
pratiquent de façon particulière. La décolonisation survenue lors de
l'indépendance des États africains s'est traduite pour les Touaregs du Mali et
du Niger par des rapports de domination du fait que le contrôle de l'État a été
exercé par des ethnies négro-africaines sédentaires. Pour les Noirs, les
Touaregs sont considérés comme des Arabes, alors que ce sont des Berbères. S'estimant marginalisés
tant politiquement que économiquement, les Touaregs du Mali et du Niger se sont
réfugiés dans la lutte armée pour soutenir leurs revendications. Toutefois, soucieuses de préserver leur intégrité territoriale
et
souhaitant assimiler leurs citoyens d'origine touarègue au sein de leur
communauté nationale, les autorités du Mali et du Niger ont pratiquement
toujours réprimé les désirs d'autonomie des Touaregs.
 |
Il faut mentionner également l'arabe
hasanya parlé par les Maures blancs (460 000), les Arabes
sahariens (222 000) et les Bédouins du Bérabiche (158 000), tous
peuples du désert comme les Touaregs. Alors que les Touaregs sont
tournés vers l'est (l'Algérie), les Arabes sont tournés vers l'ouest
(la Mauritanie). Ainsi, la
plupart de ces arabophones sont installés dans le nord-ouest du
Mali, près de la frontière mauritanienne.
C'est pourquoi l'arabe hasanya est proche de l'arabe mauritanien, tout en étant influencé
par le berbère des Touaregs. Aujourd'hui, l'arabe hasaniya est parlé
non seulement au Mali, mais en Mauritanie, en Algérie, au
Maroc, au Sénégal, au Sahara occidental et même au Niger. Selon les pays, cet arabe
dialectal peut porter différents noms: hassaniyya, hasanya, hassani,
hassaniya, maure, mauri, moor, suraka, suraxxé.
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Les Maures blancs parlent l'arabe
hasanya, mais en empruntant de nombreux mots au wolof, au français,
au soninké, etc. Les Maures sont issus du métissage entre les
Arabo-Berbères et les Noirs, d'où la distinction entre les «Maures
blancs» à peau pâle, appelés aussi Bidanes, et les «Maures noirs»,
appelés les Haratins, descendants d’esclaves, et plus ou moins
métissés.
Les Bédouins du Bérabiche (ou
Bérabiches) ainsi que les Arabes sahariens vivent dans les mêmes
régions du Nord-Ouest que les Maures et parlent aussi la même langue. Ce
sont des nomades qui sont de plus en plus sédentarisés, notamment près de
Tombouctou.
2.3 Le statut des langues
Le français bénéficie du statut de
langue
officielle et est utilisé comme langue de l'État malien à tous les niveaux.
C'est donc la seule langue de l'administration, du gouvernement et de l'État.
Bien qu'il ne soit la langue maternelle que d'une très faible portion de la
population (seulement environ 15 000 individus), sa connaissance a beaucoup
progressé comme langue seconde au sein de la population malienne. Ainsi, en
1960, quelque 66 000 Maliens savaient lire et écrire en français. En 1985, ils
étaient 564 000. En 2009, ils étaient 2,2 millions. Néanmoins, le bambara sert, dans plusieurs régions, de
principale langue véhiculaire. Il serait maîtrisé par 80 % de la
population soit comme langue maternelle soit comme langue seconde. Il n'est pas rare que, dans les villages
du Sud, les
enfants soient bilingues (langue locale + bambara), voire trilingues. À l’école,
le français est souvent enseigné en tant que quatrième langue.
D'après l'article 1er du décret 159 PG-RM du 19 juillet 1982,
les autorités maliennes ont reconnu
13 langues
nationales: le bambara (ou bamanankan), le bobo (bomu), le
bozo, le dogon (dogo-so), le peul (fulfuldé), le soninké
(soninké), le songoy (songaï), le sénoufo-minianka (syenara-mamara)
et le tamasheq (tamalayt). Mais d'autres langues sont également
reconnues: l'arabe hasanya, le kasonkan, le madenkan et
le maninkakan (maninka).
Néanmoins, le
bambara est la langue la mieux maîtrisée par les Maliens et les langues
nationales sont utilisées dans toute la communication orale. Il serait maîtrisé
par 80% de la population soit comme langue maternelle soit comme langue seconde.
Selon la Direction nationale de la statistique et de l'informatique (DNSI) -
devenu l'Institut national de la statistique (INSTAT)-,
le bambara, le malinké, le sarakolé, le peul, le sénoufo/minianka, le
dogon, le songaï, le bobo, le tamasheq (touareg) et le maure (arabe hasanya)
sont les langues les plus utilisées au Mali, en plus de la langue officielle. À
peine 10 % de la population maîtrise cette langue.
3 Données
historiques
Les migrations des populations sahariennes vers la vallée du Niger débutèrent au
IIIe millénaire, alors que le climat se faisait plus aride. À l’aube de notre ère,
les premières cités se développèrent. Le commerce transsaharien du sel et de l’or
assura la prospérité de l’empire du Ghana, érigé par les Soninké, vers le Ve
siècle de notre ère, dans cette région du Soudan occidental, entre les fleuves Niger et Sénégal. En 1076, l’empire
succomba sous les coups des Almoravides berbères, qui avaient entrepris l’islamisation de l’Afrique occidentale. C’est à cette époque que les Bambara s’établirent dans la région. Au
XIIIe siècle, le Ghana, redevenu un royaume fut absorbé par l’empire du Mali, qui
contrôlait les gisements aurifères du Haut-Sénégal-Niger et qui, à son apogée, sous le règne de Kankan Moussa, étendit son influence sur toute la savane de l’Ouest africain, jusqu’à l’Atlantique. Djenné, Gao et Tombouctou
commencèrent à devenir de grands centres commerciaux, artistiques et intellectuels de l’islam soudanais. Leur rayonnement s’accrut encore après que l’empire du Mali se
fût effacé, au XVe siècle, au profit du royaume de Gao. Les armées de Sonni Ali, puis d’Askia Mohammed
diffusèrent l’islam à travers la savane et donnèrent à Tombouctou son rayonnement. Au maximum de son extension, le royaume de Gao, devenu l’Empire
songhaï, couvrait la plus grande partie du Mali moderne, englobant à l’ouest des territoires de l’actuelle Guinée et étendant son influence jusqu’à Kano, au nord du Nigeria. L’Empire
fut détruit par une expédition marocaine en 1591.
Durant les XVIIe et
XVIIIe siècles, le territoire malien
fut morcelé en plusieurs petits États, dont celui de Ségou fondé par les Bambara. Ces derniers, comme les Dogon,
résistèrent à l’islamisation, mais ils furent la cible de la guerre sainte menée, dans la seconde moitié du XIXe siècle, par le chef musulman El-Hadj Omar, fondateur d’un empire toucouleur, s’étendant de Tombouctou jusqu’aux sources du Niger et du Sénégal. L'esclavage
se répandit avec l'expansion de l'islam.
3.1 La colonisation française
La conquête de la région fut organisée par les colonels Joseph Gallieni
(1849-1916) et Archinard (1850-1932) qui, à partir de 1880,
menèrent des combats meurtriers contre les troupes de Samory Touré (1830-1900), un chef de guerre malinké et fondateur d’un empire dans le Haut-Niger, et contre les
Touaregs qui résistaient au nord. Après des années de luttes acharnées contre les résistants maliens, les Français
obtinrent la capitulation du pays en 1898.
À partir de ce moment, l'histoire coloniale du Mali fut marquée par de multiples changements de noms.
Le Mali, une partie de la Mauritanie, du Burkina et du Niger actuels
furent intégrés à l’Afrique occidentale
française. En 1904, ces territoires formèrent la Colonie du Haut-Sénégal-Niger, dont la capitale
était Bamako, puis les Provinces de l'Ouest. Elle devint, en 1920, le
Soudan français après que la Haute-Volta (aujourd’hui Burkina) en eut été détachée l’année suivante.
La colonie malienne fit l’objet d’une politique de valorisation économique, qui s’accompagna du recours au
travail et à la conscription forcée. Toute activité politique
fut interdite aux colonisés jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Finalement, la colonisation française a légué un héritage assez maigre au Mali, ne
laissant que peu ou pas d'infrastructures routières, peu d'écoles et de
centres de santé, etc. En 1946, à Bamako,
fut constitué le Rassemblement démocratique africain (RDA), qui mena la lutte pour l’indépendance de l’Afrique occidentale. Sa section malienne, l’Union soudanaise,
était dirigée par Modibo Keita.
En 1956, le Soudan français accéda à l’autonomie interne et devint, deux ans plus tard, une république au sein de la Communauté française. Le 17 janvier 1959, il se
joignit au Sénégal pour former la fédération du Mali, qui se proclama indépendante le 20 juin 1960. Cette fédération
éclata en septembre, en partie à cause de la rivalité entre Léopold Sédar Senghor et Modibo Keita, deux figures du nationalisme africain. L’ancien Soudan français
conserva le nom prestigieux de Mali et Modibo Keita demeura président de la nouvelle
république du
Mali, proclamée le 22 septembre 1960. Le même mois, le nouvel État
devint membre de l’Organisation des Nations unies (ONU).
3.2 La dictature de Moussa Traoré
Le Mali, sous la direction de Modibo Keita, qui fondait son pouvoir sur l'Union
soudanaise (l’US-RDA), seul parti représenté à l’Assemblée nationale, poursuivit une politique de développement économique guidée par les principes du socialisme,
sans rompre avec la France. L’échec de cette politique provoqua,
le 19 novembre 1968, un coup d’État militaire qui porta au pouvoir le lieutenant Moussa Traoré.
À son arrivée,
le jeune Moussa Traoré promit la restitution du pouvoir aux civils,
mais il resta au pouvoir jusqu'en… 1991, soit
pendant vingt-trois ans. Il conserva le français comme langue officielle pour le Mali.
 |
Moussa Traoré
régna avec autorité; il interdit tout groupement politique, puis créa en 1979 un parti unique: l’Union démocratique du peuple malien (UDPM). Le régime dictatorial de Moussa Traoré se
révéla incapable de faire progresser l’économie, sans compter que, de 1968 à 1974, puis de 1983 à 1985, des sécheresses persistantes
entraînèrent des famines, tandis que l’État épuisait ses maigres ressources dans un différend frontalier avec le Burkina
Faso,
qui dégénéra en 1985 en affrontement armé. En même temps, d'importantes
grèves étudiantes et syndicales aggravèrent la situation. Puis
l'aspiration démocratique suscita encore plus de mécontentement dans la
population. Dans le nord du pays, les Touaregs se révoltèrent contre les
autorités maliennes qui les opprimaient sans cesse depuis
l'indépendance. Mal leur en prit, car
l'armée réprima brutalement tout mouvement d'opposition chez les Touaregs
qui furent exclus de l'armée nationale et des postes administratifs de
l'État. |
En mars 1991, Moussa Traoré dut partir à la faveur d'un coup d'État. Un
gouvernement de transition fut instauré avec comme président le
lieutenant-colonel Amadou Toumany Touré.
3.3 Le bref retour à la démocratie
En 1992, les premières élections libres du Mali indépendant portèrent au pouvoir
Alpha Oumar Konaré, un professeur
d'histoire. En février 1993, Moussa Traoré fut condamné à mort lors d'un procès,
mais le président Konaré, hostile à la peine de mort, gracia en 1997 (au nom de
la «réconciliation nationale») l'ancien dictateur qui fut condamné à purger une
peine de dix ans de prison pour «crimes politiques et économiques». Les efforts pour renforcer la démocratie
furent menacés par la persistance des difficultés économiques et une forte
corruption au plan politique. En mai 1997, Konaré fut réélu avec 80 % des suffrages exprimés.
Au cours de sa présidence, le Mali
fut souvent cité comme un pays de «bonne gouvernance». Conformément à la Constitution
qui limite à deux le mandat du président, Konaré quitta la présidence en 2002.
L'ancien général Amadou Toumani
Touré, qui avait déjà dirigé le Mali pendant la transition de
1991-1992, gagna l'élection présidentielle de 2002. Le nouveau président
n'appartenait à aucun parti politique (donc pas de majorité parlementaire) et son
gouvernement regroupait tous les partis du pays. Surnommé ATT, Touré avait du travail
à faire dans un pays où 64 % de la population vit dans la pauvreté et 21 % dans
une extrême pauvreté, mais il disposait d'un mandat de cinq ans pour traduire dans
les actes sa volonté de «gouverner autrement». En avril 2007, Amadou Toumani
Touré (ATT), fut réélu avec 71,20% des voix,
mais cette élection fut contestée par les principaux candidats de l’opposition,
pour des motifs de fraudes. Mais la question des Touaregs n'était toujours pas
réglée, tandis que le gouvernement laissait pourrir la situation.
3.4 La menace islamiste du Nord
Puis le Mali dut faire face à la fracture entre le Sud, plus riche et développé, et le Nord, pauvre,
sous-scolarisé
et régulièrement secoué par des contestations politiques et sociales,
essentiellement de la part des Touaregs. En janvier 2012, un mouvement
sécessionniste touareg du Nord a attaqué des camps militaires maliens et
proclamé l’indépendance du territoire sous leur contrôle.
Il aura suffi de trois mois aux rebelles touaregs pour prendre le contrôle des
grandes villes du désert: Tombouctou (54 000 hab.), Gao (87 000 hab.) et Kidal
(26 000 hab.). La proclamation
d’indépendance des Touaregs, amputant du même coup la moitié du territoire
malien, semblait être la seule solution pour faire cesser le
génocide perpétré par les militaires maliens noirs. L’opération aérienne de
l’OTAN en Libye a malheureusement permis de faire entrer au Mali une quantité
considérable d’armes modernes. Ces armes provenaient des mercenaires de Kadhafi
qui ont fui la Libye dévastée en emportant les stocks d’armes pillés dans ses
arsenaux, une aubaine pour les groupes salafistes radicaux. Dans l'incapacité d’empêcher la
chute de cet immense partie de son pays, le président Amadou Toumani
Touré a dû
payer le prix de son impuissance: en mars 2012, il fut évincé du pouvoir par
un coup d’État militaire. Bref, si l'armée malienne était capable d'organiser un
coup d'État, elle se révèle impuissante quand il s'agit d'assurer la sécurité du pays.
 |
Ces attaques des Touaregs ont produit une réaction en chaîne conduisant
le Mali en pleine guerre civile. Mais les Touaregs n'ont pu profiter longtemps de leur victoire. Ils
ont été
rapidement écartés par des groupes islamistes radicaux qui n’avaient que faire du rêve national
des Touaregs et de leur indépendance. Ces groupes comptaient de
nombreux djihadistes étrangers, dont plusieurs avaient combattu en Libye (en
2011), qu’ils ont quittée après la chute de Khadafi, en emportant leurs armes.
Les islamistes ont alors coupé le pays en deux.
Peu de témoins ont pu se rendre dans les
villes du Nord alors qu'elles vivaient sous le joug de leurs nouveaux maîtres:
AQIM (Al-Qaïda au Maghreb islamique), MUJAO (Mouvement pour l’unicité et le
jihad en Afrique de l’Ouest) et Ansar Dine («Défenseurs de l'islam». Mais
les informations qui ont filtré depuis le Grand Nord malien après
l'arrivée des forces françaises ont évoqué un régime de terreur :
instauration d'un islam radical, avec son cortège de châtiments
corporels, de règles vestimentaires rigoristes et de destruction. |
Après le départ des islamistes, les
témoignages recueillis auprès des populations ont révélé que la terreur
régnait partout pendant que les islamistes se promenaient avec leur longue
tunique et leurs kalachnikovs, à la recherche de la moindre infraction au
code islamique. Ainsi des hommes armés s'assuraient que les femmes se
couvraient de la tête aux pieds, que les enfants n'écoutaient pas de
musique, que les hommes laissaient pousser leur barbe, qu'ils ne parlaient
pas aux femmes et qu'ils retroussaient le bas de leurs pantalons pour qu'il
ne touche pas la terre, car c'était impur. Personne n'osait défier les
islamistes armés, même lorsqu'ils fouettaient des femmes et des enfants sur
la grande place du marché ou coupaient les mains des voleurs.
Cette région du nord du Mali recèlerait un important
potentiel pétrolier, gazier et minier. Pour certains analystes, il
semble évident que c'est la véritable raison de l'occupation du Nord par les
indépendantistes touaregs et les islamistes. Les explorations menées dans le
massif montagneux l'Adrar des Ifoghas (région de Kidal) auraient révélé des sols
propices à la présence d'or et d'uranium. Il y a plus encore. Al-Quaïda remplit
ses coffres grâce à de lucratives prises d'otages et au narcotrafic. De quoi
attiser les appétits!
Après de nombreuses tergiversations, l’ONU a voté, en décembre
2012, une résolution
qui ouvrait la voie à une intervention internationale contre les rebelles maliens.
Il s'agissait d'une intervention qui devait être menée par des forces africaines, soutenues par la
communauté internationale. En janvier 2013, ce fut l'escalade des forces
rebelles. Les djihadistes maliens se sont
lancés à l’assaut du Sud. Ils ont atteint la ville de Konna, tout près de Mopti.
Devant cette nouvelle offensive, le président intérimaire du Mali, Dioncounda
Traoré, l'ancien président de l’Assemblée nationale du Mali, a appelé la France
à l’aide, qui a accepté, car l’armée malienne s’est révélée inapte pour faire
face à la supériorité militaire que les groupes islamiques étaient en train
d’accumuler dans le Nord.
L’intervention militaire française paraissait d’autant plus incontournable qu’il était
devenu impossible
de discuter avec les islamistes qui contrôlaient le nord du Mali. L’ex-diplomate
canadien Robert Fowler, qui a été l’otage d’AQMI pendant quatre mois, était
catégorique: «J’ai connu ces gens, il n’y a pas de négociations possibles avec
eux, tout ce qu’ils veulent, c’est établir le domaine de Dieu dans le monde
entier.» L’intervention de la France semble avoir soulagé beaucoup
d'observateurs. On a entendu à Bamako des propos du genre: «Merci la France, vous
nous avez sauvés des barbus!» Les journaux locaux rapportent même que des
parents ont donné à leurs enfants le prénom «Hollande», en l’honneur du
président français! Les femmes délaissent le voile.
La crise malienne est devenue une catastrophe humanitaire
et un sérieux problème de sécurité pour les pays occidentaux. Plus de 400 000
personnes ont fui le nord du Mali, trouvant refuge au sud et dans les pays
voisins. Il est certain que cette crise va desservir la cause des Touaregs qui,
pourtant, ont des raisons légitimes de se plaindre. Partout dans le pays, les témoignages et
les images d’exactions commises par l’armée malienne se multiplient: les
Touaregs et les Arabes, ceux qu'on appelle les «peaux pâles», seraient les principales victimes.
Les Français et l'armée malienne ont repris les principales villes du Nord, à
l'exception de Kidal. Cette ville du désert est aussi le foyer de la rébellion
touarègue. La vague qui a fini par plonger la moitié du Mali dans la guerre
religieuse a commencé à Kidal, lorsque le Mouvement national pour la libération
de l’Azawad (MNLA) a entrepris sa conquête du Nord, en s’associant avec les
islamistes. Les fusils et les bombes ne suffiront peut-être pas pour venir à
bout des rebelles de Kidal. Il faudra probablement négocier avec les Touaregs et
finir par trouver une réponse à leurs aspirations nationales. Va-t-on enfin reconnaître
aux Touaregs le droit de se sédentariser dans leur territoire historique, le
nord du pays? Par ailleurs, le Mali
demeure l'un des pays les plus pauvres et les moins développés du monde. En
2011, il occupait le 175e rang sur 187 pays
pour ce qui est de l'Indice du développement humain (IDH) établi par le
Programme des Nations unies pour le développement.
4 La politique linguistique
Le Mali a élaboré une politique linguistique à deux volets: le premier
concerne la langue officielle, le second, les langues nationales. Tout est
résumé à l'article 25 de la Constitution de 1992, qui déclare que «le français
est la langue d'expression officielle» et que «la loi fixe les modalités de
promotion et d'officialisation des langues nationales»:
|
Article 2
Tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs.
Toute discrimination fondée sur l'origine sociale, la couleur, la langue, la
race, le sexe, la religion et l'opinion politique est prohibée.
Article 25
1)
Le français est la langue d'expression officielle.
2)
La loi fixe les modalités de promotion et d'officialisation
des langues nationales.
|
La Constitution ne
mentionne pas quelles sont les langues nationales.
Il faut se rabattre sur l'article 1er du
décret 159 PG-RM
du 19 juillet 1982 qui identifie 13
langues nationales: le bambara (ou bamanankan), le bobo (bomu), le
bozo, le dogon (dogo-so), le peul (fulfuldé), le soninké
(soninké), le songoy (songaï), le sénoufo-minianka (syenara-mamara)
et le tamasheq (tamalayt). Mais d'autres langues sont également
reconnues: l'arabe hasanya, le kasonkan, le madenkan et
le maninkakan (maninka).
4.1 La langue de l'État
Cest à partir ce cette simple déclaration que sétablit
toute la politique linguistique: «Le français est la
langue d'expression officielle.» Il s'agit d'une terminologie un peu
ambiguë pour désigner la langue officielle. Cest pourquoi toute la législature
du Mali fonctionne en français, ce qui implique les débats
parlementaires, la rédaction et la promulgation des lois.
La situation est un peu différente dans les tribunaux. En principe,
seul le français est permis, mais les langues maliennes (moins dune
dizaine, mais surtout le bambara) sont autorisées dans les communications
orales entre le juge et laccusé, y compris dans les cours dappel.
Cependant, les documents écrits se font seulement en français
et les juges rendent tous leurs jugements en cette langue.
En ce qui a trait aux services gouvernementaux, ils sont dispensés
en français, mais, selon les régions, les communications
orales se déroulent généralement en lune ou lautre
des langues maliennes, notamment le bambara. Évidemment, toute la
documentation écrite paraît surtout en français, bien que certains documents
soient publiés en bambara ou dans l'une ou l'autre des langues nationales. Par
ailleurs, on utilise davantage les langues maliennes locales que le français
dans les soins dispensés aux patients dans les hôpitaux, dispensaires
et cliniques publiques.
En fait, la
politique linguistique du Mali est
basée essentiellement sur la réforme de 1962,
laquelle préconise l'enseignement dans les
langues nationales.
4.2 Les langues nationales en éducation
La réforme de l'éducation entamée en 1962 dans l’enthousiasme
de l’indépendance nouvellement acquise se voulait une rupture avec le
système d'éducation colonial. Cette réforme s'était donné comme ambition
d'atteindre l'enseignement universel, tout en préservant et perpétuant une
culture proprement malienne. L'enseignement primaire est passé d'un cycle de
six ans, sous le système colonial, à un cycle de neuf ans. L'examen marquant
la fin des études primaires, célèbre pour sa fonction de sélection, a été
annulé.
Toutefois, cette réforme n'a pas atteint les résultats escomptés,
notamment au sujet du programme qui mettait l'accent sur la maîtrise du
français.
Non seulement la part du budget de l'État consacrée à l'éducation n'est pas
arrivée à couvrir les besoins pressants, mais l'accès à l'éducation primaire et
secondaire est resté limité et inéquitable pour les populations rurales et
périurbaines. Ainsi, le taux d'accès est demeuré à 53,9 % en général, ce qui signifie 63,6
% pour les garçons et 44,4 % pour les filles. Dans certaines régions, ces taux
ne dépassent pas 25 % pour les garçons et 19 % pour les filles. Une autre
lacune du système éducatif malien concerne les bas rendements en raison des
redoublements et des abandons (un gaspillage se chiffrant à 25 % du budget) et
le nombre insuffisant d'enseignants et d'infrastructures.
Après des années d'expérimentation de la langue
maternelle comme langue d’instruction dans l'enseignement, le ministère de
l'Éducation fondamentale a élaboré en 1993 un nouveau programme. L'article 12 du décret
93-107/P-RM du 16 avril 1993 a assigné au Ministère l’utilisation des
langues nationales dans l’enseignement et, à partir de la rentrée scolaire
de 1994-1995, a généralisé l'enseignement à la fois des langues nationales et
du français en faisant passer le nombre des langues d'enseignement à six : le bambara,
le tamasheq, le songaï, le soninké (peul) et le dogon. Cette généralisation
touchait alors plus de 300 écoles. Le principe est de ce qu'on a appelé
la «Nouvelle école fondamentale» (NEF) est d'utiliser la langue maternelle de
l'élève comme langue d'enseignement dans les trois premières années de
l'enseignement primaire, le français étant considéré comme une matière à
partir de la deuxième année. L'un des cinq principes généraux du curriculum
malien étant de permettre aux élèves de devenir bilingues entre langue nationale
et français. Le problème, c'est que, pour l'instant, la NEF
n'a pas encore été mise en œuvre, sauf dans des écoles expérimentales, en
raison de l'opposition des principaux intervenants (enseignants, étudiants,
partis politiques, etc.). De plus, des tests dispensés en 5e année à
Ségou en 1997 montrent que, après quatre ans d'instruction en bambara, les
enfants sont loin de maîtriser leur langue maternelle à l'écrit. Le français demeure la langue d'enseignement
préférée pour des raisons de mobilité sociale, tandis que le bambara est
restée la langue véhiculaire favorite. Pourtant, le ministère de l'Éducation
de base a créé des organismes pouvant assurer l'exécution advenant la mise en
œuvre des politiques éducatives et la documentation en langue maternelle est
assez abondante; on trouve aussi des journaux et des magazines dans plusieurs
langues nationales.
On peut dire que tout le système d’éducation continue de
se faire
en français, du primaire à l’université. Cependant, les élèves de la
maternelle utilisent leur langue maternelle locale et s’initient au français
parlé. Au premier cycle du primaire, on enseigne en français, mais certaines
langues maliennes, notamment l’arabe coranique, sont également enseignées dans un grand
nombre d’écoles. Au second cycle, seuls le français et, dans certains cas,
l’arabe sont enseignés. Dans toutes les écoles primaires du pays,
l’enseignement de l’anglais comme langue seconde est obligatoire, alors
qu’au secondaire les élèves ont le choix entre l’anglais, l’allemand,
l’arabe et le chinois. En réalité, suite à plusieurs ordonnances ministérielles,
la volonté politique des autorités est de permettre l’utilisation libre des
différentes langues nationales dans l’enseignement. Selon les régions, le
bambara et le français sont véhicules d’enseignement dans les deux premières
années du primaire. Comme on le sait, des expériences ont été tentées avec le
bambara, le tamasheq, le songaï, le peul soninké et le dogon. En 2009, il y
avait dix langues nationales enseignées dans 2466 écoles:
|
Langue |
Nombre d'écoles |
|
Bamanankan (bambara) |
2002 |
|
Bozo |
6 |
|
Dogosso |
67 |
|
Fulfulde (peul) |
72 |
|
Khasonké |
18 |
| Mamara |
13 |
| Songhoi (songaï) |
157 |
| Solonké (soninké) |
55 |
|
Syenara |
43 |
|
Tamasheq |
33 |
|
Total |
2466 |
Le
bamanankan, appelé
aussi bambara, constitue la langue la plus communément
comprise dans le pays. Cette langue est parlée dans la région de Bamako,
capitale du Mali. C'est pourquoi il y a plus d'écoles dans cette langue.
L’objectif avoué du gouvernement malien est d’utiliser la langue
maternelle de l’élève pour lui donner les connaissances de base et mieux le
préparer au passage de la langue maternelle à la langue étrangère, le but
ultime étant que le français et les langues maliennes doivent entretenir des
relations se complémentarité et non de concurrence. Il s'agit du
programme dit «de pédagogie convergente», qui s'inscrit dans le cadre de la lutte
contre la déperdition scolaire et la baisse constante du niveau des élèves en
français. Le principe directeur est d'organiser le transfert en français des
compétences acquises dans les langues nationale, c'est-à-dire «d'optimiser les avantages d'une prise en compte à l'école de compétences
linguistiques propres à la culture des élèves en intégrant l'apprentissage
de ces langues dans le curriculum classique». Voici le programme officiel:
|
PROGRAMME
DOMAINE LANGUES ET COMMUNICATION (L.C.)
Définition.
La langue est un système de signes linguistiques vocaux ou
graphiques qui permet la communication entre les individus.
Dans une perspective sociolinguistique, la langue remplit deux
fonctions sociales fondamentales :
1. la communication : c’est au moyen de la langue que les acteurs
sociaux échangent et mettent en commun leurs idées, sentiments,
pensées, etc.
2. l’identification : de par son double aspect individuel et
collectif, la langue sert de marqueur identitaire quant aux
caractéristiques de l’individu et à ses appartenances sociales.
La communication est tout processus d’échange d’informations.
Elle peut être considérée comme un processus de mise en commun
d’informations et de connaissances.
En réalité, sur le fond, la communication cherche à répondre aux
objectifs suivants :
- faire passer une information, une connaissance ou une émotion ;
- créer une norme commune pour se comprendre ;
- créer une relation pour dialoguer fréquemment ou relancer le
dialogue ;
- obtenir une influence pour inciter l’autre à agir selon sa volonté
;
- donner son identité, sa personnalité à un tiers, pour être connu.
(cf.wikipedia.org)
« La communication peut se faire au moyen d’une langue
(communication verbale) ou par un autre moyen (communication non
verbale), utilisant un canal autre que la voix ou l’écriture : le
geste les rayons lumineux, des impressions tactiles, des systèmes
mécaniques ou électriques divers, etc.» Grammaire et Linguistique,
G. PETIOT, 2000 , p 98
Contribution du domaine Langues et Communication à la
formation de l’élève.
Le domaine Langues et Communication comprend l’ensemble des
langues que l’élève étudie pour satisfaire, de plus en plus, au
moyen des TIC (Techniques de l’Information et de la Communication),
ses besoins de communication personnels, scolaires et sociaux. Ces
langues, moyens de communication, peuvent être en même temps objets
d’étude :elles deviennent alors des disciplines.
L’appropriation par l’apprenant de la dimension esthétique, des
normes de fonctionnement des langues érigées en disciplines,
constitue la spécificité du domaine L.C. Si tous les domaines
utilisent la langue, seul celui de L.C en étudie la structuration,
les normes de fonctionnement et la beauté formelle.
Les langues constituent un outil privilégié de développement des
habiletés de recherche et de découverte dans les différents
domaines. Les langues, au niveau de l’enseignement secondaire
général, sont :
- les langues nationales ;
- le français ;
- la langue vivante I ;
- la langue vivante II.
Le français est la langue officielle et, d’une manière générale,
le médium d’enseignement des autres domaines de formation au Mali.
Les langues, en tant que disciplines, ont comme axes
d’apprentissage, la communication orale (écouter et parler) et la
communication écrite (lire et écrire).
Le domaine L.C. confère à l’apprenant, à travers la langue, un
instrument essentiel de communication, un outil indispensable à la
socialisation, un instrument essentiel de la construction de la
pensée et de la personnalité, un véhicule du patrimoine culturel et
un moyen d’ouverture sur les cultures du monde. Les compétences du
domaine L.C. sont les suivantes : communiquer oralement selon des
modalités variées, lire des textes variés, écrire des textes variés. |
Depuis plusieurs années,
notons qu’il y a un a un effort significatif pour promouvoir l’alphabétisation
dans les langues nationales. Le 24 juillet 1986, la loi no 86 AN-RAM
créait la Direction nationale de l'alphabétisation fonctionnelle et de la
linguistique appliquée (DNAFLA). Concernant la scolarisation au Mali, il existe un
certain nombre d’«écoles communautaires» dans lesquelles l’instruction
est en langue nationale pour les premières trois années. Enfin, il existe un
mouvement au Mali pour encourager l’utilisation d’un alphabet du nom de «n’ko»,
un système d'écriture phonétique (s'écrivant de droite à gauche) capable de
transcrire toutes les langues maliennes, en particulier les langues à tons. Aujourd’hui, le Mali compte plus de 8000 centres d’alphabétisation
répartis entre 6132 villages. Le nombre d’alphabétisés, sortis de ces
centres est officiellement évalué à 1,2 million de personnes. Pour assurer la promotion des langues et
améliorer le taux d’alphabétisation
de la population malienne qui oscillait alors autour des 30 %, le gouvernement a créé la
Direction nationale de l’alphabétisation fonctionnelle et de la linguistique
appliquée (DNAFLA). La mission de cette institution est de faire la promotion des langues
retenues et de faire d’elles des outils de développement. Le programme a
permis la production de syllabaires, de dictionnaires, de lexiques, de brochures
et manuels de formation dans les différentes langues retenues. En 2012, le
taux d'analphabétisme s'élevait à 75 %, une véritable catastrophe.
La situation malienne doit tenir compte du nombre de
locuteurs très différent et avec un niveau d’instrumentation variable. De plus,
le bilinguisme des enseignants n’est pas uniforme. Parfois, c’est la maîtrise du
français qui laisse à désirer ou c’est celle de la langue nationale à enseigner,
car
ce n’est pas leur langue maternelle. Enfin, la langue nationale enseignée n’est
pas forcément la langue maternelle de l’élève, pour diverses raisons
(fonctionnaires mutés, migrations intérieures, choix des parents, etc.).
4.3
Les médias et la vie économique
Du côté des
médias électroniques, les émissions
radiophoniques sont diffusées dans un grand nombre dans les langues maliennes,
mais le français demeure la langue de prestige. L 'ORTM (Office de radiodiffusion télévision du Mali) diffuse ses
informations en français dans une proportion de 80 %, les 20 % restants
sont consacrés à quelques magazines, quelques sketchs et micro-programmes de
sensibilisation. L'insuffisance de la production en plusieurs langues nationales
est due à l'absence de budget et un manque de formation professionnelle des
intervenants concernés. Il existe
au Mali quelque 17 stations de radio qui émettent quotidiennement, dont
14 sont des radios privées; et la liste ne cesse de s'allonger. Les différentes
radios couvrent presque totalement l'ensemble du territoire; seul le nord du
pays n'est pas pourvu de stations (Tombouctou, Gao, Kidal).
Parmi les 17 stations
en fonction, cinq ont une vocation essentiellement rurale. Elles diffusent
presque toutes dans les langues nationales en plus du français. La radio rurale nationale a été lancée au Mali
en 1967 et, très tôt, elle a acquis une grande audience auprès des populations
concernées.
Un programme de relance de cette radio est actuellement en cours d'exécution,
financé par la FAO (formation) et par l'UNICEF (équipement). Des radios rurales locales fonctionnent à Kayes depuis
août 1988 et à Douentza depuis le mois de juillet 1993. D'autres seront installées à Kadiolo,
Bandiagara, Nioro et Kidal. Malheureusement, ces stations régionales demeurent
sans statut, sans budget, avec un personnel insuffisant. Les langues nationales
les plus diffusées sont le bambara, l'arabe hasanya, le ségou, le dogon, le
kinbakka,
Presque toute la presse écrite
du pays est en français,
mais lédition en langues nationales prend de plus en plus dimportance. La presse écrite en français est
donc en pleine mutation. Il existe aussi une presse communautaire —
les «journaux de proximité» — relativement importante,
qui diffuse généralement en langue nationale. Ainsi, le Kabaaru est
publié en peul, le Xibare en sononké, le Jekabaara, le Kote
et le Nieta en bambara. Mais la transcription dans les autres langues nationales pose des problèmes techniques.
Ces journaux comptent en moyenne moins de 20 pages et sont diffusés entre 2000
et 20 000 exemplaires. Ils servent souvent de support pour l'alphabétisation de
certaines communautés.
Dans la vie économique, deux langues prennent la plus large place:
le français dabord, puis le bambara. Dans toute information ou
toute transaction écrite, seul le français est utilisé,
mais à loral le bambara exerce une forte concurrence au français. En somme, on peut dire que le Mali respecte les prescriptions de larticle
2 de la Constitution.

Au Mali où le français a pris la place dans toutes les
manifestations officielles de lÉtat, il ne subsiste néanmoins
aucun conflit ni aucune frustration de nature linguistique. Pourtant, dans
ce pays, les brassages interethniques sont très anciens et très
développés. Pour la plupart des Maliens, la situation paraît
normale, et ce, dautant plus que toutes les langues nationales sont à
égalité par rapport au français, langue officielle.
Quoi quil en soit, si lharmonie constitue un atout dans un pays multilingue,
et le Mali y est parvenu. Il faut souligner aussi louverture des Maliens
envers les autres langues que le français. En effet, au Mali, non
seulement le bambara reste-t-il la première langue nationale dimportante,
mais lÉtat semble avoir pris soin de ne pas négliger larabe
et langlais. Noublions pas quen Afrique trois langues assurent la quasi-totalité
des fonctions officielles de la communication interethnique: le français, langlais
et larabe.
Il n'en demeure pas moins que la Mali pratique une
politique linguistique limitée à l'enseignement. C'est ce qu'on appelle une
politique sectorielle parce
qu'elle est limitée à un domaine particulier, celui de l'éducation. De fait, le
Mali a fait beaucoup d'efforts pour promouvoir les langues nationales, car ces
langues constituent les principales langues d'enseignement primaire et langues
d'alphabétisation des adultes. Cependant, la principale langue d'instruction à
l'université demeure le français. Qui plus est, comme le français est plus élevé
dans la hiérarchie linguistique, les treize langues nationales reconnues ne
peuvent avoir le même prestige que la langue officielle. À long terme, il
faudrait laisser plus de place au bambara. Mais le Mali est un pays très pauvre,
et le coût du multilinguisme paraîtrait sans doute trop élevé. Par ailleurs, en
ce qui concerne la langue officielle, on peut parler d'une
politique de non-intervention.
Dernière mise à jour:
28 avr. 2013
Bibliographie
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d'instruction / Languages of Instruction» dans
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