Communauté autonome
de Castille-et-Léon

Castille-et-Léon

(Castilla y León)

Remarque: le mot espagnol León n'a pas de traduction française, mais comme la lettre accentué [ó] n'existe pas en français, elle sera remplacée dorénavant par le [o] et le [e] par [é], ce qui donne Léon prononcé [léonn], sans voyelle nasale.

Capitale: Valladolid
Population: 2,5 millions  (2005)
Langue officielle: castillan   
Groupe majoritaire: castillan (90 %) 
Groupes minoritaires: léonais (asturien et estrémadurien), galicien, basque, portugais, arabe marocain, etc.
Système politique: l’une des 17 communautés autonomes d’Espagne  
Articles constitutionnels (langue): art. 3 de la Constitution espagnole de 1978; art. 4 et 5 du Statut d'autonomie de 2007; Loi organique 14/2007 du 30 novembre sur la réforme du Statut d'autonomie Castille-et-Léon.  
Lois linguistiques: Loi n° 1 du 4 juin sur le régime local de Castille-et-Léon (1998); Décret n° 7 du 10 janvier instaurant le programme d'études de l'enseignement secondaire obligatoire de la Communauté de Castille-et-León (2002);  Loi n° 12 du 11 juillet sur le patrimoine culturel de Castille-et-Léon (2002); Ordonnance n° 965 du 14 juillet instaurant la matière facultative de l'enseignement secondaire obligatoire «Langue et culture galiciennes» et son approbation dans le programme d'études (2005); Ordonnance EDU/519 du 17 juin établissant le programme d'études et réglementant la mise en œuvre, l'évaluation et développement de l'enseignement primaire dans la communauté de Castille-et-Léon (2014).

1 Situation géographique

La Communauté autonome de Castille-et-Léon (en castillan: Castilla y León), l'ancienne Vieille-Castille, est une région de 94 223 km² (équivalant au Portugal: 92 391 km²) située dans le nord-ouest de l'Espagne. La Castille-et-Léon est limitée au nord-ouest par la Galice, puis les Asturies, la Cantabrie, le Pays basque, La Rioja, à l'est par l'Aragon, au sud par la Murcie, la Castille-La Manche, la Communauté autonome de Madrid et l'Estrémadure, à l'ouest par le Portugal (voir la carte détaillée de l'Espagne).

Le territoire de la Castille-et-Léon a comme capitale Valladolid et comprend deux régions (Castille-la-Vieille et le Léon) divisées au total en neuf provinces: Ávila, Burgos, Palencia, Ségovie, Soria, Valladolid; Léon, Salamanque et Zamora.

Le drapeau officiel de la Castille-et-Léon représente les deux grandes régions, la Castille (château) et le Léon (lion). Le symbole du lion est attribué à Alfonso VII de León, qui est devenu le roi du Léon et de la Castille en 1126. Le symbole du château est attribué à son petit-fils, Alfonso VIII de Castille. C'est en 1230 que Ferdinand III de Castille a uni les deux royaumes, le drapeau actuel symbolisant l'union de ces deux royaumes.

2 Données démolinguistiques

La Communauté autonome de Castille-et-Léon comptait 2,5 millions d'habitants en 2005. D'après l'Instituto Nacional de Estadística, les provinces les plus populeuses sont le Valladolid (529 000), le Léon (500 000), suivies du Burgos (373 600), de la Salamanque (353 000), la Zamora (197 000), la Palencia (173 400), l'Avila (171 000), la Ségovie (163 900) et la Soria (94 600). La province de Burgos possède une enclave, le Condado de Treviño, laquelle est située à l'intérieur de la province de Álava au Pays basque; elle possède également deux autres enclaves, l'une dans la province de Logroño (La Rioja), l'autre dans celle de Palencia (Castille-et-Léon). 

La très grande majorité de la population parle le castillan comme langue maternelle, ce qui représente plus de 90 % des locuteurs, mais il n'existe guère de statistiques officielles à ce sujet.

On sait que les immigrants représentent 6 % de la population totale et qu'ils devraient parler leur langue d'origine (galicien, portugais, arabe marocain, etc.). Il reste moins de 4 % ou 3 % des citoyens pouvant parler l'une des langues historiques de la Communauté autonome: le léonais, le galicien, l'extrémadurien et le basque ("eusquera).

2.1 Le léonais et ses variantes

Le léonais (leonés en castillan; llingua llïonesa en léonais) est une langue romane issue du latin et parlée par quelque 80 000 locuteurs dans les provinces de Léon, Zamora et Salamanque, ainsi que dans le district de Braganza au Portugal. On parle de País Llïonés (le «Pays léonais»).

Le léonais est également appelé asturo-léonais ("asturleonés") et, dans la principauté des Asturies, l'asturien ("asturiano") ou bable, alors qu'au Portugal il est désigné comme le mirandais ("mirandés"). Ajoutons aussi que le léonais est appelé estrémadurien ("estremeñu") en Estrémadure et cantabre ("cántabro", "cántabru" ou "montañés") en Cantabrie.

Dans le Livre Rouge de l'UNESCO sur les langues «en danger», le léonais, l'asturien, l'estrémadurien, le cantabre et le mirandais sont désignés de façon distincte, tout en considérant le mirandais comme une variété du léonais. Pour les philologues et les linguistes, l'asturien, le léonais (estrémadurien et cantabre) et le mirandais constituent trois variétés d'une même langue appartenant au sous-groupe asturo-léonais ("subgrupo asturleonés").

Voici un exemple de l'article 3 de la Constitution espagnole (par. 2) en léonais et en asturien:

Version française Version léonaise Version asturienne Version castillane
2) Les autres langues espagnoles sont également officielles dans les différentes Communautés autonomes en accord avec leurs Statuts.  2) Las outras llinguas hespañolas sedrán tamién ouficiales nas respeutivas Comunidaes Autónomas d'alcuerdu cunos sous Estatutos. 2) Les otres llingües españoles serán tamién oficiales nes respectives Comunidaes Autónomes acordies colos sos Estatutos. 2) Las demás lenguas españolas serán también oficiales en las respectivas Comunidades Autónomas de acuerdo con sus Estatutos.

De façon générale, le léonais est désigné en Castille-et-Léon, par l'expression dialecto leonés («dialecte léonais») parce qu'il n'a pas de statut comme langue officielle. Toutefois, au Moyen Âge, le léonais était la langue officielle du royaume de Léon pour être remplacé par le castillan. Aujourd'hui, le léonais est en voie d'extinction dans la Communauté autonome de Castilla-et-Léon.

Dans les Asturies, on distingue l'asturien occidental, l'asturien central et l'asturien oriental. Ce sont les termes qu'a utilisé le philologue espagnol médiéviste Ramón Menéndez Pidal (1869-1968): le léonais occidental, le léonais central et le léonais oriental.

Quant à l'estrémadurien ou estrémaduran, l'une des variétés de léonais, il est parlé au sud de la province de Salamanque. Mais cette variété léonaise est surtout utilisée dans le nord-ouest de l'Estrémadure. L'estrémadurien est aussi désigné par le terme castúo, bien que ce mot puisse porter à confusion parce qu'il désigne tant la langue de transition du Léon (castúo) que les variétés castillanes de l'Estrémadure et des populations de Séville et de Cordoue, d'influence léonaise. En Castille-et-Léon, l'estrémadurien est parlé dans les agglomérations de la province de Salamanque de Rebollar, Rodrigo et Béjar. En Estrémadure, il est parlé dans la province de Cáceres.

Les statistiques sur le nombre des locuteurs parlant cette langue sont anciennes et ne paraissent guère fiables. Il n'existe pas d'études récentes sur l'ensemble de ces parlers, notamment en Estrémadure, dans le Léon et en Cantabrie, mais dans les Asturies et au Portugal les statistiques à ce sujet peuvent être considérées comme assez précises. Au total, il y aurait quelque 720 000 locuteurs de l'estrémadurien. Dans la province de la Salamanque, on croit qu'il s'agit de moins de 2000 locuteurs.

En Espagne, l'estrémadurien n'est pas reconnu comme une «langue», mais comme un idiome ("idioma extremeño"), un dialecte ("dialecto extremeño") ou une «modalité linguistique de l'asturo-léonais» ("modalidad lingüística del Asturleonés"). Selon l'UNESCO, toutes les variétés d'asturien (léonais, mirandais, estrémadurien, cantabre) seraient des «langues en danger» avec un maximum de 150 000 locuteurs.

2.2 Le galicien

Du fait que la Communauté autonome de la Castille-et-Léon possède une frontière commune avec la Galice, quelque 15 000 citoyens (sur une population de 35 000) de la Castille-et-Léon parlent le galicien comme langue maternelle, surtout dans la région historique du Bierzo. C'est une région située complètement à l'ouest de la province de Léon, entre la cordillère de Cantabrique, les monts de Léon et les monts Aquiliens. Les populations qui habitent cette région du Bierzo parlent soit le galicien, soit le castillan, soit le léonais (ou asturo-léonais). Il existe des locuteurs du galicien également dans la comarque de Sanabria, qui fait partie de la province de Zamora.

Le district de Bierzo comprend, outre la municipalité de Ponferrada, plusieurs autres petites municipalités telles que Candín, Vega de Espinareda, Villafranca del Bierzo, Vega de Valcarce, Balboa, Trabadelo, Barjas, Oencia, Corullón, Sobrado, Arganza, Cacabelos, Camponaraya, Villadecanes-Toral, Carracedelo, Carucedo, Borrenes et Puente de Domingo Flórez, ainsi que des zones partiellement galégophones (Peranzanes, Fabero, Sancedo, Cabañas, Ponferrada, Priaranza et Benuza.

Rappelons que le galicien (appelé galego en galicien) est une langue co-officielle avec le castillan en Galice. C'est une langue très proche du portugais, qui peut être aisément comprise, à l'écrit comme à l'oral, par les locuteurs du portugais, que ce soit ceux du Portugal ou ceux du Brésil. Le galicien appartient au sous-groupe linguistique galégo-portugais (ou galégo-luso-brésilien) de l'ibéro-roman appartenant aux langues romanes. Jusqu'au XIIIe siècle, le galicien et le portugais constituaient la même langue. Ce n'est que vers 1500 que l'on a commencé à distinguer le galicien du portugais. Au point de vue historique, le portugais est issu du galicien, et les deux langues, qui sont demeurées relativement proches l'une de l'autre. On estime qu'environ 85 % du vocabulaire des deux langues est commun. Néanmoins, les deux langues ont évolué de manière plus ou moins différente entre le Portugal et l'Espagne.

En dehors de la Galice, le galicien est parlé dans d'autres régions autonomes — qu'on appelle la Franxa Exterior («frange extérieure») — comme en Castille-et-Léon (15 000), les Asturies (50 000) et l'Estrémadure (5000). On considère que quelque 75 000 personnes de la Franxa Exterior utiliseraient le galicien comme langue maternelle.

En Castille-et-Léon, il existe une association galicienne destinée à protéger les locuteurs du galicien: l'Asociación Cultural Fala Ceibe do Bierzo ("Association culturelle Fala Ceibe de Bierzo"). Il faut mentionner également un parti politique local, le Partido de El Bierzo, qui défend les intérêts des locuteurs du galicien dans les municipalités du district. Le galicien parlé dans le district de Bierzo est souvent appelé le "Gallego de El Bierzo", c'est-à-dire le galicien de Bierzo. Pour leur part, les castillanophones l'appellent généralement le dialecto berciano («dialecte berciane»). Le Parti du Bierzo a proposé de rendre co-officiels par une loi spéciale le castillan et le galicien de Bierzo dans tout le district.  

2.3 Le basque

Le basque, appelé euskara au Pays basque et eusquera en Castille-et-Léon, est parlé par un petit nombre de locuteurs, environ 1000, dans le nord de la province de Burgos, plus précisément dans le district de Treviño, ce qu'on appelle le Condado de Treviño. Il s'agit d'une enclave à l'intérieur de la province d'Álava située au Pays basque. Cette enclave est formée de deux municipalités, Treviño, comptant 209 km² et une population de 1400 habitants, ainsi que La Puebla de Arganzón, avec une superficie de 19 km² et une population de 490 habitants. Au total, le district possède une superficie de 228 km² et une population de quelque 1890 habitants.

Les autorités basques ont intenté un recours d'inconstitutionnalité dans les années quatre-vingt contre les dispositions du Statut d'autonomie de la Castille-et-Léon, mais ce recours a été rejeté par le Tribunal constitutionnel. Ce Statut d'autonomie (troisième disposition transitoire) précise que, pour une éventuelle intégration de l'enclave au sein de la province d'Alava du Pays basque, il faut au préalable des rapports favorables de la province de Burgos et de la Communauté autonome de Castille-et-Léon, ainsi que l'adoption par les Cortes Generales de Madrid d'une loi organique.

Or, malgré une demande de référendum favorable de la part de la population du district de Treviño, la députation provinciale de Burgos et l'Assemblée parlementaire de la Castille-et-Léon se sont toujours opposées à ce que le district cesse de faire partie de la province de Burgos.

Ce sont des événements historiques qui ont fait de cette enclave basque une possession castillane. C'est le roi Sanche VI de Navarre, dit le Sage (1132-1194), qui fonda la ville de Treviño en 1161, mais la ville devint une possession castillane en 1200 après la victoire du roi Alphonse VIII de Castille. En 1366, la ville et tous ses villages devinrent une seigneurie accordée à Pedro Manrique pour services rendus par le roi de Castille (Enrique de Trastamare). L'arrière-petit-fils de Pedro, Diego Gómez Manrique reçut en 1453 du roi Juan II de Castille le titre de comte de Treviño. L'un de ses fils, Pedro Manrique de Lara, reçut, pour sa part, le titre de duc de Nájera.

En 1940, lors d'un référendum, 95,9 % de la population de Treviño avait exprimé sa volonté d'être intégrée dans la province basque d'Alava. Le général Francisco Franco avait alors rejeté les résultats du référendum sous prétexte que le district faisait partie historiquement de la province de Burgos. Un nouveau référendum a eu lieu en 1958, mais il fut encore rejeté par le régime franquiste. En 1998, quelque 68 % des habitants de l'enclave s'étaient prononcé en faveur d'un autre référendum sur le rattachement à la province d'Alava, mais le gouvernement de la Castille-et-Léon (de José María Aznar) ne l'a jamais autorisé.

3 Bref historique

Le territoire de la Communauté autonome de la Castille-et-Léon a été une région habitée par les Ibères, les Celtes et les Ligures, sans compter les invasions des Phéniciens, des Grecs et des Carthaginois.

3.1 Une province romaine

Puis la région devint une province romaine à partir de 27 avant notre ère. Les Romains pacifièrent la région la divisèrent en provinces : la Gallaecia, la Tarraconensis, la Lusitania, la Baetica et la Carthagenensis. Le territoire de l'actuelle Castille-et-Léon était située dans la province de Carthagenensis. La présence de Rome en Espagne dura sept siècles. Les Romains n'ont pas seulement transmis une administration territoriale, mais ils ont aussi laissé un ensemble de coutumes sociales et culturelles, dont la langue latine qui deviendra le castillan.

Après plus d'un siècle sans présence étrangère, les Wisigoths s'installèrent dans la région au VIe siècle, mais le royaume wisigoth fut menacé au début du VIIIe siècle par l'invasion arabe.

3.2 L'invasion arabe

Les guerriers musulmans s'approprièrent presque toute la Péninsule en moins de sept années, sauf pour les îles Baléares. Le Sud était acquis dès 711, puis la Catalogne en 712, le royaume de Valence en 714, les Baléares seulement en 903. Le califat de Cordoue (viiie-xe siècle), fondé en 756, connut son apogée sous Abd al-Rahmān III (912-961). Les chrétiens d’Espagne se réfugièrent dans les royaumes restés indépendants au nord (les Asturies, le Léon, l'Aragon et les Pyrénées), tandis que la religion et la civilisation musulmanes s’implantaient rapidement dans le reste de la Péninsule.

Durant l'occupation arabe, le sud de la Péninsule connut au moins cinq langues principales, l'arabe, le castillan, le mozarabe, l'andalou et le latin. La langue arabe était avant tout employée par l'Administration du calife, ainsi que par les colons et soldats en provenance de l'Afrique. Le castillan était utilisé par l'aristocratie et la bourgeoisie espagnole, ainsi que par les grands commerçants. Le latin demeurait la langue de l'Église catholique, encore toute puissante en Espagne; c'était un symbole distinctif en terre d'islam ibérique. C'était la langue de la liturgie, de l'enseignement à l'usage du clergé, de la copie des manuscrits, des inscriptions funéraires, etc. Par ailleurs, beaucoup d'Espagnols (fonctionnaires, serviteurs, soldats, commerçants, artisans, etc.), gravitant autour des autorités arabes ou du califat, furent arabisés, mais non islamisés. Ce sont les Mozarabes. Ces chrétiens (habillés comme des Arabes) parlaient une langue romane appelée aljamía ou mozarabe, et écrite en alphabet arabe. Le mot «Ajam» était utilisé pour désigner ceux que les Arabes considéraient comme des «étrangers», voire des rivaux; les Mozarabes étaient de «faux Arabes» pour les Arabes, et des «traîtres» pour les Castillans; alors que les Arabes les considéraient comme des chrétiens, les Castillans voyaient en eux des Arabes. Dans tout le Sud, on parlait des langues mozarabes parce qu'il y en avait plusieurs variétés. Par exemple, on distingue le «castillan mozárabe» qui se divisait lui-même en de nombreuses sous-variétés, le «catalan mossàrab» et le «portugais moçárabe». Ces Mozarabes étaient considérés par les Arabes comme une communauté repliée sur elle-même, imperméable à toute influence de l'islam, mais en réalité ils étaient plus «réceptifs» aux autres cultures que les Espagnols castillans. Le reste de la population, surtout des paysans, mais aussi des pêcheurs et des explorateurs, parlaient ce qui allait devenir l'andalou.

3.3 La Reconquête

Avec Fernán González (950), la Castille est devenue un comté héréditaire, encore vassal du Léon, jusqu'à ce que, en 1029, elle soit acquise par le roi Sanche III de Navarre et, à son décès, elle soit passée entre les mains de son fils Ferdinand Ier, premier roi de Castille.

Ferdinand Ier intégra dans son royaume le Léon et les territoires musulmans, mais lors du décès de l'«empereur» Alphonse VII en 1157, le royaume fut à nouveau divisé entre ses fils Sanche et Ferdinand: la Castille et le Léon. Le décès précoce de Sanche III conduisit la Castille entre les mains d'un roi-enfant de trois ans (1158), Alphonse VIII. Celui-ci devint un enjeu politique entre les partis nobiliaires. Le roi du Léon,  de la Galice, des Asturies et de l'Estrémadure, Ferdinand II, réclama la régence, qui conduisit à une quasi-guerre civile. Dès son adolescence, Alphonse VIII dut reconquérir son royaume par la force. Pour unifier la noblesse castillane, il relança la Reconquista («Reconquête»). Il réussit à obtenir des terres de l'Aragon, annexa la Rioja, et gagna la bataille des Navas de Toulouse (1212), qui brisa le pouvoir de la dynastie arabe des Almohades.

En 1230, le royaume de Léon fut intégré à la Castille avec Ferdinand III appelé saint Ferdinand de Castille, roi de Castille de 1217 à 1230, puis roi de Castille-et-Léon de 1230 à 1252. Cependant, il n’exista pas immédiatement d’union réelle des royaumes de Léon et de Castille, car les deux royaumes maintinrent des institutions séparées, des lois différentes et des systèmes économiques indépendants, même s'ils partageaient le même monarque. Dans les faits, le Léon  bénéficia de son indépendance jusqu’en 1301. Mais la région prit le nom de «royaume de Castille» au fur et à mesure que les rois de Castille étendirent leurs possessions.

Puis, en 1469, Ferdinand II d’Aragon épousa Isabelle de Castille et les deux royaumes (l'Aragon et la Castille) s’unirent. L’Espagne alors unifiée imposa progressivement la castillanisation du royaume, bien que le catalan continuât de bénéficier de son statut de langue officielle dans les anciens comtés de la Catalogne.

En 1492, la prise de Grenade par Ferdinand II d’Aragon chassa définitivement les Arabes de la Péninsule. La chute de Grenade constitua la fin de l'occupation musulmane en Espagne et en même temps que celle de la Reconquista.

3.4 La castillanisation

Dès lors, s'amorça alors un long déclin des langues autres que le castillan: le catalan, le basque, le galicien, etc. La castillanisation se fit aux dépens des langues concurrentes: le basque, le galégo-portugais, l'asturo-léonais, le navarro-aragonais et le catalan (cliquer ICI, s.v.p.). Au fur et à mesure que le castillan prenait de l'expansion, le léonais, l'asturien, l'aragonais, le galégo-portugais, etc., périclitaient.

C'est sous le règne de Charles Quint (1516-1556) que furent menées l’exploration et la conquête des Amériques : conquête de l’Empire aztèque au Mexique par Hernán Cortés, de 1519 à 1521, et conquête de l’Empire inca au Pérou par Francisco Pizarro, de 1531 à 1533. Vers 1550, l’Espagne contrôlait presque tout le continent sud-américain, l’Amérique centrale, la Floride, Cuba et, en Asie, les Philippines. Évidemment, l'expansionnisme de l'Espagne allait contribuer à exporter le castillan (mais aussi le castillan méridional d'Andalousie) dans les Amériques et en Asie.

Mais l'usage généralisé du castillan dans toute l'Espagne débuta avec l'avènement de la dynastie des Bourbons. Après la guerre de Succession d’Espagne (1705-1715), le règne de Philippe V (1700-1746), petit-fils de Louis XIV, fut marqué par une politique de centralisation, inspirée du modèle absolutiste français. Philippe V occupa Barcelone, fit appliquer les lois castillanes et abolit toutes les institutions gouvernementales qui existaient en Catalogne (dont la Generalitat). Le castillan devint la seule langue officielle de l’Administration publique dans toute l'Espagne, même si les habitants continuaient de parler, selon les régions, le catalan, le basque, l'aragonais, l'asturien, le léonais, l'andalou, etc.

Cette situation se perpétua jusqu'au régime du général Franco, de 1939 à 1975.  Au plan linguistique, le caudillo ("chef") pratiqua une politique répressive à l'égard des diverses langues parlées autres que le castillan. Non seulement le basque et le catalan furent pourchassées et interdites dans la vie publique, mais également l'aragonais, l'asturien, l'andalou, etc. On entendait souvent à cette époque des slogans du genre: Si eres español, habla la lengua del imperio («Si tu es espagnol, parle la langue de l'Empire») ou encore habla en cristiano («Parle chrétien»), ce qui pourrait être l'équivalent ibérique du Speak white des anglophones du Canada à l'égard des francophones!

3.5 La Constitution de 1978

La promulgation de la Constitution espagnole de 1978 et la création des 17 Communautés autonomes constituèrent le point de départ pour une nouvelle ère d'organisation politique. C'est ainsi que la Castille fut fragmentée en diverses entités, dont la Castille-et-Léon (la Vieille-Castille), la Communauté de Madrid, la Castille-La Manche (la Nouvelle-Castille), sans oublier l'Estrémadure, la Murcie, etc. L'adoption du Statut d'autonomie a soulevé des problèmes: Le Léon et la Ségovie ont refusé dans un premier temps de se rattacher à la Castille-et-Léon. Le choix de la capitale Valladolid ne fut décidé qu'en 1988.

La nouvelle Constitution espagnole a aussi permis la reconnaissance de certaines langues. Si ce fut le cas pour le catalan (Catalogne, Valence, Baléares), le basque (Pays basque et Navarre) et le galicien (Galice), il n'en fut pas ainsi pour les langues des minorités historiques de la Communauté autonome de la Castille-et-Léon. En effet, rien dans le Statut d'autonomie de 1983 (Ley Orgánica 4/1983, de 25 de febrero, Estatuto de Autonomía de Castilla y León) ne fut prévu pour quelque langue que ce soit, y compris le castillan. Il n'existait aucune disposition ni au sujet de la langue officielle ni d'une langue co-officielle. Tout au plus, pouvait-on lire au paragraphe 2 de l'article 3 qu'une loi des Cortes de la Castille-et-Léon doit déterminer les services de l'administration de la Communauté en tenant compte des critères de décentralisation, d'efficacité, de coordination des fonctions et des traditions historiques et culturelles; il est possible que, parmi les traditions historiques et culturelles, on ait pensé aux langues historiques:

Artículo 3.

Sede.

1) Constituidas las Cortes de Castilla y León en la villa de Tordesillas, aprobarán, en su primera sesión ordinaria, la Ley que determine la sede o sedes de sus Instituciones de autogobierno por mayoría de dos tercios.

2) Una ley de las Cortes de Castilla y León determinará la ubicación de los organismos o servicios de la Administración de la Comunidad a propuesta de la Junta, atendiendo a criterios de descentralización, eficacia, coordinación de funciones y a la tradición histórico-cultural.

Article 3

Siège

1) Les Cortes de la Castille-et-Léon constituées dans la ville de Tordesillas doivent approuver, lors de leur première session ordinaire, la loi qui déterminera le siège ou les sièges de institutions d'autogouvernement à la majorité des deux tiers.

2) Une loi des Cortes de la Castille-et-Léon déterminera l'emplacement des organismes ou les services de l'administration de la Communauté, sur proposition de la Junte, en tenant compte des critères de décentralisation, d'efficacité, de coordination des fonctions et des traditions historiques et culturelles.

Le castillan devint donc, en vertu de l'art. 3 de la Constitution espagnole de 1978, la seule langue officielle de cette Communauté autonome. Les réformes successives du Statut d'autonomie finirent par accorder une certaine reconnaissance, d'ordre symbolique, au léonais et au galicien. Toutefois, aucune reconnaissance, même symbolique n'a été accordé ni à l'estrémadurien ni au basque.

4 La politique linguistique

La dénomination officielle pour désigner le gouvernement autonome est Gobierno de Castilla y León  (en français: gouvernement de la Castille-et-Léon), ce qui correspondrait à un «Exécutif gouvernemental». Le gouvernement est aussi appelé Junta de Castilla y León : «Junte de Castille-et-Léon». Le gouvernement est composé du président ("Presidente"), de deux vice-présidents ("Vicepresidente") et de «conseillers» ("Consejeros») équivalant à la fonction de «ministres». Le président est élu par le Parlement de Castille-et-Léon ou Cortes de Castilla y León, mais nommé par le roi d'Espagne.

À l'instar des autres Communautés autonomes, la Castille-et-Léon utilise les termes Consejerías (ancien français: «conseillerie»), ainsi que consejeiro / consejera (fr. «conseiller / conseillère»), qui servent à désigner les ministères et les ministres du gouvernement de Castille-et-Léon. On peut, en français, employer l'expression «ministre-conseiller» (ou «ministre-conseillère»), voire simplement «ministre», pour rendre compte adéquatement du terme consejero / consejera ; le terme français «conseiller» correspond mal à la fonction dévolue aux conselleiros / conselleiras en Espagne, car ces postes n'ont rien à voir avec une «personne qui donne des conseils» conseiller juridique, conseiller d'orientation, etc. ou qui fait partie, par exemple, d'un conseil municipal. De plus, le mot vicepresident (fr. «vice-président») sert d'équivalent à «premier ministre». En Espagne, les termes ministerio (fr. «ministère») et ministro / ministra (fr. «ministre») désignent les ministères et les ministres du gouvernement central, et non ceux des Communautés autonomes; le premier ministre du gouvernement espagnol est désigné par l'expression Primer ministro (fr. «premier ministre»).  

La plus grande partie de la politique linguistique du gouvernement de Castille-et-Léon est définie dans la Loi organique 14/2007 du 30 novembre sur la réforme du Statut d'autonomie Castille-et-Léon, le décret 7/2002 du 10 janvier instaurant le programme d'études de l'enseignement secondaire obligatoire de la Communauté de Castille-et-Léon, la loi 12/2002 du 11 juillet sur le patrimoine culturel de Castille-et-Léon, ainsi que l'ordonnance 965/2005 du 14 juillet instaurant la matière facultative de l'enseignement secondaire obligatoire «Langue et culture galiciennes» et son approbation dans le programme d'études.

4.1 Le statut officiel du castillan par défaut

Le Statut d'autonomie accordé à cette région autonome en 1983 n'accordait aucune reconnaissance officielle ni au castillan ni à aucune autre langue. En conséquence, seul l'article 3 (trois paragraphes) de la Constitution espagnole s'appliquait dans la Communauté autonome de Castille-et-Léon, car le castillan est la langue espagnole officielle de l'État, donc de celle de ses États constitutifs :

Artículo 3

1) El castellano es la lengua española oficial del Estado. Todos los españoles tienen el deber de conocerla y el derecho a usarla.

2) Las demás lenguas españolas serán también oficiales en las respectivas Comunidades Autónomas de acuerdo con sus Estatutos.

3) La riqueza de las distintas modalidades lingüísticas de España es un patrimonio cultural que será objeto de especial respeto y protección.

Article 3

1) Le castillan est la langue espagnole officielle de l'État. Tous les Espagnols ont le devoir de le connaître et le droit de l'utiliser.

2) Les autres langues espagnoles seront également officielles dans les Communautés autonomes respectives en accord avec leurs Statuts. 

3) La richesse des diverses modalités linguistiques de l'Espagne est un patrimoine culturel qui doit être l'objet d'une protection et d'un respect particuliers.

De toute façon, il n'existe aucune loi particulière adoptée par les Cortes de la Castille-et-Léon proclamant le castillan comme langue officielle. Le castillan est par conséquent la «langue officielle par défaut» ou de facto (dans les faits). Ce fait témoigne aussi de l'absence de «problèmes» en matière de langue.

Rappelons que, si tous les Espagnols ont le devoir de connaître le castillan, cette obligation ne s'applique pas au catalan, au basque et au galicien (en Galice), encore moins aux autres langues comme le léonais ou l'estrémadurien. L'utilisation de ces langues minoritaires en Espagne ne constitue pas une obligation, mais simplement un droit. Les langues ne sont donc pas officielles au même degré: la langue officielle de toute l'Espagne demeure le castillan, ce qui lui assure une préséance certaine.  Il faut bien comprendre que, en termes de droits linguistiques, la Constitution espagnole reconnaît deux catégories de citoyens et deux catégories de territoires.

Ainsi, la Constitution prévoit un État espagnol unilingue composé de territoires officiellement unilingues (les castillanophones) et de territoires officiellement bilingues (pour les Catalan, les Basques et les Galiciens). Comme la Constitution espagnole est muette sur le galicien en dehors de la Galice, le léonais ou l'estrémadurien, et que le Statut d'autonomie n'en fait pas davantage mention, seul le castillan bénéficie du statut d'officialité. Néanmoins, les diverses langues du territoire de la Communauté bénéficient d'une certaine reconnaissance en tant que «patrimoine culturel».

4.2 La reconnaissance du patrimoine linguistique et culturel 

Au sein de la Communauté autonome de Castille-et-Léon, toutes les langues font partie du patrimoine culturel, y compris le castillan. Ainsi, l'article 4 du nouveau Statut d'autonomie de 2007 (Loi organique 14/2007 du 30 novembre sur la réforme du Statut d'autonomie Castille-et-Léon) considère que la langue castillane et le patrimoine historique, artistique et naturel constituent des valeurs essentielles pour l'identité de la Communauté de Castille-et-Léon, et qu'ils font l'objet d'une protection et d'un soutien particuliers:

Article 4

Valeurs essentielles

La langue castillane et le patrimoine historique, artistique et naturel constituent des valeurs essentielles pour l'identité de la Communauté de Castille-et-Léon, et font l'objet d'une protection et d'un soutien particuliers, pour tout ce qui favorisera la création d'organismes répondant à cette fin.

En droit, ce genre de disposition n'a autre valeur que symbolique. Il en est ainsi de l'article 5 de la Loi organique 14/2007 (par. 1), qui proclame que «le castillan fait partie du patrimoine historique et culturel le plus précieux de la Communauté», ce qui correspond à un fait social, non à un droit individuel quelconque:

Article 5

La langue castillane et le reste du patrimoine linguistique de la Communauté

1) Le castillan fait partie du patrimoine historique et culturel le plus précieux de la Communauté; il est répandu sur tout le territoire national et dans beaucoup d'autres États. La Junte de Castille-et-Léon favorise l'usage correct du castillan dans les domaines de l'éducation, de l'administration et de la culture.

Aussi, la Junte doit promouvoir son apprentissage dans le domaine international, particulièrement en collaboration avec les universités de la Communauté qui peut adopter des mesures qu'elle considère appropriées.

La seule obligation relève de la Junte de Castille-et-Léon: favoriser l'usage correct du castillan dans les domaines de l'éducation, de l'administration et de la culture. Quant à promouvoir son usage au plan international, c'est plus difficile dans la mesure où les relations internationales relèvent de la juridiction de l'État espagnol.

De plus, les paragraphes 2 et 3 de l'article 5 de la Loi organique 14/2007 concernent deux langues régionales, le léonais et le galicien:

Article 5

2) Le léonais doit faire l'objet d'une protection spécifique de la part des institutions par sa valeur particulière dans le patrimoine linguistique de la Communauté. Sa protection, son usage et sa promotion feront l'objet d'une réglementation.

3) La langue galicienne bénéficie du respect et de la protection dans les endroits où elle est habituellement utilisée.

De telles dispositions n'ont de valeur qu'au plan culturel, car elles n'accordent aucun droit linguistique aux citoyens parlant ces langues. Il faut chercher longtemps pour constater comment le léonais pourrait faire l'objet d'une protection de la part des institutions, il n'y a strictement rien dans les faits. Les Cortes ont également adopté un loi sur la patrimoine culturel: la loi 12/2002 du 11 juillet sur le patrimoine culturel de Castille-et-Léon (Ley 12/2002, de 11 de julio, de Patrimonio Cultural de Castilla y León). Cette loi précise que les divers parlers et différentes langues, diverses variétés dialectales et modalités linguistiques, qui ont été utilisés traditionnellement dans le territoire de la Communauté de Castille-et-Léon, font partie du «patrimoine linguistique»:

Article 64

Définition

Font partie du patrimoine linguistique de Castille-et-Léon les divers parlers et différentes langues, variétés dialectales et modalités linguistiques qui ont été utilisés traditionnellement dans le territoire de la Communauté de Castille-et-Léon.

En tant qu’expression de la culture d'un peuple, la langue donne vie à la diversité humaine. En tant que bien commun, la langue mérite donc d'être conservée, mais il s'agit d'un vœu pieux s'il n'existe pas de moyens prévus à cet effet. L'article 65 de la loi 12/2002 du 11 juillet énonce que l'Administration compétente adopte les mesures adéquates visant la protection et la diffusion des différentes manifestations du patrimoine linguistique de la Castille-et-Léon, ce qui est peu:
 

Article 65

Mesures de protection

1) L'Administration compétente adopte les mesures adéquates visant la protection et la diffusion des différentes manifestations du patrimoine linguistique de la Castille-et-Léon, en prenant en considération les caractéristiques et les circonstances spécifiques de chacune d'elles.

2) En outre, elle veille à l'intégrité des valeurs des œuvres littéraires et de la pensée des auteurs reliés au territoire de la Communauté de Castille-et-Léon, lorsqu'elles ne constituent pas l'existence de particularités acceptables pour l'exercice des actions en défense du droit intellectuel d'auteur.

Il est tout de même curieux que l'estrémadurien, parlé dans le sud de la Salamanque, ainsi que le basque à Treviño ne soient jamais mentionnés.

Comme on peut le comprendre, tous les représentants des minorités linguistiques, surtout les locuteurs du galicien (Bierzo) et du basque (Treviño), demandent un élargissement de leurs droits linguistiques. Les groupes minoritaires exigent plus qu'un texte symbolique sur le patrimoine linguistique, mais des droits qui permettraient l'enseignement de leur langue dans les écoles primaires, des affiches et des services municipaux bilingues dans les municipalités où ils sont en nombre suffisant. En réalité, ils demandent un caractère de co-officialité dans les quelques municipalités où ils résident, sur la base, par exemple, des droits des Aranais en Catalogne, ou de ceux des bascophones en Navarre. La reconnaissance du statut officiel des langues minoritaires supposerait la normalisation de leur usage juridique dans les administrations locales du Bierzo et de Treviño.

De plus, les minorités considèrent comme inacceptable que l'Institut castillan et léonais de la langue ("Instituto Castellano y Leonés de la Lengua") ne prévoit aucune activité ni quelque recherche que ce soit sur d'autres langues que le castillan. L'Institut castillan et léonais de la langue est une fondation parrainée par la Junte de Castille-et-Léon; il a comme objectifs de diffuser et de promouvoir l'usage et la connaissance de la langue castillane, ainsi que de soutenir la formation des enseignants en castillan à tous les niveaux de l'enseignement.

Les représentant de ces minorités déplorent aussi la quasi-absence de ce leurs langues dans les médias de la Castille-et-Léon (télévision, radio, presse, Internet, etc.). Il n'existe à cet effet aucune politique culturelle qui serait éventuellement étendue à l'industrie cinématographique et audiovisuelle ou dans les diverses activités artistiques et littéraires, la production de livres et de publications, etc.

4.3 La langue de la Communauté autonome

Aucun autre texte juridique ne fait aucune allusion à la langue officielle de la Communauté autonome, ni à d'autres langues, sauf dans le domaine de l'éducation. La Communauté autonome de Castille-et-Léon est massivement castillane, ce qui ne surprend guère, car ce territoire est à la source de l'expansion de cette langue dans toute l'Espagne.

Quoi qu'il en soit, aucune autre langue n'est utilisée au parlement de la Castille-et-Léon, ni dans les tribunaux, ni dans l'Administration. Comme le castillan est la langue officielle et que tous les citoyens connaissent cette langue, seul le castillan est employé. Les seuls documents écrits et déposés dans un tribunal doivent être rédigés en castillan.

En ce qui a trait aux services gouvernementaux, tant ceux du pouvoir central que ceux de la Communauté autonome, l'Administration s'en tient aux dispositions constitutionnelles qui déclarent que le castillan est la langue officielle. Si, par inadvertance, un citoyen fait parvenir une lettre dans un bureau du gouvernement, l'Administration se contente de retourner le document sans même y répondre. Toutes les dénominations des municipalités doivent être en castillan, y compris celles situés dans les régions minoritaires comme dans le district de Treviño (de langue basque), de Bierzo (de lanfgue galicien), de El Payo ou de Lagunilla (de langue estrémadurienne).

De plus, la Junte de la Castille-et-Léon a créé un institut destiné à diffuser et promouvoir l'usage et la connaissance de la langue espagnole: l'Institut castillan et léonais de la langue ou Instituto Castellano y Leonés de la Lengua. Cet organisme dispose de statuts dont l'objectif est voué à la seule langue espagnole.

Estatutos de la fundación instituto castellano leonés de la lengua

Artículo 1

Denominación

La Fundación Instituto Castellano y Leonés de la Lengua es una organización privada sin ánimo de lucro, que se constituye al amparo del derecho reconocido por el artículo 34.1 de la Constitución Española, de la Ley 50/2002 de 26 de diciembre de Fundaciones, de la Ley 13/2002, de 15 de julio de Fundaciones de Castilla y León, y cuyo patrimonio se halla afectado de forma duradera, por voluntad de sus creadores a la realización de los fines de interés general señalados en los presentes Estatutos.

Artículo 8

Fines

1)
La fundación tendrá como finalidad esencial:

a. Con carácter general, difundir y promover el uso y conocimiento del idioma español.

b. Promover y apoyar la formación del profesorado de español en todos los grados de enseñanza.

2) Para el cumplimiento de sus fines, la Fundación podrá realizar, entre otras, las siguientes actividades:

a. Organizar cursos, congresos, exposiciones, certámenes y cualquier acto cultural relacionado con el mejor conocimiento y difusión del idioma español.

b. Establecer comisiones y grupos de trabajo que realicen investigaciones, estudios y proyectos relacionados con los fines de la Fundación.

c. Editar trabajos o estudios de investigación que por su relación con los fines de la Fundación y por su calidad se consideren de interés.

d. Mantener relaciones con otras entidades, tanto públicas como privadas, con el propósito de desarrollar estudios y colaborar con la edición de obras en castellano.

e. Crear centros de estudios que tiendan al perfeccionamiento de los docentes de la lengua española.

f. Crear centros que contribuyan a conservar y difundir el idioma.

g. Promover la presencia en España y en especial de Castilla y León de estudiantes interesados en el conocimiento del español.

h. Colaborar en todos los órdenes con las instituciones que directa o indirectamente tiendan a difundir, conservar o perfeccionar el español.

i. La creación y concesión de premios para trabajos tanto científicos como literarios que contribuyan a la pureza y difusión del español.

j. Actuar ante los poderes públicos en defensa de la lengua española, evitando su discriminación o la de sus usuarios.

k. En general, todas aquellas actividades que acuerde el órgano de gobierno de la Fundación para la mejor consecución del fin último de ésta.

Statuts de la fondation de l'Institut castillano-léonais de la langue

Article 1er

Dénomination

La Fondation de l'Institut castillan et léonais de la langue est une organisation privée sans but lucratif, qui est constituée grâce à la protection du droit reconnu par l'article 34.1 de la Constitution espagnole, de la loi 50/2002 du 26 décembre sur les fondations, de la loi 13/2002 du 15 juillet sur les fondations de la Castille-et-Léon, et dont le patrimoine est touché de manière durable, par la volonté de ses créateurs à la réalisation des objectifs d'intérêt général signalés dans les présents statuts.

Article 8

Objectifs

1)
La fondation a pour objectif essentiel :

a. De façon générale, de diffuser et de promouvoir l'usage et la connaissance de la langue espagnole.

b. De promouvoir et de soutenir la formation du corps professoral de l'espagnol à tous les niveaux de l'enseignement.

2) Pour l'atteinte de ses objectifs, la Fondation peut effectuer, entre autres, les activités suivantes :

a. Organiser des cours, congrès, expositions, concours et toute autre activité culturelle en rapport avec la meilleure connaissance et diffusion de la langue espagnole.

b. Instituer des commissions et des groupes de travail qui effectuent des recherches, études et projets en rapport avec les buts de la Fondation.

c. Publier des travaux ou des études de recherche qui, par leur relation avec les buts de la Fondation et par leur qualité, sont considérées d'intérêt général.

d. Maintenir des relations avec d'autres organismes, tant publics que privés, dans le but de susciter des études et collaborer avec l'édition d'œuvres en castillan.

e. Créer des centres d'études qui tendent au perfectionnement des enseignants de langue espagnole.

f. Créer des centres qui contribuent à conserver et à diffuser la langue.

g. Promouvoir la présence en Espagne et particulièrement en Castille-et-Léon d'étudiants intéressés à la connaissance de l'espagnol.

h. Collaborer dans toutes les disciplines avec les institutions qui tendent directement ou indirectement à diffuser, conserver ou perfectionner l'espagnol.

i. Créer et décerner des prix pour des travaux tant scientifiques que littéraires contribuant à la pureté et à la diffusion de l'espagnol.

j. Agir auprès des pouvoirs publics pour la défense de la langue espagnole, en évitant sa discrimination ou celle de ses usagers.

k. En général, toutes ces activités que décide l'organisme gouvernemental de la Fondation pour mieux atteindre l'objectif ultime de celle-ci.

Or, les représentants des groupes minoritaires contestent cet objectif exclusivement voué à la langue espagnol (le castillan). Ils désireraient que cet organisme défende aussi les langues minoritaires du territoire, c'est-à-dire le léonais, le galicien, le basque et l'estrémadurien. Ils considèrent que la dénomination même de l'institut — Instituto Castellano y Leonés — porte mal son nom, puisqu'elle ignore même le léonais. En fait, le nom de cet organisme témoigne du peu d'intérêt des autorités pour les autres langues que le castillan.

4.4 L'éducation

Compte tenu de la législation en vigueur, les écoles publiques dans la Communauté autonome de Castille-et-Léon sont dans l'obligation de dispenser un enseignement en castillan.

- La législation

En ce sens, la Castille-et-Léon respecte les dispositions de la Loi organique espagnole 2/2006 du 3 mai sur l'éducation (Ley Orgánica 2/2006, de 3 de mayo, de Educación). Dans l'enseignement primaire, c'est l'article 17 qui s'applique:

Article 17

Objectifs de l'enseignement primaire

L'enseignement primaire doit contribuer à développer chez les filles et les garçons des habiletés qui leur permettent :

e. De connaître et d'utiliser de manière appropriée la langue castillane et, s'il y a lieu, la langue co-officielle de la Communauté autonome et de développer des habitudes de lecture.

f. D'acquérir dans au moins une langue étrangère les compétences de base en communication, qui leur permettent d'exprimer et de comprendre des messages simples et de fonctionner dans des situations quotidiennes.

L'enseignement se fait donc en langue castillane et, s'il y a lieu, la langue co-officielle de la Communauté autonome. En Castilla-et-Léon, il n'y a pas de langue co-officielle. De plus, l'Ordonnance EDU/519 du 17 juin 2014 établissant le programme d'études et réglementant la mise en œuvre, l'évaluation et développement de l'enseignement primaire dans la communauté de Castille-et-Léon précise également l'exclusivité de la langue castillane:

Article 4

Objectifs du niveau de l'enseignement primaire

Conformément aux dispositions de l'article 17 de la
Loi organique 2/2006 du 3 mai sur l'éducation dans la Communauté de Castille-et-Léon, le niveau de l'enseignement primaire doit aider à développer chez les élèves les compétences nécessaires pour leur permettre:

e) De connaître et d'utiliser de manière appropriée la langue castillane et de développer des habitudes de lecture.

f) D'acquérir, dans au moins une langue étrangère, les compétences nécessaires pour leur permettre d'exprimer et de comprendre les messages et les fonctions simples dans des situations quotidiennes.

Quant à l'enseignement secondaire, c'est l'article 23 de la même Loi organique espagnole n° 2 de 2006:

Article 23

Objectifs

L'enseignement secondaire obligatoire doit contribuer à développer chez les élèves les habiletés qui leur permettent :

h. De comprendre et d'exprimer correctement, à l'oral et à l'écrit, dans la langue castillane et, s'il y a lieu, dans la langue co-officielle de la Communauté autonome, des textes et des messages complexes, et débuter leurs connaissances par la lecture et l'étude de la littérature.

i. De comprendre et de s'exprimer dans une ou plusieurs langues étrangères de manière appropriée.

Étant donné que la Communauté autonome de la Castille-et-Léon n'a pas de «langue co-officielle», la seule langue d'enseignement est le castillan. De plus, dans toutes les écoles, on n'enseigne que la langue et l'histoire de la Castille, en ignorant généralement l'histoire et la culture spécifiques de la Communauté autonome.

Pour ce qui est de la Communauté autonome, l'article 3 du décret 7/2002 du 10 janvier instaurant le programme d'études de l'enseignement secondaire obligatoire de la Communauté de Castille-et-Léon énonce les matières obligatoires de l'enseignement secondaire:

Article 3

Secteurs et matières

1) Les matières obligatoires de l'enseignement secondaire obligatoire sont les suivants :

sciences de la nature;
sciences sociales, géographie et histoire;
éducation physique;
éducation plastique et visuelle;
langue et littérature castillanes;
langues étrangères;
mathématiques;
musique;
technologie.

- Le galicien

Rappelons que la loi 12/2002 du 11 juillet sur le patrimoine culturel de Castille-et-Léon énonce que l'Administration compétente adopte les mesures adéquates visant la protection et la diffusion des différentes manifestations du patrimoine linguistique de la Castille-et-Léon, en prenant en considération les caractéristiques et les circonstances spécifiques de chacune d'elles (art. 65). On s'attend donc à ce qu'il y ait des mesures de prévues pour les langues minoritaires.

En ce qui a trait aux minorités, seule la langue galicienne peut être enseignée à titre de matière facultative en quatrième année du secondaire. Tel est le libellé de l'article 1 de l'ordonnance 965/2005 du 14 juillet instaurant la matière facultative de l'enseignement secondaire obligatoire «Langue et culture galiciennes» et son approbation dans le programme d'études:

Article 1er

Offre de la matière facultative «Langue et culture galiciennes»

1)
Les établissements d'enseignement dans les territoires limitrophes avec la Communauté autonome de Galice, qui offrent le programme pour la promotion de la langue galicienne et dispensent un enseignement secondaire obligatoire, peuvent offrir aux élèves de la quatrième année un enseignement de la matière facultative appelée «Langue et culture galiciennes».

Dans ce cas, la matière enseignée doit être dispensée par un enseignant autorisé en galicien. Le ministère de l'Éducation et de la gestion scolaire de la castille-et-Léon et celui de la Galice ont signé un accord de coopération en juillet 2001 afin de concrétiser l'enseignement en galicien «comme matière facultative» dans les écoles du district de Bierzo. La Dirección General de Planificación y Ordenación Educativa a implanté le programme ("Programa para la Promoción del Idioma Gallego") dans les établissements de la maternelle et du primaire pour l'année 2002-2003. 

Toutefois, cet enseignement n'a pas été si simple à obtenir dans les faits. L'Association cuturelle Fala Ceibe de Bierzo ("Asociación cultural Fala Ceibe do Bierzo") a dénoncé les obstacles administratifs qui se sont dressés de la part de certains établissements, notamment à Ponferrada, lorsque les parents veulent exercer leur droit à obtenir cette matière facultative. L'association a demandé au procureur ("Procurador") de la Communauté autonome de faire enquête. Mais il s'agit là d'établissements très minoritaires, car il existait au cours de l'année scolaire 2008-2009 près d'une vingtaine d'établissements d'enseignement offrant cette matière facultative à plus de 1000 élèves.  Néanmoins, la décision finale sur l'offre de cours relève toujours de la direction des établissements scolaires, ce qui rend parfois difficile l'obtention de ces cours. Certains administrateurs ne croient pas à cet enseignement et allèguent qu'il est inutile. Beaucoup de parents préfèrent ne pas présenter de plaintes formelles devant les instances officielles afin d'«éviter des problèmes» ("evitar problemas").

Quoi qu'il en soit, les nationalistes galiciens réclament dans le district la restauration de la toponymie galicienne, la création d'une section de langue galicienne dans le Centre d'innovation de Ponferrada et l'affichage en galicien.

- Le basque

Pour ce qui est du basque, il subsiste des difficultés à ce sujet dans le district de Treviño. En 2002, la mairie de La Puebla de Arganzón avait signé un accord ("convenio") avec le gouvernement basque sur l'enseignement de la langue basque dans le cadre du développement en matière d'éducation et de culture. On voulait que le basque soit enseigné dans les écoles primaires et autoriser l'affichage des édifices municipaux ainsi que les noms de rues à la fois en castillan et en basque.

Toutefois, la mairie avait négligé d'obtenir au préalable l'autorisation de la Communauté autonome de la Castille-et-Léon. En octobre 2005, le Tribunal supérieur de la justice de Castille-et-Léon a annulé l'accord du 12 mars 2002. Cette décision a été contestée devant les tribunaux par la mairie d'Arganzón et par le gouvernement basque, qui considéraient qu'il ne revenait pas à la Communauté autonome de la Castille-et-Léon de statuer sur les compétences des institutions basques. Cependant, le Tribunal suprême ("Tribunal Supremo") de Madrid, la cour de dernière instance en Espagne, a rejeté en décembre 2008 les demandes des requérants et réitéré que les accords signés devaient avoir été autorisées par la Communauté de Castille-et-Léon.

Par conséquent, l'enseignement du basque n'est pas autorisé, mais le Tribunal suprême a aussi estimé que l'emploi du basque (euskara) dans les  affiches municipales et les noms de rues du district de Treviño est une décision qui relevait de la juridiction des municipalités en tant qu'information ou prestation de services.

Actuellement, le district de Treviño est dirigé par le Parti populaire, qui soutient que le district doit rester dans la province de Burgos, mais les élus municipaux favorisent, pour leur part, des liens avec le gouvernement basque et un programme d'enseignement pour faire apprendre au primaire la langue basque aux enfants. Il faut souligner que de nombreux castillanophones rejettent ce qu'ils appellent des «positions maximalistes» ("posturas "maximalistas") chez ceux qui utilisent la langue comme «un drapeau politique au service d'intérêts partisans» ("bandera política al servicio de intereses partidistas").

Cela étant dit, le vice-ministre de l'Éducation, Fernando Sánchez Pascuala, a déclaré à la presse en août 2007 que le gouvernement n'excluait pas de conclure des ententes avec le gouvernement du Pays basque afin d'implanter des cours facultatifs de basque ("eusquera") dans les écoles du district de Treviño.

- Le léonais

Il n'existe pas vraiment d'enseignement en léonais. Cependant, en août 2007, le vice-ministre de l'Éducation (Fernando Sánchez Pascuala), a affirmé que la Junte de Castille-et-Léon est «une administration très ouverte et collaboratrice» ("«una administración muy abierta y colaboradora»") en vue d'inclure le léonais dans les programmes d'études des élèves du primaire ou du secondaire. Il a aussi déclaré: «Nous arriverons sûrement à un accord pour sa possible implantation.» Le représentant du gouvernement a aussi souligné que pour l'année 2008 la Communauté autonome comptera 125 établissements d'enseignement bilingues sur l'ensemble du territoire, dans lesquels les élèves pourront s'exprimer en anglais, en français et en allemand. L'intention du gouvernement est de disposer de plus de 500 établissements d'enseignement bilingues, ce qui implique environ 50 % des collèges ("colegios") et des instituts ("institutos") de la Communauté autonome. Selon le gouvernement, la plus grande difficulté réside dans l'absence de formation linguistique chez le corps professoral.

Depuis le mois de février 2008, le léonais est enseigné dans deux écoles de la ville de León. Les autorités scolaires locales ont déclaré que cette langue serait enseignée dans toutes les écoles de la Castille-et-Léon.

- Les universités

Toutes les universités n'enseignent qu'en castillan, hormis celles où les départements sont spécialisés dans les langues étrangères ou l'une des langues espagnoles reconnues (galicien, catalan ou basque). Dans la plupart des universités de la Communauté autonome, le castillan (espagnol) est enseigné comme langue étrangère aux étudiants étrangers. Les universités offrent dans leurs programmes des cours de langue et de culture espagnoles ou des cours d'études hispaniques. Ces cours sont sanctionnés par l'obtention du «diplôme d'espagnol comme langue étrangère» (DELE: "Diploma de Español como Lengua Extranjera").

4.5 Les médias

Dans le territoire de la Communauté autonome de la Castille-et-Léon, la totalité des journaux et magazines est en castillan, peu importe la province où ils sont diffusés, que ce soit l'Adelanto (Salamanque), le Diario de Burgos (Burgos), le Diario de León (Léon), le Norte de Castilla(Valladolid), la Tribuna de Salamanca (Salamanque), etc. Il n'existe pas de journal pour les minorités linguistiques, sauf pour les galégophones qui utilisent les journaux de la Galice.

Les médias électroniques sont également en castillan, tant à la radio qu'à la télévision. Il en est ainsi de TV Castilla y León, de Ceres TV (Valladolid), de Valladolid OM COPE (Valladolid), de Onda Cero Castilla y León (Segovia), de Radio Bierzo - Ponferrada (León), de Onda Sbay - Benbibre (León), de Kiss FM - Astorga (León), etc. Quant aux galégophones, ils ont réclamé qu'on améliore la réception du signal de la Radio Galicienne (RG) et de la Télévision de la Galice (TVG) dans le Bierzo.

La politique de la Communauté autonome de la Castille-et-Léon en est une de non-intervention. Il est inutile de protéger le castillan, une langue parlée par toute la population, si l'on fait exception des immigrants arrivés récemment. Quant aux langues minoritaires, elles ont été déclarées pour la plupart comme des «dialectes», donc comme des variantes de l'espagnol, qu'il ne convient pas de protéger.

La législation fait allusion au léonais et au galicien, mais pour les classer comme un bien du «patrimoine linguistique», au même titre que le castillan. Ce ne sont pas des vœux pieux qui vont assurer une protection quelconque aux langues minoritaires. D'ailleurs, le léonais, qu'on l'appelle asturien ou estrémadurien, est considérée dans le Livre Rouge de l'UNESCO sur les langues en danger comme en voie d'extinction. Seul le galicien de Bierzo survit malgré tout, du fait qu'il est parlé dans une région contiguë avec la Galice. Le gouvernement local fait entendre qu'il est ouvert aux accommodements en la matière, mais les réalisations tardent indéfiniment. Même le nouveau Statut d'autonomie de 2007 s'en est tenu encore aux patrimoine linguistique, ce qui se révèle nul en terme de droit linguistique.

C'est pourquoi les représentants des deux principales minorités, le Bierzo (galicien) et le Treviño (basque), sont fort insatisfaits de leur statut actuel. Ils réclament tous un statut de co-officialité territorial dans leur district respectif. Pour leur part, les institutions publiques de la Galice et du Pays basque ont manifesté leur intention d'accorder toute la collaboration nécessaire en vue d'obtenir la normalisation linguistique souhaitée, mais la Junte de la Castille-et-Léon se retranchent dans l'inaction et la passivité. Pourtant, les langues minoritaires ne sauraient constituer une menace pour la toute-puissante langue castillane. Mais la tradition en Espagne est de n'accorder des droits qu'aux langues co-officielles (galicien, catalan et basque) reconnues par la Constitution et les statuts d'autonomie. Ce qui apparaît valable pour le galicien en Galice et le basque au Pays basque ne l'est manifestement plus en Castille-et-Léon.

Dernière mise à jour: 11 déc. 2015
   

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