Communauté valencienne
Communauté valencienne
(Comunitat Valenciana)

Pays valencien - País Valencià

(Espagne)

Capitale:  Valence 
Population: 3,7 millions (2005)
Langue officielle: castillan et valencien (catalan) 
Groupe majoritaire: castillan (60 %) 
Groupes minoritaires: valencien (40 %) 
Système politique: l’une des 17 communautés autonomes d’Espagne 
Articles constitutionnels (langue): art. 3 de la Constitution espagnole de 1978, art. 7 du Statut d'autonomie (1982) et art. 7, 12, 16, 29, 33, 46 et 89 du Statut d'autonomie de 2006
Lois linguistiques: Loi sur l'usage et l'enseignement du valencien (1983); Règlement du Parlement valencien déclarant dans son article 1er la co-officialité de la Chambre pour le castillan et le valencien, la dénomination que reçoit la langue catalane au Pays valencien (1983); Loi sur la création de la société publique de Radiotélévision valencienne (RTVV) et la réglementation des services de radiodiffusion et de télévision de la Generalitat de Valence (1984); Décret sur la signalisation des voies et des services publics dans le domaine territorial de la Communauté valencienne (1986); Décret établissant la composition et les fonctions de la Commission interdépartementale pour l'application de l'usage du valencien (1988); Loi sur les routes de la Communauté valencienne (1991); Décret réglementant la procédure pour modifier le nom des municipalités (1992); Ordonnance sur l'usage des langues officielles dans la toponymie, la signalisation routière et l'affichage des services publics (1993); Décret réglementant le Journal officiel de la Generalitat de Valence (1997); Loi sur la création de l'Académie valencienne de la langue (1998); Décret approuvant le Règlement sur la sélection, le pourvoi des postes et des carrières du personnel administratif prévu dans le cadre d'application de la Loi sur la fonction publique de Valence (1999); Loi sur les livres (2002); Décret approuvant le Règlement de l'Académie valencienne de la langue (2002); Loi sur les droits et l'information aux patients de la Communauté valencienne (2003); Loi sur la publicité institutionnelle de la Communauté valencienne (2003); Décret établissant les contenus éducatifs du premier cycle de l'éducation enfantine dans la Communauté valencienne (2008).

1 Situation générale

La Communauté valencienne constitue l’une des 17 communautés autonomes d’Espagne. C'est une région de 23 305 km² (4,6 % de la superficie du pays) située au sud de la Catalogne, sur la côte est de l’Espagne, face aux îles Baléares.

La Communauté valencienne compte trois provinces administratives: Alacant/Alicante, Castelló/Castellón et València/Valencià (voir la carte détaillée). Comme on le sait, toute la partie nord de cette région de l’Espagne fait partie de l’aire linguistique du catalan, une langue romane

On utilise deux dénominations différentes pour désigner cette région : Communauté valencienne (val.: Comunitat Valenciana; esp.: Comunidad Valenciana) ou Pays valencien (val.: Pais València; esp.: País Valencià). De façon générale, l'expression «Communauté valencienne», une terminologie administrative, désigne une réalité politique, l'Espagne étant divisée en 17 Communautés autonomes, alors que le «Pays valencien», une terminologie traditionnelle, renvoie à une réalité historique, l'ancien royaume de Valence. En fait, les Espagnols ont tendance à privilégier nettement Comunidad Valenciana, mais les nationalistes valenciens vont préférer Pais València, parce que l'expression est liée au particularisme valencien. C'est pourquoi on dit le plus souvent Comunidad Valenciana en castillan, mais Pais València en valencien. Bref, les deux expressions ne couvrent pas vraiment la même réalité, l'une est politique, l'autre historique et teintée de nationalisme. Pour un étranger, les deux appellations n'ont aucune connotation tendancieuse: c'est pareil.

Le drapeau valencien, appelé la Reial Senyera, reprend les couleurs du royaume d'Aragon, comme en Catalogne et aux îles Baléares, soit les quatre barres rouges sur fond or, mais avec une différence notable avec la présence d'une bande bleue surmontée d'une couronne.

2 Données démolinguistiques

La population de la Communauté autonome valencienne était de 3,7 millions d'habitants en 2005. Les langues officielles de cette région sont le valencien (variété catalane) et le castillan. La terminologie officielle pour désigner le catalan dans cette Communauté autonome, c'est, en castillan, le valenciano et, en valencien, le valencià. Au Pays valencien, le castillan est la langue majoritaire dans une proportion d'au moins 60 %, et le valencien (catalan) reste la langue minoritaire dans une proportion de 40 %.

Cependant, en raison de l'immigration récente, il existe des minorités parlant l'anglaise, le portugais, le roumain, l'arabe, le français, l'allemand, etc., dans une proportion atteignant les 13 % de la population. Ainsi, la proportion des castillanophones est sûrement moindre que 60 %, celle des valencianophones, également moindre que les 40 %. Quoi qu'il en soit, selon une enquête réalisée en 2005 par le Service de recherche et d'études sociologiques de la Communauté autonome de Valence, près de 94 % de la population comprendrait le valencien, et environ 78 % affirment savoir le parler et le lire. De plus, 50 % des Valenciens sondés disent savoir l'écrire.

2.1 Les variétés valenciennes

La variété catalane parlée au Pays valencien est fragmenté en deux sous-groupes appartenant au groupe du catalan occidental: le valencien du Nord et le valencien proprement dit. Les dialectes du valencien du Nord comprennent le dialecte de Tortosa ou tortosine (prov. de Tarragona), le dialecte de Matarraña  (prov. de Teruel) en Aragon et le valencien de Maestrazgo (prov. de Castelló).

Quant au valencien proprement dit, il comprend le valencien de la Plana (prov. de Castellón), le valencien central ou apitxat, le valencien méridional, le valencien alicantin et le majorquin de Tarbena et de la vallée de la Gallinera. Ces variantes sont appelées en Espagne des «modalités linguistiques»; en français, on parlerait davantage de «particularités» linguistiques.

Malgré ses ressemblances évidentes avec le catalan de la Catalogne, le valencien diffère par un léger accent, certains variantes phonétiques, morphologiques et lexicales. Par exemple, le mot «oiseau» se dit ocell en catalan, mais pardal en valencien, le mot «sortie» sortida en catalan, mais eixida en valencien. Il existe même un dictionnaire de valencien à part entière, qui n'est pas le même que le dictionnaire catalan. À la rigueur, Valenciens et Catalans pourraient ne pas se comprendre totalement à l'oral, mais ce serait exceptionnel à l'écrit, les deux variétés étant quasiment semblables, sauf pour certains termes. 

Il ne faudrait pas croire qu'on parle le catalan, dans sa variété valencienne, sur toute l'étendue du territoire de la Communauté valencienne. Les catalanophones ou valencianophones sont surtout concentrés sur la côte est, les castillanophones, dans l'Ouest.
 

Catalan méridional (valencien septentrional)

- dialecte de Tortosa ou tortosine (prov. de Tarragona)
- dialecte de Matarraña  (prov. de Teruel) 
- valencien de Maestrazgo (prov. de Castellón)

Valencien

- valencien de la Plana (prov. de Castellón)
- valencien central ou apitxat
- valencien méridional
- valencien alicantin
- majorquin de Tarbena et de la vallée de la Gallinera

On peut accéder à deux cartes linguistiques du Pays valencien en cliquant ICI, s.v.p. En réalité, ces différences dialectales proviennent des variétés du catalan introduites par les colons de la principauté de Catalogne dans le royaume de Valence nouvellement constitué, après la reconquête des territoires musulmans par Jacques Ier d'Aragon (1213-1276) au XIIIe siècle. Depuis le Statut d'autonomie de 2006, le terme de «valencien» est officiellement reconnu pour faire référence à la langue dénommée «catalan» dans le reste de l'aire linguistique: «La langue particulière de la Communauté valencienne est le valencien» ("La lengua propia de la Comunitat Valenciana es el valenciano").

2.2 La norme orthographique du valencien

Par ailleurs, le gouvernement valencien préconise une norme du valencien orthographique officiel. Celle-ci est basée sur ce qu'on appelle en valencien les Normes de Castelló («Règles de Castello»), c'est-à-dire les Normes Ortogràfiques de Castelló («Règles orthographiques de Castello») ou encore les Normes de 32 («Règles de 1932») parce qu'elles ont été signées en 1932 par les plus importantes institutions culturelles du Pays valencien, notamment Lo Rat Penat («la chauve-souris», l’emblème de Valence apparaissant sur le blason de la Ville), une société consacrée à la promotion, la défense, l'enseignement et la diffusion de la langue et de la culture valenciennes, et la Real Academia de Cultura Valenciana (Académie royale de la culture valencienne). Le nom de Castelló désigne la ville de Castelló de la Plana, la capitale de la province de Castellón (en castillan). Ces fameuses Normes de Castelló constituent la première «règlementation» linguistique acceptée par des intellectuels valenciens qui reprenaient les normes établies par le grammairien catalan Pompeu Fabra i Poch en 1913. Il s'agissait d'une première tentative prônant l'unité de la langue catalane. À l'époque, on pouvait parler d'une sorte de compromis, du fait que ces normes paraissaient conformes à l'esprit des règles «fabriennes», tout en respectant certains principes du valencien. Il faut comprendre que ces Normes ne constituaient qu'une sorte de «guide» exposant les grands principes de l'orthographe valencienne. Voici comment Pompeu Fabra i Poch expliquait son attitude:

Nosaltres, els catalans, no desitjaríem altra cosa sinó que emprenguéssiu una obra de forta depuració del vostre idioma, encara que no us preocupéssiu gens d’acostar-vos al nostre català; que tractéssiu de descastellanitzar el valencià i, enriquint-lo, procurar acostar-lo al valencià dels vostres grans escriptors medievals., [Nous, les Catalans, ne souhaitons rien sinon que vous entrepreniez un travail de forte épuration de votre langue, et que vous ne vous occupiez point de vous rapprocher de notre catalan ; que vous tâchiez de décastillaniser le valencien et, en l'enrichissant, tenter de le rapprocher de vos grands écrivains médiévaux.]

En fait, le catalan valencien était beaucoup plus castillanisé que le catalan de Catalogne. C'est pourquoi le valencien diffère aujourd'hui du catalan sans en faire une langue différente. Mais surtout la question linguistique a dégénéré en conflits interne entre Valenciens nationalistes et Valenciens pro-castillan. Après 1932, les règles «fabriennes» ont été respectées durant une quarantaine d'années par les écrivains valenciens. Puis, au cours des années soixante-dix, le monde culturel et politique a contesté cette norme, bien que la plus grande partie de la production écrite en valencien ait continué d'être rédigée en conformité avec ces premières règles plus ou moins développées.

2.3 Le conflit linguistique valencien

La question linguistique est devenue très politisée au Pays valencien. Certains croient que le valencien est un «dialecte du catalan», alors que d'autres pensent plutôt que le valencien est une langue indépendant créée durant la dictature de Franco. Évidemment, le valencien n'est pas un dialecte du catalan, mais un dialecte du latin, comme c'est le cas pour le catalan, le castillan ou tout autre idiome parlé en Espagne et issu de cette langue-mère. Pour un linguiste, le valencien et le catalan constituent la même langue, mais avec des variantes de part et d'autre. En ce sens, le valencien et le catalan présentent tous deux des variantes phonétiques, prosodiques ou lexicales, car ce n'est pas uniquement le cas du valencien. C'est donc avant tout une question de perception et une question identitaire. Quant au prétendu rôle de Franco dans la création du valencien, ce n'est pas sorcier : Franco voulait faire disparaître le catalan au profit du castillan. Il ne voulait surtout pas en inventer un autre et en avoir deux sur les bras. En 1939, Franco affirmait: "La unidad nacional la queremos absoluta, con una sola lengua, el castellano y una sola personalidad, la española." En français, cela signifierait: «L'unité nationale, nous la voulons absolue, avec une seule langue, le castillan, et une seule personnalité, l'espagnole.» En conséquence de cette politique ont été entreprises de nombreuses mesures pour abroger le statut de la Catalogne, la faire disparaître les bannières ou autres symboles catalans, y compris les livres et les écoles.

Certains intellectuels valenciens ont développé une sorte d'anticatalanisme, car ils croyaient perdre une partie de leur identité valencienne face à la Catalogne. Les nationalistes valenciens ont soutenu, contre l'avis de la plupart des linguistes et des philologues, que le catalan et le valencien étaient deux langues différentes. Par exemple, le linguiste et philologue Josep Maria Guinot i Galan (1907-2005) déclarait dans En Torn a la Llengua valenciana :
 

Le valencien et le catalan [...] ont tellement de différences morphologiques, syntaxiques et surtout phonétiques, en dehors d’un riche vocabulaire propre et différencié, que honnêtement ils ne peuvent pas être considérés par les linguistes comme la même langue [...]; le valencien et catalan sont deux langues distinctes [...] et il est aussi absurde de vouloir unifier le valencien et le catalan qu’il le serait de vouloir unifier le castillan et le français.

- Le blavérisme

Le mouvement à l'origine de la controverse linguistique fut le «blavérisme», terme valencien («blaverisme») faisant référence à la frange de couleur bleue (blau) dans le drapeau officiel de la Communauté valencienne (voir tout au haut de cette page). Le mouvement blavériste commença dans la capitale de Valence. La disparition du franquisme et l'apparition de la démocratie déstabilisa une population en général peu instruite et soucieuse de ses frêles acquis. Le manque de culture politique et la crise économique des années soixante-dix favorisèrent les mouvements réactionnaires, dont les blavéristes qui firent de la langue leur cheval de bataille. À la fin du régime franquiste, le valencien était associé au monde rural, au folklore et au peuple, alors que le castillan était relié à l'urbanité, au modernisme et au pouvoir; le valencien était perçu comme une résidu du passé en voie de disparition.

Dans cette période de revendications autonomistes de l'après-franquisme, il se produisit un éveil de la conscience identitaire, culturelle et sociale parmi les couches populaires valenciennes, le tout en réaction aux mouvements castillanisants des classes moyennes. Les blavéristes se lancèrent dans la polémique en se servant de la langue comme d'un étendard pour favoriser leurs objectifs politiques, notamment accaparer le pouvoir local.

- L'anticatalanisme

La controverse prit une forme conflictuelle, qu'on appela le «conflit linguistique valencien» (Conflicte lingüístic valencià / conflicto lingüístico valenciano), une expression servant à désigner le conflit existant à l'origine entre le castillan dominant et le valencien, langue parlée dotée de peu prestige social. Mais le conflit linguistique prit une autre tournure, résolument anticatalane ou plutôt anti-Catalogne. Comme il devenait inutile de s'opposer aux pro-castillans, largement majoritaire au sein des classes moyennes, les blavéristes opposèrent le catalan de la Catalogne et le catalan du Pays valencien. Plus précisément, ce fut une guerre contre les Catalans eux-mêmes, préconisée d'abord par les Valenciens partisans d'une langue distincte. Puis, ces derniers s'opposèrent aux Valenciens qui prônaient l’unité linguistique de la langue catalane. Il y eut donc une guerre déclarée entre les antivalencianistes et les anticatalanistes. 

Pour les anticatalanistes valenciens, les Catalans furent considérés comme des envahisseurs prêts à une nouvelle «Reconquête» du Pays valencien et à supprimer toute «valencianité». On parla même de catalanofascisme («fascisme catalan»). Des slogans tels que Tots contra Catalunya (valencien) ou Todos contra Cataluña (castillan) firent leur apparition et des pro-catalanistes subirent des exactions. Des librairies catalanes furent incendiées, des manifestations eurent lieu afin de faire fermer le canal catalan TV3, considéré par certains anticatalanistes comme «étranger» et «incompréhensible». De leur côté, les divers gouvernements qui se sont succédé dans la Communauté valencienne ont développé une politique ambigüe à ce sujet. Pour des motifs identitaires, les gouvernements valenciens ont défendu l'emploi du terme «valencien» pour désigner la langue catalane. De chaque côté, les protagonistes tentèrent d'impliquer la population dans leur guerre linguistique. En fait, la question linguistique portait essentiellement sur le nom de la langue, sa nature, ses règles. Autrement dit, le valencien n'est pas du catalan, c'est une langue différente avec sa phonétique, sa grammaire et son vocabulaire. Le catalan, contrairement au valencien, n'englobait pas la «valencianité». Finalement, au lieu d'unifier, la langue a réussi à diviser profondément la population locale. Les blavéristes, ces tenants du valencien à tout crin, seraient sans doute associés aujourd'hui à des partisans de l'extrême-droite, mais à l'époque ils étaient perçus comme nationalistes défendant l'identité valencienne.

- Une attitude de repliement

Pendant que la Catalogne et les îles Baléares ont recours au mot «catalan» dans leur législation, la Communauté valencienne continue d'employer «valencien». Ainsi, dans la Loi sur l'usage et l’enseignement du valencien de 1983, laquelle constitue le document juridique central de toute la politique linguistique valencienne, il est impossible de trouver une référence quelconque à la «langue catalane» ou au «catalan». On trouve plutôt des expressions telles que llengua valenciana (langue valencienne), llengua de la Comunitat Autònoma (langue de la Communauté autonome), lengua pròpia de la Comunitat Valenciana (langue propre de la Communauté valencienne), llengua històrica i pròpia del nostre poble (langue historique propre de notre peuple), nostra llengua (notre langue), llengua habitual (langue habituelle), llengua oficial usada (langue officielle utilisée), llengua utilitzada (langue utilisée) ou simplement valencià (valencien) ou encore la llengua (la langue). Toute la législation linguistique valencienne s'est élaborée à avec ce type de vocabulaire.

Cela étant dit, la défense d’une «langue valencienne» distincte du catalan a eu pour effet d'isoler les Valenciens du monde catalan et de la culture catalane. De nombreux observateurs ont parlé de «xénophobie» pour décrire le chauvinisme qui a gagné nombre de Valenciens au cours des années soixante-dix, ce qui eut pour résultat de réduire au minimum les relations catalano-valenciennes. Dans les faits, il en est résulté de nombreuses difficultés dans le processus de récupération du valencien, alors que la normalisation n'a connu qu'un demi-succès, pour ne pas parler de demi-échec. Qui plus est, la langue catalane de Valence fut victime d’une politique linguistique isolationniste, appelée souvent «sécessionniste», sinon une politique de repliement sur soi.

- L'avis de l'Académie valencienne de la langue

Quant à l'Académie valencienne de la langue (Academia Valenciana de la Lengua), elle a décidé en décembre 2003 que le terme «valencien» devait continuer à être employé dans le Pays valencien, tout en préconisant de ne pas l'utiliser dans la seule intention de créer des polémiques inutiles ou de se livrer à des manipulations de nature culturelle, sociale ou politique contribuant à diviser les Valenciens et à rendre plus difficile la promotion du valencien. Voici ce texte de la déclaration adoptée par l'Assemblée plénière de l'Académie valencienne de la langue (AVL) portant sur le nom et l'identité valencienne fondés sur les principes suivants»:
 

1. La denominació de valencià és tradicional, històrica, legal, estatutària i, per tant, la més adequada al marc institucional.

2. Esta denominació no és incompatible ni ha d’entrar en contradicció amb altres denominacions també tradicionals, històriques i legals, que rep la llengua pròpia dels valencians.

3. El nom de la llengua i la seua naturalesa no han de ser objecte de polèmiques inútils ni de cap classe d’instrumentalització cultural, social ni política, ja que això només contribuïx a fomentar la desunió entre els parlants, a dificultar la promoció del seu ús i a obstaculitzar la seua normalitat plena.

4. La diversitat onomàstica del valencià no pot servir de base a iniciatives que projecten una imatge fragmentada del sistema lingüístic que els valencians compartim amb altres territoris. Les iniciatives que adopten els poders públics per a difondre el valencià fora del nostre àmbit lingüístic tenen tot el reconeixement de l’AVL. En tot cas, estes han de garantir la difusió de la nostra peculiaritat idiomàtica i s’han d’ajustar a criteris conceptuals i onomàstics de caràcter integrador.

1. La dénomination de valencien est traditionnelle, historique, juridique, statuaire et, par conséquent, la plus adéquate au cadre institutionnel.

2. Cette dénomination n'est pas incompatible ni ne doit entrer en contradiction avec d'autres dénominations aussi traditionnelles, historiques et juridiques que reçoit la langue propre Valenciens.

3. Le nom de la langue et sa nature ne doivent pas faire l'objet de polémiques inutiles ni d'aucune manipulations de nature culturelle, sociale ou politique, déjà que cela a contribué à susciter la désunion entre les locuteurs de cette langue, à rendre difficile la promotion de son usage et à entraver sa pleine normalisation.

4. La diversité onomastique du valencien ne peut pas servir de base à des initiatives qui projettent une image fragmentée du système linguistique que nous, les Valenciens, partageons avec d'autres territoires. Les initiatives qu'adoptent les pouvoirs publics pour diffuser le valencien hors de notre aire linguistique ont toute la reconnaissance de l'AVL. Dans tous les cas, ces initiatives doivent garantir la diffusion de notre particularité idiomatique et s'ajuster à des critères conceptuels et onomastiques à caractère d'intégration.

Pour l'AVL, le fait qu'une langue soit parlée dans des structures politiques ou administratives différentes ne constitue pas une caractéristique exclusive du valencien, car c'est la situation la plus normale dans la plupart des langues du monde. Ainsi, le portugais est parlé au Portugal et au Brésil; l'anglais est la langue de l'Angleterre, de l'Irlande, des États-Unis d'Amérique et de l'Australie; le castillan (ou espagnol) est parlé non seulement en Espagne, mais aussi dans la plupart des pays hispano-américains (Argentine, Mexique, etc.). Mais les caractéristiques lexicales et grammaticales propres au valencien, qui sont différentes des autres parlers du système catalan — l'Académie parle de «nostre sistema lingüístic», pas de la «langue catalane» —, coexistent avec d'autres caractéristiques partagées majoritairement par tous ces locuteurs. En raison de ses particularités propres, le valencien mériterait d'être préservé. Bref, une attitude encore bien ambigüe de la part de l'Académie valencienne de la langue!

- Valencianité et catalanité

Quant aux romanistes et autres scientifiques internationaux, qu'ils soient espagnols, français, britanniques ou allemands, ils ont tous défini le «valencien» et le «majorquin», le catalan de l'île Majorque comme des «variantes du catalan». En somme, défendre la «catalanité» du valencien pourrait être une façon de diriger le Pays valencien vers la Catalogne, tant au plan linguistique que culturel, sinon économique, et de l'insérer dans un espace plus vaste, celui des «Pays catalans», ce qui inclut, outre la Catalogne, les îles Baléares, la principauté d'Andorre et la «Catalogne du Nord» (département français des Pyrénées-Orientales). Au contraire, le fait de préconiser une langue catalane distincte équivaut à affirmer un particularisme identitaire opposé à toute insertion dans les «Pays catalans» et perpétuer le repliement linguistique et culturel.

Or, il paraîtrait néanmoins possible que l'intégration de la Communauté valencienne parmi les «Pays catalans» puisse se réaliser tout en assurant le respect d'une identité valencienne. D'ailleurs, le grand écrivain Joan Fuster i Ortells (1922-1992), bien qu'il fût un nationaliste valencien (cf. Nosaltres, els valencians paru en 1962: «Nous, les Valenciens»), croyait que, pour revaloriser la culture valencienne, il fallait plutôt resserrer les liens avec les autres territoires catalanophones en créant une communauté culturelle, puis politique avec l'ensemble des «Pays catalans» (els països catalans). Fuster a poursuivi cette démarche notamment dans Raimon (1964), Combustible per a falles ("Combustible pour fautes", 1967) et Ara o mai ("Maintenant ou jamais", 1981). Plusieurs de ses études et articles érudits, historiques, biographiques ont été rassemblés dans les volumes I et III des Obres completes ("Œuvres complètes") en 1968.1960.

Pour le moment, ce n'est pas ce qui se produit. Malheureusement, la question linguistique demeure explosive au Pays valencien, ce qui n'augure rien de bon pour la promotion de la langue, qu'on l'appelle le «valencien» ou le «catalan». Pourtant, les différences entre les deux variantes ne sont pas plus importantes qu'entre l'anglais européen et l'anglais américain, entre le français européen et le franco-québécois ou franco-canadien, entre le portugais européen et le portugais brésilien ou angolais, encore moins entre le serbe (écrit en cyrillique) et le croate (écrit en alphabet latin). L'existence de variantes n'empêche nullement l'unicité du catalan, de l'anglais, du français, du portugais ou du serbo-croate. Le reste est une question idéologique et politique, pas du tout d'ordre linguistique.

3 Données historiques

Le Pays valencien connut successivement la domination des Grecs, des Carthaginois et des Romains, lesquels en firent une colonie militaire dès le IIe siècle. 

Lors de la chute de l’Empire romain, au Ve siècle, les Wisigoths occupèrent la région jusqu’à ce qu’elle passa, en 714, sous la domination arabe. Pendant quelques siècles, Valence (Valencia) devint la capitale d’un royaume arabe. Après la reconquête de Jacques Ier d'Aragon, qui expulsa les Arabes en 1238, le Pays valencien fit partie du royaume d’Aragon qui était allié aux Catalans. 

Ayant acquis une grande autonomie politique (jusqu’en 1707) au sein du royaume d'Aragon, les Catalans firent passer sous leur autorité non seulement les îles Baléares (en 1229 et 1230) dont les habitants adoptèrent la langue, mais aussi le royaume de Valence (1238), la Sicile (1282) et la Sardaigne (1321). Les Catalans s’affirmèrent alors comme la première puissance de la Méditerranée occidentale. 

Sous le règne de Philippe V (1706-1715), le Pays valencien perdit son autonomie, tandis que la langue catalane (à l’exemple de la Catalogne et des Baléares) subit la domination du castillan. Au XVIIIe siècle, la région fut successivement occupée par les Espagnols et les Français. En 1978, le Pays valencien fut constitué en communauté autonome au sein de l’Espagne. On peut consulter une page consacrée à la description et à l'histoire de la langue catalane.

4 Le statut juridique des langues officielles

Le cadre juridique du Pays valencien repose sur la Constitution espagnole, le Statut d'autonomie (2006) et la Loi sur l'usage et l'enseignement du valencien (1983) ou Llei d'éus i ensenyament del valencià. L'objectif est de rendre le valencien (catalan) aussi normal et aussi officiel que l'est le castillan dans le reste de l'Espagne.

Le castillan et le valencien (variété catalane de Valence appelé officiellement ainsi la Generalitat) sont les deux langues officielles de la Communauté valencienne. Voici comment était libellé le seul article (aujourd'hui abrogé) du Statut d'autonomie (Estatut d'autonomia del País Valencià) de 1982 portant sur la langue:

Article 7 [catalan]

1) Els dos idiomes oficials de la Comunitat Autònoma són el valencià i el castellà. Tots tenen dret a conéixer-los i a usar-los.

2) La Generalitat Valenciana garantirà l'ús normal i oficial de les dos llengües, i adoptarà les mesures necessàries per a assegurar-ne el coneixement.

3) Ningú podrà ser discriminat per raó de la seua llengua.

4) S'atorgarà protecció i respecte especials a la recuperació del valencià.

5) La llei establirà els criteris d'aplicació de la llengua pròpia en l'Administració i l'ensenyança.

6) Es delimitaran per llei els territoris en els quals predomine l'ús d'una llengua i de l'altra, així com els que puguen ser exceptuats de l'ensenyança i de l'ús de la llengua pròpia de la comunitat.

Article 7 (abrogé)

1) Les deux langues officielles de la Communauté autonome sont le valencien et le castillan. 

2) Tous ont le droit de les connaître et de les utiliser.

3) Nul ne pourra être victime de discrimination à cause de sa langue.

4) Respect et protection spéciale seront accordés en vue de la récupération du valencien. 

5) La loi établira les critères réglementant l'usage de la langue propre [à la Communauté valencienne] dans l'Administration et l'enseignement.

6) Seront déterminés par voie législative les territoires où prédomine l'usage de l'une et l'autre langue de même que ceux où il pourra y avoir exemption de l'enseignement et de l'utilisation de la langue propre à la Communauté.

Mais le Statut d'autonomie de 2006 (Estatuto de Autonomía de la Comunidad Valenciana 2006) est beaucoup plus élaboré en matière de langue. L'ancien article 7 de 1982 a été modifié comme suit:

Article 7

Est modifié l'article 6 avec la rédaction suivante :

«Article 6

1) La langue propre de la Communauté valencienne est le valencien.

2) La langue valencienne est officielle dans la Communauté valencienne, tout comme le castillan, qui est la langue officielle de l'État. Tous ont le droit de les connaître et de les utiliser, et de recevoir leur enseignement dans la langue valencienne.

3) La Generalitat garantit l'usage normal et officiel des deux langues, et adopte les mesures nécessaires pour assurer leur connaissance.

4) Nul ne peut être discriminé en raison de sa langue.

5) Une protection et un respect particuliers est accordé à la récupération du valencien. 

6) La loi établira les critères d'application de la langue propre au sein de l'Administration et de l'enseignement.

7) Sont délimités par loi les territoires où prédomine l'usage d'une autre langue, ainsi que ceux qui peuvent être exemptés de l'enseignement et de l'usage de la langue propre à la Communauté valencienne.

8) L'Académie de la langue valencienne est l'institution de réglementation de la langue valencienne.»

La loi 4/1983 du 23 novembre appelée Loi sur l'usage et l'enseignement du valencien établit les critères réglementant l'usage de la «langue propre» de la Communauté valencienne dans l'administration et l'enseignement. L’article 1er de la loi reprend les grands principes définis dans le Statut d’autonomie de 1982:

Article 1er

1) La présente loi a pour objectif général d'appliquer et de développer les dispositions de l'article 7 du Statut d'autonomie qui réglemente l'usage normal et officiel du valencien dans toutes les sphères de la vie en commun, ainsi que son enseignement.

2) Sur cette base, les buts et les objectifs spécifiques de la présente loi sont les suivants:

a) Que le droit de tous les citoyens de connaître et de faire usage du valencien constitue un fait.

b) Protéger la récupération du valencien et garantir son usage normal et officiel.

c) Réglementer les critères d'application du valencien dans l'administration, dans les moyens de communication sociale et dans l'enseignement.

d) Délimiter les territoires sur lesquels prédomine l'usage du valencien et du castillan.

e) Garantir, selon des principes de progression et de volontariat, la connaissance et l'usage du valencien sur tout le territoire de la Communauté.

Dans les lignes qui suivent, le terme «valencien» sera dorénavant utilisé pour désigner la variété catalane de Valence.

5 Une question de vocabulaire

Du point de vue du vocabulaire utilisé dans la Communauté valencienne, précisons que les termes Consell / Conselleria / Conselleries (fr. «conseil» / «conseillerie» / «conseilleries») et conseller / consellera (fr. «conseiller») servent à désigner les ministères et les ministres de la Generalitat. On peut, en français, employer l'expression «ministre-conseiller» (ou «ministre-conseillère») pour rendre compte adéquatement du terme valencien conseller / consellera. De plus, les expressions Conseller Primer (fr. «premier conseiller») et vicepresident (fr. «vice-président») ou vicepresident primer («premier vice-président») servent d'équivalent à «premier ministre».

En Espagne, les termes ministerio (fr. «ministère») et ministro / ministra (fr. «ministre») désignent les ministères et les ministres du gouvernement central, et non ceux des Communautés autonomes. Le premier ministre du gouvernement espagnol est désigné par l'expression Primer ministro (fr. «premier ministre»).  

Du point de vue des institutions, signalons que la Generalitat Valenciana (en valencien; Generalidad Valenciana en castillan; Généralité valencienne en français) est formée par l'ensemble des institutions gouvernementales de la Communauté autonome valencienne. La Generalitat comprend les Cortes valenciennes (ou simplement les Corts, en valencien), la présidence de la Generalitat valencienne et le gouvernement (Consil en valencien; Consell en castillan). Le nom statutaire et officiel de cet organisme est appelé simplement la Generalitat. de son côté, le Parlement de la Communauté autonome de Valence, les «Corts Valencianes», est l'appareil législatif principal de la Generalitat.

6 La législation et la justice

Le Parlement de la Communauté valencienne doit être officiellement bilingue, de même que la rédaction et la promulgation des lois. L'article 8 de la Loi sur l'usage et l'enseignement du valencien de 1983 précise ainsi les langues utilisées par le Parlement valencien:

Article 8

Les lois adoptées par le Parlement valencien seront rédigées et publiées dans les deux langues.

Pour sa part, le Règlement du Parlement valencien de 1983 déclare en son article 1er que les langues officielles du Parlement sont le valencien et le castillan, et que les députés peuvent indistinctement faire usage des deux langues et que les publications officielles du parlement doivent être bilingues:
 

Article 1er

1)
Conformément à l'article 7 du Statut d'autonomie, les langues officielles du Parlement sont le valencien et le castillan.

2) Les députés peuvent indistinctement faire usage des deux langues.

3) Les publications officielles du parlement doivent être bilingues.

Selon l'article 4 du décret 6/1997 réglementant le Journal officiel de la Generalitat de Valence, le Journal officiel de la Generalitat de Valence (DOGV) doit être publié dans les deux langues officielles de la Communauté valencienne, les deux langues ayant le statut officiel et authentique.
 

Article 4

1)  Le DOGV est publié dans les deux langues officielles de la Communauté valencienne. Les deux ont le statut officiel et authentique. Les erreurs sont corrigées selon la forme prévue à l'article 16.

Dans les débats parlementaires, toutefois, le castillan demeure la langue la plus favorisée; le valencien, quant à lui, est sous-utilisé, car plusieurs députés même valencianophones préfèrent encore s’exprimer en castillan.

Dans la domaine de la justice, l'article 12 de la Loi sur l'usage et l'enseignement du valencien prévoit que «tous les citoyens ont le droit de pouvoir s'adresser à l'administration de la justice dans la langue officielle qu'ils estimeront bon d'utiliser».

Article 12

1) Conformément à ce qui est prévu dans la présente loi, tous les citoyens ont le droit de pouvoir s'adresser à l'Administration judiciaire dans la langue officielle qu'ils estimeront bon utiliser, sans qu'on puisse leur requérir de traduction, et sans que de cela puisse entraîner de retard ou report dans les démarches de leurs demandes.

2) Tous les actes, documents et écrits réalisés ou rédigés en valencien devant les tribunaux et ceux que les cours de justice réaliseront dans cette langue ont pleine validité et efficacité.

De plus, le libre choix de la langue implique, d'une part, qu'on ne puisse recourir à la traduction, d'autre part, qu'il n'occasionne aucun retard ou report dans les démarches judiciaires. Toutefois, malgré les initiatives prises par la Direcció General de Política Lingüística, l’utilisation du catalan dans les cours de justice reste rarissime. Des interprètes sont quelquefois disponibles, sans qu'aucune mesure n'ait été prise pour garantir la compétence linguistique des employés des tribunaux. 

Il faut dire aussi que, conformément à la législation espagnole en vigueur, lorsque toutes les parties comprennent le catalan et en arrivent à un accord unanime, les avocats peuvent utiliser uniquement le catalan. Étant donné que cet accord unanime est extrêmement rare au Pays valencien, l'avocat de la défense et le procureur ont l'obligation de recourir au castillan. De plus, les juges nommés par Madrid ne connaissent pas toujours le catalan. Et l'Administration centrale ne les inciterait pas trop à apprendre le catalan.

7 L'Administration valencienne

Plusieurs articles de la Loi sur l'usage et l'enseignement du valencien de 1983 traitent de l'usage officiel du valencien pour l’Administration qui relève de la juridiction de la Generalitat Valenciana:

Article 7

1) Le valencien, en tant que langue propre à la Communauté valencienne, l'est aussi de la Generalitat et de son administration publique, de l'administration locale et de toutes les corporations et institutions publiques qui puissent dépendre de celles-là.

2) Le valencien et le castillan sont des langues officielles dans la Communauté valencienne et, en tant que telles, elles seront utilisées par l'administration conformément à ce qui est réglementé par la loi.

Article 9

1) Toutes les interventions administratives réalisées en valencien seront valables dans les limites territoriales de la Communauté valencienne.

2) Les documents rédigés en valencien, dans lesquels l'activité administrative sera réalisée, ainsi que les imprimés et formulaires employés par les administrations, auront efficacité juridique.

Article 10

Sur le territoire de la Communauté valencienne, tous les citoyens ont le droit de s'adresser et de communiquer en valencien avec la Generalitat, les entités locales et autres organismes à caractère public.

Article 11

1) Dans toute intervention administrative entamée à l'initiative d'une des parties ou d'autres parties intéressées qui en manifestent le désir, l'Administration devra leur communiquer tout ce qui les concerne dans la langue officielle de leur choix, quelle que soit la langue officielle dans laquelle a commencé la communication.

2) De même, quelle que soit la langue officielle employée, dans toute procédure commencée d'office, les communications et autres interventions seront faites dans la langue demandée par les personnes intéressées.

Afin de promouvoir le catalan dans la région, la Generalitat Valenciana a créé en 1989 la Direcció General de Política Lingüística. De façon générale, les résultats obtenus paraissent modestes. D’une part, le gouvernement de la Generalitat n’utilise lui-même que fort peu le valencien; d’autre part, l’emploi du catalan dans l’Administration valencienne varie considérablement d’une municipalité à une autre, soit de la valencianisation presque totale à l’absence totale, tout dépendant des territoires à prédominance castillanophone ou valencianophone. Pourtant, la connaissance du valencien est une obligation pour les fonctionnaires de l'Administration valencienne. L'article 16 du décret 33/1999 du 9 mars du gouvernement valencien approuvant le Règlement sur la sélection, le pourvoi des postes et des carrières du personnel administratif prévu dans le cadre d'application de la Loi sur la fonction publique de Valence est précis à ce sujet:
 

Article 16

Connaissance du valencien

1)
L'accréditation des connaissances du valencien pour les candidats qui ont réussi les tests de sélection, dont dispose le paragraphe 4 de l'article 9 en vigueur du texte refondu de la Loi sur la Fonction publique valencienne, peut être effectuée par la présentation de l'un des documents suivants :

a) Le diplôme de baccalauréat ou l'équivalent obtenu dans la Communauté autonome de Valence, avec réussite de la discipline de valencien.

b) Le diplôme de l'École officielle des langues correspondant à la troisième année de connaissances du valencien.

c) Le certificat de niveau moyen du Conseil de qualification de connaissance du valencien.

2) Ceux qui ne peuvent se faire accréditer ces connaissances sont engagés à le faire dans un délai de deux ans ou de réussir les cours que l'Administration autonome organise à cette fin.

3) Les dispositions prévues aux paragraphes précédents ne suppriment pas l'exigence, comme condition requise dans les relations de postes, des connaissances égales ou supérieures du valencien pour l'occupation de certains postes.

Généralement, même dans les régions valencianophones, l'usage du valencien est très réduit, parfois même mal accepté. Néanmoins, le valencien demeure plus fréquent dans les territoire à prédominance valencianophone. 

8 L'affichage en valencien

La question de l'affichage en valencien a sûrement préoccupé les dirigeants politiques. Ainsi, l'article 15 de la Loi sur l'usage et l'enseignement du valencien énonce que c'est le Conseil de la Generalitat (le «ministère» de la Generalitat) qui est le seul responsable des noms officiels des municipalités, territoires, agglomérations, accidents géographiques, voies de communication interurbaines et toponymes de la Communauté valencienne:

Article 15

1) Conformément aux dispositions juridiques prévues, il revient au Conseil de la Generalitat valencienne de fixer les noms officiels des municipalités, territoires, agglomérations, accidents géographiques, voies de communication interurbaines et toponymes de la Communauté valencienne. Le nom des voies urbaines sera fixé par la mairie concernée.

2) Conformément aux dispositions du paragraphe précédent, les appellations adoptées par le Conseil seront considérées légales. Le texte des panonceaux publics sera composé suivant la réglementation appropriée, sous réserves du respect dû aux normes internationales souscrites par l'État en cette matière.

3) Les municipalités qui possèdent une dénomination dans les deux langues de la Communauté feront figurer leur nom dans ces deux langues.

4) En accord avec le premier paragraphe et dans la mesure où le nom officiel le permette, les dénominations adoptées par le Conseil seront composées dans les deux langues officielles.

Par ailleurs, l'article 1er du décret 145/1986 sur la signalisation des voies et des services publics impose l'usage du valencien et du castillan dans la signalisation des autoroutes, routes, chemins, gares ferroviaires et gares d'autobus, des foires commerciales, des centres de refuge et de sport, des dépendances et des services d'intérêt public sous la juridiction de la Generalitat de Valence, sous réserve des exemptions possibles:

Article 1er

1) La signalisation des autoroutes, routes, chemins, gares ferroviaires et gares d'autobus, des foires commerciales, des centres de refuge et de sport, des dépendances et des services d'intérêt public sous la juridiction de la Generalitat de Valence, des organismes locaux installés dans la Communauté valencienne et des services gérés au moyen d'une concession, doit être affichée en valencien ainsi qu'en castillan quand elle correspondra.

2) La signalisation des organismes locaux et des services gérés au moyen d'une concession, dans les territoires à prédominance linguistique castillane, tel qu'il est prévu à l'article 36 de la loi 4/1983 du 23 novembre sur l'usage et l'enseignement du valencien, peut être exemptée des dispositions du paragraphe précédent.

Selon l'article 36 de la Loi sur l'usage et l'enseignement du valencien, le bilinguisme ne s'applique pas aux municipalités déclarées «à prédominance linguistique castillane», ni à celles (art. 35) déclarées «à prédominance linguistique valencienne».

En ce qui a trait aux routes en particulier, l'article 33 de la loi 6/1991 sur les routes de la Communauté valencienne oblige l'emploi du bilinguisme, tout en respectant la réglementation internationale et nationale:  

Article 33

Zone de protection

8)
Dans tous les cas, et en respectant la réglementation internationale et nationale de base, la signalisation informative doit être bilingue en recourant à des techniques de conception telles que l'affiche, le graphisme, la couleur ou moyens similaires, permettant de distinguer les versions valencienne et castillane.

Il existe aussi une ordonnance de 1993 du ministère de l'Éducation et de la Science sur l'usage des langues officielles dans la toponymie, la signalisation routière et l'affichage des services publics. L'article 2 énonce que le terme générique qui accompagne un toponyme doit être utilisé en respectant la langue employée dans le reste des éléments d'information selon la langue prédominante du territoire dans lequel est situé le toponyme:

Article 2

1) Les toponymes et le terme générique qui les accompagne doivent être utilisés en respectant la langue employée dans le reste des éléments d'information selon la langue prédominante du territoire dans lequel est situé le toponyme.

2) En ce qui concerne les noms d'éléments qui se distinguent dans les deux territoire à prédominance linguistique et possèdent un nom dans les deux langues, ils doivent être utilisés en valencien dans le territoire à prédominance linguistique valencienne et en castillan dans le territoire à prédominance linguistique castillane.

L'article 5 de la même ordonnance précise aussi quelle doit être la langue de l'affichage à l'intérieur des édifices administratifs:

Article 5

L'affichage à l'intérieur des dépendances administratives des organismes locaux doit être au moins en valencien dans les territoires à prédominance linguistique valencienne et au moins en castillan dans les territoires à prédominance linguistique castillane.

Si le bilinguisme n'est pas obligatoire, la langue à prédominance linguistique du territoire valencianophone ou castillanophone doit être au moins employée.

9 L’éducation

Au point de vue juridique, la Generalitat de Valence a pleine compétence dans tous les niveaux du système scolaire. La politique du gouvernement se veut un soutien à l’introduction du valencien comme langue véhiculaire dans les écoles et par la mise en place de méthodes d’immersions linguistique pour les élèves valencianophones. Les articles 18 à 23 de Loi sur l'usage et l'enseignement du valencien réglementent l'utilisation du valencien dans l'enseignement. Le valencien et le castillan sont les langues obligatoires dans les programmes d'enseignement aux niveaux primaire et secondaire (art. 18):

Article 18

1) L'incorporation du valencien dans l'enseignement à tous les niveaux éducatifs est obligatoire. Conformément au Titre V, sur les territoires castillanophones, cette incorporation sera réalisée de façon progressive, en tenant compte de leur situation sociolinguistique particulière, et ce, dans la forme qui sera fixée par règlement.

2) Le Ministère veillera à l'incorporation du valencien, afin qu'elle soit menée de façon compréhensive en tenant compte des différences et des niveaux de connaissance et d'usage du valencien qui existent aujourd'hui, la résolution de ces différences et de ces niveaux demeurant l'un des objectifs les plus importants de la présente loi.

3) Sous réserve du paragraphe 1, le valencien et le castillan sont des langues obligatoires dans les programmes d'enseignement des niveaux non universitaires.

La langue d'enseignement prédominante demeure néanmoins le castillan; il n'existe pas d'écoles distinctes pour les groupes linguistiques. C'est un enseignement bilingue pour environ six heures par semaine (minimum), tant pour les catalanophones que pour les hispanophones, et ce, uniquement dans les territoires valencianophones.

Soulignons que la loi prévoit certaines dérogations, même pour ce qui a trait au minimum d’heures enseignées: territoires à prédominance linguistique castillane, demandes expresses d'exemption de la part des parents, situation sociolinguistique particulière. Dans les écoles secondaires, environ 35 % des élèves suivent des cours partiellement ou entièrement en valencien. De façon générale, les mesures de protection du valencien prévues dans la Loi sur l'usage et l'enseignement du valencien vont relativement loin. Mais la réalité dénie souvent les dispositions de la loi.

Dans l'ensemble, la restauration du valencien se fait plus lentement au Pays valencien qu’en Catalogne, mais il progresse de décennie en décennie. Par exemple, alors qu’on ne comptait au primaire que 10 établissements scolaires en 1983-1984, soit après l’adoption de la loi, qui enseignaient partiellement ou entièrement en valencien, ce nombre avait augmenté à près de 400 établissements dix ans plus tard. Cependant, en raison des résistances de la part des castillanophones, de nombreux établissement obtiennent des dérogations ou s’en tiennent le plus souvent, et encore lorsqu'il n'y a pas de problèmes, au minimum établi par la législation valencienne, c'est-à-dire à cinq heures de valencien par semaine. En principe, tous les élèves doivent, à la fin de leurs études secondaires, s'exprimer tant en valencien qu'en castillan. D’après une étude (avril 1997) du professeur Ferran Colom, seulement 5 % des élèves de la Communauté valencienne parleraient couramment le valencien entre eux et 54 % reconnaissent avoir des difficultés à utiliser cette langue.

Par ailleurs, la Communauté valencienne dispose de quatre universités. Mais la présence du valencien reste assez faible dans ces établissements supérieurs. On estime qu’environ 10 % des cours se déroulent en valencien. Pourtant, le valencien semble être plus répandu comme langue des relations sociales dans le milieu universitaire.

10 L'Académie valencienne de la langue

En 1998, la loi 7/1998 entérinait la création de l'Académie valencienne de la Langue (nom officiel: Acadèmia Valenciana de la llengua ou AVL), une institution de la Generalitat de Valence responsable de déterminer et d'élaborer les normes linguistiques du valencien, en s'appuyant notamment sur les «Normes de Castelló». C'est le ministère valencien de la Culture qui a proposé la création de cet organisme dont les caractéristiques essentielle sont les suivantes:

I. L'AVL dispose d'une personnalité juridique propre, avec une indépendance fonctionnelle et budgétaire.

II. L'AVL a l'aptitude reconnue par la loi pour déterminer la norme en matière linguistique; ses décisions en la matière sont contraignantes pour les administrations publiques, le système d'éducation, les moyens publics de communication et autres entités ou organismes de service public ou disposant d'un financement public.

III. L'AVL compte 21 membres nommés pour une période de dix ans.

IV. Les membres désignés lors de la création de l'AVL soient choisis par les Cortes valenciennes à la majorité des deux tiers, et au moins les deux tiers de ces membres doivent être des experts en valencien avec une compétence scientifique et universitaire reconnue, selon des critères d'évaluation objective. Le reste des 21 membres sont des personnalités remarquables des lettres et de l'enseignement avec une compétence linguistique et une production reconnues dans le domaine du valencien.

L'article 7 de la loi 7/1998 du 16 septembre de la Generalitat de Valence sur la création de l'Académie valencienne de la langue énumère les compétences de l'AVL:

Article 7

Les compétences de l'AVL sont les suivantes :

a) Déterminer la réglementation officielle du valencien dans tous ses aspects.

b) Fixer, sur demande de la Generalitat, les formes linguistiquement correctes de la toponymie et de l'onomastique officielle de la Communauté valencienne pour son approbation officielle.

c) Émettre et diffuser des rapports ou des avis et effectuer des études sur la norme et l'onomastique officielle valencienne, ou à l'initiative propre ou à la requête des institutions publiques de la Communauté valencienne.

d) Veiller à l'usage normal du valencien et défendre son appellation et son entité.

e) Informer sur l'adéquation à la réglementation linguistique de l'AVL des textes produits par les institutions publiques ou requérant une approbation officielle, ainsi que sur la production audiovisuelle de la Communauté valencienne.

f) Élaborer et présenter au ministère de la Generalitat et aux Cortès valenciennes un mémoire annuel dans lequel, en plus d'exposer ses activités au cours de l'exercice, rassemble les observations et les conseils pertinents pour l'usage normal du valencien dans chacune de ses manifestations.

g) Tout autre élément qui, dans le cadre de ses compétences, est demandé par le président de la Generalitat, les Cortes valenciennes ou le gouvernement valencien.

On peut consulter aussi le Décret 158/2002 du 17 septembre approuvant le Règlement de l'Académie valencienne de la langue (AVL).

Au cours des cinq premières années, l'AVL a réalisé le Diccionari ortogràfic i de pronunciació del valencià («Dictionnaire orthographique et de prononciation du valencien»), la Gramàtica normativa valenciana («Grammaire normative du valencien»), la première partie du Llibre blanc de l'ús del valencià («Livre blanc sur l'usage du valencien»), le Vocabulari jurídic («Vocabulaire juridique»), le Vocabulari des noms de persona («Vocabulaire des noms de personne»), les Quaderns de toponímia («Cahiers de toponymie») et l'Arxiu audiovisual («Fichier audiovisuel»).

Sont en préparation le Diccionari normatiu valencià («Dictionnaire normatif du valencien»), la Gramàtica bàsica valenciana («Grammaire de base du valencien»), l'Atles lingüístic («Atlas linguistique»), l'Atles toponímic («Atlas toponymique»), le Corpus antroponímic valencià («Corpus antroponymique du valencien«), la seconde partie du Llibre blanc de l'ús del valencià («Livre blanc sur l'usage du valencien»), les Texts litúrgics («Textes liturgiques»), le Corpus lingüístic informatitzat del valencià («Corpus linguistique informatisé du valencien»), l'Anuari («Annuaire») de l'Académie, etc.

11 Les médias

L’article 25.1 de la Loi sur l'usage et l'enseignement du valencien a prévu des dispositions concernant l’emploi du valencien dans les médias:

Article 25

1) Le Conseil de la Generalitat valencienne veillera à ce que le valencien ait une présence adéquate dans les stations de radio et de télévision, et d'autres moyens de communication gérés par la Generalitat valencienne, ou sur ceux dont la loi reconnaît les compétences, conformément à ce qui est prévu dans la présente loi.

2) L'usage du valencien sera encouragé auprès des entreprises de radio et de télévision.

Selon la Loi 7/1984 du 4 juillet sur la création de la société publique de Radiotélévision valencienne (RTVV) et la réglementation des services de radiodiffusion et de télévision, l'article 2.1 énonce que l'activité des moyens de communication sociale de la Generalitat doit s'inspirer des principes, entre autres, de la «promotion et la protection linguistique de la langue propre de la Communauté valencienne» et du «respect du pluralisme politique culturel et linguistique, religieux et social»:

Article 2

1)
L'activité des moyens de communication sociale de la Generalitat doit s'inspirer des principes suivants :

a) La promotion et la protection de la langue propre de la Communauté valencienne.

b) L'exactitude, l'impartialité et l'objectivité des informations.

c) La distinction entre les informations et les opinions, l'identification des personnes qui les soutiennent et la libre expression de ces dernières.

d) La protection de la jeunesse et de l'enfance, tout en évitant l'exaltation de la violence et l'apologie des faits et des conduites attentant à la vie, la liberté et l'égalité entre les hommes et les femmes.

e) Le respect du pluralisme politique culturel et linguistique, religieux et social.

f) Le respect du pluralisme, la valeur de l'égalité et autres principes contenus dans la Constitution, le Statut d'autonomie et la législation fondamentale de l'État.


En ce qui concerne la presse écrite, la Communauté valencienne ne compte aucun quotidien en valencien, mais il existe trois périodiques principaux en valencien: l'hebdomadaire El Temps (26 000 exemplaires), le mensuel Saó et le bulletin interne trimestriel d'Acció Cultural del País Valencià Butlletí ACPV. D’autres périodiques locaux (littéraires, scientifiques, etc.) publient une partie de leurs articles en valencien.

Dans les médias électroniques, Canal 9 Ràdio, la station publique de la Generalitat Valenciana, émet entièrement en valencien. Il existe aussi certaines stations municipales et locales qui émettent en valencien, mais l’emploi de la langue valencienne semble avoir régressé depuis ces dernières années.

Pour la télévision, il existe deux stations régionales qui émettent en valencien. Canal 9 TVV, une station publique de la Generalitat, environ 60 % des émissions sont en valencien, surtout les programmes d'information, les émissions pour les enfants et les documentaires. Pour les films et les téléséries, le doublage est généralement en castillan, non en valencien (catalan). Selon les sondages, Canal 9 attirerait près de 20 % des téléspectateurs de la région. Quant à la station Punt 2, elle diffuse presque entièrement en valencien, mais son auditoire reste plus limitée. Pour le reste, les chaînes nationales (TVE1, Antena 3 TV, Tele 5 et Canal+) ne diffusent des émissions qu'en castillan (espagnol). Bref, la situation ne semble pas très bonne à l'égard du catalan.

Dans la Communauté valencienne, où le développement industriel est moins avancé, la pénétration du valencien s'avère difficile, étant donné la présence majoritaire des castillanophones. Beaucoup de ces derniers s'opposent ouvertement à toute valencianisation (catalanisation) du territoire parce qu'elle sera perçue nécessairement comme excessive. Et du côté des valencianophones eux-mêmes, les revendications linguistiques apparaissent plutôt timides, comparativement aux Basques et aux Catalans.

La Generalitat Valenciana doit compter essentiellement sur la persuasion pour promouvoir le valencien. Les progrès tardent à se matérialiser et le bilinguisme devient la voie obligée. En fait, le manque de prestige du valencien au sein de la société valencienne aboutit inévitablement à une répartition diglossique des langues, ce qui accentue le processus de substitution linguistique du valencien par le castillan.

Pourtant la Communauté valencienne dispose de la même autonomie politique que les autres Communautés autonomes. Ou bien cette autonomie n'est pas assez grande, ou bien les principaux intéressés ne savent pas s'en servir. Le problème, tout compte fait, semble moins politique qu'idéologique. Bien que le sentiment d'identité soit relativement intense chez les valencianophones, les revendications linguistiques semblent plus aléatoires qu'au Pays basque et en Catalogne où les tensions s'avèrent plus vives. Il est vrai qu'en Espagne il est difficile de concurrencer le castillan dont les positions sont bien établies depuis plusieurs siècles. De toute façon, le gouvernement doit aussi tenir compte des positions souvent anticatalanistes ou antivalencianistes de la part des castillanophones sûrs de leur supériorité culturelle, politique et économique. L'art du compromis devient une voie obligée. Forcément, le valencien devient une langue de seconde classe, d'autant plus qu'il demeure encore coupé de ses racines catalanes et de l'ensemble des «Pays catalans». Au lieu de se servir des autres communautés catalanophones comme d'un levier vers la normalisation du catalan de Valence, c'est le repli sur soi qui perdure avec pour effet d'isoler la communauté catalanophone la plus vulnérable d'Espagne. Bref, les dirigeants politiques valenciens ont l'art de se tirer dans le pied!

Dernière mise à jour: 11 déc. 2015
   

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