L'anglais

L'anglais a acquis, au cours du XXe siècle, le statut de première langue internationale. Cette langue est devenue, à l'échelle de la planète, ce qu'était le latin au Moyen Âge dans le monde méditerranéen. Dans le cas de l'anglais, il s'agit donc d'une première mondiale, car dans l'histoire de l'humanité aucune autre langue n'a pu prétendre bénéficier d'une reconnaissance universelle. Dans le passé, plusieurs langues ont eu une vocation internationale, mais toujours limitée à une zone géographique relativement limitée: le phénicien, l'assyrien, l'akkadien, le latin, le grec, etc., ont été jadis des langues internationales, mais jamais universelles. La carte ci-dessous présente les pays où l'anglais est une langue officielle, ce qui n'implique pas les pays où l'anglais fait l'objet d'un enseignement comme langue étrangère. Dans les faits, il y a plus de locuteurs ayant l'anglais comme langue seconde que comme langue première ou maternelle.

Carte reproduite avec l'autorisation de M. Mikael Parkvall de l'Institutionen för lingvistik, Université de Stockholm. 

1 Les racines historiques

C’est en 55 avant notre ère que Jules César débarqua au sud de l’île de Grande-Bretagne, habitée alors par des populations celtes (Bretons, Gallois, Écossais, Irlandais, etc.). Débuta alors une lente romanisation de l’île et de ses habitants, mais c’est en 43 de notre ère que l’empereur Claude en fit une province romaine appelée la Britannia (ou «Bretagne», en français). Celle-ci ne couvrait pas toute l'île de Grande-Bretagne, car elle ne s'étendait pas au nord du mur d'Adrien, qui sépare aujourd'hui l'Angleterre de l'Écosse (voir la carte de la Britannia). De façon générale, la romanisation des habitants de l'île resta superficielle et le vieux fond celtique perdura. Aux IIIe et IVe siècles, le déclin de l'Empire romain se trouva accéléré par les premières incursions des hordes germaniques d’origine scandinave sur l’île: les Vikings. Les légions romaines abandonnèrent définitivement l'île en 407. Donc, la langue latine ne s'est pas implanté durablement dans la Britannia. 

Puis, au Ve siècle, les Angles, un peuple germanique venu du Schleswig-Holstein actuel (au sud du Danemark), s’installèrent sur les côtes méridionales de la Britannia (Bretagne) et repoussèrent les Celtes jusqu'en Cornouailles et au pays de Galles. La légende du roi Arthur a conservé le souvenir de cette résistance acharnée des «Bretons». La langue bretonne parlée en France fut d'ailleurs introduite à cette époque par une partie des Celtes de Grande-Bretagne qui s'enfuirent sur le continent.

Les envahisseurs, les Angles, les Saxons, les Frisons, les Jutes et même les Francs, bien que d'origines diverses (mais issus d'une même civilisation) s'identifièrent indifféremment comme des Angles ou des Saxons, ce qui leur valut par la suite le nom d'Anglo-Saxons. Au VIIe siècle, on dénombrait sept principaux royaumes germaniques: la Northumbrie, la Mercie, l'East Anglia, l'Essex, le Wessex, le Sussex et le Kent. Toute la société anglo-saxonne était alors subdivisée en clans puissants que régissaient le droit coutumier et un système de compensation financière (wergeld) dans le cas d'un décès, d'une blessure ou d'un vol. Elle pratiquait ses propres religions polythéistes, n'entretenait pas de langue écrite et avait développé une économie mixte fondée sur l'agriculture, la chasse et l'élevage des animaux domestiques.

1.1 L'anglo-saxon

Bientôt, d’autres peuples germaniques les rejoignirent: les Saxons de l’Allemagne du Nord et les Jutes du Jutland, puis un certain nombre de Frisons. Ainsi, c’est d’après les noms de ces guerriers venus de l’Allemagne et du Danemark qu’on désigna comme «l'anglo-saxon» la langue germanique qui représente la première période de l’anglais (ou Old English). La langue anglo-saxonne de ces peuples restait fragmentée en diverses variétés dialectales.

Tandis que les anciens peuples celtes étaient refoulés à l’ouest de la Britannia (voir la carte), les Vikings revinrent aux VIIIe et IXe siècles en apportant de nouveaux mots nordiques. Au IXe siècle, grâce en partie à l'influence d'Alfred le Grand, le roi des Saxons occidentaux et le premier souverain de toute l'Angleterre, le saxon occidental devint la langue dominante de la littérature en prose. Pendant ce temps, l’Église catholique avait commencé la christianisation de la région et ramené le latin. Il s'ensuivit une période de grand rayonnement pour l'Église dont saint Bède le Vénérable, auteur d'une Histoire ecclésiastique des Angles, est devenu la personnification. L’anglais qui résulte de ce croisement fut alors mêlé de mots du latin, du saxon et du vieux norrois (langue nordique).

Les royaumes germaniques fusionnèrent à la suite des guerres. À partir du règne d'Ethelbert de Kent (560-616), un roi pouvait être reconnu comme Bretwalda, c'est-à-dire «roi de Bretagne». De manière générale, le titre revint, au VIIe siècle, aux rois de Northumbrie, au VIIIe siècle à ceux de Mercie et enfin au IXe siècle à Egbert de Wessex dit le Grand. Au cours du siècle suivant, l'Angleterre resta sous la domination de cette famille. Par la  suite, les Danois s'installèrent dans l'est de l'Angleterre et créèrent un royaume, le Danelaw. Pendant les IXe et Xe siècles, la rivalité fut permanente entre le royaume danois et la dynastie anglo-saxonne, jusqu'à ce qu'Édouard le Confesseur, après avoir restauré la prépondérance saxonne, noue des relations avec les ducs de Normandie.

1.2 L'influence du franco-normand

C'est à cette époque que débuta la «deuxième période» de l'anglais (appelé aussi Middle English ou moyen anglais) avec la conquête du pays par Guillaume de Normandie. À la mort d'Edouard d'Angleterre en 1066, son cousin, le duc de Normandie, appelé alors «Guillaume le Bâtard», débarqua en Angleterre pour faire valoir ses droits sur le trône. Lors de la bataille d'Hastings, il battit Harold, comte de Wessex, qui avait été désigné comme successeur. Guillaume le Bâtard (the Bastard, en Angleterre) devint Guillaume le Conquérant. Le jour de Noël, il fut couronné roi d'Angleterre en l'abbaye de Westminster.

Guillaume le Conquérant et les membres de sa cour parlaient une sorte de français appelé aujourd’hui le franco-normand, un français teinté de mots nordiques apportés par les Vikings qui avaient, un siècle auparavant, conquis le nord de la France. La conséquence linguistique de Guillaume le Conquérant fut d’imposer le franco-normand comme langue officielle en Angleterre. Alors que les habitants des campagnes parlaient l’anglo-saxon, la noblesse locale et l’aristocratie conquérante utilisaient le franco-normand, le clergé, les savants et les lettrés, le latin.

Jusqu’au XIVe siècle, trois langues furent donc employées dans le pays sans se faire une réelle concurrence. Le français dit franco-normand (appelé aussi «anglo-normand») resta la langue de l’administration, de la loi et de la justice; il fut enseigné dans les écoles dès le niveau primaire. L’Église utilisa même le franco-normand dans la prédication auprès des fidèles, bien qu’elle se servît du latin dans son administration interne. Le peuple anglo-saxon, lui, continua de parler sa langue anglo-saxonne qui s’imprégna de nombreux mots latins, franco-normands et français.

Le premier roi de la dynastie des Plantagenêts, Henri II, du fait de son mariage avec Aliénor d'Aquitaine, englobait, outre l'Irlande et l'Écosse, plus de la moitié de la France. Le conflit entre les deux pays était inévitable. Par la suite, Philippe Auguste reprit aux fils d'Henri II, Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre, la majeure partie des possessions françaises des Plantagenêts (Normandie, Maine, Anjou, Touraine, Poitou). Ce recul anglais entraîna un soulèvement des barons qui, appuyés sur les Communes, obtinrent la Grande Charte (1215). Ce document renforçait les droits féodaux, limitait l'arbitraire royal et offrait des garanties judiciaires.

Toute la monarchie anglaise parlait français, et ce, d'autant plus que les rois anglais épousaient des reines françaises. En 1328, le dernier des Capétiens (Charles IV) mourut sans héritier. Le roi d'Angleterre fit valoir ses droits à la succession, mais Philippe VI de Valois fut préféré par les princes français (1337). Dès lors, deux rois de langue française se disputèrent le royaume de France jusqu'en 1453, ce fut la guerre de Cent Ans. Cette longue guerre fit naître un fort sentiment nationaliste, tant en France qu'en Angleterre, ce qui eut des conséquences sur la langue française de la monarchie anglaise. La bourgeoisie anglaise s’insurgea contre l’utilisation de plus en plus grande du français et réclama l’utilisation de l’anglais dans les actes de justice. En 1362, le Statute of Pleading établit l’anglais comme langue unique des tribunaux. Puis le français perdit la place privilégiée qu’il avait dans l’enseignement. À partir de 1349, l'université d'Oxford dispensa son enseignement en anglais. Or, auparavant, c'est en français que se faisait l'enseignement universitaire. C’est seulement sous le règne de Henry IV (1399-1413) que le premier roi d’Angleterre parla, comme langue maternelle, l’anglais.

Si l'on résume cette période du Middle English, on peut dire que l'anglais acquit une grande simplification. En effet, à partir du XIIIe siècle, les trois ou quatre déclinaisons des noms au singulier avaient été ramenés à deux et la terminaison en -es pour indiquer le pluriel du nom avait été adoptée. Les distinctions de genre grammatical furent remplacées par des distinctions de genre «naturel», contrairement au français qui pratiqua la façon arbitraire d'attribuer le genre des noms. Le nombre duel tomba en désuétude et le datif et l'accusatif des pronoms furent ramenés à une forme commune. La conjugaison des verbes fut simplifiée par l'omission de terminaisons et par l'emploi d'une forme commune pour le singulier et le pluriel des temps passés des verbes forts.

Le vocabulaire se transforma radicalement, surtout en raison de ses emprunts au franco-normand. La noblesse et le clergé anglais, qui connaissaient généralement le français et l'anglais, y introduisirent des mots français relatifs au gouvernement, à l'Église, à l'armée, à la vie à la cour ainsi qu'aux arts, à l'éducation et à la médecine. Un siècle après l'arrivée de Guillaume le Conquérant, plus de 1000 mots normands avaient été introduits en moyen anglais. Par la suite, ce fut des mots français, de l'ordre de quelques milliers de mots. On peut affirmer que l'anglais de cette époque, en raison des emprunts massifs au latin et au français, s'était tout à fait démarqué des autres langues germaniques comme l'allemand, le néerlandais, le danois, etc. Encore de nos jours, il existe une forme de franco-normand ou d’anglo-normand parlé dans les îles Anglo-Normandes sous la forme du jersiais et du guernesiais.

1.3 L'anglais moderne

L’anglais moderne commença avec le XVe siècle: le franco-normand et l’anglo-saxon se fondirent pour donner naissance à l’anglais d’aujourd’hui: le Modern English. C’est à cette époque que l’orthographe commença à se fixer et que la grammaire acquit les caractéristiques qu’on lui connaît aujourd'hui. Sur le plan du vocabulaire, l’anglais emprunta de très nombreux mots au français et au latin, langues qui ont exercé sur lui une influence considérable. En même temps, l'anglais moderne fit des emprunts à plus d'une cinquantaine d'autres langues différentes.

Puis, la puissance politique de l'Empire britannique réussit à imposer l'anglais dans leurs colonies. Tout au cours du XVIIIe siècle, le Canada et les États-Unis sont devenus des colonies de peuplement anglaises. Dès le début du XIXe siècle, l'Australie ainsi que le sud et l'est de l'Afrique ont suivi. Entre 1815 et 1860, plus de sept millions d'Anglais, d'Écossais et d'Irlandais ont immigré non seulement aux États-Unis, mais aux Antilles, en Australie, en Afrique, en Inde, à Hong-Kong, aux îles Fidji, etc., toutes des colonies de cet empire dont on disait que «le soleil ne se couchait jamais».

Rappelons aussi le rôle colonial des États-Unis à la fin du XIXe siècle. Ceux-ci se sont implantés en Asie du Sud-Est (Philippines), puis dans les Caraïbes (îles Vierges, Porto Rico, etc.) et, après la Seconde Guerre mondiale, dans une grande partie du Pacifique. Depuis lors, les États-Unis ont joué un rôle prédominant grâce à leur puissance politique, militaire, économique et culturelle. L'internationalisation des économies nationales et la conquête des marchés extérieurs ont engendré l'utilisation de langues véhiculaires internationales (dont l'anglais a le plus profité avec le russe, le français, l'espagnol, le chinois). La chanson, le cinéma et la recherche scientifique ont continué à favoriser l'expansion de l'anglais, sans compter les communications et la technologie informatique.

Aujourd'hui, l'ensemble des pays qui ont subi, d'une façon ou d'une autre, la colonisation britannique ou américaine comprend une soixantaine de nations comptant au moins 1,6 milliard de personnes. Bien que l'implantation de la langue anglaise dans ces pays soit très inégale, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit là de l'ensemble géolinguistique le plus important au monde, et ce, tant par la quantité des locuteurs concernés que par la dispersion de ceux-ci sur la planète. Après l'anglais, c'est le français qui bénéficie de la meilleure dispersion démolinguistique.

2 L'anglais langue maternelle
 

Nombre Pays anglophones (L1) Population totale
(en millions)
Proportion
des anglophones
1 États-Unis 326 112 814 82,0 %
2 Royaume-Uni 65 382 556 83,7 %
3 Canada 36 155 487 57,0 %
4 Australie 24 000 300 95,0 %
5 Irlande 4 664 156 95,0 %
6 Nouvelle-Zélande 4 661 320 75,0 %
  Total 460 976 133 80,6 %
Les pays où l'anglais est utilisé majoritairement comme langue maternelle sont les États-Unis (82% de 326,1 M), le Royaume-Uni (83,7% de 65,3 M), le Canada (57% de 36,1 M), la république d'Irlande (95% de 4,6 M, l'Australie (95% de 24 M) et la Nouvelle-Zélande (75% de 4,6 M). Ces cinq pays constituent, à proprement parler, la base de l'anglais langue maternelle dans le monde. Cet ensemble compte environ 370 millions de locuteurs réels (appelés L1: langue maternelle). Plus de 80 % des locuteurs de ces six pays parlent l'anglais comme langue maternelle.

Dans aucun autre pays, la langue anglaise ne constitue la langue maternelle d'une fraction importante de la population, à l'exception de l'Afrique du Sud (10 % de 54,9 M, soit 5,4 M). Dans le monde, c'est là le nombre de parlants anglais (d'anglophones) au sens strict du mot.

3 L'anglais langue seconde

Le second groupe d'«anglophones», au sens large du mot, comprend des communautés très diverses. Ces communautés dont la langue maternelle peut être le créole, l'hindi, l'ourdou, le bengali, le yorouba, l'ibo, le swahili, etc., comptent des pays de très grande importance démographique (Inde, Bangladesh, Nigéria) et de tout petits pays (Bahamas, Barbade, Grenade, Sainte-Lucie). On peut distinguer quatre sous-ensembles où l'anglais est langue officielle ou co-officielle et enseigné comme langue seconde, parfois dès le primaire.

3.1 Les petits pays créolophones

Nombre Pays ou territoire Population Langue officielle Langue principale parlée
1 Antigua et Barbuda 91 295 anglais

créole anglais

2 Bahamas 322 809 anglais créole bahamien
3 Barbade 289 680 anglais créole babardien
4 Belize 340 844 anglais créole anglais
5 Dominique 73 449 anglais créole français
6 Grenade 110 152 anglais anglais grenadien
7 Guyana 735 554 anglais créole guyanais
8 Jamaïque 2 717 991 anglais créole jamaïcain  
9 Saint-Vincent-et-les-Grenadines 102 918 anglais créole vincentais
10 Sainte-Lucie 163 362 anglais créole français
11 Trinité-et-Tobago 1 223 916 anglais anglais trinidadien
12 Vierges britanniques 121 000 anglais créole anglais des îles
13 Vierges américaines 12 900 anglais créole anglais des îles
  Total

6 305 870

 

-

Le premier sous-ensemble comprend des petits pays créolophones, au nombre de 13, dont l'anglais est langue officielle, mais dont la langue principale parlée par la population est soit le créole soit un anglais très régionalisé :

Antigua et Barbuda (91 295), les Bahamas (322 809), la Barbade (289 680), le Belize (340 844), la Dominique (73 449), la Grenade (110 152), la Guyana (735 554), la Jamaïque (2,7 millions), Saint-Vincent-et-les-Grenadines (102 918), Sainte-Lucie (163 362), Trinité-et-Tobago (1,2 M), les îles Vierges britanniques (121 200), les îles Vierges américaines (12 000). Ce groupe compte plus de six millions de locuteurs dont l’anglais constitue pour la plupart une langue seconde.

Comme on le constate, aucune langue créole ne bénéficie du statut de langue co-officialité.

3.2 Les anciennes colonies d'Afrique

Nombre Pays ou territoire Population Langue(s) officielle(s) Langues principales parlées
1 Afrique du Sud 54 956 900 anglais/afrikaans afrikaans + zoulou + xhosa
2 Botswana 2 155 784 anglais tswana
3 Cameroun 23 739 218 anglais/français peul + pidgin + éwondo
4 Gambie 1 925 527 anglais mandingue + peul + wolof
5 Ghana 27 043 093 anglais akan + éwé
6 Kenya 47 251 000 anglais/swahili kikuyu + luyia + luo
7 Lesotho 1 942 008 anglais/sésotho sésotho
8 Liberia 4 092 310 anglais kpellé + bassa + klao
9 Malawi 15 805 239 anglais chewa + lomwé + yao
10 Maurice 1 331 155 anglais créole mauricien + bhojpouri
11 Namibie 2 198 406 anglais/afrikaans ndonga + kwanyama + luyana
12 Nigeria 186 988 000 anglais yorouba + haoussa + igbo
13 Ouganda 37 101 745 anglais luganda + nyanrore + soga + chiga
14 Seychelles 91 650 anglais/français/créole créole seychellois
15 Sierra Leone 5  743 725 anglais mendé + themné + créole
16 Soudan du Sud 11 562 695 anglais nuer + dinka + zandé
17 Swaziland 1 419 623 anglais/swati swati
18 Tanzanie 55 155 000 anglais/swahili swahili + sukuma + gogo
19 Zambie 14 638 505 anglais bemba + tonga + nyanja
20 Zimbabwe 13 771 721 anglais shona + ndébélé
21 Malte 434 403 anglais/maltais maltais
22 Rwanda 12 337 138 anglais/français/kinyarwanda kinyarwanda
  Total

521 684 845

-

-

Dans ce second sous-ensemble de 20 États se trouvent les anciennes colonies britanniques du continent africain: l'Afrique du Sud (54,9 M), le Botswana (2,1 M), le Cameroun (23,7 M), la Gambie (1,9 M), le Ghana (27 M), le Kenya (47,2 M), le Lesotho (1,9 M), le Liberia (4 M), le Malawi (15,8 M), l'île Maurice (1,3 M), la Namibie (2,1 M), le Nigeria (186,9 M), l'Ouganda (37,1 M), les îles Seychelles (91 650), la Sierra Leone (5,7 M), le Swaziland (1,4 M), la Tanzanie (55,1 M), la Zambie (14,6 M) et le Zimbabwe (13,7 M).

On pourrait ajouter à ces pays l'île de Malte (434 400 hab.) située dans la mer Méditerranée entre la Sicile (Italie) et l'Afrique, sans oublier le Rwanda (12,3 M), qui vient de basculer du côté anglophone sans avoir quitté pour autant la Francophonie.

Ce sous-ensemble représenterait plus de environ 521,6 millions de personnes dont l'apprentissage de l'anglais se fait à des degrés très variables, car cette langue n'est apprise que dans la mesure où les enfants fréquentent l'école durant plusieurs années. Or, on sait que dans ces pays l'analphabétisme peut atteindre 60 %, voire 80 % de la population.

Ainsi, on peut estimer probablement à 20 % le nombre des enfants apprenant l'anglais et on peut supposer que 10 % de la population peut connaître plus ou moins bien l'anglais. On peut donc croire qu'environ 50 millions ceux qui parlent l'anglais (à des degrés divers) comme langue seconde dans ce groupe de pays.

Selon un sondage Eurobaromètre en 2012, quelque 94 % de la population de l'île de Malte parle l'anglais comme langue seconde, mais 59 % parle aussi l'italien et 9 % le français. Tous les Maltais d'origine, soit 97 %, parlent le maltais comme langue maternelle. Un faible majorité (52 %) estime avoir un «très bon niveau» d'anglais. Presque tous les répondants à Malte (93%)affirment être capables de parler au moins une autre langue en plus de leur langue maternelle.

3.3 Les États de l’Océanie

Nombre Pays ou territoire Population Langue(s) officielle(s) Langue principale parlée
1 Fidji 903 207 anglais/fidjien fidjien + hindo-fidjien + tamoul
2 Kiribati 104 488 anglais/kiribati kiribati (gilbertin)
3 Micronésie 105 681 anglais chuukois + pohnpéien + kosraéen
4 Papouasie-Nlle-Guinée 6 552 730 anglais langues papoues
5 Samoa américaines 553 400 anglais samoan
6 Samoa occidentales 196 628 anglais samoan
7 Salomon 609 883 anglais langues mélanésiennes
8 Tonga 106 440 anglais/tonguien tonguien
9 Tuvalu 10 782 anglais/tuvaluan tuvaluan
10 Vanuatu 286 434 anglais/français/bichlamar bichlamar
  Total

9 429 673

 

-

Le troisième sous-ensemble est constitué de 10 petits États de l'Océanie: les îles Fidji (903 207), Kiribati (104 488), la Micronésie (105 681), la Papouasie-Nouvelle-Guinée (6,5 millions), les Samoa américaines (553 400), les Samoa occidentales (196 628), les îles Salomon (609 883), les îles Tonga (106 440), les îles Tuvalu (10 782), le Vanuatu (286 434).

Au total, on compte 9,4 millions de locuteurs qui parlent tous une langue austronésienne ou une langue papoue. Compte tenu du fait que 20 % au plus peuvent apprendre l'anglais, on dénombrerait environ un peu plus d’un million de personnes scolarisées dans cette langue.

3.4 Le Sud-Est asiatique

Nombre Pays ou territoire Population Langue(s) officielle(s) Langue principale parlée
1 Inde 1 338 115 311 hindi/anglais hindi + bengali + télougou
2 Pakistan 207 774 520 ourdou/anglais panjabi + sindhi
3 Singapour 5 312 400 malais/chinois/tamoul/anglais min nan + malais + cantonais
4 Philippines 102 815 800 filipino/anglais cebuano + filipino + ilokano
5 Hong Kong* 7 389 640 anglais/cantonais cantonais
  Total

1 661 407 671

-

-

Le quatrième sous-ensemble englobe des pays du Sud-Est Asiatique. Il s'agit de l'Inde (1,3 milliard), du Pakistan (207 M), de Singapour (5,3 M) et des Philippines (102,8 millions). Il faudrait ajouter le territoire de Hong Kong (7,3 M).

Dans tous ces pays, l'anglais jouit d'un statut de langue co-officielle avec une langue nationale, mais il peut aussi y être enseigné tout autant que la langue nationale en tant que langue étrangère. Ce sous-ensemble très important compte plus de 1,6 milliard de personnes dont au moins 200 millions apprennent l'anglais bien que, il faut le souligner, de façon très variable.

Si l'on compte tous les locuteurs ayant l'anglais comme langue seconde (L2) dans les pays précédents, mais aussi en Inde, en Afrique et en Océanie, le total de ces locuteurs atteint les 611 millions, pour un nombre de 983 millions en considérant les locuteurs en L1 et en L2.

Langue Nombre
de pays
Nombre
des États/territoires
Nombre de locuteurs
L1
(en millions)
Nombre de locuteurs
L2
(en millions)
Nombre de locuteurs
L1 + L2
(en millions)
Nombre de locuteurs
potentiels
(en millions)
Anglais 54 63 371 611    983 1,842

Bref, le monde «anglophone» regroupe un ensemble de 1,6 milliard de locuteurs qui, de près ou de loin, sont en contact avec la langue anglaise. De plus, on peut estimer que le nombre potentiel des locuteurs de l'anglais pourrait éventuellement atteindre 1,8 milliard de locuteurs parce qu'il s'agit de tous ceux qui vivent plus ou moins à proximité de cette langue: soit qu'ils résident dans l'un des 63 États ou territoires ayant l'anglais comme officiel ou co-officiel, soit qu'ils ce qu'ils lisent en anglais, écoutent la radio ou la télé en anglais ou voyagent dans le monde en recourant à cette langue. 

On peut imaginer, pour les années à venir, l'énorme potentiel que constitue cette formidable masse de locuteurs pour la diffusion de l'anglais. Certes, celui-ci ne remplacera pas toutes les langues nationales, mais son enseignement connaîtra une expansion considérable ainsi que dans la recherche scientifique, la consommation des produits culturels et informatiques.

4 L'anglais comme langue étrangère

L'anglais est enseigné dans de nombreux pays où cette langue ne possède aucun statut spécifique. Distinguons deux grands ensembles:

1) les pays où l'anglais a obtenu une place équivalente à celle que l'on accorderait à une ancienne langue coloniale;
2) les pays où l'anglais ne constitue qu'une langue étrangère enseignée au secondaire.

4.1 Le statut de langue coloniale

Nombre Pays ou territoire Population Langue(s) officielle(s) Langue principale parlée
1 Israël 8 334 000 hébreu/arabe hébreu + arabe palestinien
2 Égypte 90 416 900 arabe arabe égyptien
3 Soudan 39 598 700 arabe arabe soudanais
4 Koweït 2 742 711 arabe arabe du Golfe
5 Émirats arabes unis 9 157 000 arabe arabe du Golfe + malayalam
6 Bahreïn 1 314 089 arabe arabe du Golfe + persan
7 Oman 3 623 000 arabe arabe omanais + arabe du Golfe
8 Bangladesh 160 339 154 bengali bengali
9 Sri Lanka 20 675 000 cinghalais/tamoul cinghalais + tamoul
10 Malaisie 30 417 000 malais malais + chinois min
  Total

366 617 554

-

-

Dans cette catégorie, mentionnons Israël (8,5 M), l'Égypte (90,4 M), le Soudan (39,5 M), le Koweït (2,7 M), les Émirats arabes unis (9,1 M), le Bahreïn (1,3 M), le sultanat d'Oman (3,6 M), puis le Bangladesh (160,3 M), le Sri Lanka (20,6 M) et la Malaisie (30,4 M).

Cet ensemble disparate au point de vue linguistique comprend 366,6 millions de personnes dont 20 % de la population, en moyenne, apprend l'anglais à des degré divers.

4.2 Le statut dans l’enseignement

Dans les autres pays, l'anglais ne constitue qu'une langue étrangère enseignée au secondaire. Ici, on distingue toutefois deux grands blocs: l'Europe et l'Afrique francophone.

- L'Europe

En effet, c'est en Europe où l'on compte le plus d'élèves apprenant l'anglais. L'enseignement de l'anglais est obligatoire au Danemark, en Suède, en Norvège et aux Pays-Bas. Si cet enseignement n'est pas obligatoire dans les autres pays, il s'est tellement généralisé qu'il l'est devenu dans les faits. À titre d'exemples, 99 % des enfants apprennent l'anglais en Allemagne, 90 % en France et en Grèce, 75 % en Belgique, 60 % en Italie et en Espagne. Le phénomène s'amplifiera dans les pays de l'Est avec comme conséquence probable une dégringolade du russe.

- Les pays francophones d'Afrique

Le second bloc comprend les pays francophones d'Afrique. Sur ce continent, l'enseignement de l'anglais est obligatoire dans tous les pays ayant des frontières communes avec un État anglophone. Il est enseigné comme langue facultative dans les autres pays francophones. Les pays de langue officielle portugaise, comme l'Angola et le Mozambique, enseignent également l'anglais aux élèves du secondaire.

Enfin, l'anglais est enseigné comme langue seconde obligatoire dans la province de Québec ainsi que dans toutes les écoles de langue française au Canada anglais. Précisons aussi que l'anglais est enseigné, évidemment à des degrés divers, dans la quasi-totalité des pays du monde, que ce soit au Groenland, en Russie, au Brésil, en Chine ou en Iran.

5 Le statut juridique de l'anglais

L'anglais est la langue officielle ou co-officielle de quelque 63 États et 54 pays dans le monde, ce qui en fait, de loin, la langue la plus importante de ce point de vue. Au plan démographique, on se trouve en présence d'une masse de 1,6 milliard d'anglophones même si, rappelons-le, les véritables locuteurs de langue anglaise totaliseraient dans la réalité 371 millions de locuteurs.

Continent Nombre
d'États/territoires
Anglais
seule langue officielle
Anglais co-officiel
Amérique 18 16 2
Afrique 20 11 9
Asie 5 0 5
Europe 4 2 2
Océanie 14 8 6
  63 45 18
En Europe, l'anglais est la langue officielle de trois pays et d'un territoire: le Royaume-Uni, la république d'Irlande, l'île de Malte et Gibraltar (R.-U.).

En Amérique, il est l'unique langue officielle de 16 États ou territoires : Anguilla (R.-U.), Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, la Barbade, le Belize, la Dominique, les États-Unis, les îles Falkland (R.-U.), la Grenade, la Guyana, la Jamaïque, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès (St. Kitts and Nevis), Trinité-et-Tobago, les îles Vierges britanniques. L'anglais est co-officiel avec le français au gouvernement fédéral du Canada, mais l'unique langue officielle de huit provinces dans ce pays. Il est également co-officiel avec l'espagnol à Porto Rico (É.-U.)

Sur le continent africain, l'anglais est l'unique langue officielle dans 11 États: le Botswana, la Gambie, le Ghana, le Liberia, le Malawi, l'île Maurice, le Nigeria, l'Ouganda, le Sierra Leone, la Zambie et le Zimbabwe. Cette même langue est co-officielle dans 9 autres États: l'Afrique du Sud (avec l'afrikaans), le Cameroun (avec le français), le Kenya (avec le swahili), le Lesotho (avec le sésotho), la Namibie (avec l'afrikaans), le Rwanda (avec le kinyarwanda et le français), les Seychelles (avec le français et le créole), le Swaziland (avec le swazi), la Tanzanie (avec le swahili).

En Océanie, 14 États ont l'anglais comme langue officielle ou l'une des langues officielles. La plupart sont des micro-États, mais l'Australie et la Nouvelle-Zélande constituent des entités politiques importantes. La liste de ces États et territoires est la suivante: l'Australie, les îles Fidji, le Kiribati (avec le kiribati), les îles Mariannes du Nord (É.-U.), les États fédérés de Micronésie, l'île Nauru, la Nouvelle-Zélande (avec le maori), la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les îles Salomon, les Samoa américaines, les Samoa occidentales, les îles Tonga (avec le tonguien), les îles Tuvalu (avec le tuvaluan) et le Vanuatu (avec le français et le bichlamar).

En Asie, le statut de l'anglais s'avère nettement privilégié dans cette partie du monde, car les langues occidentales y ont rarement maintenu un statut juridique. Cependant, l'anglais a conservé un statut de langue officielle à Hong Kong (avec le cantonais), au Pakistan (avec l'ourdou), en Inde (avec l'hindi), aux Philippines (avec le filipino) et à Singapour (avec le chinois, le malais et le tamoul).

Dans toute l'Asie, l'Inde constitue certainement un cas à part. Depuis l'indépendance, l'anglais est demeuré l'une des langues officielles (avec l'hindi) de l'État fédéral. Il est l'unique langue officielle des États d'Arunachal Pradesh (860 000), du Meghalaya (1,8 million), du Nagaland (1,2 million) et il est co-officiel dans les États du Tamil Nadu avec le tamoul (56 millions) et du Sikkim avec le népali et le bhotia (400 000). Ce statut ne révèle pas néanmoins toute la réalité. Tous les États de l'Inde peuvent communiquer en anglais avec l'État central, une pratique adoptée par tous les États du Sud (Karnataka, Kerala, Tamil Nadu, Andra Pradesh) et plusieurs États du Nord (Arunachal Pradesh, Sikkim, Nagaland, Manipour, Mizoram). Pour un grand nombre d'États de l'Inde, l'anglais est ainsi devenu non seulement une langue administrative prédominante, mais aussi une langue diplomatique, une langue d'enseignement, une langue des affaires et du commerce, une langue des médias, etc. Mais l'anglais constitue la langue maternelle d'un peu plus de 250 000 Indiens.

Avec ses 63 États et 54 pays (voir le tableau des États où l'anglais est langue officielle), le statut juridique de l'anglais s'étend donc sur le quart des États du monde (pour une population de 1,8 milliard de personnes). Ainsi, par le nombre et la répartition de ses locuteurs, la dominance de cette langue repose sur des bases solides. Elle se retrouve sur les cinq continents et est aussi bien implantée en Europe qu'en Amérique et en Océanie.

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Dernière mise à jour: 20 nov. 2017

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