Proche-Orient ou Moyen-Orient ?

(Asie occidentale)

1. Le Proche-Orient

Non seulement les termes Proche-Orient et Moyen-Orient ne sont pas synonymes, mais le mot Proche-Orient peut correspondre à deux représentations différentes. Ainsi, le Proche-Orient peut désigner soit la Turquie, l'île de Chypre, la Syrie, le Liban, Israël et l'Égypte (zones en vert), soit englober une zone plus large (zones en vert et en rose) comprenant les pays à l'est de la Méditerranée jusqu'aux rives nord-occidentales de l'océan Indien, ce qui inclut l'Irak, l'Iran, l'Afghanistan et toute la péninsule Arabique (Arabie Saoudite, Yémen, etc.). 

La langue anglo-américaine utilise plutôt le terme Middle East (traduit en français par «Moyen Orient»), qui recouvre à peu près les mêmes acceptions qu'en français, mais en y ajoutant le Pakistan. Dans tous les cas, les mots Proche-Orient et Moyen-Orient englobent des pays de l'Asie occidentale.

Bref, le français emploie Proche-Orient alors que l'anglais privilégie Middle East (ou Moyen-Orient). Les Britanniques ont longtemps utilisé Near-East (le «Proche-Orient du français) aujourd'hui supplanté par Middle East.  

En somme, le Proche-Orient (ou Moyen-Orient) s'étend donc à la fois en Europe (partie européenne de la Turquie), en Asie (sur les plateaux anatolien et iranien, et sur toute la péninsule Arabique), ainsi qu'en Afrique avec l'Égypte.

Par contre, l'Azerbaïdjan, le Turkménistan, l'Ouzbékistan et le Tadjikistan font partie de l'Asie centrale, alors que l'Inde fait partie de l'Asie du Sud-Est.

2. Les principaux groupes linguistiques
 

Les pays du Proche-Orient abritent trois types de peuples ou plutôt trois principaux groupes linguistiques qui se sont développés au cours des siècles : les peuples de langues iraniennes (ou indo-iraniennes), les peuples langues turques (ou altaïques) et les peuples de langues sémitiques (dont l'arabe dialectal et l'hébreu).

Parmi tous ces peuples, les Turcs (Turkmènes, Azéris ou Azerbaïdjanais, Ouzbeks, Tadjiks, etc.), les Arabes (Égyptiens, Syriens, etc.) et les Persans (Iraniens, Kurdes, Pachtounes, Baloutches, etc.) forment les groupes ethniques les plus importants dans cette vaste région de plus de sept millions de kilomètres carrés.

Les peuples les plus anciens sont les peuples iraniens, dont les Perses, qui se sont implantés progressivement au cours du IIe millénaire avant notre ère, puis les Hébreux (VIe siècle avant notre ère), les Turcs (en l'an 1000 de notre ère) et, plus tard, les Arabes (vers 650).

Parmi les peuples disparus du Proche-Orient, citons les Sumériens, les Phéniciens, les Babyloniens, les Assyriens, les Akkadiens, les Égyptiens, etc.

3. Le Croissant fertile
 

La région du Proche-Orient est associée à l'expression «Croissant fertile», désignant les anciennes régions de la Mésopotamie et du Levant. Ce territoire comprend les États actuels du Koweït, de la Syrie, de Chypre, du Liban, de la Palestine et d'Israël, ainsi que des parties de l'Égypte, de la Jordanie, de l'Irak et du sud-est de la Turquie. En fait, le Croissant fertile désigne une zone géographique irriguée par le Jourdain, l'Euphrate, le Tigre et le Nil. Il s'étend donc au Proche-Orient sur des plaines alluviales riches en terres fertiles; l'agriculture néolithique y aurait d'ailleurs pris naissance.

Cette entité géographique d'environ 400 000 à 500 000 km² doit son nom à la forme qu'elle affiche sur une carte, l'arc formé ressemblant à un croissant. Près de 40 à 50 millions de personnes y vivraient.

Ce terme de «Croissant fertile» aurait été donné par l'archéologue James Henry Breasted (1865-1935) de l'Université de Chicago.

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