Canada

Données démolinguistiques

Recensement 2011

(par province)

 
Capitale: Ottawa 
Population: 33,2 millions (2011) 
Langues officielles: français et anglais  
Groupe majoritaire: anglais (56,9 %) 
Groupes minoritaires: français (21,3 %), chinois, italien, allemand, panjabi, ukrainien, arabe, néerlandais, tagalog, grec, vietnamien, langues autochtones, etc.
Système politique: fédération de 10 provinces et de trois territoires 
Articles constitutionnels (langue): art. 133 de la Constitution de 1867; art. 14, 16-23, 55, 57 de la Constitution de 1982 
Lois linguistiques: Loi sur les langues officielles (1969, abrogée); Loi sur les Cris et les Naskapis du Québec (1984); Code criminel canadien  (1985); Règlement sur l'emballage et l'étiquetage des produits de consommation (1985); Loi sur le multiculturalisme canadien (1988); Loi sur les langues officielles (1988); Règlement sur l’inspection des viandes (1990);
Loi constituant l'Institut canadien des langues patrimoniales (1991); Loi sur la radiodiffusion (1991); Règlement sur les langues officielles (1992); Loi sur le Nunavut (1993); Loi sur le ministère du Patrimoine canadien (1995); Règlement sur les langues officielles lors de nominations dans la Fonction publique (1999); Loi sur la réédiction de textes législatifs (2002;  Loi sur le Yukon (2002); Loi modifiant la Loi sur les langues officielles (promotion du français et de l’anglais) (2005); Loi concernant les compétences linguistiques (2013).
Documents historiques:
Proclamation royale (1763); Acte de Québec (1774); Loi constitutionnelle de 1791; Acte d'Union (1840); Loi sur l'usage de la langue anglaise à la Législature du Canada (1848).
Lois provinciales: voir la liste des lois pour tout le Canada.

1 La population du Canada

Le recensement de 2011 (Statistique Canada) établissait la population du Canada à 33,1 millions d'habitants. Il semble que la population du pays soit restée relativement stable depuis une décennie. Les citoyens du Canada ne sont pas également répartis à la grandeur du pays (voir la carte du Canada), certaines provinces étant plus populeuses que d'autres.

1.1 La densité de la population

Avec ses 3,3 habitants par kilomètre carré, le Canada a une densité de population qui compte parmi les plus faibles de la planète. Mais on constate aussi que la population canadienne est concentrée dans le sud du pays, le long de la frontière américaine. En 2006, la plupart des 30 millions de Canadiens vivaient à moins de 200 kilomètres des États-Unis. Ceux qui habitent dans l'une des trois plus grandes villes du pays — Toronto, Montréal et Vancouver — peuvent atteindre la frontière en moins de deux heures de route. Plus au nord, à des milliers de kilomètres, le territoire du Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut couvrent une région polaire plutôt déserte qui représente 41 % de la masse continentale du Canada, mais ne compte que 0,3 % de la population.

C'est l'Ontario et le Québec, qui sont les provinces les plus importantes au point de vue numérique (avec 62,3 % de la population canadienne); elles sont suivies de la Colombie-Britannique, de l'Alberta et du Manitoba, les seules provinces comptant plus d'un million d'habitants. Les trois territoires du Grand-Nord (Yukon, T.N.-O. et Nunavut) sont peu peuplés. Selon l’Annuaire du Canada 1999 (Statistique Canada), quelque 60 % de la population canadienne est concentrée sur une étroite bande de terre équivalant à 2,2 % du territoire situé entre Windsor (en Ontario) et la ville de Québec (au Québec). C’est dans cette zone que se trouvent certains des plus grands centres urbains du Canada.

En consultant le tableau ci-dessous, on constate que c'est la province de l'Île-du-Prince-Édouard (23,8) qui compte le plus d'habitants au kilomètre carré. Elle est suivie de la Nouvelle-Écosse (17,16), de l'Ontario (12,57) et du Nouveau-Brunswick (10,22). À l'opposé, les territoires, ainsi que la Saskatchewan (1,67), le Manitoba (2,03) et Terre-Neuve-et-Labrador (1,38) comptent le moins d'habitants au kilomètre carré. Pour les territoires du Nord, les densités de population sont très faibles: Yukon (0,06 hab./km²), Territoires du Nord-Ouest (0,03 hab./km²) et Nunavut (0,01 hab./km²).

Source: Statistique Canada, Ciberlivre du Canada, 2001
http://142.206.72.67/02/02a/02a_000_f.htm

On pourrait croire que la densité de la population canadienne est l'une des plus faibles de la planète, mais ce serait oublier que dans certaines villes la densité de population est comparable à celle de nombreuses villes ailleurs dans le monde: Toronto (3939,35 hab./km²), Montréal (3625,10 hab./km²), Winnipeg (1060,52 hab./km²).

1.2 La population par province

Le tableau 1 fait état de la population du Canada, par province selon les recensements de 2001, de 2006 et de 2011:

Tableau 1

Population du Canada par province

Province 2001
(en milliers)
Pourcentage 2006
(en milliers)
Pourcentage 2011
(en milliers)
Pourcentage
Ontario 11 410,0 38,0 % 12 705,3 38,9 % 12 722,0 38,4 %
Québec 7 237,4 24,1 % 7 651,0 23,4 % 7 815,9 23,5 %
Colombie-Britannique 3 907,8 13,0 % 4 320,3 13,2% 4 356,2 13,1 %
Alberta 2 974,8 9,9 % 3 370,6 10,3 % 3 610,1 10,8 %
Manitoba 1 119,5 3,7 % 1 178,5 3,6 % 1 193,0   3,6 %
Saskatchewan 978,9 3,2 % 987,5 3,0 % 1 018,3   3,0 %
Nouvelle-Écosse 908,0 3,0 % 935,1 2,8 % 910,6   2,7 %
Nouveau-Brunswick 729,4 2,4 % 749,2 2,2 % 739,9   2,2 %
Terre-Neuve-et-Labrador 512,9 1,7 % 509,9 1,5 % 509,9   1,5 %
Île-du-Prince-Édouard 135,2 0,4 % 138,0 0,4 % 138,4   0,4 %
Nunavut 26,7 0,09 % 30,4 0,09 % 31,7    0,09 %
Territoires du Nord-Ouest 37,3 0,1 % 42,4 0,1 % 41,0   0,1 %
Yukon 28,6 0,1 % 31,0 0,09 % 33,6   0,1 %
CANADA 30 007,0 100 % 32 649,5 100 % 33 121,1 100 %

 Source: Statistique Canada, recensement 2011.

On constate que l’Ontario est la province plus populeuse avec 38,4 % de la population canadienne, suivie du Québec (23,5 %) et de la Colombie-Britannique (13,1 %), puis de l’Alberta (10,8 %), du Manitoba (3,6 %) et de la Saskatchewan (3,0 %). Chacune des autres provinces compte moins d’un million d’habitants et l’Île-du-Prince-Édouard ne comptait en 2011 que 138 435 citoyens. Quant aux trois territoires fédéraux, on dénombre à peine plus de 106 000 personnes au total.

2 La répartition linguistique

Cela étant dit, le recensement de 2011 établit la population du Canada à 33,1 millions d'habitants. Sur ce nombre (au recensement de 2011), on compte 18,8 millions de citoyens dont la langue maternelle est l'anglais, 6,5 millions dont la langue maternelle est le français et 6,5 millions dont la langue maternelle est une langue non officielle (autre). 
 

Années Anglais Français Autre langue
nombre pourcentage nombre pourcentage nombre pourcentage
1996 17 072 435 59,8 % 6 711 630 23,5 % 4 744 060 16,6 %
2001 17 521 880 59,1 % 6 782 320 22,9 % 5 334 845 18,0 %
2006 18 055 685 57,8 % 6 892 230 22,1 % 6 293 110 20,1 %
2011 18 858 980 56,9 % 7 054 975 21,3 % 6 567 685 19,8 %
Sources : Statistique Canada, recensements de la population, 1996 à 2011.

Les anglophones constituent donc le groupe majoritaire avec 56,7 % de la population. Leur situation s'avère d'autant plus confortable qu'ils forment avec 86 % des Américains la majorité linguistique du continent. Cependant, même si le Canada est un pays à prédominance anglaise, la part des anglophones baisse progressivement au profit de celle des allophones. Les anglophones sont passés de 59,1 % en 2001 à 57,8 % en 2006 et à 56,9 % en 2011. Il s'agit de la plus forte baisse de la proportion d'anglophones depuis plus d'un demi-siècle.

Quant aux francophones, ils constituent la minorité linguistique la plus importante du Canada avec 21,3 % de la population (2011). Bien qu'ils représentent le quart de la population du pays, ils ne forment que 2 % de celle de toute l'Amérique du Nord. Entre 2001 et 2006, l'augmentation de l'effectif de la population francophone était de près de 110 000 personnes, mais de 500 000 en 2011. Les francophones affichent le taux de croissance le plus faible de leur effectif, soit 1,6 %, en comparaison de ceux des anglophones (+3,0 %) et des allophones (+18 %). Enfin, les peuples autochtones et les communautés immigrantes, pour leur part, représentent 19,5 % des locuteurs parlant une autre langue (voir le tableau 2). 

 Pour ce qui est des autochtones au Canada, la plupart d'entre eux parlent encore l'une des nombreuses langues amérindiennes du pays.

3 Les anglophones du Canada par province

La prédominance anglaise devient encore plus évidente lorsqu'on analyse la répartition de la population selon la langue maternelle par province (voir le tableau 2). 

Tableau 2 

La langue maternelle par province (2011)

Province

Population totale
(en milliers)

Anglais

Français

Autre langue

Ontario

12 722 065

8 677 040
(68,2 %)

493 300
(3,8 %)

3 264 435
(25,6 %)

Québec 

7 815 955

 599 230
(7,6 %)

6 102 210
(78,0 %)

961 700
(12,3 %)

Colombie- Britannique

4 356 210

3 062 430
(70,3 %)

57 280
(1,3 %)

1 154 220
(26,4 %)

Alberta

3 610 180

2 780 200
(77,0 %)

68 545
(1,8 %)

698 930
(19,3 %)

Manitoba

1 193 095

877 040
(73,5 %)

42 090
(3,5 %)

256 500
(21,4 %)

Saskatchewan

1 018 310

860 500
(84,5 %)

16 280
(1,5 %)

129 035
(12,6 %)

Nouvelle-Écosse

910 615

836 090
(91,8 %)

31 110
(3,4 %)

37 090
(4,0 %)

Nouveau- Brunswick

739 900

479 935
(64,8 %)

233 530
(31,5 %)

18 395
(2,4 %)

Terre-Neuve-et-Labrador

509 950

497 565
(97,5 %)

2 480
(0,4 %)

8 790
(1,7 %)

Île-du-Prince-Édouard

138 435

127 635
(92,1 %)

5 195
(3,7 %)

4 860
(3,5 %)

Territoires du Nord-Ouest

41 055

31 375
(76,4 %)

1 080
(2,6 %)

8 045
(19,5 %)

Yukon

33 655

28 045
(83,3 %)

 1 455
(4,3 %)

3 625
(10,7 %)

Nunavut
31 765
8 925
(28,0 %)
435
(1,3 %)
22 070
(69,4 %)
Canada

 33 121 175
(100 %)

18 858 980
( 56,9 %)

7 054 975
(21,3 %)

6 567 685
(19,8 %)

Source: Statistique Canada, Recensement de la population de 2011.

On constate que les provinces de Terre-Neuve, de l'Île-du-Prince-Édouard et de la Nouvelle-Écosse sont à plus de 90 % anglophones; que toutes les autres provinces, à l'exception du Québec, du Nouveau-Brunswick et du Nunavut, le sont à plus de 70 %. Au Nouveau-Brunswick, les anglophones ne sont majoritaires que dans une proportion de 64,8 %. Bref, les anglophones sont partout majoritaires, sauf au Québec, où ils représentent moins de 8 % de la population, et au Nunavut (28 %).

4 Les francophones du Canada par province

Bien que les francophones soient présents dans toutes les provinces du Canada, ils sont très inégalement répartis. Par exemple, ils ne constituent que 0,4 % de la population de la province de Terre-Neuve, 1,8 % en Alberta, 3,5 % au Manitoba, 31,5 % au Nouveau-Brunswick, mais 78 % au Québec. On constate que les francophones du Canada sont concentrés principalement dans trois provinces limitrophes: le Québec, le Nouveau-Brunswick et l’Ontario. En effet, les francophones de ces provinces, soit 6,6 millions de locuteurs) représentent 96,8 % de tous les francophones du Canada. Cela signifie que le Québec, à lui seul, compte pour 86,2 % des francophones; l’Ontario, 7,1 %; le Nouveau-Brunswick, 3,4 % (voir le tableau 2).

Si les trois provinces du Nouveau-Brunswick, de l'Ontario et du Québec comptent pour 96,8 % de tous les francophones du pays, cela signifie que la proportion de ceux-ci dans l'ensemble des sept autres provinces et des deux territoires est extrêmement faible. En effet, ces francophones ne représentent que 3,4 % de leur groupe linguistique au pays. Bref, la distribution linguistique des francophones hors du Québec, du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario est extrêmement faible. Il faudrait même parler de dispersion linguistique.

De fait, la situation des minorités francophones hors Québec est extrêmement précaire: peu nombreuses, dispersées sur un immense territoire, exclues des pouvoirs politiques (sauf au Nouveau-Brunswick) et économiques, ces minorités constituent une présence bien plus symbolique (sauf en Ontario et au Nouveau-Brunswick) que réelle. D’ailleurs, elles doivent résister à une assimilation galopante causée principalement par la dispersion géographique, l'immigration anglophone, les mariages mixtes et une situation socio-économique parfois anémique.

5 Les allophones et les autochtones au Canada

Cette troisième catégorie de locuteurs regroupant ceux qui ne parlent ni l’anglais ni le français comme langue maternelle est appelée allophone Depuis le recensement de 2011, on utilise l'expression «langue non officielle».

L’un des problèmes de ces appellations vient du fait qu’elles ne font pas de distinction entre les autochtones (les Inuits, les Amérindiens et les Métis) et les immigrants. D’ailleurs, il s’agit là l’une des récriminations les plus décriées par les représentants des Premières Nations qui n’acceptent pas que leurs peuples fassent partie des immigrants ou des allophones. 

5.1 Les autochtones

Selon le recensement de 2006, il y avait 1,1 million de Canadiens au total, qui se réclamaient d'une identité autochtone. Certains autochtones ne s'identifient pas officiellement comme «autochtones» (env. 3 %). Par rapport à la population totale du Canada (31,2 millions), la population autochtone (1,1 million) représente 3,7 % de cette population. De plus, près d'un quart de la population autochtone vit dans des régions métropolitaines de recensement. Au Canada, on distingue trois catégories d'autochtones:

1. «Indien de l'Amérique du Nord» (59,5 %);
2. «Métis» (33,2 %);
3. «Inuit» (4,3 %).

Les Indiens de l’Amérique du Nord sont surtout concentrés en Ontario (22,7 %) et en Colombie-Britannique (18,7 %). Le Manitoba, l’Alberta et la Saskatchewan affichent chacune de 13 % à 14 % de la population de ce groupe. L’Alberta est la province de choix des Métis : 22,4 % d’entre eux y vivaient en 2006 et, d’après les projections, près du quart devraient y élire domicile d’ici 2017. Les Inuits se concentrent dans quatre régions : le territoire du Nunavut, le Québec, Terre-Neuve-et-Labrador et les Territoires du Nord-Ouest, où résidait 90 % de leur population en 2006.

Par rapport à la population totale, ce sont les territoires où les autochtones paraissent les plus nombreux: 84,9 % au Nunavut, 50,2 % dans les Territoires du Nord-Ouest et 25,1 % au Yukon. Suivent la Saskatchewan (14,8 %) et le Manitoba (15,4 %). Cependant, en 2006, les plus importantes populations autochtones se trouvaient en Ontario et dans les quatre provinces de l’Ouest : l’Ontario (242 485) venait en tête, suivi de la Colombie-Britannique (196 075), de l’Alberta (188 365), du Manitoba (175 395), de la Saskatchewan (141 890) et du Québec (108 365). On dénombre finalement peu d'autochtones dans les provinces Maritimes (env. 67 000). Par rapport à la population totale, c'est au Manitoba et en Saskatchewan qu'on dénombre le plus d'autochtones (env. 11 %).

Province (2006) Population autochtone  Pourcentage Population provinciale
Ontario 242 485 2,0 % 12,0 millions
Colombie-Britannique 196 075 4,8 % 4,0 millions
Manitoba 175 395 15,4 % 1,1 million
Saskatchewan 141 890 14,8 % 953 850
Alberta 188 365 5,7 % 3,2 millions
Québec  108 425 1,4 % 7,4 millions
Terre-Neuve-et-Labrador   23 455 4,6 % 500 610
Nouvelle-Écosse    24 175    2,6 % 903 090
Nouveau-Brunswick   17 650 2,4 % 719 650
Île-du-Prince-Édouard 1 730 1,2 % 134 205
Territoires du Nord-Ouest (T)   20 635 50,2 % 41 060
Yukon (T)     7 580 25,1 % 30 190
Nunavut (T)   24 915 84,9 % 29 325
CANADA   1 172 785 3,7 % 31,2 millions

En ce qui a trait aux langues parlées par les membres des Premières Nations, on relève une cinquantaine de langues dont le cri, l'inuktitut, l'ojibwé, le naskapi, le micmac, le mohawk, le montagnais (ou innu), le dakota, l'attikamek, le blackfoot, etc. (voir le tableau 5). Plusieurs des langues parlées par les peuples autochtones ne comptent que quelques dizaines de locuteurs, parfois encore moins (p. ex., le chinook, le comox, le kutenai, etc.). La plupart des langues amérindiennes appartiennent à cinq familles importantes: la famille eskimo-aléoute au nord, la famille iroquoienne au centre-est du Canada, la famille algonkine de l’est des Grands Lacs aux Maritimes et la famille na-déné au nord et à l’ouest du pays.

On compte aussi plusieurs petites familles de langues dans l'ouest : les familles salishenne, sioux, wakashane, pénutienne (tsimshiane), ainsi que les isolats linguistiques que sont le haïda, le kootenai et le tlingit.

 Rang des familles

Famille

Nombre des langues

1 Famille na-déné (athabascane)  14
 2 Famille algonkienne  11
 3 Famille salishane  11
 4 Famille iroquoienne  6
 5 Famille wakashane  4
 6 Famille sioux  3
 7 Famille pénutienne (tsimshiane)  3
 8 Famille haïda (isolat)  1
 9 Famille kootenaise (isolat)  1
 10 Famille tlingit (isolat)  1
11 Famille eskimo-aléoute  1
 

TOTAL

56

Par ailleurs, on doit relever le fait que les populations autochtones du Canada sont plus nombreuses que leurs locuteurs. Ainsi, selon le recensement de 1996 (voir le tableau 4), la majorité des autochtones du Canada, soit 67,8 %, ont déclaré que l'anglais était leur langue maternelle, alors que 5,8 % ont fait de même avec le français. Cela signifie que 73,6 % des habitants des Premières Nations ont été linguistiquement assimilés, massivement par l'anglais, puis un peu par le français (au Québec).  

Parmi les langues maternelles autochtones, le cri est la langue la plus utilisée (9,6 %), suivie de l'inuktitut (3,4 %), de l'ojibwé (2,8 %) et du naskapi (1,1 %). Les données sur certaines langues maternelles, telles le mohawk (env. 3000), le montagnais (env. 8000), etc., n'apparaissent pas dans le tableau, car lors du recensement plusieurs réserves d'importance du Québec et de l'Ontario n'ont été dénombrées que partiellement. 

5.2 Les allophones

Cela dit, ceux qu’on appelle les allophones représentent aujourd’hui 17,6 % de la population du Canada, soit un peu plus de cinq millions (voir le tableau 2). Trois provinces comptent proportionnellement plus d’allophones: l’Ontario (23,7 %), la Colombie-Britannique (24,3 %) et le Manitoba (19,9 %). Suivent les provinces de l’Alberta (16,0 %) et du Québec (10,0 %). Dans les autres provinces, la présence des allophones demeure encore faible. Les données démolinguistiques révèlent qu’au Québec les allophones (10,0 %) devancent maintenant les anglophones (8,0 %).
Rang

Langues maternelles
non officielles
parlées au Canada
(2006)

Nombre

1 chinois 1 012 065
2 italien 455 040
3 allemand 450 570
4 pendjabi 367 505
5 espagnol 345 345
6 arabe 261 640
7 tagalog 235 615
8 portugais 219 275
9 polonais 211 175
10 vietnamien 141 630
11 ukrainien 134 500
12 néerlandais 128 900
13 grec 117 285
  cri (autochtone)   78 855
  inuktitut (autochtone)   32 380
  Autres langues non officielles

1 956 060

Source: Recensement de 2006 : langue maternelle, langue parlée à la maison et connaissance des langues. Statistique  Canada 2006.

Le recensement fédéral a également permis de confirmer que le chinois est demeuré au troisième rang (après l'anglais et le français) des langues maternelles les plus répandues au Canada. Quelque 1,0 million de locuteurs (près de 872 400 en 2001) ont déclaré le chinois comme langue maternelle.

L'italien se situait au second rang (mais en quatrième en 2001), et l'allemand au troisième (au cinquième en 2001), tandis que le panjabi (polonais en 2001) prenait la quatrième place. Ensuite, les langues immigrantes les plus parlées sont l'espagnol, l'arabe, le tagalog, le portugais, le polonais, le vietnamien., l'ukrainien, le néerlandais et le grec.  

Cependant, depuis 1996, les groupes linguistiques en provenance d'Asie et du Proche-Orient ont enregistré en 2001 des gains importants. Ces groupes linguistiques, qui incluent le chinois, le panjabi, l'arabe, l'ourdou, le tagalog et le tamoul, comprennent maintenant des langues dravidiennes (Inde et Sri Lanka), le pashtou (Pakistan et Afghanistan), le twi(Ghana) et le konkani (Inde).

Les plus récents immigrants arrivés au Canada se sont établis principalement dans trois provinces : l'Ontario, la Colombie-Britannique et le Québec. La proportion plus élevée de minorités visibles est en Colombie-Britannique.

Si le Canada de 2011 comptait 25,6 % d'allophones, ce sera différent en 2031, selon les projections de Statistique Canada. Le pays sera de plus en plus multiculturel et multilingue. Comme le Canada est l'un des pays qui ont la plus forte proportion de personnes nées à l'étranger, il se compare à l'Australie, à la Nouvelle-Zélande et aux États-Unis. En 2031, le Canada sera composé de 28 % d'allophones. En 2031, selon le scénario de référence, les groupes de minorités visibles représenteraient 63 % de la population de Toronto, 59 % de celle de Vancouver et 31 % de celle de Montréal. En revanche, ils constitueraient au plus 5 % de la population de St. John's (Terre-Neuve), du Grand Sudbury (Ontario), des villes québécoises de Trois-Rivières, de Québec ou de Saguenay. D'après les scénarios élaborés aux fins des projections, la population de minorités visibles au Canada continuerait de s'accroître en raison d'une immigration soutenue, d'une fécondité légèrement plus élevée et d'une structure par âge plus jeune.  

Proportion de personnes nées à l'étranger et de personnes appartenant à un groupe de minorités visibles
par région métropolitaine de recensement, 2006 et 2031 (scénario de référence Statistique Canada, 2010)
 

  Née à l'étranger De minorités visibles
  2006 2031 2006 2031
  Pourcentage de la population
Canada 20 26 16 31
Abbotsford–Mission (C.-B.) 24 29 23 39
Barrie (Ont.) 13 13 6 11
Brantford (Ont.) 12 13 5 10
Calgary (Alb.) 24 30 22 38
Edmonton (Alb.) 19 22 17 29
Grand Sudbury (Ont.) 7 5 2 5
Guelph (Ont.) 20 25 13 25
Halifax (N.-É.) 7 11 7 12
Hamilton (Ont.) 24 27 12 25
Kelowna (C.-B.) 15 14 5 10
Kingston (Ont.) 12 14 6 11
Kitchener (Ont.) 23 28 14 28
London (Ont.) 19 23 11 22
Moncton (N.-B.) 3 5 2 5
Montréal (QC) 21 30 16 31
Oshawa (Ont.) 16 19 10 21
Ottawa–Gatineau (partie Ottawa, Ont.) 22 29 19 36
Ottawa–Gatineau (partie Gatineau, QC) 8 15 6 14
Peterborough (Ont.) 9 11 3 8
Québec (QC) 4 7 2 5
Regina (Sask.) 8 10 7 12
Saguenay (QC) 1 2 1 2
Saint John / Saint-Jean (N.-B.) 4 6 3 8
Saskatoon (Sask.) 8 10 6 13
Sherbrooke (QC) 6 11 4 10
St. Catharines–Niagara (Ont.) 18 19 7 14
St. John's (T.-N.) 3 4 2 5
Thunder Bay (Ont.) 10 8 3 7
Toronto (Ont.) 46 50 43 63
Trois-Rivières (QC) 2 5 2 4
Vancouver (C.-B.) 40 44 42 59
Victoria  (C.-B.) 19 20 10 17
Windsor (Ont.) 23 28 16 33
Winnipeg (Man.) 18 24 15 27

La population sud-asiatique, par exemple, qui continuerait de former le groupe de minorités visibles comptant la plus importante population, pourrait plus que doubler et atteindre entre 3,2 millions et 4,1 millions de personnes, contre environ 1,3 million de personnes en 2006. La taille de la population chinoise se situerait entre 2,4 millions de personnes et 3,0 millions de personnes comparativement à 1,3 million de personnes en 2006. La proportion de Sud-Asiatiques au sein de la population de minorités visibles passerait de 25 % à 28 %, alors que le pourcentage de Chinois diminuerait de 24 % à 21 %. Cette situation s'explique par le fait que les femmes chinoises présentent l'une des plus faibles fécondités au Canada, contrairement aux femmes sud-asiatiques. De plus, les personnes nées en Chine ont une plus forte propension à émigrer que les Sud-Asiatiques. Enfin, les populations noire et philippine du Canada, qui se classaient aux troisième et quatrième rangs des groupes de minorités visibles en 2006, doubleraient aussi en taille. Les populations des Arabes et des Asiatiques occidentaux pourraient plus que tripler, ce qui correspondrait à la croissance la plus rapide parmi l'ensemble des groupes.

6 Les taux de bilinguisme au Canada

Des dix provinces canadiennes, le Québec, le Nouveau-Brunswick et l'Ontario sont celles où l'on compte le plus de Canadiens bilingues, c'est-à-dire sachant s'exprimer dans les deux langues officielles, selon l'auto-évaluation des répondants.

6.1 Le bilinguisme par province

En effet, le Québec demeure la province qui présente le plus haut taux de bilinguisme: 40,8 %. En comparaison, au Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue, 34,2 % des résidants se disaient bilingues. Dans les autres provinces, ce taux varie entre 3 % et 12 %. En Ontario, le taux s'élevait à 11,7 % en 2001.

Taux de bilinguisme anglais-français  
Province/Territoire 1971 1981 1991 1996 2001
Colombie-Britannique 4,6% 5,7% 6,4% 6,7% 7,0 %
Alberta 5,0% 6,4% 6,6% 6,7% 6,9 %
Saskatchewan 5,0% 4,6% 5,2% 5,2% 5,1 %
Manitoba 8,2% 7,9% 9,2% 9,4% 9,3 %
Ontario 9,3% 10,8% 11,4% 11,6% 11,7 %
Québec 27,6% 32,4% 35,4% 37,8% 40,8 %
Nouveau-Brunswick 21,5% 26,5% 29,5% 32,6% 34,2 %
Île-du-Prince-Édouard 8,2% 8,1% 10,1% 11,0% 12,0 %
Nouvelle-Écosse 6,7% 7,4% 8,6% 9,3% 10,1 %
Terre-Neuve 1,8% 2,3% 3,3% 3,9% 3,7 %
Yukon 6,6% 7,9% 9,3% 10,5% 10,1 %
Territoires du Nord-Ouest 6,1% 6,1% 6,1% 6,3% 8,3 %
Nunavut - - - 4,1 % 3,8 %
Canada 13,5% 15,3% 16,3% 17,0% 17,7 %
Source: Statistique Canada, Le Quotidien, 2 décembre 1997 / Recensement 2001.  

 

Systèmes d'éducation de langue française

Systèmes d'éducation de langue anglaise

Quelque 591 615 élèves apprennent l'anglais langue seconde au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Les statistiques ne sont pas disponibles pour les autres provinces et territoires.

Quelque 2 060 322 élèves apprennent le français langue seconde, dont 328 451 en immersion française.

Les statistiques ne sont pas disponibles pour les programmes réguliers d'enseignement du français langue seconde dans les écoles anglophones du Québec

Source : Données 2001-2002. Centre des statistiques sur l'éducation, Statistique Canada

6.2 Le bilinguisme selon la langue maternelle

Statistique Canada révèle que le taux de bilinguisme est plus élevé chez les francophones que chez les anglophones et les allophones. À l'échelon national, 43,4 % des francophones ont déclaré être bilingues, par comparaison à 11,8 % des allophones et 9,0 % des anglophones.

Taux de bilinguisme français-anglais selon le groupe linguistique, Canada, provinces, territoires et Canada moins Québec, 1991, 1996 et 2001

  Anglophones

%

1991 1996 2001
Canada 8,2 8,8 9,0
Terre-Neuve-et-Labrador 2,8 3,5 3,7
Île-du-Prince-Édouard 6,4 7,2 8,3
Nouvelle-Écosse 4,8 5,7 6,4
Nouveau-Brunswick 12,0 14,0 15,0
Québec 58,4 61,7 66,1
Ontario 7,5 8,1 8,2
Manitoba 5,8 6,3 6,5
Saskatchewan 3,5 3,7 3,6
Alberta 4,9 5,1 5,3
Colombie-Britannique 5,2 5,7 6,0
Territoire du Yukon 6,5 7,3 7,3
Territoires du Nord-Ouest  - 6,2 7,0
Nunavut  - 8,5 7,3
Canada moins Québec 6,3 6,9 7,1
 

Francophones

%
1991 1996 2001
Canada 38,6 40,8 43,4
Terre-Neuve-et-Labrador 86,0 88,4 85,8
Île-du-Prince-Édouard 88,0 91,3 90,1
Nouvelle-Écosse 91,6 92,4 93,7
Nouveau-Brunswick 62,5 68,9 71,5
Québec 31,3 33,7 36,6
Ontario 86,7 88,4 89,4
Manitoba 90,4 91,5 91,6
Saskatchewan 89,5 88,0 87,8
Alberta 89,2 89,7 89,6
Colombie-Britannique 88,1 88,6 89,0
Territoire du Yukon 91,2 93,5 89,3
Territoires du Nord-Ouest  - 92,1 86,2
Nunavut 93,8 86,3
Canada moins Québec 81,2 83,8 85,1
  Allophones
%
1991 1996 2001
Canada 11,3 11,2 11,8
Terre-Neuve-et-Labrador 7,1 7,0 6,5
Île-du-Prince-Édouard 6,6 11,7 10,0
Nouvelle-Écosse 9,7 8,9 10,7
Nouveau-Brunswick 14,8 15,7 17,5
Québec 46,5 46,7 50,4
Ontario 6,3 6,3 6,8
Manitoba 2,6 2,5 2,9
Saskatchewan 1,8 1,8 2,0
Alberta 3,8 3,9 4,1
Colombie-Britannique 4,5 4,3 4,4
Territoire du Yukon 5,3 5,8 8,2
Territoires du Nord-Ouest  - 2,5 3,2
Nunavut  - 0,6 0,7
Canada moins Québec 5,3 5,3 5,7

Cependant, au Québec, c'est la minorité de langue maternelle anglaise qui présente le plus fort taux de bilinguisme. En effet, 66,1 % des anglophones se sont déclarés bilingues en 2001, contre 50,4 % des allophones et 36,6 % des francophones, des proportions en hausse dans les trois groupes. Au Nouveau-Brunswick, le taux de bilinguisme est de 71,5 % pour les francophones, 15 % pour les anglophones et 17,5 % pour les allophones. En Ontario, il est de 89,4 % pour les francophones, 8,2 % pour les anglophones et 6,8 % pour les allophones. Dans toutes les autres provinces du Canada, les francophones accusent les plus forts taux de bilinguisme: 91,6 % au Manitoba, 90,1 % à l'Île-du-Prince-Édouard, 89,6 % en Alberta, 89,3 % au Yukon, 89,0 % en Colombie-Britannique, 87,8 % en Saskatchewan, 86,3 % au Nunavut, 86,2 % dans les Territoires du Nord-Ouest, 85,8 % à Terre-Neuve.

Hausse constante du nombre de personnes bilingues depuis 1961, mais légère diminution du taux de bilinguisme entre 2001 et 2011
 

  1961 2001 2011
en milliers % en milliers % en milliers %
Canada 2 231,2 12,2 5 231,6 17,7 5 795,6 17,5
Terre-Neuve-et-Labrador 5,3 1,2 20,9 4,1 23,5 4,6
Île-du-Prince-Édouard 7,9 7,6 16,0 12,0 17,0 12,3
Nouvelle-Écosse 45,0 6,1 90,3 10,1 93,4 10,3
Nouveau-Brunswick 113,5 19,0 245,9 34,2 245,9 33,2
Québec 1 338,9 25,5 2 907,7 40,8 3 328,7 42,6
Ontario 493,3 7,9 1 319,7 11,7 1 395,8 11,0
Manitoba 68,4 7,4 102,8 9,3 103,1 8,6
Saskatchewan 42,1 4,5 49,0 5,1 46,6 4,6
Alberta 56,9 4,3 202,9 6,9 235,6 6,5
Colombie-Britannique 57,5 3,5 269,4 7,0 296,7 6,8
Yukon 0,8 5,6 2,9 10,2 4,4 13,1
Territoires du Nord-Ouest incluant Nunavut 1,6 7,0 4,1 6,5 4,9 6,8
Territoires du Nord-Ouest Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise 3,1 8,4 3,7 9,1
Nunavut Note ..: indisponible pour une période de référence précise Note ..: indisponible pour une période de référence précise 1,0 3,8 1,2 3,8
Canada moins le Québec 892,3 6,9 2 323,9 10,3 2 466,8 9,7

Le bilinguisme a progressé depuis un siècle dans le Canada hors Québec, mais il demeure relativement faible. Ainsi, moins d’un anglophone sur douze (7,4 %) arrive à comprendre le français, ce qui représente néanmoins davantage que les 2 % de 1901. Chez les allophones hors Québec, seulement 6,4 % parlent les deux langues officielles. Statistique Canada constate une légère baisse du taux de bilinguisme français-anglais dans ces groupes depuis 2001, baisse attribuée à la croissance de la population canadienne qui se fait principalement grâce aux immigrés, qui dans leur vaste majorité ne parlent pas les deux langues officielles à leur arrivée. Si le bilinguisme a fait un bond de géant chez les anglophones du Québec, les francophones hors Québec demeurent les champions incontestés. Le taux de bilinguisme de ce groupe (85,3 %) est demeuré significativement plus élevé que dans le reste de la population canadienne depuis 1901. Déjà à cette époque, les deux tiers parlaient les deux langues officielles.

La concentration de la population bilingue n’est pas un phénomène récent. En 1961, 87 % de la population bilingue du pays résidait soit au Québec, soit en Ontario, soit au Nouveau-Brunswick. Et d’un recensement décennal à l’autre, 55 % à 60 % des Canadiens bilingues habitaient le Québec (57 % en 2011). Le bilinguisme français-anglais a aussi progressé fortement chez les Québécois n’ayant pas le français ou l’anglais comme langue maternelle. Plus de la moitié (55,1 %) des allophones du Québec disent aujourd’hui comprendre les deux langues officielles, soit un taux plus élevé que chez les francophones. Statistique Canada y voit là encore un effet de l’application de la Charte québécoise de la langue française, qui a ajouté des balises « sur la fréquentation scolaire des enfants d’immigrants et sur la langue de travail ». Dans l’ensemble du Canada, les francophones présentaient un taux de bilinguisme de 44 % en 2011, comparativement à 8 % pour les anglophones.

Le bilinguisme a aussi fait d’importants progrès chez les francophones du Québec, même si ces gains sont plus modestes que chez les anglophones et les allophones de la province. Statistique Canada attribue le ralentissement de cette progression au fait que « moins de 40 % de la population de langue maternelle française résidait à Montréal », principale région de la province où les deux langues se côtoient quotidiennement. Contrairement aux deux autres groupes, la progression du bilinguisme n’a pas plafonné et continue à croître.

En conclusion, on peut dire que le Canada n’est pas un pays très homogène au plan linguistique puisque sa population majoritaire ne parle anglais que dans une proportion inférieure à 60 %. Cependant, le taux d’assimilation des francophones hors-Québec, des allophones et des autochtones viendra, à long terme, vraisemblablement augmenter la proportion des anglophones.

Dernière mise à jour: le 02 novembre, 2016

 

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